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Guatemala

Superficie : 108 890 km2.
Population : 11 687 000.
Langues : espagnol, 23 langues indiennes, garifuna.
Nature de l’Etat : république unitaire.
Chef de l’Etat : Alfonso Portillo.


Guatemala - Rapport annuel 2003

Enquêter sur les exactions commises à l’époque de la guerre civile reste dangereux pour les journalistes, de même que dénoncer les affaires de corruption. Les relations entre la presse indépendante et le pouvoir sont d’ailleurs très tendues. Une bonne nouvelle cependant : l’arrestation des assassins présumés d’un journaliste tué en 2001.

Au Guatemala, le passé ne passe pas. Les menaces d’un mystérieux groupe dénommé "Les vrais Guatémaltèques" reçues en juin par des journalistes et des défenseurs des droits de l’homme montrent une fois encore que les exactions commises par l’armée ou les groupes paramilitaires à l’époque de la guerre civile (1960-1996) restent un sujet dangereux. En avril, David Herrera avait été contraint de s’exiler après avoir échappé à un enlèvement. Ses ravisseurs exigeaient ses notes sur un cimetière clandestin de victimes de la répression militaire.
Selon les organisations de défense des droits de l’homme, l’armée, toujours puissante, veille à ce que le silence et l’impunité continuent d’entourer ces années noires. Commis récemment et dans un contexte différent, l’assassinat du journaliste Jorge Mynor Alegría Armendariz échappe heureusement à cette règle. Les exécutants présumés de ce crime, survenu en septembre 2001, ont été arrêtés cette année.
Par ailleurs, les relations entre le pouvoir, mis en cause dans des affaires de corruption, et la presse d’opposition restent très tendues. Fonctionnaires et membres du gouvernement multiplient les déclarations pour discréditer la presse. Attaques largement reprises par les chaînes de télévision privées contrôlées par l’homme d’affaires mexicain Angel González, qui avait financé la campagne électorale d’Alfonso Portillo en 1999. Les quotidiens El Periódico, Nuestro Diario et Prensa Libre affirment également être victimes de harcèlement fiscal et judiciaire.

Nouveaux éléments sur un journaliste tué avant 2002
Le 12 septembre 2002, l’ex-compagne de Jorge Mynor Alegría Armendariz, Olga Maritza Linares Villeda, et sa sœur, Rosa Linares Portela, accusées d’avoir couvert les assassins du journaliste, sont acquittées par le tribunal de Chiquimula (160 km à l’est de la capitale). Animateur de l’émission "Linea Directa", diffusée sur Radio Amatique, à Puerto Barrios (département d’Izabal, Est), Jorge Mynor Alegría Armendariz avait été assassiné le 5 septembre 2001. Deux autres détenus dans cette affaire devraient être jugés : Jairo Humberto Gómez, l’exécutant présumé, et son complice Benjamón Orozco, ex-garde du corps de l’ancien maire de Puerto Barrios, Jorge Mario Chigua, accusé d’être le commanditaire de l’assassinat. Selon les enquêteurs, ce dernier avait une relation avec Olga Maritza Linares, la compagne du journaliste. Cependant, l’élu aurait ordonné l’exécution du journaliste en raison de ses révélations sur des affaires de corruption et de licenciements abusifs le mettant en cause. Après s’être caché plusieurs mois, Jorge Mario Chigua s’est présenté à la justice à la fin de l’année et est incarcéré depuis.

Deux journalistes agressés
Le 5 février 2002, à Guatemala City, quatre inconnus armés tentent d’enlever Arnulfo Agustín Guzmán, directeur de Radio Sonora, lors de son arrivée à la station. Il parvient à se réfugier dans le bâtiment. Les agresseurs tirent sur la façade et lui volent sa voiture. Le journaliste a précisé ne pas connaître le motif de cet attentat et n’avoir reçu aucune menace préalable. Il n’écarte pas l’hypothèse d’un attentat lié à la couverture de l’actualité par sa radio.
Le 17 avril, David Herrera, journaliste indépendant, quitte le pays pour le Mexique après avoir été brièvement enlevé par un groupe d’hommes armés la semaine précédente. Montés à bord de sa voiture, ces derniers exigeaient qu’il leur remette les notes de son enquête sur un cimetière clandestin de victimes de la répression militaire à l’époque de la guerre civile (1960-1996). David Herrera a pu échapper à ses assaillants en sautant du véhicule en marche.

Cinq journalistes menacés
Connus pour leur engagement en faveur des droits de l’homme, Abner Gouz, du quotidien El Periódico, Rosa María Bolaños, du quotidien Siglo XXI, Ronaldo Robles et Marielos Monzón, de la radio Emisoras Unidas, ainsi que sept membres d’organisations de défense des droits de l’homme, sont, le 7 juin, menacés d’"extermination" par un communiqué d’un mystérieux groupe, "Les vrais Guatémaltèques". Fin mai, la représentante spéciale des Nations unies pour les défenseurs des droits de l’homme avait dénoncé les exactions des groupes armés paramilitaires.
Le 7 juillet, Estuardo Zapeta, du quotidien Siglo XXI,, reçoit chez lui un appel téléphonique d’un individu qui affirme être un membre du crime organisé et qui le menace de mort. Selon le journaliste, ces menaces font suite à ses articles et à ses déclarations à la télévision et à la radio sur les groupes mafieux.

Pressions et entraves
Le 24 janvier 2002, en attendant de se prononcer sur le fond, le Conseil constitutionnel suspend "provisoirement" l’application à la presse de la loi d’affiliation obligatoire à un collège professionnel, entrée en vigueur un mois plus tôt. Un recours contre ce texte avait été présenté le 28 décembre 2001 par l’Association des journalistes du Guatemala (APG) et plusieurs rédactions. Le Conseil constitutionnel a jugé pertinent l’examen du recours car la loi induit un conflit entre les principes constitutionnels de liberté d’expression et l’affiliation à un collège professionnel. Au 1er janvier 2003, le Conseil constitutionnel n’a toujours pas statué.
Le 7 mai, le quotidien Prensa Libre rapporte que Pedro Joel Martinez, fonctionnaire de la municipalité de Quetzaltenango, a fait acheter la quasi-totalité de l’édition du bihebdomadaire El Quetzalteco, qui publiait qu’une plainte pour menace et agression avait été déposée contre le fonctionnaire par un particulier critiquant sa gestion. Le 8mai, la quasi-totalité de la seconde édition du bihebdomadaire est à nouveau achetée par des proches présumés du fonctionnaire.



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voir aussi
Rapport annuel 2003 Maghreb / Moyen-Orient
Rapport annuel 2003 Europe
Rapport annuel 2003 Afrique
Rapport annuel 2003 Asie