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Argentine

Superficie 2 766 889 km2.
Population : 37 488 000.
Langue : espagnol.
Nature de l’Etat : république fédérale.
Chef de l’Etat : Eduardo Duhalde.


Argentine - Rapport annuel 2003

Le respect de la liberté de la presse a reculé en 2002. Tant dans les provinces qu’à Buenos Aires, policiers et hommes politiques sont les principaux responsables de cette régression, qui apparaît en partie comme un "dommage collatéral" de la crise économique et sociale que traverse le pays.

Depuis l’assassinat du photographe José Luis Cabezas, en 1997, la situation de la liberté de la presse ne cessait de s’améliorer lentement en Argentine. 2002 marque un coup d’arrêt, pour ne pas dire un recul.
Au total, près d’une cinquantaine de journalistes ont été menacés ou agressés au cours de l’année. Une partie d’entre eux alors qu’ils couvraient les mouvements de protestation sociale. Ils ont ainsi fait les frais de la difficile situation économique que connaît le pays depuis fin 2001 et, surtout, de la totale impunité dont bénéficient les policiers qui ont très souvent fait un usage excessif de la violence. Les autres journalistes ont payé le prix de leurs révélations sur des affaires de corruption ou de leurs critiques de la classe politique au moment où celle-ci apparaît très discréditée. A noter, l’extrême nervosité face à la presse de l’ancien président Carlos Menem, mis en cause dans plusieurs affaires de corruption ou de fraude fiscale. Selon l’organisation argentine de défense de la liberté de la presse Periodistas, à sept reprises cette année, son service d’ordre ou ses partisans s’en sont pris à des journalistes qui ne faisaient que leur métier.
Sur le plan législatif, la situation n’est pas meilleure. Une loi devrait être adoptée qui prévoit deux ans de prison pour tout collaborateur d’une radio ou d’une station de télévision qui émettrait sans autorisation. Une aberration alors qu’aucun texte ne définit clairement les normes à respecter pour être régularisé. Cinq mille radios communautaires seraient ainsi menacées.
Plusieurs gouvernements de province ont également été tentés d’adopter des textes rétrogrades. Dans la province d’Entre Ríos, les autorités locales ont ainsi voulu imposer l’obligation d’appartenir à un collège de journalistes. Une mesure contraire à la Constitution fédérale. Mais en Argentine, chaque province dispose de sa propre Constitution. Et à l’heure où sa responsabilité est fortement mise en cause dans la crise que traverse le pays, la classe politique locale n’hésite pas à élaborer des textes répondant avant tout à ses besoins.
Une bonne nouvelle néanmoins est venue conclure l’année : la condamnation à la prison à perpétuité, fin décembre, d’Alberto Gómez. Ancien commissaire de Pinamar, ce dernier a été reconnu coupable d’avoir "libéré" de toute présence policière la zone où, alliés à des délinquants, des policiers avaient enlevé puis éliminé José Luis Cabezas. Ce verdict confirme l’implication à un niveau élevé de la police de Buenos Aires dans ce crime mafieux.

Nouveaux éléments sur des journalistes tués avant 2002
Le 12 septembre 2002, la première chambre criminelle de la province de Chubut (Sud) acquitte Osvaldo Viti, Gustavo Fabián Smith et Alejandro Fabián Zabala, accusés de l’assassinat, le 13 mai 1999, de Ricardo Gangeme, directeur de l’hebdomadaire El Informador Chubutense. Les juges expliquent que les conclusions de l’expertise balistique ne permettent pas d’affirmer que la balle fatale provient de l’arme qui a été présentée comme pièce à conviction. Selon Pablo Gangeme, le fils de la victime, l’enquête et l’instruction ont été marquées de plusieurs irrégularités. Il met notamment en avant le fait que l’homme d’affaires Hector Fernández, qui avait menacé de mort son père peu avant l’assassinat, n’a pas été entendu. Ricardo Gangeme avait mis en cause ce dernier dans une affaire de surfacturation. Le 26septembre, le ministère public présente un recours en cassation contre la décision du tribunal. Depuis le 30 octobre, celui-ci est à l’étude devant le tribunal supérieur de justice du Chubut.
Le 23 décembre, Alberto Gómez, ancien commissaire de la cité balnéaire de Pinamar, est condamné à la prison à perpétuité par le tribunal de Dolores (province de Buenos Aires) pour sa participation à l’assassinat, le 25 janvier 1997, du photographe José Luis Cabezas. Les trois juges ont estimé qu’Alberto Gómez "a apporté à l’entreprise criminelle une collaboration indispensable" à son exécution et qu’"avec les mesures qu’il a prises, il a voulu garantir l’impunité du groupe puis cacher sa responsabilité". Commissaire de Pinamar depuis sept ans au moment des faits, Alberto Gómez était accusé d’avoir "libéré" la zone du crime de toute présence policière. Satisfaits, Norma et José Cabezas, les parents de la victime, ont cependant rappelé leur conviction qu’"il y a d’autres coupables". Huit personnes ont déjà été condamnées à la prison à perpétuité pour cet assassinat en février 2000 : trois policiers, quatre délinquants et Gregorio Ríos, responsable de la sécurité de l’homme d’affaires Alfredo Yabrán. Le cadavre carbonisé de José Luis Cabezas, de l’hebdomadaire Noticias, avait été retrouvé le 25 janvier 1997 à Pinamar. Le photographe avait deux balles dans la tête et les mains attachées dans le dos par des menottes. L’année précédente, il avait illustré une enquête sur la corruption de policiers de la province de Buenos Aires. Peu avant sa mort, il enquêtait sur les activités d’Alfredo Yabrán dont il avait été le premier à prendre des clichés. L’homme d’affaires s’est suicidé en mai 1998, alors qu’il était recherché par la police.

Un journaliste interpellé
Le 25 janvier 2002, Juan Arias, du quotidien Crónica, est interpellé alors qu’il couvre la répression par la police d’une marche de protestation sociale, à Buenos Aires. Le journaliste est libéré quelques heures plus tard grâce à l’intervention de sa rédaction et sans qu’aucune explication lui soit donnée sur son arrestation.

Journalistes agressés
Le 11 janvier 2002, Martín Oeschger, de FM Paraná Radio San Javier, est attaqué par des membres présumés du Syndicat des employés municipaux de Capitán Bermúdez (Nord) qui le poursuivent en voiture puis ouvrent le feu en arrivant à sa hauteur. A bord de la voiture des assaillants, Martín Oeschger affirme avoir reconnu cinq membres du syndicat, dont Jesús Monzón, le secrétaire général. A de nombreuses reprises, le journaliste a mis en cause le syndicat et son dirigeant dans des affaires de corruption.
Le 11 janvier, Claudio Andrès De Luca, de la radio Aire Libre, est agressé, sans raison apparente, par un groupe de manifestants alors qu’il couvre une marche du Syndicat des employés municipaux à Rosario (300 km au nord-ouest de Buenos Aires).
Le 25 janvier, Fabián Rubino, de Radio Mitre, Hernán España, du quotidien Diario Popular, et Juan Arias, du quotidien Crónica, sont agressés alors qu’ils couvrent la répression par la police d’une marche de protestation sociale, sur la Plaza de Mayo, à Buenos Aires. Les trois journalistes sont frappés par des policiers alors qu’ils interviewent des manifestants ou prennent des clichés.
Le 15 février, Alejandro Villar et Flavio Raina, du quotidien El Litoral, publié à Santa Fe (nord-ouest de Buenos Aires) sont blessés par des tirs de chevrotine de la police, alors qu’ils couvrent une manifestation de protestation sociale devant la mairie de Santa Fe.
Le 14 mars, Carla Minetti, de la chaîne de télévision Cablevisión, à Rosario (province de Santa Fe), est blessée par une balle en caoutchouc tirée par des policiers alors qu’elle couvre l’occupation illégale de logements publics par des familles défavorisées.
Le 1er avril, Maria Mercedes Vásquez, de LT7 Radio Corrientes, qui émet dans la ville de Corrientes (Nord-Est), est agressée par des inconnus. Deux hommes neutralisent la journaliste et la frappent, en faisant explicitement référence à ses reportages sur le Partido Nuevo (Panu, opposition). La semaine précédente, Maria Mercedes Vásquez avait accusé des membres du Panu d’avoir fait entrer clandestinement des armes en Argentine.
Le 18 avril, Ariel Brizuela, du quotidien El Ancasti, et Carlos López Véliz, de Radio Ancasti (province de Catamarca, Nord-Ouest), sont agressés par des policiers alors qu’ils couvrent une manifestation de chômeurs. Le premier s’est vu brièvement saisir son appareil photo. Un policier en civil a confisqué la cassette audio du second. Les deux journalistes ont ensuite été suivis par une patrouille de police.
Entre le 27 et le 30 avril, dans la province de San Juan (Ouest), huit journalistes sont agressés alors qu’ils couvrent des manifestations de protestation sociale. Parmi eux, Carlos Chirino, de Canal 8 TV, est blessé à la jambe par une balle en caoutchouc. Le véhicule de la radio La Voz est la cible de gaz lacrymogènes lancés par la police. Deux reporters du quotidien Diario de Cuyo, Atahualpa Acosta et Marcos Urisa, essuient des tirs de balles en caoutchouc de policiers alors qu’ils sont clairement identifiés comme journalistes.
Le 3 mai, Daniel Malnatti, de l’émission "Caiga quien caiga", diffusée sur la chaîne de télévision Canal 13, est agressé et menacé de mort par des gardes du corps de Carlos Menem dans un hôtel de San Miguel de Tucumán (Nord-Ouest). Le reporter se trouve à l’étage de l’ancien Président quand l’un des vigiles lui demande de quitter les lieux. Daniel Malnatti est alors poussé dans l’ascenseur par plusieurs des gardes du corps, frappé à l’estomac puis menacé avec un revolver.
Le 26 mai, Hugo Viano, de Radio San Javier (province de Misiones, Nord-Est), est blessé par deux inconnus qui le frappent de huit coups de couteau alors qu’il arrive à la station. Le journaliste avait reçu des menaces les jours précédents. En octobre 2001, il avait déjà été victime d’une agression en lien avec ses enquêtes sur les trafics d’enfants dans la région.
Le 23 juin, une équipe de la chaîne de télévision Todo Noticias, ainsi que Fabián Urquiza, du quotidien Clarín, sont agressés alors qu’ils couvrent une manifestation de protestation contre l’ancien président Carlos Menem, à Buenos Aires, devant les locaux de la chaîne TV Azul où ce dernier donne une interview. Journalistes et manifestants sont violemment frappés par des hommes cagoulés qui se présentent comme des supporters de l’ancien chef d’Etat.
Le 26 juillet, trois inconnus tirent sur le domicile d’Alejandro Colussi, de la radio LT9 Brigadier López et de la chaîne Cablevisión, à Santa Fe (nord-ouest de Buenos Aires). Alors que le journaliste sort de son domicile, les agresseurs tirent sur le policier affecté à la surveillance de sa maison. Depuis un mois, Alejandro Colussi, qui couvre l’actualité sociale et politique, faisait l’objet de menaces dont on ignore l’origine. Trois suspects sont arrêtés le jour même.
Le 26 septembre, la journaliste Zaida Pedrozo, de Radio Ciudad de Buenos Aires, est agressée par des sympathisants de Carlos Menem lors d’un meeting de ce dernier au siège d’un syndicat. Sortie de l’immeuble pour téléphoner, la journaliste est retenue par quatre hommes à l’extérieur de l’édifice, malgré son accréditation, puis frappée. Ses agresseurs la laissent finalement pénétrer dans le bâtiment mais continuent de l’insulter et de l’intimider.
Le 30 septembre, Marcelo Álvarez et Rolando Bazan, de la chaîne Crónica TV, Fernando Massobrio, du quotidien La Nación, José Romero, du quotidien Crónica, Daniel Vides, de l’agence Noticias Argentinas, et Enrique García Medina, photographe indépendant, sont agressés et frappés par des sympathisants de Carlos Menem. Ces derniers empêchent les reporters de couvrir l’arrivée de l’ancien Président à un tribunal de la province de Buenos Aires où il doit être entendu dans une affaire de fraude fiscale.
Le 3 octobre, Catherina Gibilaro, du quotidien Uno, publié dans la province de Mendoza (Centre-Ouest), enquêtant sur la mort d’un délinquant abattu par les forces de l’ordre, est agressée par un policier alors qu’elle demande que le photographe qui l’accompagne puisse prendre des clichés.
Le 6 octobre, des inconnus lancent un cocktail Molotov contre la maison de la journaliste María Mercedes Vázquez, de LT7 Radio Corrientes, qui émet à Corrientes (Nord-Est). La journaliste attribue cette attaque à la diffusion d’enregistrements de conversations téléphoniques mettant en cause des élus dans une conspiration présumée contre le gouverneur de la province de Corrientes.
Le 26 octobre, deux journalistes de l’agence Indymedia, Alberto Recanatini Méndez et Thomás Eliaschev, bien que dûment accrédités, sont la cible de tirs de la police alors qu’ils couvrent une manifestation, sévèrement réprimée, de l’organisation Greenpeace devant le Congrès, à Buenos Aires. Les deux journalistes ont été touchés par neuf balles en caoutchouc. La police leur a ordonné "d’arrêter de filmer".
Le 23 novembre, un groupe de partisans du gouverneur de la province de Río Negro (Sud) agresse José Luis Pierroni, du quotidien Río Negro, ainsi que Gustavo Reguera et Luis Leiva, du quotidien La Mañana del Sur, alors qu’ils couvrent les incidents survenus lors d’une intervention du gouverneur dans la ville de General Roca. Les agresseurs ont essayé de s’emparer du matériel des reporters et de les empêcher de prendre des photos.
Le 26 novembre, le policier chargé de surveiller le domicile de Miguel Bonasso, du quotidien Pagina 12, est agressé par deux inconnus armés qui le plaquent au sol et lui confisquent son arme et son gilet pare-balles. L’intervention d’un voisin armé provoque la fuite des assaillants. Selon Miguel Bonasso, il s’agit d’un acte d’intimidation visant à le dissuader de publier une enquête sur les manifestations des 19 et 20 décembre 2001. Ces dernières avaient fait trente morts et entraîné la chute du président Fernando de la Rúa.
Le 5 décembre, le journaliste Pablo García, du quotidien El Territorio (province de Misiones, Nord-Est), est agressé alors qu’il couvre une visite de l’ancien Président dans la municipalité d’Oberá. Le journaliste interrogeait Carlos Menem sur les affaires dans lesquelles il est mis en cause et son éventuelle candidature à l’élection présidentielle de 2003, quand Rodolfo Damau, le maire d’Oberá, s’énerve et l’agresse.

Sept journalistes menacés
Le 25 février 2002, Julio Rodríguez, du quotidien El Liberal, publié à Santiago del Estero (Nord), et correspondant du quotidien Clarín, reçoit des menaces de mort par téléphone. Lors d’un appel, un inconnu menace de s’en prendre à son fils. Julio Rodríguez enquête sur les relations présumées irrégulières entre des entreprises privées et l’administration de la province. Le journaliste, qui a dénoncé ces menaces auprès des autorités, bénéficie depuis d’une protection.
Le 26 juin, Sergio Kowaleswski, photographe du journal de l’association des Mères de la place de mai, prend des clichés de la répression par les forces de l’ordre d’une manifestation à Avellaneda (province de Córdoba, Centre). Peu après, Sergio Kowaleswski, dont les photos sont utilisées dans le cadre de l’enquête sur ces violences, et sa famille reçoivent des menaces. Les Mères de la place de mai est une association qui se bat pour retrouver les personnes disparues pendant la dictature militaire (1976-1983).
Fin juillet, Clara Britos, propriétaire et directrice du journal La Tapa, publié dans la ville de Guernica (province de Buenos Aires), rapporte qu’elle est harcelée et menacée. La journaliste affirme qu’une voiture, stationnée devant son domicile, la suit dans ses déplacements. A trois reprises, le conducteur du véhicule l’a menacée de mort si elle continuait à dénoncer des "affaires" mettant en cause l’ancien maire de Guernica, Óscar Rodríguez.
Le 12 septembre, Luis Majul, Marcelo Zlotowiazda et Ernesto Tenenbaum, de l’émission "La información", diffusée sur la chaîne América TV, sont menacés de mort dans un e-mail faisant état d’images, diffusées dans l’émission, qui montraient des gardiens de prison frappant violemment des détenus de la prison de La Plata.
Le 23 novembre, le député provincial de Terre de feu (Sud), Damián Löffler (Movimiento Popular Fueguino, MPF), pénètre dans les locaux de la radio FM Isla de Río Grande et interrompt l’émission "La Raya" animée par Armando Cabral. L’élu menace et insulte le journaliste à qui il reproche d’avoir critiqué sa gestion.

Pressions et entraves
Le 10 février 2002, une plainte est déposée contre María Mercedes Vásquez et son mari, Silvio Valenzuela, tous deux journalistes à LT7 Radio Corrientes (province de Corrientes, Nord-Est), par le sénateur du Parti Autonomiste Manuel Sussini. Il réclame une peine de trente jours de prison, au titre de l’article 81 de la Constitution de la province sur les atteintes à l’image, à l’honneur et à la moralité des sénateurs. Les deux journalistes avaient mis en cause l’élu dans des affaires de corruption. Le 20 février, ils reçoivent des menaces de mort.
Le 20 mars, un projet de loi visant à imposer un code éthique aux journalistes et la création de tribunaux chargés de le faire respecter est discuté par l’Assemblée législative de la province de Mendoza (Centre-Ouest). Le texte prévoit l’obligation pour les journalistes d’appartenir à l’"Association éthique du journalisme de Mendoza", avec, pour sanction éventuelle, la possibilité d’en être exclu. Au 1er janvier 2003, le projet n’avait pas été approuvé.
Le 22 juin, la police de Santiago del Estero (Nord), capitale de la province du même nom, saisit dans les kiosques les exemplaires de La Verdad (publication d’une association de défense des droits de l’homme), interpelle un vendeur à la criée et convoque plusieurs kiosquiers pour les interroger sur la diffusion du journal. Le même jour, le domicile de Jorge Vidal Marcos, responsable de la publication, est perquisitionné. Plusieurs documents sont saisis. La Verdad avait mis en cause des policiers dans des violations des droits de l’homme.
Le 30 juillet, José Manuel de la Sota, gouverneur de la province de Córdoba, et son épouse Olga Riutort, insultent Sergio Carreras, du quotidien La Voz del Interior publié à Córdoba (Centre), au cours d’une émission de télévision. Dans un article paru le 24 juillet, le journaliste avait dénoncé les irrégularités présumées commises par le gouverneur et sa femmee.
Le 14 août, dans la nuit, des inconnus pénètrent dans les locaux de FM Pocahullo, station de la ville de San Martín de los Andes (province de Neuquén, Centre-Est) et dérobent un ordinateur contenant des preuves sur la participation présumée de la municipalité dans un acte de sabotage dont a été victime FM Pocahullo. Quinze jours plus tard, Roberto Arias, directeur de la radio, se plaint que les communications des téléphones portables vers la station soient interceptées. FM Pocahullo est très critique envers la gestion municipale.
Le 17 septembre, Thomas Catán, correspondant à Buenos Aires du quotidien britannique Financial Times, est entendu par le juge Claudio Bonadio pour avoir publié, le 30 août, un article sur une affaire de corruption.Selon l’article incriminé, des sénateurs auraient réclamé des pots-de-vin à des banquiers. Alors que le journaliste refuse de révéler ses sources, le juge l’informe qu’il demandera une copie de la liste de ses appels téléphoniques. Le 29 octobre, une cour fédérale annule la décision du juge, au motif qu’elle viole la liberté de la presse.
Le 20 septembre, Miguel Ángel Armaleo, directeur du quotidien Lo Nuestro, édité à Vicente López (province de Buenos Aires), est condamné à un an de prison avec sursis pour "diffamation". La plainte avait été déposée par Ricardo Ortiz, maire de Vicente López, suite à la publication, le 3 novembre 2001, d’un photomontage le représentant avec des individus poursuivis pour corruption, avec la légende : "Les suspects de toujours".
Le 17 octobre, la commission législative du Sénat de la province d’Entre Ríos (Nord-Est) examine un projet de loi ayant pour objet de "combattre l’exercice illégal de la profession" journalistique.L’article 7 obligerait les professionnels de l’information à appartenir à un collège de journalistes créé par la même loi. L’article 15 stipule que tout employeur, privé ou public, d’une personne à profil journalistique doit donner la priorité aux membres de ce collège. Le projet prévoit également qu’un membre pourra être exclu sur décision d’un tribunal disciplinaire. Il ajoute que des principes tels que le secret des sources ou la clause de conscience ne s’appliqueront qu’aux membres du collège des journalistes. Peu après, la clause d’obligation d’appartenir au collège est retirée. Au 1er janvier 2003, le projet n’avait toujours pas été approuvé.
Le 23 octobre, un projet de modification du code pénal qui pénalise l’utilisation illégale de fréquences radiophoniques est adopté "dans son ensemble" par le Sénat, qui doit maintenant le réviser article par article. Ce projet inclurait trois nouveaux articles dans le code pénal, dont l’article 197bis, qui prévoit jusqu’à deux ans de prison pour les collaborateurs des radios et télévisions émettant sans autorisation. L’organisation Periodistas souligne que le projet de loi "pénalise [des médias] qui se trouvent en situation illégale alors que les normes permettant leur régularisation n’ont toujours pas été édictées". Si des articles devaient être modifiés ou supprimés en deuxième lecture du Sénat, le projet serait renvoyé devant la Chambre des députés où il pourrait encore être amendé.



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