Afrique Asie Europe Moyen-Orient Internet Nations unies
 
Etats-Unis

Superficie 9 363 123 km2.
Population : 285 926 000.
Langue : anglais (off.).
Nature de l’Etat : république fédérale.
Chef de l’Etat : George W. Bush.


Etats-Unis - Rapport annuel 2003

Les effets du 11 septembre sur la presse se font encore sentir. Des journalistes se plaignent d’une forme d’autocensure imposée par la société. Par ailleurs, plus que l’information, c’est son image que l’administration Bush cherche à contrôler. D’où des restrictions imposées aux journalistes à Guantanamo où sont détenus les membres présumés d’Al-Qaida. Enfin, le secret des sources reste un conflit entre pouvoir judiciaire et médias.

Aux Etats-Unis, la presse se remet lentement des effets du 11 septembre. En mai, Dan Rather, présentateur vedette de la chaîne CBS, a dénoncé les dangers de l’autocensure au lendemain des attentats. Selon lui, le patriotisme dominant en est venu à interdire tacitement aux journalistes de mettre en cause la politique du Président. Une situation dont se plaignent plusieurs dessinateurs de presse. Steve Benson, du quotidien The Arizona Republic, a vu certains de ses dessins censurés après des plaintes de lecteurs. Il affirme avoir été accusé d’être "un traître" et menacé de mort. Le porte-parole lui-même du Président, Ari Fleischer, affirmant qu’il fallait "rappeler aux Américains qu’ils doivent faire attention à ce qu’ils disent", s’en est pris à un humoriste.
La tentation de l’administration Bush de contrôler l’information est latente. En février, on apprenait qu’un bureau du département à la Défense prévoyait de recourir à la désinformation à l’étranger pour s’assurer que la guerre contre le terrorisme ne soit pas perçue comme une guerre contre l’islam. Si la presse américaine elle-même a dévoilé l’affaire, signe de la vigueur de la liberté de la presse aux Etats-Unis, cela n’a pas bridé pour autant la volonté du gouvernement de contrôler son image. Il a financé de nouvelles émissions de radio et de nouveaux programmes de télévision en direction du Moyen-Orient, de l’Asie ou de l’Afrique, afin de donner une image des Etats-Unis respectueuse des musulmans.
Sur la base de Guantanamo, à Cuba, où sont détenus des membres et alliés présumés d’Al-Qaida, l’administration militaire est parvenue à restreindre la liberté des journalistes, après la diffusion dans le monde entier de photos des prisonniers subissant un traitement dégradant. Des journalistes témoignent des restrictions toujours plus nombreuses qui leur ont été imposées sur place. L’un d’eux rapporte avoir été escorté par des militaires "jusqu’aux toilettes". Des doutes subsistent par ailleurs sur le bien-fondé de la détention d’un cameraman de la chaîne Al-Jazira.Les autorités, comme pour les autres prisonniers, refusent d’indiquer les charges qui pèsent sur lui.
Sur le sol américain, la nervosité post-11septembre des services de sécurité se ressent toujours. Deux journalistes ont été interpellés à proximité de sites protégés.
Au total, cinq affaires recensées par Reporters sans frontières en 2002 concernent le secret des sources, dont trois illustrent à quel point c’est une pierre d’achoppement entre le pouvoir judiciaire et la presse. Vanessa Leggett, journaliste free-lance, a été incarcérée six mois pour "outrage à la cour", après avoir refusé de livrer ses notes. Ces frictions entre justice et médias prennent parfois d’autres formes, comme l’interdiction formulée par un juge de publier certaines informations. Trois journalistes du Philadelphia Inquirer ont été condamnés à des peines de prison avec sursis, commuées en travaux d’intérêt collectif, pour avoir, malgré le veto d’un juge, publié le nom d’un juré dont ils affirmaient qu’il ne résidait pas dans l’Etat où se tenait le procès, en violation de la loi. Dans une autre affaire, deux journalistes ont été placés en liberté surveillée.

Nouveaux éléments sur un journaliste tué avant 2002
Le 25 février 2002, un article du Washington Times révèle que le FBI aurait identifié l’auteur de lettres contaminées qui ont causé la mort de Robert Stevens, photographe du tabloïd The Sun, et de quatre autres personnes en 2001. Selon le quotidien, le suspect, dont l’identité n’a pas été révélée, travaillait au sein de l’Institut de recherche médicale sur les maladies infectieuses de l’armée américaine. Robert Stevens est décédé le 5 octobre 2001 de la forme pulmonaire de la maladie du charbon, dont la bactérie se trouvait à l’état de poudre dans un courrier adressé au journal.

Une journaliste incarcérée
Le 4 janvier 2002, Vanessa Leggett, journaliste free-lance, est libérée après 168 jours. Après avoir refusé de révéler à un tribunal fédéral du Texas le contenu d’une interview du principal suspect d’un crime, elle avait été placée en détention en juillet 2001 pour "outrage à la cour". Sa libération est liée à l’expiration du mandat du tribunal qui l’avait sanctionnée, et non à une sentence judiciaire. Elle est donc susceptible d’être de nouveau interrogée et arrêtée, en cas de réouverture de l’enquête. Le 15avril, le recours présenté par la journaliste devant la Cour suprême, pour violation des amendements 1 et 5 de la Constitution relatifs à la liberté d’expression et au droit de témoigner, est rejeté .
Un autre journaliste a été incarcéré en 2002 mais, au 1er janvier 2003, il est impossible de dire si cela est lié à sa profession.
Le 16 septembre, la chaîne de télévision panarabe Al-Jazira, basée à Doha (Qatar), révèle que l’un de ses employés, Sami Al-Haj, de nationalité soudanaise, a été arrêté le 15 décembre 2001 par la police pakistanaise, à la frontière Pakistan - Afghanistan. Le communiqué rapproche cette arrestation du fait qu’il avait perdu son passeport en 2000 et que celui-ci "aurait pu être mal utilisé par des inconnus". Al-Jazira est restée sans nouvelles de son employé jusqu’en avril 2002, quand sa femme a reçu une lettre, par l’intermédiaire du Comité international de la Croix-Rouge, où Sami Al-Haj l’informait être détenu sur la base militaire de Guantanamo (Cuba). Al-Jazira a alors tenté d’obtenir par des voies diplomatiques des éléments sur les motifs de sa détention mais n’a jamais put connaître les charges qui pèseraient sur lui, malgré les promesses des autorités américaines. Fin 2002, celles-ci ont refusé un visa à son avocat qui souhaitait se rendre aux Etats-Unis préparer sa défense. Assistant cameraman pour Al-Jazira depuis octobre 2001, Sami Al-Haj avait été envoyé au Pakistan pour couvrir la campagne militaire américaine en Afghanistan.

Vingt journalistes interpellés
Le 11 janvier 2002, Edward Keating, du New York Times, est interpellé sur le site du World Trade Center alors qu’il photographie des pompiers dégageant des restes de victimes de l’attentat du 11 septembre. Muni d’une fausse autorisation, Edward Keating, relâché peu après, encourt des poursuites pour s’être introduit illégalement dans un périmètre protégé.
Le 18 mars, Gregg Gursky, cameraman de Fox News, est interpellé devant le Pentagone, alors qu’il filme une interpellation. Les agents de la sécurité du département d’Etat à la Défense menottent le journaliste et saisissent sa vidéo. Il lui est reproché de filmer dans un périmètre protégé. Selon Danielle Gorash, porte-parole de Fox News, le cameraman disposait des autorisations nécessaires.
Le 12 juillet, Joel Mowbray, de l’hebdomadaire National Review, est interpellé par les services de sécurité du département d’Etat. Lors d’une conférence de presse, il venait d’interroger Richard Boucher, porte-parole du ministère, sur le contenu d’un télégramme diplomatique confidentiel provenant de l’ambassade des Etats-Unis en Arabie saoudite. Interrogé pendant une demi-heure sur la façon dont il avait pu en avoir connaissance, il refuse de répondre. Le ministère a précisé qu’il n’avait pas été "arrêté" mais "retenu".
Le 27 septembre, dix-sept journalistes ou étudiants journalistes, travaillant notamment pour les agences Magnum Photo, United Press International, le site washingtonpost.com ou The Independant Media Center, sont interpellés à Washington alors qu’ils couvrent des manifestations contre le FMI et la Banque mondiale. Accusés de "non-obéissance à la police", les derniers seront libérés le lendemain.

Une journaliste menacée
Le 17 octobre 2002, Anita Busch, du Los Angeles Times, trouve un message de menaces sur le siège de sa voiture. Elle enquête depuis cinq mois sur une tentative supposée d’extorsion de fonds mafieuse dont serait victime l’acteur Steven Seagal. Fin août, un de ses collègue travaillant sur la même histoire avait déjà été menacé d’une arme par un inconnu.

Pressions et entraves
Le 10 janvier 2002, des journalistes de plusieurs médias, dont les chaînes de télévision CNN et CBS, l’agence Associated Press et la revue The Army Times, se voient notifier l’interdiction de diffuser leurs images de l’embarquement à Kaboul de vingt prisonniers pour la base militaire de Guantanamo (Cuba). Un porte-parole du Pentagone a expliqué qu’elles étaient contraires aux traités internationaux car "dégradantes" pour les prisonniers. Les médias ont passé outre l’interdiction.
Le 6 février, un article du quotidien Chicago Tribune rapporte que Spozhmai Maiwandi, responsable de la rédaction en langue pachtou de la radio Voice of America (VOA), a été mutée à un poste que le propre directeur de l’information de la station, André de Nesnera, qualifie d’"emploi inutile". Selon lui, ce changement est lié à des pressions extérieures. Pour la journaliste, il est lié à la diffusion d’une interview du mollah Omar réalisée en septembre 2001, que le département d’Etat avait tenté d’empêcher, au motif que "la voix de l’Amérique n’est pas la voix du mollah Omar".
Le 19 février, le New York Times révèle que le Bureau de l’influence stratégique (OSI, Office of Strategic Influence), service du département d’Etat à la Défense, propose de recourir à la diffusion de fausses informations auprès des médias étrangers. L’administration craint que la guerre contre le terrorisme ne soit perçue à l’étranger comme une guerre contre l’islam. Ces révélations provoquent un tollé. Ari Fleischer, porte-parole de la Maison Blanche, affirme que M.Bush ignorait tout de ce projet. La fermeture de l’OSI a été ordonnée.
Le 19 mars, un juge fédéral de l’Etat de Virginie revient sur sa décision de demander à Dolia Estévez, correspondante à Washington du quotidien mexicain El Financiero, de fournir les documents de son enquête, publiée en 1999, sur les liens présumés entre la famille mexicaine Hank, propriétaire de la banque Laredo National Bank, et le narcotrafic. Le juge a finalement reconnu à la journaliste le droit de protéger ses sources d’information.
Fin avril, le Pentagone invoque des "motifs de sécurité" pour interdire à la presse de couvrir le transfert des personnes arrêtées en Afghanistan, du camp de X-Ray à la prison de Camp Delta, à Guantanamo. Le 26 avril, un porte-parole de l’armée déclare : "Nous ne ferons aucun commentaire sur le transfert des prisonniers jusqu’à ce que celui-ci ait pris fin." Auparavant, l’accès à la presse pour couvrir la construction de la prison avait été limité.
Le 2 mai, à Los Angeles, les bureaux de Metropolitan News Co., éditeur du Metropolitan News-Entreprise et du quotidien Los Angeles Bulletin, sont évacués, fermés puis perquisitionnés par des agents du ministère public dans le cadre d’une enquête portant sur une affaire de corruption. Les enquêteurs recherchent l’origine d’une publicité publiée dans le quotidien en février. Le 16 décembre, Roger Grace, codirecteur du Los Angeles Bulletin, porte plainte. Selon lui, le mandat de perquisition était injustifié puisqu’il avait proposé aux autorités de leur remettre les documents si elles lui indiquaient le nom de l’annonceur.
Le 20 juin, George Anastasia, Dwight Ott, Emilie Lounsberry et Joseph Gambardello, du quotidien The Philadelphia Inquirer (New Jersey), sont condamnés à 1000dollars d’amende pour "outrage" à la cour par le juge Theodore Z. Davis. Il avaient publié le nom d’un juré participant à un procès pour homicide, malgré l’interdiction du juge Davis, qui présidait les audiences, de publier des informations permettant d’identifier les jurés ou "de contacter ou de tenter d’interviewer" ces derniers. C’est pour ce motif que G.Anastasia, E. Lounsberry et D.Ott sont condamnés à six mois de prison avec sursis, commués en quelques jours de travail d’intérêt collectif. L’article révélait que, en violation de la loi, l’un des jurés ne résidait peut-être pas dans l’Etat du New Jersey au moment du procès.
Le 22 juillet, Chris Dumond, du quotidien Bristol Herald Courier (Virginie), est menacé d’une peine de trente jours de prison et de 5000dollars d’amende pour "outrage" à la cour par le juge Pamela Sargent. Elle lui reproche de refuser de révéler l’identité de la personne lui ayant fourni la copie d’un mandat d’arrêt délivré dans une affaire de terrorisme. La source ayant finalement dévoilé son identité, le journaliste a échappé aux sanctions.
Le 11 septembre, la chambre d’une équipe de la chaîne italienne RAI1 présente sur la base militaire américaine de Guantanamo (Cuba) est perquisitionnée par les autorités militaires, qui la soupçonnent d’avoir pris des images dans un lieu non autorisé. D’après deux envoyés spéciaux sur place, le travail des professionnels de la presse sur la base est de plus en plus encadré. Selon Carol Rosenberg, du quotidien Miami Herald, les journalistes doivent être en permanence escortés et leurs relations avec le personnel de la base, civils compris, sont surveillées. De nouvelles restrictions sont apparues au cours de l’année, d’après Paisley Dodds, de l’agence Associated Press, sur l’accès à l’hôpital ou la possibilité de voir les prisonniers. Elle évoque l’interdiction quasi totale de prendre des clichés et le motif toujours invoqué : "Operationnal security" (sécurité opérationnelle).
Le 16 octobre, Chris Byron, de la revue d’affaires Red Herring, est informé par la compagnie de téléphone AT&T que deux inconnus se faisant passer pour lui et sa femme ont obtenu d’un employé la liste des appels qu’il avait passés en juillet.Il enquêtait alors sur une entreprise de logiciels canadienne, qui a porté plainte contre le journaliste pour diffamation après la publication de l’article en août. L’une des sources qui avait requis l’anonymat a rapporté à Chris Byron que ses comptes rendus d’appels ont été consultés de la même façon. Cette source a depuis été citée comme témoin par l’entreprise canadienne.
Le 27 novembre, David Carson et Edward Powers, du mensuel The New Observer (Kansas), sont condamnés chacun à une amende de 3500dollars et un an de liberté surveillée. Le 17 juillet, ils avaient été reconnus coupables de "diffamation" envers Carol Marinovitch, maire du comté de Wyandotte (Kansas City) et son mari, Ernest Johnson, juge du même comté. Dans un article de novembre 2000, ils mettaient en doute leur domiciliation dans le comté, que la loi leur impose.



  liste pays ameriques
Introduction Amériques
Actualisation Amériques
Argentine
Bolivie
Brésil
Canada
Chili
Colombie
Costa Rica
Cuba
Equateur
Guatemala
Guyana
Guyane française
Haïti
Honduras
Mexique
Nicaragua
Panama
Paraguay
Pérou
Porto Rico
République Dominicaine
Salvador
Surinam
Uruguay
Venezuela

voir aussi
Rapport annuel 2003 Maghreb / Moyen-Orient
Rapport annuel 2003 Europe
Rapport annuel 2003 Afrique
Rapport annuel 2003 Asie