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Tunisie3.07.2002

Le Sommet Mondial 2005 sur la Société de l’Information en ... Tunisie : le ridicule ne tue pas !

En 2005, la Tunisie accueillera le Sommet Mondial sur la Société de ... l’Information. A l’heure où un cyberdissident croupit en prison et où aucune critique n’est tolérée dans les médias, il est tout simplement scandaleux de tenir un tel sommet dans ce pays.

image 157 x 45 (GIF) Cela pourrait faire rire quiconque connaît un peu la situation d’Internet et de l’information en général en Tunisie si ce n’était pas, en fait, dramatique. En 2005, la Tunisie accueillera, sous le haut patronage de Kofi Anan, secrétaire général des Nations - Unies, le Sommet Mondial sur la Société de l’Information...

Alors que du 1er au 5 juillet à Genève, l’heure est à la préparation de ce Sommet, Zouhair Yahyaoui, un cyberdissident tunisien, croupit en prison depuis près d’un mois. Il a été condamné à vingt-huit mois de prison pour, entre autres, image 130 x 34 (JPEG) "usage non autorisé de connexion Internet". Son crime : s’être moqué du président Ben Ali sur son site TUNeZINE (www.tunezine.com), interdit en Tunisie.

"N’est-il tout simplement pas déplacé, voire scandaleux, de faire tenir ce sommet dans l’un des pays les plus fermés à la libre information ? Il en va de la crédibilité des organisateurs du Sommet. Il en va surtout du respect de la philosophie d’Internet qui se veut un espace de liberté", a déclaré Robert Ménard, secrétaire général de Reporters sans frontières.

Il est vrai que la Tunisie est passée maître dans l’art d’Internet. Mais pas dans le bon sens du terme. Elle s’est, en effet, dotée d’une des plus impitoyables cyberpolices du monde.

image 71 x 92 (JPEG) Zouhair Yahyaoui (photo) est sa dernière victime. Depuis plusieurs années déjà, Reporters sans frontières dénonce la censure d’Internet en Tunisie : sites bloqués, courrier électronique intercepté, fournisseurs d’accès sous contrôle, Publinets (cybercafés) sous étroite surveillance.

Et les autres secteurs de l’information ne font pas exception. Privée ou publique, la presse suit la ligne officielle tout comme les médias audiovisuels. Les journalistes indépendants qui ont osé critiqué le pouvoir ont été interdits d’écriture, harcelés, interpellés, contraints à l’exil. Quant aux reporters étrangers, ils sont régulièrement surveillés et voient leur matériel confisqué.