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La défense des journalistes réfugiés

« Tout homme persécuté en raison de son action en faveur de la liberté a droit d’asile sur les territoires de la République » (al.4 Préambule Constitution de 1946)

Pour avoir voulu défendre la liberté d’informer, des centaines de journalistes sont victimes de persécutions directes dans leur pays. Reporters sans frontières accompagne ces hommes et ces femmes afin qu’ils puissent être installés dans un lieu sûr.

En 2007, Reporters sans frontières a aidé 109 collaborateurs des médias de 37 pays différents, contraints de fuir leur pays en raison des persécutions dont ils ont été victimes.

Provenant principalement d’Afrique et du Moyen-Orient, ils sont les témoins de la dégradation de la liberté de la presse dans le monde. Les menaces croissantes à l’encontre des journalistes ont provoqué dans cinq Etats ( Erythrée, Ethiopie, Irak, Iran et Sri Lanka ) une véritable « hémorragie » des professionnels des médias. Près de la moitié des journalistes réfugiés soutenus par l’organisation en 2007 travaillaient dans ces pays.

Origine géographiqueNombre de journalistes réfugiés soutenus en 2007Répartition géographique en %
Afrique3936
Erythrée76
Ethiopie87
Amériques87
Asie1817
Sri Lanka98
Europe109
Moyen-Orient3331
Irak1716
Iran109


Des journalistes fuyant surtout la répression de leur gouvernement


L’organisation a constaté que les journalistes contraints de fuir leur pays sont en majorité victimes de représailles des autorités de leur pays de nationalité. La plupart d’entre eux ont déjà été arrêtés et certains sont poursuivis en justice. Ils décident de fuir pour éviter une nouvelle arrestation ou un jugement inique.

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Les journalistes sont également menacés par des groupes non étatiques (politiques, religieux ou criminels) dans un contexte où les autorités ne sont pas ou plus en mesure d’assurer leur sécurité.

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23 % des journalistes réfugiés ont été victimes de violences physiques allant de l’agression à la pratique de tortures (5%). Seule une minorité a pu fuir le pays avant que les menaces ne soient exécutées (25%). Les journalistes réfugiés ont souvent été victimes de violences ou d’arrestations avant d’abandonner définitivement leur pays.

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Face à cette répression, les reporters ont pris la fuite, bien que la plupart soient mariés et aient des enfants. Rares sont ceux qui partent accompagnés de leurs proches. Ils devront entreprendre différentes démarches avant d’obtenir une protection effective.



Aux portes du HCR, une longue attente


Au cours de l’année 2007, 29 journalistes ont sollicité l’assistance de Reporters sans frontières afin de bénéficier de la protection du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR), principalement au Soudan, au Kenya, en Turquie et en Syrie.

La procédure est extrêmement longue, souvent plus d’une année, et ne met pas fin au calvaire des journalistes qui ne sont toujours pas en sécurité dans leur pays de refuge. L’organisation a constaté notamment que les Iraniens en Turquie ou les Erythréens au Soudan ne sont pas à l’abri d’un renvoi forcé vers leur pays d’origine et d’intimidations.

La plupart du temps, les journalistes, noyés dans le flot des réfugiés, vivent dans une grande détresse. Reporters sans frontières a accordé plusieurs bourses d’assistance afin de contribuer aux besoins alimentaires, de logement et aux dépenses médicales.

Une fois la protection du UNHCR obtenue, les journalistes réfugiés n’ont aucun droit sur le territoire où ils se trouvent. Ils ont seulement la garantie, parfois illusoire, de ne pas être expulsés. C’est pourquoi le Bureau Assistance et Réfugiés demande au UNHCR et aux ambassades de pays sûrs la réinstallation des reporters. Ce processus nécessite un ou deux ans. Au cours de l’année 2007, 5 personnes ont pu s’installer définitivement dans un pays tiers (2 au Canada, 2 en France et 1 aux Etats-Unis).


La défense par RSF des journalistes demandeurs d’asile en Europe


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Les résidents de la Maison des journalistes

La majorité des réfugiés soutenus par l’organisation en 2007 ont déposé une demande d’asile en France, en Europe (Allemagne, Espagne, Suède, Royaume-Uni et Suisse), au Canada et aux Etats-Unis. Grâce aux enquêtes de ses correspondants, Reporters sans frontières fournit une attestation aux autorités nationales spécialisées exprimant non seulement le soutien de l’organisation mais fournissant également des preuves de la situation de danger du demandeur d’asile.

En France, le Bureau Assistance et Réfugiés de Reporters sans frontières a soutenu 44 personnes devant l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) et 14 devant la Cour nationale du droit d’asile (Cnda). 76% des décisions ont accordé le statut de réfugié politique aux journalistes.

Trente journalistes réfugiés en France ont bénéficié d’un hébergement de six mois à la Maison des journalistes qui s’emploie à les assister dans leur procédure d’asile, à les aider à mieux connaître et comprendre leur pays d’accueil et à faciliter le retour à une activité professionnelle.

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L’assistance aux journalistes et médias en difficulté
- Les projets de développement
- Les bourses d’assistance

La défense des journalistes réfugiés

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