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Iran


-  Superficie : 1 648 000 km2.
-  Population : 71 369 000.
-  Langue : persan (off.).
-  Nature de l’Etat : république islamique.
-  Chef de l’Etat : Ali Khamenei.
-  Président de la république, chef du gouvernement : Mohammad Khatami.

Iran - rapport annuel 2003

L’Iran demeure la plus grande prison du Moyen-Orient avec dix journalistes derrière les barreaux. L’année a été ponctuée, comme les précédentes, par de nombreuses suspensions de titres, et des convocations, arrestations ou condamnations de journalistes à des peines de prison. Malgré des protestations contre ces attaques envers la presse, le camp réformateur a été incapable de stopper une justice aux mains des conservateurs.

La liberté de la presse avait été une pièce centrale du programme de réformes défini par le président Mohammad Khatami lors de son élection, en 1997. Mais depuis - et l’année 2002 ne fait pas exception -, les conservateurs, qui dominent l’institution judiciaire, voient dans les médias une force qui risque de saper les fondements du système islamique et qui représente donc un danger.

Si moins de journalistes ont été arrêtés par rapport à l’année précédente, dix étaient toujours derrière les barreaux au 1er janvier 2003 pour des peines allant de trois à huit ans de prison. Et nombreux sont ceux qui sont en liberté mais sous le coup de poursuites judiciaires ou de condamnations à des peines allant jusqu’à onze ans de prison.

Les durs du régime ont continué, tout au long de l’année, de suspendre temporairement ou définitivement des titres réformateurs. Les tentatives du Parlement, dominé par les réformateurs, pour modifier la loi sur la presse votée en avril 2000 qui a entraîné ces fermetures, n’ont pas abouti. "J’ai été témoin de la suspension de 85 journaux dont 41 quotidiens (depuis avril 2000)", déclarait en août 2002 Mehrnoush Jafari, secrétaire général du Département de la presse iranienne au sein du ministère de la Culture et de l’ Orientation islamique. Pour l’année 2002, dix-huit titres ont été fermés. Et selon l’Association de défense de la liberté de presse en Iran (ADLP, proche des réformateurs), plus de 1 800 journalistes et photographes ont perdu leur emploi en trois ans en raison de ces nombreuses suspensions. Suite à la fermeture, début mai 2002, de deux des plus célèbres journaux réformateurs, Norooz et Bonyan, le principal parti réformateur iranien, le Front de la Participation, a dénoncé "les actes illégaux et injustifiés" de la justice qui "restreignent la liberté de la presse et brisent les stylos". "Des décisions de certains juges inspirées par des considérations politiques continuent, comme par le passé, à violer la Constitution et à ignorer d’autres règles et réglementations." Si l’année a été marquée par plusieurs libérations de journalistes, comme celle de Taghi Rahmani, c’est sans doute pour donner des gages à l’Union européenne qui a entamé, à l’automne, des négociations avec Téhéran.

Les sujets tabous demeurent nombreux dans la presse iranienne : les mollahs dissidents, les mœurs, la religion, les relations avec les Etats-Unis, etc. Ainsi, en septembre, un sondage publié par l’agence de presse officielle, IRNA, a provoqué un véritable tollé au sein du clan conservateur. Cette étude indiquait que "74,4 % des Iraniens étaient favorables à la reprise des relations avec Washington". Et ce, au lendemain d’un discours anti-américain du Guide suprême de la République, l’ayatollah Ali Khamenei. Peu après, le juge Saïd Mortazavi, président du tribunal 1410 dit "tribunal de la presse", a convoqué plusieurs responsables de journaux pour leur ordonner de ne rien publier sur "l’affaire des sondages". Dans le même temps, les directeurs des instituts de sondages, qui sont également journalistes, étaient arrêtés. Ils ont été accusés d’avoir "reçu de l’argent de l’institut de sondages américain Gallup". En fin d’année, les autorités ont déclaré que les journalistes américains seraient désormais obligés de donner leurs empreintes digitales en entrant dans le pays.

Toujours aussi sensible, le dossier des assassinats d’intellectuels, dont trois journalistes, fin 1998, a encore alimenté la polémique avec l’arrestation, en août, de Nasser Zarafshan, l’avocat des familles des victimes.

Nouveaux éléments sur des journalistes tués avant 2003

Fin 1998, les meurtres d’intellectuels et d’opposants - Darioush et Parvaneh Forouhar, figures emblématiques de l’opposition libérale, Majid Charif, éditorialiste pour le mensuel Iran-é-Farda, les écrivains-journalistes Mohamad Mokhtari et Mohamad Jafar Pouyandeh - avaient profondément choqué les Iraniens et provoqué la mobilisation d’une grande partie de la presse réformatrice. Les autorités avaient alors mis sur pied une commission d’enquête. En janvier 1999, le ministère des Renseignements avait reconnu officiellement l’implication de certains de ses agents et annoncé l’arrestation de dizaines de suspects. Il semblerait que Pirouz Davani, rédacteur en chef du journal Pirouz, qui avait disparu fin août1998, mais dont le corps n’a jamais été retrouvé, soit à ajouter au nombre des victimes. Durant l’année 2002, en effet, plusieurs personnalités réformatrices ont cité son nom parmi la liste des victimes. En janvier 2001, dans le cadre du meurtre des époux Forouhar, quinze agents du ministère des Renseignements ont été condamnés : trois à la peine de mort et douze à des peines de prison. Trois autres personnes, soupçonnées d’être impliquées, ont été acquittées. L’affaire a été renvoyée devant la Cour suprême qui, au 1er janvier 2003, n’avait pas encore rendu son verdict. Les familles des victimes se sont plaintes que les commanditaires n’aient pas été mis en cause. Le 7 août 2002, Nasser Zarafshan, avocat de ces familles, a été arrêté. En mars, un tribunal militaire l’avait reconnu coupable de "divulgation des éléments du dossier" et l’avait condamné à cinq ans de prison. La cour d’appel avait confirmé, en juillet, le verdict. Le 22 novembre 2002, lors d’un rassemblement de 5 000 personnes commémorant ces assassinats, les familles des victimes ont annoncé qu’elles allaient porter plainte devant la Commission des droits de l’homme des Nations unies pour qu’elle enquête sur ces meurtres.

Trente-six journalistes incarcérés

Au 1er janvier 2003, dix journalistes sont en prison. Mais pas moins de trente-cinq y ont "séjourné" pour des périodes plus ou moins longues et bien souvent sans jugement.

Le 22 avril 2000, Akbar Ganji, journaliste du quotidien Sobh-é-Emrouz, est arrêté à l’issue d’une audience devant le tribunal de la presse. Le journaliste est poursuivi pour ses révélations sur les meurtres d’opposants et d’intellectuels, fin 1998, dont il accuse des responsables politiques de l’époque comme Ali Fallahian ou Hashemi Rafsandjani, ou encore pour ses articles favorables à l’ayatollah Hossein-Ali Montazeri, placé en résidence surveillée depuis 1989. Akbar Ganji est également accusé d’avoir participé à la conférence de Berlin, consacrée aux réformes en Iran et jugée anti-islamique par les autorités du pays. Lors d’une audience, le journaliste a déclaré avoir été torturé en prison. Le 13 janvier 2001, il est condamné à dix ans de prison. En mai, sa peine est ramenée, en appel, à six mois. Mais le 15 juillet, la Cour suprême revient sur ce verdict sous prétexte d’irrégularités commises lors de la procédure d’appel. Le journaliste écope de six ans de prison. Depuis son arrestation, le journaliste a bénéficié, à plusieurs reprises, d’autorisations de sortie de quelques jours contre des cautions élevées. Le 8 mai 2000, Khalil Rostamkhani, journaliste au Daily News et Iran Echo, est arrêté. Il comparaît le 9 novembre devant le tribunal révolutionnaire de Téhéran. Le procureur l’accuse d’être un "mohareb" ("combattant contre Dieu"), "d’avoir reçu et diffusé des tracts et des communiqués de groupes opposants basés à l’étranger et d’avoir participé à l’organisation de la conférence de Berlin, attentatoire à la sécurité du pays". Il requiert contre lui la peine de mort. Le journaliste est libéré sous caution le 16 novembre. Le 13 janvier 2001, il est condamné à neuf ans de prison. Il demeure en liberté jusqu’au 25 août, date à laquelle il est condamné, en appel, à huit ans de prison.

Le 29 mai 2000, Emadoldin Baghi, journaliste au quotidien Fath, est arrêté à l’issue d’une audience devant le tribunal de la presse. Le 17 juillet, il est condamné à cinq ans et demi de prison pour "atteinte à la sécurité nationale" et "propagation de fausses nouvelles". On lui reproche d’avoir défendu, dans un éditorial de Neshat de septembre 1999, une vision moderne de l’islam par rapport à la peine de mort. Les gardiens de la Révolution (Pasdarans) et l’ancien ministre des Renseignements avaient porté plainte contre le journaliste. Le 23 octobre, sa peine est ramenée à trois ans de prison.

Le 5 août 2000, Hassan Youssefi Echkevari, théologien et collaborateur du mensuel Iran-é-Farda, est incarcéré à la prison d’Evine, à Téhéran, après la perquisition de son domicile. Il s’était rendu en Europe, en avril, pour participer à la conférence de Berlin et faire soigner son diabète. Durant son procès qui s’est tenu à huis clos devant le tribunal du clergé du 7 au 15 octobre, il a été accusé "d’activités subversives contre la sécurité nationale", de "diffamation envers les autorités", "d’atteinte au prestige du clergé" et d’être un "mohareb" (combattant contre Dieu). Le 12 octobre 2002, lors d’une convocation par le tribunal du clergé, Hassan Youssefi Echkevari, est informé qu’il a été condamné à sept ans de prison : quatre ans pour avoir déclaré que le port du voile et le code vestimentaire pour les femmes avaient des origines culturelles et historiques en Iran et que ce n’était pas une nécessité pour l’islam ; un an pour sa participation à la conférence de Berlin et deux ans pour "propagation de fausses informations".

Le 25 juin 2001, Ali Fallah et Babak Ghani-Pour, membres de la rédaction de la revue Arman publiée à l’université de Yazd (Centre), sont arrêtés suite à des "plaintes de plusieurs associations culturelles et islamiques" de la même université puis condamnés à respectivement cinq et trois ans de prison.

Le 16 octobre 2002, Behrouz Gheranpayeh, directeur de la Société nationale des études de l’opinion publique (institut de sondages) et journaliste du quotidien Norooz, est arrêté et conduit à la prison d’Evine. Il est accusé d’ "espionnage" et de "collusion avec les Moudjahidin du peuple" (opposition armée en exil).

Le 31 octobre, Hossein Ghazian, l’un des directeurs de l’institut de sondages Ayandeh et journaliste du quotidien Norooz, est arrêté et conduit à la prison d’Evine.

Le 4 novembre, Abbas Abdi, autre directeur de Ayandeh, ancien rédacteur en chef du quotidien Salam et membre de la rédaction de nombreux journaux réformateurs, est arrêté à son domicile. Le juge Said Mortazavi accuse Ayandeh d’avoir "reçu de l’argent d’un institut de sondages américain, Gallup, ou d’une ambassade étrangère". Ces trois arrestations sont intervenues après qu’IRNA, l’agence de presse officielle iranienne, avait diffusé, le 22 septembre, un sondage (réalisé par la Société nationale des études de l’opinion publique et Ayandeh) qui indiquait que "74,4 % des Iraniens étaient favorables à la reprise des relations avec Washington". En octobre, le juge Mortazavi avait convoqué plusieurs responsables de journaux pour leur ordonner de ne plus rien publier sur "l’affaire des sondages".

Le 28 décembre, Ali-Reza Jabari, traducteur et collaborateur de plusieurs journaux indépendants dont Adineh, est arrêté à son bureau par des personnes en civil. Il est ensuite conduit à son domicile qui est perquisitionné. Des cassettes vidéo, le disque dur de son ordinateur et des livres sont confisqués. Le lendemain, son épouse se rend à Adareh Amaken, une section de la police téhéranaise considérée comme proche des services de renseignements, qui avait convoqué de nombreux journalistes durant les dernières semaines. Là, on lui répond qu’aucune personne du nom de Ali-Reza Jabari n’a été arrêtée. Même réponse au commissariat de police. Le 25 décembre 2002, une interview de Ali-Reza Jabari était parue dans Charvand, publication persophone basée au Canada, dans laquelle il expliquait notamment que le Guide de la République islamique voulait que la crise dégénère dans tout le pays. Ali-Reza Jabari, membre de l’Association des écrivains iraniens, est l’auteur de nombreuses traductions en anglais d’ouvrages dont certains ont été interdits.

Plusieurs journalistes ont été libérés durant l’année, certains après avoir passé quelques mois en prison, et d’autres plus de deux ans. Le 29 janvier 2002, Issa Khandan, responsable du service société de deux quotidiens, Khordad et Fath, est libéré sous caution. Il avait été arrêté le 10 novembre 2001.

Le 2 mars, Ezatollah Sahabi, directeur du journal Iran-é-Farda, est libéré contre une caution de deux milliards de rials (environ 300 000 euros). Il avait été arrêté le 26 juin 2000 sur ordre du tribunal révolutionnaire de Téhéran suite à sa participation à la conférence de Berlin. Il avait été libéré sous caution le 21 août mais arrêté, à nouveau, le 17 décembre. Il était accusé, cette fois, de "propagande contre le régime" en raison notamment d’un discours tenu, en novembre 2000, à l’université technique Amir-Kabir de Téhéran. Le 13 janvier 2001, il était condamné à quatre ans et demi de prison. En décembre, sa peine avait été ramenée à six mois mais le journaliste n’avait pas été pour autant libéré. Il est en attente du verdict de son procès en appel.

Le 10 mars, Abbas Dalvand, directeur de la revue Lorestan, est libéré sous caution mais à la mi-mai, il est condamné à six mois de prison avec sursis et son journal à un an de suspension pour "publication d’insultes et propos mensongers" contre plusieurs institutions étatiques. Il avait été arrêté le 6 janvier 2002.

Le 12 mars, Hoda Saber, un des dirigeants de la revue interdite Iran-é-Farda, est libéré contre une caution de 1,3 milliards de rials (environ 195 000 euros). Il avait été emprisonné le 28 janvier 2001. Son procès s’est tenu du 4 au 6 mars 2002, au cours duquel il a assuré sa propre défense. Au 1er janvier 2003, le verdict n’avait pas encore été rendu.

Le 27 mars, Hechmatollah Tabarzadi, directeur d’Hoviat-é-Khich et de Peyam-é-Daneshjou et dirigeant du mouvement étudiant, est libéré. Arrêté le 19 janvier, après sa comparution devant le tribunal révolutionnaire, il avait déjà été interpellé plusieurs fois depuis trois ans.

Le 16 avril, Taghi Rahmani, journaliste de l’hebdomadaire Omid-é-Zangan, est libéré après avoir passé plus d’un an en prison. Il avait été arrêté le 11 mars 2001 par des agents de la justice lors d’une rafle au domicile de Mohammad Bastehnaghar - une des figures de l’opposition progressiste et journaliste d’Asr-é-Azadegan - où s’étaient réunies une trentaine de personnes.

Le 17 avril, Fazlollah Salavati, rédacteur en chef de l’hebdomadaire d’Ispahan Navid-é-Esfahan, est libéré sous caution. Il avait été arrêté le 7 avril 2001 avec une quarantaine d’autres personnes proches du Mouvement de Libération d’Iran (MLI), parti islamiste progressiste, interdit en mars. Il avait été accusé de "collaborer avec des groupes contre-révolutionnaires".

Le 6 mai, Ahmad Gabel, journaliste de Hayat-é-No, est libéré. Il avait été arrêté le 31 décembre 2001 sur ordre du tribunal du clergé. Il écrivait également des éditoriaux dans de nombreuses publications réformistes et donnait régulièrement des interviews à des radios étrangères. Le journaliste est connu pour être très critique envers le camp conservateur, et en particulier Ali Khamenei, le Guide de la République islamique.

Le 5 juillet, Reza Tehrani, rédacteur en chef de la revue Kian, est libéré sous caution. Il avait été arrêté le 7 avril 2001 avec une quarantaine d’autres personnes proches du Mouvement de Libération d’Iran (MLI), parti islamiste progressiste, interdit en mars. Il avait été accusé de "collaborer avec des groupes contre-révolutionnaires".

Le 4 novembre, Abdollah Nouri, directeur du quotidien Khordad, est amnistié. Le 27 novembre 1999, il avait été arrêté puis condamné, par le tribunal du clergé, à cinq ans de prison et à une amende de quinze millions de rials (environ 2 250 euros). Son journal avait été fermé. Abdollah Nouri avait été déclaré coupable de quinze délits, tels que "propagande antireligieuse", "insultes dirigées contre l’imam Khomeyni", "déstabilisation de l’opinion publique" et "liens avec les Etats-Unis".

Début décembre, Hamid Jafari-Nasrabadi et Mahmoud Mojdayi, sont libérés. Respectivement responsable et journaliste du magazine estudiantin Kavir, ils avaient été écroués à Téhéran, le 9 mai 2001, après avoir été interrogés plusieurs heures par un juge du tribunal de la presse. On leur reprochait un article jugé "blasphématoire" au "ton indécent". La justice avait ordonné, dans le même temps, la suspension du journal.

Début décembre, Siamak Pourzand, qui collaborait avec des radios de l’opposition iranienne basée aux Etats-Unis, est mis en liberté provisoire. Il était également directeur de la Majmue-ye Farrhangi-ye Honari-ye Tehran, le centre culturel de Téhéran où il accueillait artistes, intellectuels et écrivains. Il avait été arrêté le 24 novembre 2001. Particulièrement connu pour ses articles hostiles au régime islamiste, Siamak Pourzand avait été condamné, début mai 2002, à onze ans de prison pour "action contre la sécurité de l’Etat par ses liens avec des monarchistes et des contre-révolutionnaires". La cour avait pourtant déclaré avoir pris en compte ses aveux pour rendre son verdict. Acceptant toutes les charges retenues contre lui, le journaliste avait déclaré qu’il n’avait pas à se défendre. Sa famille avait alors fait part de son inquiétude quant aux pressions psychologiques subies par Siamak Pourzand lors de sa détention pour le forcer à avouer. Le 18 juin, le quotidien Rissalat rapportait que la cour d’appel de Téhéran avait confirmé la peine de onze ans de prison à l’encontre de Siamak Pourzand.

Quatre journalistes agressés

Le 22 novembre 2002, trois journalistes sont frappés par des extrémistes islamistes alors qu’ils couvrent un rassemblement de 5 000 personnes qui commémorent l’assassinat d’opposants et intellectuels fin 1998. Plusieurs centaines d’extrémistes islamistes ont attaqué la manifestation à coups de poing et de bâton et ce, sans que la police n’intervienne.

Le 10 juin, Latif Safari, directeur du journal interdit Neshat, est blessé lors d’une bagarre provoquée par un groupe d’extrémistes islamistes qui ont attaqué un rassemblement du courant réformateur dans une mosquée de Kermanshah (ouest du pays). Le journaliste devait y prendre la parole.

Pressions et entraves

Le 24 janvier 2002, la justice iranienne suspend l’hebdomadaire cinématographique Cinema Jahan sur plainte du palais de justice de la province de Téhéran. Le juge Saïd Mortazavi, président du tribunal 1410 dit "tribunal de la presse", a poursuivi le directeur du journal pour "publications mensongères troublant l’opinion publique et créant un climat de tension et d’insécurité dans le monde de la presse", "publications allant à l’encontre de la bienséance" et pour "abus dans l’utilisation de l’image de la femme".

Le 27 janvier, c’est au tour du mensuel cinématographique Gozaresh-é-Film d’être suspendu pour avoir publié des "articles mensongers" et des "photos obscènes". Quelques mois auparavant, le chef de la justice de Téhéran, Abassali Alizadeh, avait publiquement accusé Karim Zargar, le directeur de publication, d’être "contre-révolutionnaire". Une semaine avant la suspension, la rédactrice en chef du journal, Nushabeh Amiri, avait reçu des menaces téléphoniques de la part de Adareh Amaken, une section de la police téhéranaise habituellement chargée des délits à caractère "moral" et considérée comme proche des services de renseignements. En juin, le journal est suspendu définitivement. Le 29 janvier, la justice iranienne suspend également le mensuel cinématographique, Cinama-ta’atre, pour la publication d’articles jugés mensongers et de photos qualifiées d’obscènes.

Le 30 janvier, la suspension des trois revues cinématographique est levée suite à une lettre à la Justice du vice-ministre de la Culture, Mohammad Hassan Pezechk. A la mi-février, des intellectuels libéraux, dont plusieurs journalistes et avocats de journalistes emprisonnés, sont convoqués par Adareh Amaken. Selon le député réformateur Ali-Asghar Hadizadeh, ils sont "interrogés sur leur passé, leurs convictions politiques et religieuses et ont même été soumis à un traitement insultant". Parmi les journalistes interrogés : Firouz Gouran, directeur du magazine Jameh-é-Salem, Nushabeh Amiri, Hoshang Asadi et Peyame Afsalinejad, de Gozaresh-é-Film, et Ali Dehbashi, directeur du journal Kilk et directeur de Bokhara. Le 24 février, le juge Saïd Mortazavi ordonne la suspension pour deux mois du quotidien Siyassat-é-Rouz, un titre proche du courant conservateur. Les raisons précises de la suspension ne sont pas connues.

Le 6 mars, la cour d’appel de Téhéran confirme la fermeture d’un hebdomadaire réformateur Asr-é-Ma (suspendu en décembre 2001) et réduit la peine de Mohammad Salamati, son directeur, de 26 à 17 mois de prison. Il était poursuivi pour avoir propagé, en décembre 2000, une rumeur sur une tentative de destitution du président Khatami.

Le 16 avril, Said Afzar, journaliste du quotidien réformateur Iran, est convoqué par le tribunal de la presse pour un article considéré comme "insultant à l’égard de la religion". Il est libéré quelques heures plus tard.

Le même jour, le tribunal de Tabriz, chef-lieu de la province de l’Azerbaïdjan oriental, interdit la publication de l’hebdomadaire régional, Chams-é-Tabriz, puis condamne son directeur, Ali-Hamed Iman, à sept mois de prison et à soixante-quatorze coups de fouet pour "insulte à la religion". Ali-Hamed Iman qui demeure en liberté est accusé d’avoir publié des "informations mensongères", d’avoir "tenté de créer des dissensions entre les ethnies", d’avoir "insulté les dirigeants du régime, la religion et le prophète de l’islam".

Le 17 avril, Ahmad Zeid-Abadi, journaliste du quotidien réformateur Hamchahri et du mensuel Iran-é-Farda, est condamné par le tribunal de la presse à vingt-trois mois de prison et l’interdiction pendant cinq ans de toute activité publique et sociale pour "propagande contre le régime islamique et ses institutions". Le tribunal lui reproche notamment "ses discours provocateurs et menaçants pour la sécurité nationale". Contrairement à la position officielle de l’Iran, le journaliste avait, dans de récents articles, défendu le chef de l’Autorité palestinienne, Yasser Arafat, et condamné les kamikazes palestiniens. Ahmad Zeid-Abadi a fait appel de ce jugement. Le journaliste demeure en liberté.

Le 22 avril, le magazine cinématographique Honar-é-Haftom est suspendu par une commission du ministère du Guide et de l’Orientation islamique pour avoir publié des articles et photos qui ont déplu.

Le 27 avril, Mostafa Kavakebian, directeur du quotidien réformateur Mardomashari, est convoqué par la justice.

Le 28 avril, Djalal Djalali, journaliste de Sirvan, hebdomadaire de la ville de Sanandej (Kurdistan d’Iran), est convoqué par le tribunal révolutionnaire. Le 29 avril, plusieurs mollahs de la ville sainte de Qom (centre du pays) appellent à sanctionner Abdollah Nasseri Taheri, directeur d’Iran, organe du gouvernement du président Mohammad Khatami. Les mollahs souhaitent que le "verdict de Dieu" lui soit appliqué, ce qui peut être interprété comme un appel en faveur de la peine de mort.

Le 1er mai, le tribunal de la ville de Qom condamne Hojat Heydari, journaliste de l’hebdomadaire Payam-e-Qom, à quatre mois de prison et six mois d’interdiction d’exercer la profession de journaliste. Il est reconnu coupable d’insulte aux valeurs de la Révolution islamique et de diffusion de "fausses nouvelles". Le tribunal accorde au journaliste un sursis de deux ans à la mise en application des peines prononcées. Le jugement ne sera en effet appliqué que si Hodjat Heydari est reconnu coupable, dans les deux ans qui viennent, de délits semblables. Aux yeux du tribunal, les articles de Payam-e-Qom, qui ont traité de la corruption dans la ville sainte, ont pour finalité de propager "l’immoralité et la corruption à Qom" alors que les habitants de la cité sont de "fervents croyants réputés pour leur attachement aux valeurs religieuses". Hodjat Heydari fait appel du jugement.

Le 4 mai, le quotidien indépendant Bonyan est suspendu "jusqu’à nouvel ordre" pour de "nombreux délits répétés". Il est également condamné pour utilisation du titre et du logo d’un hebdomadaire du même nom. De nombreux journalistes, interdits de publication, dont Ahmad Zeid-Abadi, ont collaboré à ce journal fortement apprécié dans les milieux universitaires et devenu lieu de débat des milieux réformateurs en raison de sa position critique à l’égard des conservateurs.

Le même jour, le quotidien Iran est suspendu pour avoir "insulté les valeurs sacrées de l’islam" et avoir "diffusé de fausses informations". Cette mesure fait suite à la parution d’un article présentant le livre de l’écrivain Touka Malékil, La musique féminine en Iran, dont le thème principal était le plaisir que le prophète Mohammed avait à écouter de la musique chantée et jouée par les femmes. Cela avait provoqué un tollé au sein du clergé. Le 1er mai, Banafsheh Samgis, auteur de l’article, avait été auditionnée par le tribunal. Le 5 mai, suite aux nombreuses critiques qu’a suscitées cette mesure, le chef de la magistrature, l’ayatollah Mahmoud Shahroudi, ordonne la levée de la suspension. Iran demeure poursuivi devant la justice suite à près d’une centaine de plaintes.

Le 8 mai, Mohsen Mirdamadi, directeur du quotidien réformateur Norooz, est condamné par le tribunal de la presse à Téhéran à six mois de prison et à l’interdiction pendant quatre ans de publier et "d’exercer un poste de direction en matière de presse" et à une amende de deux milliards de rials (environ 300 000 euros). Egalement président de la Commission de la Sécurité nationale du Parlement, Mohsen Mirdamadi est condamné sur la base de 200 plaintes, notamment pour "insultes à des dirigeants", "publication de mensonges" et "d’actions contre la sécurité nationale". Le journaliste qui fait appel demeure en liberté. Norooz, qui est l’organe du principal parti réformateur, est, par ailleurs, condamné à six mois de suspension mais paraît normalement le 9 mai. Le 24 juillet, les peines sont confirmées et, cette fois, le journal est fermé.

Le 23 mai, Issa Sahakhis, directeur du mensuel Aftab est convoqué par le tribunal de la presse.

Le 25 mai, la justice interdit la publication d’articles évoquant les relations irano-américaines. Cette mesure intervient au moment où Norooz a révélé que des contacts officieux entre responsables iraniens et américains de haut niveau avaient eu lieu à Nicosie ou à Ankara les mois précédents. Alors que les relations avec les Etats-Unis font alors l’objet de vives dissensions au sein du régime, la justice qualifie de "délit" et "contraire aux intérêts nationaux" le simple fait d’aborder le sujet. Du côté des réformateurs, plusieurs personnalités s’offusquent de l’illégalité de cette interdiction. Mohsen Mirdamadi estime que, si des discussions ont lieu entre l’Iran et les Etats-Unis, il faut que celles-ci se tiennent "au grand jour" et non pas secrètement.

Le 6 juin, Davoud Allah-Verdinik, directeur de Ruzdara, quotidien de la région de Zahedan (sud-est du pays), est condamné, en appel, à une peine de trois mois de prison pour un article diffamatoire. Le tribunal confirme également la suspension du journal. Le journaliste demeure en liberté.

Le 26 juin, Nushabeh Amiri et Hoshang Asadi, de Gozaresh-é-Film, sont interrogés durant plus de huit heures tout particulièrement sur le journaliste incarcéré Siamak Pourzand.

Le 6 juillet, les directeurs de Hemat, revue de la municipalité de Machhad (nord-ouest du pays), comparaissent devant le tribunal de Machhad suite à la publication d’une photo d’une statue de Reza Chah, père du dernier Chah. La revue est accusée d’avoir publié "des articles mensongers".

Le 11 juillet, le tribunal de la presse suspend le quotidien Azad alors qu’il s’apprêtait à publier un article sur la démission de l’ayatollah Jalaleddine Tahéri, imam de la prière de la ville d’Ispahan. La veille, le secrétariat du Conseil suprême de sécurité nationale (la plus haute instance de décisionen matière de défense et de sécurité en Iran) avait interdità la presse de publier "toute information en faveur ou contre" ce haut dignitaire religieux dont une lettre ouverte, parue le jour même dans la presse réformatrice, avait fait scandale au sein des milieux conservateurs. L’ayatollah Jalaleddine Tahéri y avait annoncé sa démission pour protester contre "la situation chaotique" en Iran. Il justifiait cet acte par "la déception, le chômage, l’inflation, la hausse quotidienne des prix, l’écart diabolique entre les pauvres et les riches, l’économie malade et la bureaucratie corrompue, les pots-de-vin, l’escroquerie, l’expansion de la consommation de drogue, l’incompétence des autorités et la défaillance de la structure politique" du régime. Le vice-ministre de la Culture, Chaban Chahidi-Moadab, demande aux autres publications de respecter l’ordre de censure. Alors que plusieurs journaux conservateurs qui ont commenté la démission de l’ayatollah de façon critique ne subissent aucune sanction, l’édition du 12 juillet de Norooz, qui allait publier des commentaires sur la lettre de l’imam, paraît avec des articles censurés. Machallah Chamsolvaezine, porte-parole de l’Association de défense de la liberté de la presse (ADLP), indique, quant à lui, que "les communiqués du secrétariat du Conseil n’ont pas de caractère légal".

Mi-juillet, Alireza Farahmand, journaliste des publications Neshat et Tous, Iraj Jamshidi, rédacteur en chef de Eghtesad-é-Asia, Esmail Jamshidi, directeur du magazine Gardon, Nushabeh Amiri et Hoshang Asadi, de Gozaresh-é-Film, sont convoqués par Adareh Amaken. Ces interrogatoires portent sur leurs éventuels liens avec ce que le régime appelle "le front culturel subversif" auquel le journaliste Siamak Pourzand, emprisonné, aurait été associé.

Le 4 août, Mah-Jabin Abutorabi, directrice de l’hebdomadaire Aref, décide de fermer sa publication suite aux intimidations dont elle a fait l’objet. Après la parution d’un article sur la suspension de Norooz, des officiels lui avaient intimé de ne plus écrire sur ce sujet. "J’ai fermé le journal pour échapper à la prison", a déclaré la journaliste qui craignait d’être poursuivie en justice.

Le 5 août, la justice iranienne lance un mandat d’arrêt à l’encontre de Massoud Behnoud, collaborateur d’Adineh, Neshat et Asr-é-Azadegan. Le journaliste réformateur avait été arrêté par les autorités iraniennes en août 2000 et libéré en décembre. Il était accusé notamment d’"atteinte à la sécurité nationale", de "coopération avec des médias étrangers" et d’"insulte envers le Guide suprême", l’ayatollah Ali Khamenei. Le 10 septembre 2001, la cour d’appel avait confirmé le verdict le condamnant à dix-neuf mois de prison. Le journaliste vit en exil.

Le 7 août, le tribunal révolutionnaire de Téhéran porte plainte contre l’agence de presse officielle IRNA suite à la publication "illégale" d’un communiqué d’un parti d’opposition, le Mouvement de libération de l’Iran (MLI). Le tribunal explique que ce communiqué n’aurait jamais dû être repris par l’agence en raison du statut non définitif des condamnations prononcées à l’encontre du parti et de ses membres. Fin juillet, le tribunal avait, en effet, interdit ce parti politique et condamné trente-trois de ses membres à des peines de prison. Le 3 août, le MLI avait qualifié ce jugement d’"inattendu et étonnant".

Le 8 août, le quotidien réformateur Ayineh-é-Jonoub est suspendu sur décision du tribunal de la presse, une semaine après sa première parution. Une des raisons mise en avant pour justifier cette mesure serait la récente condamnation de son directeur, Mohammad Dadfar, pour "propagande contre le régime". Ce dernier avait été condamné à trois mois de prison.

Le même jour, la justice ordonne la suspension du quotidien réformateur Rouz-é-No en raison de la similitude de son nom avec celui d’un journal fermé le mois précédent, Norooz. Rouz-é-No avait pourtant obtenu l’accréditation nécessaire pour sa publication et devait paraître la semaine suivante. Saïd Mortazavi, président du tribunal de la presse, indique que la publication de ce quotidien "ne pourrait être autorisée qu’au moment où sera achevée la suspension de six mois du journal Nowrooz".

Le 15 août, la justice condamne le quotidien réformateur Bamdad-é-No (suspendu en avril 2000) à la fermeture définitive.

Le 21 août, l’hebdomadaire Hadis-é-Gazvin est suspendu suite à une plainte déposée par le procureur de la province de Gazvin (nord du pays). Arrêté et incarcéré en janvier 2001, Naghi Afchari, directeur de l’hebdomadaire, était accusé d’avoir "critiqué le pouvoir judiciaire" et publié une caricature "insultante" à l’égard de la justice.

Le 26 août, le quotidien réformateur Gozarech-é-Rouz (suspendu en avril 2000) est suspendu définitivement. Son directeur, Mohammed Mahdavi, est condamné à 25 mois de prison mais demeure en liberté.

Le 28 août, l’hebdomadaire provincial Nameh Gazvin est suspendu sur ordre du tribunal de Gazvin pour "publication d’insultes et propos mensongers".

Les 2 et 5 septembre, Leila Farhatpour, chef du service littérature et arts aux publications Tous et Asr-é-Azadegan, est convoquée par Adareh Amaken.

Le 15 septembre, deux journaux réformateurs sont suspendus pour propagation d’articles "mensongers et hostiles au régime islamique" et "portant atteinte à la pudeur". La première suspension concerne Golestan-é-Iran, accusé de "publication de propagande hostile au régime et de rumeurs". Le second titre, l’hebdomadaire Vagat, est accusé de publication d’images "dépravées" et d’articles "portant atteinte à la pudeur". Abasali Alizadeh, le chef de la Justice de Téhéran, avait porté plainte contre ce journal.

Le 29 septembre, Fatemeh Govarai, journaliste à Omid-é-Zangan et Peyam Ajar, est convoquée par la section 26 du tribunal révolutionnaire pour "action contre la sécurité nationale".

Le 30 septembre, Abdollah Nasseri, directeur de l’agence de presse officielle IRNA, est convoqué par la justice suite à la publication, par son agence, d’un sondage favorable à la reprise du dialogue avec les Etats-Unis qui avait entraîné un tollé dans le milieu conservateur.

Le 8 octobre, Christiane Amanpour, journaliste de la chaîne américaine CNN, se voit refuser un visa alors qu’elle accompagnait Jack Straw, ministre britannique des Affaires étrangères, dans une tournée au Proche-Orient. Lors de son dernier voyage en Iran, en février 2000, Christiane Amanpour avait réalisé un reportage sur la jeunesse iranienne qui aurait déplu au régime. Il n’est pas rare que ce dernier sanctionne, par un refus de visa, des journalistes étrangers qui ont effectué des reportages critiques sur l’Iran. La chaîne américaine CNN est reçue en Iran via les paraboles.

Le 10 octobre, Issa Khandan, responsable du service société de deux quotidiens, Khordad et Fath, est convoqué par le tribunal révolutionnaire pour "activités subversives".

Le 21 octobre, Fatemeh Kamali, directrice de l’hebdomadaire Jamee-é-No et épouse du journaliste Emadoldin Baghi (emprisonné depuis mai 2000), est interrogée par le tribunal de la presse, ainsi que Ezatollah Sahabi, directeur du journal Iran-é-Farda.

Le même jour, Reza Alijani, rédacteur en chef du mensuel Iran-é-Farda, et lauréat du prix Reporters sans frontières - Fondation de France 2001, est convoqué par le tribunal révolutionnaire de Téhéran. C’est la première fois qu’il est entendu depuis sa libération sous caution le 16 décembre 2001. Il avait été arrêté par des agents de la sécurité le 24 février 2001. Le 2 novembre 2002, le procès de Reza Alijani a pris fin. Il est notamment accusé de "collaboration avec les contre-révolutionnaires de l’étranger." Au 1er janvier 2003, le verdict n’était toujours pas rendu.

Le 27 octobre, le bihebdomadaire réformateur Velayat-é-Gazvin est suspendu.

Le 4 novembre, Narghues Mohamadi, journaliste à Peyam Ajar, est convoquée par le tribunal de la révolution de Téhéran pour "trouble à l’ordre public".

Le 6 novembre, le ministre de la Culture et de l’Orientation islamique interdit aux médias de publier ou diffuser toute publicité relative à des produits américains.

Le 11 novembre, Mohammad Hosssein Khoshvaght, directeur du département de la presse et des journalistes étrangers du ministère de la Culture et de l’Orientation islamique, déclare que les journalistes américains se verront désormais prendre leurs empreintes digitales à leur arrivée dans le pays, en représailles aux "mauvais traitements infligés par les Américains aux citoyens iraniens".

Le 21 novembre, la justice de Gazvin suspend pour trois mois l’hebdomadaire Nameh Gazvin "pour avoir encouragé les jeunes à l’immoralité et à l’indécence". Egalement reconnu coupable de "saper l’esprit révolutionnaire", la publication a été condamnée à payer une amende de trois millions de rials (environ 450 euros).

Le 26 novembre, Amin Bozorgian, rédacteur en chef de Golestan-é-Iran, est enlevé par des inconnus. Il est relâché le 1er décembre.

Fin novembre, l’hebdomadaire Hadis-é-Gazvin est condamné à cinq mois d’interdiction, alors qu’il ne paraît plus depuis un an, et à une amende de 7 millions de rials (environ 1 050 euros).

Le 24 décembre, la justice confirme la suspension du quotidien réformateur Aftab-é-Emrouz (suspendu en avril 2000). Dans le même temps, l’hebdomadaire réformateur Shams-é-Tabriz publié à Tabriz (nord-ouest) est définitivement suspendu. Ali-Hamed Iman, son directeur, est condamné, en appel, à deux ans de prison avec sursis et 74 coups de fouet. Il demeure en liberté.



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