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Victimes de la guerre
40 journalistes et 16 collaborateurs des médias ont été tués et deux sont portés disparus depuis le début du conflit en mars 2003.

communiqués - Rapports

15.01 - Irak /Etats-Unis
"Deux meurtres pour un mensonge"
A l’issue d’une enquête approfondie sur la mort de deux journalistes tués à Bagdad le 8 avril 2003 par un tir de l’armée américaine sur l’hôtel Palestine, Reporters sans frontières publie un rapport d’enquête et demande la reprise des investigations.
A l’issue d’une enquête approfondie sur la mort de deux journalistes tués à Bagdad le 8 avril 2003 par un tir de l’armée américaine sur l’hôtel Palestine, Reporters sans frontières publie un rapport d’enquête et demande la reprise des investigations pour répondre aux véritables questions que pose cette erreur criminelle commise par l’armée des Etats-Unis.

19.09 - Irak
Disparition de Fred Nérac : l’enquête se poursuit
30.05 - Irak
La Grande-Bretagne et la France doivent conduire une enquête conjointe sur la disparition de Fred Nérac, cameraman d’ITN disparu en Irak depuis 68 jours
19.05 - Irak
A l’occasion du Conseil des ministres européens des Affaires étrangères et de la Défense, des journalistes se mobilisent pour accélérer les recherches de Fred Nérac, disparu en Irak depuis 58 jours
13.05 - Irak
Reporters sans frontières choquée par le refus des autorités britanniques d’ouvrir une enquête sur la disparition de Fred Nerac et d’Hussein Othman d’ITN
2.05 - Irak
L’armée américaine ouvre enfin une enquête sur les tirs de ses troupes contre des journalistes d’ITN
23.04 - Irak
Reporters sans frontières ne se satisfait pas des réponses du Pentagone et de la Commission internationale humanitaire d’établissement des faits
13.04 - Irak
Une équipe de CNN essuie des coups de feu ; son garde du corps répond à l’arme automatique
Reporters sans frontières s’inquiète d’un comportement qui peut s’avérer dangereux pour tous les journalistes
9.04 - Irak
Allégations de crimes de guerre
Reporters sans frontières demande à nouveau une enquête indépendante et impartiale de la Commission d’établissement des faits
8.04 - Irak
Reporters sans frontières accuse l’armée américaine de prendre délibérément pour cibles des journalistes
8.04 - Iraq
Reporters sans frontières indignée par le bombardement d’Al-Jazira à Bagdad
8.04 - Royaume-Uni
Certains médias pris à parti par des ministres et des parlementaires pour leur couverture de la guerre en Irak
3.04 - Irak
Les autorités irakiennes empêchent les journalistes de travailler
31.03 - Irak
Reporters sans frontières s’inquiète de la manière dont les forces américano-britanniques traitent les journalistes couvrant la guerre en Irak
28.03 - Irak
Reporters sans frontières lance un appel aux belligérants pour qu’ils aident à retrouver les neuf journalistes disparus depuis le début du conflit
26.03 - Etats-Unis
Al-Jazira est bien la seule chaîne exclue du New York Stock Exchange
26.03 - Irak
Reporters sans frontières demande à Tommy Franks l’ouverture d’une enquête sur la mort d’un journaliste et la disparition de deux de ses confrères
25.03 - Irak
Deux journalistes tués, deux blessés et deux autres portés disparus
19.03 - Crise en Irak
Reporters sans frontières demande aux autorités américaines de garantir la liberté et la sécurité des journalistes
11.03 - Koweït
Interdiction aux journalistes étrangers de fournir des informations aux médias israéliens
25.02 - Irak
Les médias irakiens : 25 ans de répression sans faille

sur le front des médias

18.06 - Un photographe de l’AFP interpellé par les forces américaines
Un photographe de l’AFP, qui prenait des photos d’un attentat anti-américain, a été interpellé par les forces américaines. Ces dernières lui ont confisqué pendant une heure sa carte de presse, ainsi que son appareil photo, avant de le laisser partir. Une attaque à la grenade dans un faubourg de Bagdad, en Irak, venait de causer la mort de deux GI. Les deux militaires américains gardaient une station d’essence, cible d’un premier incident meurtrier, qui avait opposé les forces américaines à des manifestants, tuant un ancien soldat irakien et en blessant un autre.

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La Chronique de Jean-Marie Charon

Jean-Marie Charon est chercheur au Centre national de la recherche scientifique (CNRS). Il est sociologue, spécialiste des médias. Il a publié plusieurs ouvrages et articles sur la pratique du journalisme. L’un de ses derniers livres - "Un secret si bien violé - La loi, le juge et le journaliste" - a été publié au Seuil en 2000. Il publie chaque jour, sur le site de Reporters sans frontières, une chronique sur la couverture médiatique de la guerre en Irak et le traitement de l’information.

Journaliste !
(18/04/03) C’était il y a seulement quelques jours. Les forces américaines allaient entreprendre l’assaut du "nid de l’aigle", Tikrit. Le premier échange de tirs ne fut pas sans étonner puisqu’il mettait aux prises des avant-postes irakiens, avec ... une équipe de télévision. (...)

Décryptages
Les journalistes irakiens veulent s’essayer à la libre expression
Les journalistes irakiens qui subissaient depuis des années la poigne de fer du fils aîné de Saddam Hussein, Oudaï, retrouvent le droit à la parole et expriment leurs attentes, notamment envers les Américains, de pouvoir construire une presse libérée de la censure comme le relate Ezzedine Saïd, journaliste de l’Agence-France Presse. (...)


Rapport annuel 2003 Maghreb / Moyen-Orient
01. Introduction Maghreb-Moyen-Orient
02. Actualisation Maghreb/Moyen-Orient
Algérie
Arabie saoudite
Autorité palestinienne
Bahreïn
Egypte
Emirats arabes unis
Irak
Iran
Israël et les Territoires occupés
Jordanie
Koweït
Liban
Libye
Maroc
Qatar
Soudan
Syrie
Tunisie
Yémen

Rapport Annuel 2003 Amériques
01. Introduction Amériques
02. Actualisation Amériques
Argentine
Bolivie
Brésil
Canada
Chili
Colombie
Costa Rica
Cuba
Equateur
Etats-Unis
Guatemala
Guyana
Guyane française
Haïti
Honduras
Mexique
Nicaragua
Panama
Paraguay
Pérou
Porto Rico
République Dominicaine
Salvador
Surinam
Uruguay
Venezuela

Rapport annuel 2003 Europe
01. Introduction Europe et ex-URSS
02. Actualisation Europe et ex-URSS
Albanie
Allemagne
Arménie
Autriche
Azerbaïdjan
Bélarus
Belgique
Bosnie-Herzégovine
Bulgarie
Chypre
Croatie
Danemark
Espagne
France
Géorgie
Grèce
Irlande
Italie
Kazakhstan
Kirghizistan
Macédoine
Moldavie
Ouzbékistan
Pologne
Portugal
République tchèque
Roumanie
Royaume-Uni
Russie
Serbie-Monténégro
Slovaquie
Suède
Tadjikistan
Turkménistan
Turquie
Ukraine

Rapport annuel 2003 Afrique
01. Introduction Afrique - Rapport annuel 2003
01.Introduction Afrique-Rapport annuel 2003
02. Actualisation Afrique
Afrique du Sud
Angola
Botswana
Burkina Faso
Burundi
Cameroun
Cap-Vert
Comores
Congo
Côte d’Ivoire
Djibouti
Eryhtrée
Ethiopie
Gabon
Gambie
Ghana
Guinée
Guinée équatoriale
Guinée-Bissau
Kenya
Liberia
Madagascar
Malawi
Mali
Mauritanie
Mozambique
Namibie
Niger
Nigeria
Ouganda
R.D. Congo
République centrafricaine
Rwanda
Sénégal
Seychelles
Sierra Leone
Somalie
Swaziland
Tanzanie
Tchad
Togo
Zambie
Zimbabwe

Rapport annuel 2003 Asie
01. Introduction Asie et Pacifique
02. Actualisation Asie
Afghanistan
Australie
Bangladesh
Bhoutan
Birmanie
Brunéi
Cambodge
Chine
Corée du Nord
Corée du Sud
Fidji
Iles Salomon
Inde
Indonésie
Japon
Kiribati
Laos
Malaisie
Maldives
Mongolie
Népal
Nouvelle-Zélande
Pakistan
Papouasie-Nouvelle-Guinée
Philippines
Singapour
Sri Lanka
Taïwan
Thaïlande
Timor oriental
Tonga
Viêt-nam

  Textes de référence

Rapport annuel 1992 - Irak

Après avoir multiplié les atteintes à la liberté de la presse lors de la "crise" du Golfe, le régime irakien ne semble pas, malgré les promesses, près de permettre à d’autres voix de s’exprimer.

"La démocratie de l’occident est le terrain privilégié de l’influence de la minorité sur la majorité" explique, le 17 septembre 199.1, le chef de l’Etat irakien, sur les ondes de la station de radio officielle Idaa’a Baghdad (Radio Bagdad). Et d’ajouter que "la presse occidentale est sous l’influence du capital" et, qu’en Irak, un contrôle des médias par des capitaux privés ne se ferait pas "au profit des masses". Pour corroborer son propos, la loi sur le "multipartisme" entre en vigueur le même jour après de multiples discussions - adoptée le 4 juillet par le parlement, amendée le 24 août car trop "libérale" et finalement promulguée le 3 septembre par le Conseil de commandement de la révolution (CCR, plus haute instance politique du pays) : "les partis politiques pourront avoir leurs propres objectifs mais devront être en faveur de la nation et du peuple", ceux qui prônent « l’athéisrne, la religion, le racisme ou le sectarisme » sont interdits, comme l’est tout activisme au sein de l’armée. Et si la loi les autorise à posséder un journal ou une revue politique, elle leur interdit de "contracter toute relation directe ou indirecte" avec des Etats étrangers. Résultat : les candidats ne se bousculent pas au portillon et les deux seuls nouveaux titres enregistrés ont été lancés par le propre fils du chef de l’Etat.

Autant dire qu’après la guerre du Golfe où il instaura une censure préalable très stricte sur l’ensemble des médias étrangers, et la répression des rebellions - chiite au sud-est et kurde au nord-ouest - durant lesquelles il multiplia les arrestations et détentions d’envoyés spéciaux, le régime militaire irakien ne semble pas près de tenir ses engagements de démocratisation. Sur les quatre journalistes assassi- nés en Irak cette année, un a été fusillé par l’armée irakienne.

Par ailleurs, l’amnistie - décrétée le 21 juillet - qui aurait permis, selon des sources kurdes indépendantes, la libération de 3.000 prisonniers politiques, n’a, semble-t-il, pas concerné les sept journalistes irakiens qui croupissent dans les geôles de Bagdad depuis 1979 et 1980. Deux nouveaux prisonniers sont même venus s’ajouter à cette liste.

Seule une cassette-vidéo britannique, circulant sous le manteau et intitulée "Tempête du désert", contrebalance la version officielle, donnée par les médias, qui parle toujours de "la grande victoire remportée contre trente nations".

Le 13 janvier 1991, Mahmoud Abdel Azim Megahed, journaliste de l’agence de presse égyptienne Middle East News Agency (MINA), est porté disparu. Selon sa direction, il serait rentré en Egypte un mois plus tard.

Le 19 janvier, les vingt-cinq envoyés spéciaux étrangers restés à Bagdad après le déclenchement de l’offensive deux jours auparavant sont consignés à l’hôtel Rachid sur ordre des autorités irakiennes. Vingt et un d’entre eux (les correspondants de la chaîne de télévision américaine Cable News Network (CNN) du quotidien espagnol El Mundo, un photographe de l’agence soviétique Novosti et un journaliste lituanien étant autorisés à rester) sont, le même jour, "expulsés temporairement pour quelques jours" parce que "les conditions de vie correcte ne sont plus garanties". Avant d’être placés dans des taxis pour la Jordanie - un voyage sous escorte que les autorités irakiennes feront payer au prix fort -, ils sont contraints d’abandonner la totalité de leur matériel. Trois photographes, les Français Laurent Van der Stockt (agence Gamma) et Patrick de Noirmont, et l’Allemand Thomas Kern, sont arrêtés pour "espionnage", retenus toute la nuit du 19 au 20 janvier, les yeux bandés, et brutalisés avant d’être, à leur tour, mis dans un taxi pour la Jordanie, qu’ils regagnent le 21 janvier.

Le 21 janvier, une équipe de la chaîne de télévision américaine Colombia Broadcasting System (CBS) disparaît à la frontière irako-koweïtienne. Arrêtés par les troupes de Saddam Hussein, les journalistes sont détenus jusqu’au 2 mars, à Bagdad. Le lendemain, Bruce Cheesman, un journaliste australien porté disparu depuis le 17 janvier, donne signe de vie.

Le 30 janvier, Saddam Hussein autorise à nouveau une quinzaine d’envoyés spéciaux à entrer en Irak. Jusqu’au 8 février, date de leur retour en Jordanie (excepté Peter Arrien de CNN), ils y travailleront dans les mêmes conditions de censure préalable qu’auparavant.

En février, Aziz al-Sayed Jasim, écrivain, ancien rédacteur en chef du quotidien du parti Baas Al Thawra (La Révolution) et collaborateur des journaux Al Ghad et Labour Voices, disparaît de la circulation. Selon certains témoignages, cet ancien prisonnier politique (1988-89) aurait été arrêté par la sûreté irakienne et serait depuis détenu sans charge. Ce que démentent les autorités, ajoutant qu’il a été vu pour la dernière fois à Karbala (sud de Bagdad) au mois de mars.

Le 4 février, à la suite des bombardements alliés, la station Radio Oumel Maarek (Mère De Toutes Les Batailles) mise en place, le 25 janvier, par l’armée irakienne à Koweït-City, arrête ses émissions. Peu de temps après, La Voix De l’Irak Libre, une station d’opposition au régime de Bagdad qui émettrait depuis la Syrie, prend sa place sur la même longueur d’onde.

Le 9 février, Peter Arnett avoue que des officiels irakiens ont utilisé ses lignes téléphoniques par satellite pour communiquer avec l’extérieur. Un "service" qui aurait été refusé à d’autres journalistes américains présents à Bagdad.

Le 5 mars, à Bassora (sud-est du pays), alors que les combats font rage entre forces irakiennes et rebelles chiites, un convoi de journalistes étrangers tentant de rejoindre cette zone est arrêté par des soldats de la garde républicaine (régiment d’élite irakien). De multiples communiqués contradictoires circulent sur leur sort pendant cinq jours, avant que ces quarante-trois envoyés spéciaux (dix huit Français, onze Américains, quatre Britanniques, trois Italiens, deux Brésiliens, deux Norvégiens, un Uruguayen, un Espagnol et un Irlandais) soient remis à un délégué de la Croix rouge et renvoyés en Jordanie.

Le 6 mars, les autorités irakiennes donnent 48h aux journalistes étrangers présents sur leur territoire pour quitter le pays. Seule une équipe de la chaîne de télévision World Television News (WTN) est autorisée à rester.

Le 29 mars, alors que les troupes irakiennes lancent une grande offensive pour reprendre les zones "libérées" par les peshmergas (guérilla kurde) dans le nord-ouest (cinquantetrois journalistes étrangers, entrés sans visas en Irak à l’invitation des rebelles kurdes, sont contraints de rejoindre - quelquefois à la nage - la Turquie frontalière), trois journalistes, qui tentaient de fuir, sont arrêtés par des soldats irakiens, près de Kirkouk. Gad Gross, photographe allemand de l’agence américaine JB Pictures, qui couvre le conflit pour l’hebdomadaire américain Newsweek, et leur guide kurde sont immédiatement fusillés. Alain Buu, photographe de l’agence Gamma, et Frank Smith, journaliste indépendant travaillant pour CBS et le journal américain The Village Voice, ne doivent leur salut qu’à l’arrivée d’un officier. Ils sont conduits à Kirkouk et accusés d’être des "agents de la CIA" après des heures d’interrogatoires, les yeux bandés. Transférés dans une prison de Bagdad le 3 avril, ils sont libérés après douze jours de détention.

Le 31 mars, Nicholas Della Casa, son épouse Rosanna, et son beau-frère Charles Maxwell, trois journalistes britanniques indépendants qui couvrent la guerre au Kurdistan irakien pour la chaîne de télévision britannique British Broadcasting Corporation (BBC), sont vus, pour la dernière fois, à Duhuk (nord-ouest). Les corps des deux hommes sont retrouvés le 23 mai par des soldats britanniques, et identifiés cinq jours plus tard à Londres. Ils auraient été assassinés par leur guide turc - qui l’avouera aux enquêteurs de Scotland Yard fin août - après une dispute sur le montant de son salaire. Quant à Rosanna Della Casa, des sources kurdes affirment, le 3 juin, qu’elle a été tuée par des militaires turcs - ce que dément Ankara - alors qu’elle tentait de filmer les mauvais traitements que ceux-ci infligeaient aux réfugiés kurdes dans un camp proche de la frontière irakienne. Le corps, retrouvé le 17 juillet par des enquêteurs britanniques, serait, selon toute vraisemblance, le sien.

Le 9 avril, Ricard Binet, Didier Dahan et Fabien Briand, une équipe de la chaîne de élévision française Antenne 2 partie de Koweït-City en direction de Nasiriyya (sud-est de Bagdad), sont arrêtés par des militaires rakiens parce qu’ils sont "entrés illégalement en Irak". Conduits à Bagdad, ils sont relâchés e 20 avril.

Fin avril, Dharam Hachem, journaliste au quotidien national Al Qadissiah (nom de la victoire des Arabes sur les Perses en 636), l’organe du ministère de la Défense, est arrêté devant les locaux du ministère de l’Information, à Bagdad. Il aurait écrit un article critique sur la nouvelle loi en préparation sur la presse. Depuis, personne ne l’aurait revu.

Le 6 mai, sur la route Koweït-City-Bassora, une équipe de CBS composée des Américains Bud Mills et Barry Severson, et du Britannique Richard Parrot, est arrêtée par des militaires irakiens, conduite à Bagdad pour interrogatoire et remise en liberté 48h plus tard.

Le 12 mai, près de Safouan (sud-est du pays), Mark Fritz, envoyé spécial de l’agence de presse Associated Press, est arrêté, en compagnie de son guide-interprète, par l’armée irakienne. Ils sont libérés le 14 mai, après avoir été interrogés et détenus à Bassora.

Le 29 mai, Elisabeth Schmidt, envoyée spéciale de la chaîne de télévision allemande Deutsches Fernsehen (ARD), est appréhendée près de Kirkouk par la police irakienne. Après huit heures d’interrogatoire à Kirkouk, la journaliste est conduite à Bagdad et placée en détention dans un hôtel de la capitale. Elle est remise en liberté le 3 juin.

Le 22 juin, Hami Saïd, rédacteur en chef du quotidien AI Thawra, est relevé de ses fonctions - remplacé par Sabah Yassine, secrétaire-général du syndicat des journalistes irakiens - et imité au "bureau des organisations populaires", un département relevant directement du CCR. AI Thawra ne paraît pas ce jour-là et aucun motif n’est donné à cette sanction.

Le 11 août, le brouillage des émissions à destination de l’Irak des stations de radio BBC et The Voice Of America reprend.

Le 18 août, en raison de l’embargo international qui touche l’Irak, la presse nationale - six quotidiens, un hebdomadaire et un journal sportif - réduit sa pagination et son tirage de 25%. Les quotidiens Al Thawra et Al Qadissiah réduisent de moitié leur supplément hebdomadaire de seize pages tandis que le quotidien Al Journhouriya (La République), organe du gouvernement, le suspend.

Le 7 septembre, alors que l’armée irakienne reprend l’offensive contre la guérilla kurde dans le nord-ouest, la station de radio officielle Idaa’a Sawt Al Jamahir (La Voix Des Masses) reprend ses émissions - interrompues depuis janvier 1991 - en langues kurde, syriaque et turkmène. But : imposer à nouveau la voix de Bagdad face aux stations de radios pirates mises en place par les peshmergas.

Le 13 septembre, l’Union patriotique du Kurdistan (UPK), l’un des huit partis politiques réunis au sein du Front du Kurdistan irakien (coalition opposée au régime de Bagdad), lance la Chaîne Populaire Du Kurdistan (CPK). Cette première chaîne de télévision kurde diffuse en soirée un programme de trois heures - dont vingt minutes d’informations - dans un rayon de quinze kilomètres autour de Zhako (nord-ouest du pays, frontière turque).

Le 17 octobre, Oudai Saddam Hussein, fils du chef de l’Etat et directeur du nouveau quotidien de la capitale Babel (Babylone), lancé au mois d’avril dernier, fonde la Ligue des écrivains et journalistes arabes qui se donne pour but de "mobiliser les énergies pour la défense de la démocratie et de la liberté de l’écrivain et du journaliste arabe, notamment sa liberté d’exprimer son opinion par tous les moyens démocratiques disponibles".

Le 24 octobre, Ouddi Saddam Hussein lance l’hebdomadaire Al Rafidaïn (Les Deux Fleuves) dont les quatre-vingts pages couleur ont pour but de "démasquer et dénoncer tous ceux qui, parmi les politiciens et intellectuels (arabes), nuisent aux intérêts de l’Irak et de la nation arabe".

Le 9 novembre, la parution de Babel et de Al Rafidain est "provisoirement suspendue". Mouzher Aref, rédacteur en chef des deux journaux, laisse entendre que cette décision est due au manque de papier en raison du maintien de l’embargo international et du refus des autres journaux irakiens de "coopérer Il avec Babel et Al Rafidaïn - ce qui oblige, selon lui, ces deux titres à acheter le papier au marché noir. Le 23 novembre, l’hebdomadaire est à nouveau dans les kiosques et son rédacteur en chef affirme que sa suspension n’avait pas été décidé en haut-lieu mais dictée par la volonté "d’observer une pause pour mieux redémarrer". Le lendemain, le Conseil national (parlement) autorise la reparution de Babel. Ce serait la première fois qu’un journal irakien s’adresse au conseil national pour obtenir l’autorisation de parution. Raison invoquée : le Conseil des ministres, à qui cette attribution revient selon le code de la presse, n’aurait pas statué dans le délai d’un mois fixé par la loi sur la demande déposée par Babel en avril dernier. Le 30 novembre, le quotidien est à nouveau disponible "grâce à l’approbation du peuple" explique Oudaï Saddam Hussein, qui sous-entend que "son" journal a été suspendu en raison de divergences au sein de la classe dirigeante. Depuis sa création, Babel s’est accordé une certaine liberté de ton, appelant ouvertement - une première ! - à faire face au problème de la prostitution et, surtout, épinglant à l’occasion certains ministres.

Dans son éditorial du 30 novembre, le fils du numéro Un du régime précise que Babel "maintiendra sa ligne, mais évitera de citer dans ses analyses les noms des déviationnistes et des malfaiteurs pour ne pas leur donner l’occasion de mettre à exécution leurs mauvaises intentions".

autres textes de references

Journalistes tués dans le monde depuis 1992
Le CSA définit un code de bonne conduite pour l’audiovisuel français
Extrait du Protocole additionnel aux Conventions de Genève relatif à la protection des journalistes
Extrait de la Convention de Genève relative aux prisonniers de guerre
Cinquante règles d’incorportation pour les journalistes