Afrique Asie Europe Moyen-Orient Internet Nations unies
 
Chili

Superficie : 756 945 km2.
Population : 15 402 000.
Langue : espagnol.
Nature de l’Etat : république.
Chef de l’Etat : Ricardo Lagos Escobar.


Chili - Rapport annuel 2003

Malgré des avancées, la législation chilienne contient encore des dispositions nocives pour la liberté de la presse. Un projet de loi de la présidence pourrait mettre fin à la pénalisation du délit d’"outrage".

L’abrogation en 2001 des dispositions les plus liberticides de la loi sur la sécurité intérieure de l’Etat n’a pas mis fin aux atteintes à la liberté de la presse liées à l’application de certains textes. Cette année encore, deux journalistes, poursuivies pour violation du secret de l’instruction, encourent des peines de prison.
Par ailleurs, bien qu’il ne s’agisse pas d’une affaire de presse, la peine de dix-huit mois de prison pour "outrage", requise contre l’homme d’affaires Eduardo Yañez pour des propos tenus à la télévision, est préoccupante. Il s’était plaint de dysfonctionnements du système judiciaire. Reconnu dans le code pénal et le code de justice militaire, le délit d’"outrage" aux élus, fonctionnaires ou militaires pourrait aussi s’appliquer aux professionnels de l’information. Un projet de loi visant à le faire disparaître de la législation a été adressé au Parlement, début septembre, par le président Lagos. Son approbation prendra-t-elle huit ans, comme celle de la loi mettant fin aux peines de prison pour "diffamation" à l’encontre de certains hauts fonctionnaires ? Les restrictions qu’ont tenté d’imposer les législateurs aux journalistes accrédités à la Chambre des députés montrent que les représentants de l’Etat restent sensibles à la critique.
L’association Journalistes pour la liberté d’expression (Periodistas por la Libertad de Expresion), créée en septembre, commence à militer pour l’adoption de ce projet de loi.

Nouveaux éléments sur un journaliste tué avant 2002
Le 14 mai 2002, le juge Guzman Tapia, en charge de l’enquête sur la mort, en septembre 1973, du journaliste américain Charles Horman, procède à une reconstitution au Stade national en présence d’un témoin clé, Adam Schesch. Ce citoyen américain avait été détenu au même moment que Charles Horman au Stade national, converti en camp de concentration et de tortures lors du coup d’Etat du 11 septembre 1973. Le 15 mai, une nouvelle reconstitution est réalisée avec d’anciens prisonniers politiques chiliens. Le 1erjuillet, la Cour suprême invoque l’état de démence de l’ancien dictateur Augusto Pinochet, 86 ans, pour clore la procédure ouverte contre lui pour l’enlèvement et l’exécution sommaire de soixante-quinze prisonniers politiques par un commando militaire en septembre 1973. Les avocats de Joyce Horman, la veuve du journaliste, estiment que cette décision pourrait, du même coup, interrompre l’enquête sur la mort de Charles Horman. En décembre 2000, une plainte avait été déposée contre l’ancien dictateur et onze autres militaires par Joyce Horman. Suite à la décision de la Cour suprême, cette dernière a annoncé son intention de recourir aux tribunaux américains et à la Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH). Charles Horman aurait été arrêté et interrogé le 18 septembre 1973, puis exécuté le lendemain soir, sur ordre d’un haut responsable des services de renseignements chiliens. Son cadavre avait été abandonné dans une rue pour donner l’illusion qu’il avait été tué lors d’un accrochage avec les militaires. Son cas avait inspiré le film "Missing", du réalisateur Costa Gavras.

Deux journalistes interpellés
Le 1er mars 2002, à deux reprises, le journaliste espagnol Marc Serra i Torrent, collaborateur de la revue Resumen Latinoamericano et du journal catalan Illacrua, est brièvement interpellé.Il couvrait la répression de manifestations de communautés indiennes contre la création d’une centrale hydroélectrique, dans la région de Bio Bio (450 km au sud de Santiago). Une semaine plus tard, le journaliste se voit refuser le renouvellement de son visa.
Le 14 octobre, Giglia Vaccani, du quotidien Las Últimas Noticias, est interpellée par la police sur ordre d’un tribunal de Santiago. Elle est accusée d’avoir violé le secret de l’instruction dans une affaire de trafic de drogue. En octobre 2000, la journaliste avait publié une enquête sur le trafic de stupéfiants dans la capitale. Libérée sous caution deux jours plus tard, Giglia Vaccani, interdite de sortie du territoire, risque jusqu’à cinq ans de prison.

Quatre journalistes agressés
Le 8 août 2002, Jessica Ossandón, de Radio Agricultura, Cristián Montecinos, de Radio Cooperativa, Luis Arnés, de l’hebdomadaire Punto Final, et Jaime Huerta, de la chaîne de télévision La Red, couvrent une manifestation d’étudiants à Santiago lorsqu’ils sont agressés par des inconnus. D’autres journalistes auraient été rackettés sous la menace d’armes blanches. Les leaders étudiants ont affirmé que ces agressions étaient le fait de "délinquants" qui avaient infiltré la manifestation.

Pressions et entraves
Le 18 janvier 2002, le Conseil de défense de l’Etat (CDE), organisme chargé de défendre les intérêts de l’Etat chilien, fait appel de la décision de justice du 13 décembre 2001, qui relaxe Paula Afani. Le CDE lui reproche d’avoir violé le secret de l’instruction par la publication, en juin 1998, d’informations dans les quotidiens La Tercera et La Hora sur une enquête relative à des affaires de drogue et de blanchiment d’argent. Le CDE souhaite savoir comment Paula Afani a obtenu ses informations. Elle risque jusqu’à cinq ans de prison.
Le 16 juillet, la Chambre des députés adopte une réglementation interne qui stipule qu’un délai de quinze jours est désormais nécessaire pour obtenir une accréditation. Les journalistes devront présenter, en plus de leur carte d’identité, une lettre signée par leur employeur qui doit préciser la durée d’accréditation et le sujet de leurs articles. L’accès à certaines parties du bâtiment sera interdit, en particulier la cafétéria. Dernièrement, des journalistes avaient rapporté qu’un projet de loi avait été rejeté en raison de l’absence de plusieurs députés qui se trouvaient à la cafétéria au moment du vote. Le 31 juillet, ces mesures sont partiellement annulées pour ne s’appliquer qu’aux accréditations temporaires.
Le 25 août, l’édition du jour de l’hebdomadaire La Nación Domingo est achetée dans sa quasi-totalité par des employés de l’homme d’affaires Nicolas Ibañez Scott. Selon la direction de la revue, 80 % des exemplaires ont ainsi été achetés. Dans cette édition, La Nación Domingo révélait qu’une plainte pour mauvais traitement avait été déposée contre l’homme d’affaires par sa femme. Nicolas Ibañez Scott est propriétaire d’une grande chaîne de magasins connue pour le code éthique strict imposé à ses employés.



  liste pays ameriques
Introduction Amériques
Actualisation Amériques
Argentine
Bolivie
Brésil
Canada
Colombie
Costa Rica
Cuba
Equateur
Etats-Unis
Guatemala
Guyana
Guyane française
Haïti
Honduras
Mexique
Nicaragua
Panama
Paraguay
Pérou
Porto Rico
République Dominicaine
Salvador
Surinam
Uruguay
Venezuela

voir aussi
Rapport annuel 2003 Maghreb / Moyen-Orient
Rapport annuel 2003 Europe
Rapport annuel 2003 Afrique
Rapport annuel 2003 Asie