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Qatar


-  Superficie : 11 000 km2.
-  Population : 575 000.
-  Langue : arabe.
-  Nature de l’Etat : émirat.
-  Chef de l’Etat : Cheikh Hamed ben Khalifa ben Hamed al-Thani.

Qatar - rapport annuel 2003

L’année 2002 a été marquée par des attaques redoublées, aussi bien de la part des régimes voisins que des autres pays arabes et des Etats-Unis, contre la chaîne Al-Jazira, basée à Doha. Les menaces de boycott par les régimes arabes ont été mises à exécution avec la fermeture des bureaux de la chaîne dans deux pays : la Jordanie et le Koweït. Comme au Koweït, la presse écrite de l’émirat jouit par ailleurs d’une relative liberté de ton par rapport aux pays voisins.

Connue pour son professionnalisme et son indépendance, "la CNN du monde arabe" compte environ trente-cinq millions de téléspectateurs dans le monde arabe. Par le biais des antennes paraboliques, elle offre aux populations une ouverture et une qualité d’information qui rompent avec la propagande soporifique des gouvernements autoritaires. Dans les pays occidentaux, Al-Jazira a acquis sa célébrité grâce à la couverture exclusive de la campagne militaire en Afghanistan et à la diffusion des cassettes vidéo de Ben Laden, chef d’Al-Qaida. Disposant d’un bureau permanent à Kaboul depuis 1998, cette chaîne était l’un des rares médias à être encore présents dans la capitale afghane avant la chute des taliban. Le 3 octobre 2001, Colin Powell, secrétaire d’Etat américain, s’était adressé au Cheikh Hamad ben Khalifa al-Thani, émir du Qatar et principal actionnaire de la chaîne, lui demandant d’intervenir auprès de la direction afin de modifier sa couverture des événements, qualifiée de « biaisée ». Un mois plus tard, l’armée américaine avait bombardé le bâtiment où se trouvaient les locaux de la chaîne à Kaboul au motif qu’il aurait abrité des éléments d’Al-Qaida. Malgré les promesses faites à la chaîne, l’administration américaine n’a jamais ouvert d’enquête sur cet événement.

Le 16 septembre 2002, Al-Jazira fait savoir qu’un de ses journalistes, dont elle était sans nouvelles depuis décembre 2001, est détenu par les autorités américaines sur la base militaire de Guantanamo à Cuba. De nationalité soudanaise, Sami Al-Haj, assistant cameraman, a été arrêté le 15 décembre 2001 à la frontière pakistano-afghane alors qu’il travaille pour la chaîne. Malgré les démarches officielles entreprises par Al-Jazira, ainsi que par la famille du journaliste, depuis avril 2002, les autorités américaines sont restées totalement silencieuses sur les faits qui lui sont reprochés.

Les émissions d’Al-Jazira, qui donnent la parole au public et abordent des sujets politiques et sociaux jugés tabous, irritent de manière croissante les dirigeants arabes, notamment saoudiens. Le 25 juin, lors de la fameuse émission Al-Itijah Al-Mu’akis (Direction opposée), des intervenants dénoncent le projet de paix au Proche-Orient du prince Abdallah. Le 13 juillet, lors d’une autre émission intitulée "Sans frontières", l’Arabie saoudite est de nouveau accusée d’avoir "trahi la cause palestinienne". Le chef de la diplomatie saoudienne déclare alors que "Al-Jazira est un casse-tête chronique, sans remède". L’ambassadeur saoudien au Qatar est rappelé à Riyad pour consultation. Début octobre, cinq des six ministres de l’Information des pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG), réunis à Mascate, accusent la chaîne qatarie d’"insulter et de diffamer" leur pays. L’Arabie saoudite, le Koweït, les Emirats arabes unis, Bahreïn et Oman recommandent de "ne plus fournir d’informations" à la chaîne et exhortent "les secteurs publics et privés à cesser toute coopération commerciale et publicitaire avec cette chaîne". Cependant, la chaîne entend poursuivre son développement. En novembre, son directeur général, Mohammed Jassem Al-Ali, annonce le lancement prévu, en novembre 2003, d’une chaîne en anglais, pour rivaliser avec les plus grandes chaînes d’informations mondiales. D’ici là, les informations de la chaîne devraient être disponibles en anglais sur le site internet (www.aljazeera.net) à partir de janvier 2003.

Un journaliste incarcéré

Le 22 octobre, un journaliste de nationalité jordanienne, Firas Majali, est condamné à la peine de mort par la Cour suprême de Doha (Qatar) pour "espionnage". Selon la chaîne Al-Jazira, le journaliste est accusé d’espionnage pour le compte de la Jordanie. Son avocat, quant à lui, s’est borné à indiquer que son client est accusé d’espionnage au profit d’un "pays étranger". Arrêté en février, Firas Majali travaillait pour la première chaîne de la télévision d’Etat du Qatar. Le procès, qui a débuté en mai, s’est déroulé dans un climat de crise diplomatique entre les deux pays. Selon de nombreux observateurs, ainsi que d’après le ministre jordanien des Affaires étrangères, le caractère politique de ce procès ne fait aucun doute. La diffusion, le 6 août 2002, par la chaîne qatarie Al-Jazira d’une émission très critique à l’égard de la Jordanie a provoqué la fermeture, dès le lendemain, de ses bureaux à Amman ainsi que le rappel de l’ambassadeur jordanien au Qatar. Les journaux et tabloïds jordaniens mènent en septembre une large campagne de presse contre le Qatar, tandis que la famille du journaliste condamné à mort organise des manifestations de soutien à Amman. L’avocat de M. Majali a fait appel de la décision.



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voir aussi
Rapport Annuel 2003 Amériques
Rapport annuel 2003 Europe
Rapport annuel 2003 Afrique
Rapport annuel 2003 Asie