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Koweït


-  Superficie : 17 811 km2.
-  Population : 1 971 000.
-  Langue : arabe.
-  Nature de l’Etat : émirat.
-  Chef de l’Etat : Cheikh Jaber al-Ahmed al-Jaber al-Sabah.

Koweït - rapport annuel 2003

Malgré une loi répressive sur les publications et l’existence d’un grand nombre de sujets tabous, la presse koweïtienne a réussi à conquérir une marge de liberté non négligeable. Ce qui n’empêche pas la liberté de ton de la chaîne satellitaire Al-Jazira d’irriter profondément les autorités koweïtiennes qui ont fermé définitivement ses bureaux fin 2002. Internet est par ailleurs surveillé de près. Deux journalistes sont emprisonnés depuis 1991.

Le Koweït a fêté cette année le onzième anniversaire de sa libération de sept mois d’occupation irakienne. Seule monarchie du Golfe avec le Bahreïn à disposer d’un parlement élu, le pays doit gérer une cohabitation tendue entre libéraux et islamistes. La religion est d’ailleurs, avec la personne de l’émir et les autres chefs d’Etat amis, l’un des sujets les plus tabous. Bien que la liberté de la presse soit une garantie constitutionnelle, une loi sur la presse et les publications, très restrictive, établit la liste des sujets dont la publication est interdite. Cette législation prévoit des sanctions pénales pouvant aller jusqu’à plusieurs années de prison pour la publication "d’allusions, de moqueries, de dénigrements ou de propos tendant à infirmer et à offenser Dieu, les prophètes, les disciples du prophète". Cependant, les journalistes koweïtiens disposent d’une liberté d’expression nettement supérieure à celle de leurs collègues saoudiens. Des amendements à cette loi visant à remplacer les peines de prison par des amendes, à l’étude depuis 2000, n’ont toujours pas été adoptés.

Nouveaux éléments sur une journaliste tuée avant 2002

Le 4 février 2002, le tribunal criminel de Koweït condamne Khaled Al-Azmi à la peine de mort, concluant à sa culpabilité dans le meurtre de Houdaya Sultan Al-Salem. Première femme journaliste du Koweït, propriétaire et rédactrice en chef de l’hebdomadaire politique al-Majales, elle a été assassinée le 20 mars 2001. Khaled Al Azmi, officier de police, aurait avoué le motif de son crime : la journaliste avait osé dépeindre la danse traditionnelle des femmes de sa tribu Al Awasem, très influente au Koweït, comme une "tentation et suggestion sexuelle". La journaliste aurait pu être tuée parce qu’elle s’était plainte à l’émir de mauvais traitements suite à un article critiquant la police. al-Majales avait également publié plusieurs autres articles sur le détournement de fonds publics au Koweït. Le 8 juin, la cour d’appel a confirmé la peine de mort prononcée contre l’officier de police condamné. Ses avocats ont introduit un recours contre ce verdict.

Deux journalistes incarcérés

Au 1er janvier 2003, au moins deux journalistes sont incarcérés au Koweït depuis 1991.

Fawwaz Mohammed Al-Awadi Bessisso et Ibtisam Berto Suleiman Al-Dakhil ont été condamnés à mort, en juin 1991, pour avoir travaillé au journal Al Nida, organe de propagande des forces d’occupation irakiennes. Au total, dix-sept journalistes ont été arrêtés puis jugés dans des conditions dérogeant aux règles de droit international en matière de justice (procès expéditif devant une cour martiale, témoignages secrets, absence de débat contradictoire, allégations de tortures, etc.). Les condamnations à mort pour « collaboration avec un pays hostile » ont été par la suite commuées en peines de prison à perpétuité. Malgré les pressions d’organisations de défense des droits de l’homme, ces deux journalistes n’ont pas bénéficié de l’amnistie du 25 février (date de l’anniversaire de la libération du Koweït). C’est seulement en juillet que Ibtisam Berto Suleiman Al-Dakhil a été graciée. Depuis, elle est toujours détenue dans l’attente d’une probable extradition vers l’Irak.

Pressions et entraves

Le 14 février 2002, un groupe de quatre avocats koweïtiens attaque en justice la chaîne de télévision Al-Jazira pour "diffamation et calomnie". Lors de la célèbre émission en direct Al-Itijah Al-Mu’akis (Direction opposée), des invités ont accusé le Koweït d’être "une épine dans le pied de la solidarité arabe", tandis que l’écrivain égyptien Sayed Nassar a affirmé que le Koweït "a volé" le pétrole irakien avant l’invasion de l’émirat en 1990. Le 12 novembre, un tribunal civil condamne la chaîne qatarie à verser 16 000 dollars de dommages et intérêts. "Il s’agit d’une première étape", ont déclaré les avocats plaignants qui estiment le jugement "juste". Al-Jazira a pour sa part qualifié le verdict d’"injuste" puisque, lors de la même émission, un invité koweïtien a immédiatement pu répondre aux critiques exprimées contre son pays. Une seconde plainte est en cours, qui réclame le versement d’une somme de 65 000 dollars en compensation du préjudice moral subi.

Le 3 novembre, le ministère de l’Information signifie, par téléphone, au correspondant d’Al-Jazira au Koweït, Saad Al-Anezi, la fermeture de son bureau au motif que la chaîne est "partiale". Cette décision serait consécutive à la diffusion d’un reportage, le 2 novembre, sur la fermeture au public d’un quart du territoire (nord du pays) en raison d’exercices militaires américano-koweïtiens. Les autorités auraient jugé que ce reportage portait préjudice à l’honneur du pays. Quelques jours plus tard, le ministre des Affaires étrangères, Cheikh Sabah Al-Ahmed Al-Sabah, confirme la fermeture "définitive" du bureau d’Al-Jazira. Le ministre de l’Information, Cheikh Ahmed Al-Fahd Al-Sabah, déclare, quant à lui, que Al-Jazira est "une bonne chaîne qui se distingue du lot mais qui n’est pas objective à propos du Koweït, ce qui nous autorise à prendre cette décision".

Le 14 mai, cinquante cafés Internet sont fermés par les autorités dans le cadre d’une campagne de lutte contre l’accès aux sites pornographiques, strictement interdits comme dans toutes les monarchies du Golfe. Des permis d’exploitation de cafés Internet sont annulés et de nombreux établissements inspectés. Le ministre de la Communication, Hamed Khajah, annonce que les cafés fermés seront ouverts de nouveau dès l’entrée en vigueur d’une nouvelle réglementation.

L’édition de novembre-décembre 2002 du magazine littéraire panarabe Al-Adab, traitant notamment de la censure en Egypte, est interdit de distribution dans le pays. D’après le rédacteur en chef de la revue, éditée à Beyrouth, les autorités ont eu peur que les lecteurs fassent le lien entre les écrivains emprisonnés, la littérature "obscène" censurée, les islamistes pourchassés en Egypte et la situation au Koweït



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voir aussi
Rapport Annuel 2003 Amériques
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Rapport annuel 2003 Afrique
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