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Australie


-  Superficie : 7 682 300 km2.
-  Population : 19 338 000.
-  Langue : anglais (off.).
-  Nature de l’Etat : fédération de six Etats et deux territoires.
-  Chef de l’Etat : Mgr Peter Hollingworth.
-  Chef du gouvernement : John Howard.

Australie - Rapport annuel 2003

Le gouvernement de John Howard a tenté d’empêcher la presse de couvrir librement la situation dans les centres de réfugiés. Par ailleurs, une décision de la Cour suprême de l’Etat de Nouvelle-Galles du Sud met en péril la protection des sources.

Le 26 janvier 2002, les autorités créent un périmètre de sécurité d’un kilomètre autour du centre de réfugiés de Woomera (sud du pays) où plus de trois cents demandeurs d’asile sont en grève de la faim. Dans la soirée, une trentaine de journalistes sont apostrophés par des officiers de l’Australian Protective Services (APS, police), qui leur demandent de quitter ce périmètre dans les trente minutes, et les menacent d’arrestation. Natalie Larkins, reporter pour la chaîne de télévision ABC Adélaïde, est arrêtée et emmenée à la station de police de Woomera. La journaliste est accusée d’avoir violé une propriété privée. Elle est libérée sous caution trois heures plus tard, mais doit quitter la ville sur-le-champ.
Alors que la presse locale devient de plus en critique à l’égard de la politique australienne d’immigration qualifiée de "xénophobe" et des pratiques "dictatoriales" du gouvernement, le ministre de l’Immigration, Philip Ruddock, déclare à la radio ABC que cette interdiction faite aux journalistes de couvrir cette grève de la faim collective, correspond à "une décision opérationnelle prise par les services de protection civile en lien avec la sécurité des détenus". "Ce que nous restreignons, c’est l’accès des journalistes aux demandeurs d’asile. Nous n’empêchons en aucun cas les réfugiés d’avoir accès aux journalistes" a-t-il précisé.
En février, le Conseil de la presse australien consacre la une de son bulletin mensuel à la question de l’accès aux demandeurs d’asile. Selon le Conseil, les autorités imposent aux centres de réfugiés de Port Hedland, Woomera, Villawood (Sydney), Maribyrnong (Melbourne), Nauru et d’autres îles du Pacifique, "les mêmes procédures d’exclusion des médias qu’aux prisons de haute sécurité". L’article précise qu’à Woomera, l’agence de presse publique Australian Associated Press s’est également vu refuser l’accès aux réfugiés. Les autorités ont proposé à certains journalistes de signer un engagement à ne pas s’approcher des réfugiés, comme condition pour entrer dans les camps.
En février, le Conseil de la presse s’alarme du projet de loi du gouvernement fédéral sur la propriété des médias qui prévoit notamment la création d’un organisme de régulation de la presse écrite, de la radio et de la télévision. Son président, Ken McKinnon, considère que le "plus petit des pouvoirs donné à un organisme de régulation des médias peut conduire un jour à des atteintes à la liberté de la presse" et qu’on "s’engage sur une pente savonneuse". Selon le texte, cet organe indépendant doit s’assurer que les chaînes de télévision, les radios et les journaux ayant le même propriétaire maintiennent des structures éditoriales séparées. En effet, le projet met fin à une loi sur les situations de monopole dans le secteur des médias et va permettre à des groupes de presse étrangers d’augmenter leur participation dans les médias australiens. Certains médias indépendants dénoncent un projet de loi taillé pour le magnat de la presse Robert Murdoch.
En février également, des associations de journalistes australiens s’élèvent contre une proposition d’amendements au code criminel du pays qui tendent à criminaliser certaines sources journalistiques. Selon ces amendements, la communication ou la réception d’un "enregistrement officiel ou d’informations officielles" est un délit. Le gouvernement retire son projet en mars.
Le 26 juin, la Cour suprême de l’Etat de Nouvelle-Galles du Sud convoque trois journalistes Anne Lampe et Kate Askew, du quotidien Sydney Morning Herald, et Belinda Tasker, de l’agence Australian Associated Press, pour les interroger sur leurs sources. Cette décision fait suite à une plainte de la National Roads and Motorists Association (NRMA, mutuelle pour les automobilistes). Les journalistes ont révélé un an auparavant les luttes de pouvoir au sein de la NRMA et les avantages, notamment financiers, accordés à certains membres de la direction. En cas de refus de divulguer leurs sources, les journalistes risquent une peine de prison pour outrage. Anne Lampe a expliqué à Reporters sans frontières que le président de la NRMA tentait depuis deux ans de les faire taire en "envoyant des lettres de menaces, en faisant un chantage à la publicité ou en faisant pression sur les propriétaires du journal. Cette fois, avec l’aide de la justice, il veut nous envoyer en prison (...). Mais nous refusons de révéler nos sources." Les avocats des journalistes ont déposé un appel suspensif à ce verdict. "En attendant la décision de justice, nous sommes obligées de nous autocensurer sur ce sujet. C’est un recul terrible pour la liberté des journalistes", conclut Anne Lampe.
Un journaliste incarcéré
Le 19novembre, le tribunal de Darwin (nord du pays) décide de ne retenir aucune charge contre Paul Toohey, reporter du quotidien Australian, pour avoir pénétré sur des terres aborigènes sans autorisation officielle. Il avait été arrêté une semaine auparavant dans la communauté aborigène de Port Keats au sud-ouest de Darwin, où il tentait de couvrir les funérailles d’un jeune homme de dix-huit ans abattu par la police. Le journaliste a plaidé coupable devant la cour. Le magistrat reconnaît le fondement des charges qui ont été prouvées, mais conclut à un non-lieu au nom de la défense de la liberté de la presse.
Journalistes agressés
Le 16 août 2002, une équipe de télévision de la chaîne publique SBS est attaquée par une dizaine d’hommes alors qu’elle recueille les réactions des autorités publiques et religieuses de Lakemba (banlieue de Sydney, à forte population libanaise) sur une affaire de viols en série dont est accusé un jeune du quartier. Le journaliste Adrian Flood, le cameraman Mick O’Brien et l’ingénieur du son Andrew Smailes sont frappés et blessés. Les assaillants prennent la fuite. L’incident intervient dans un contexte de tension entretenue par des politiciens qui évoquent des gangs de "violeurs libanais".
Le 23 octobre, Hedley Thomas, journaliste du quotidien Courier Mail, est agressé à son domicile de Brisbane (Etat du Queensland) par un tireur non identifié. Aux environs de 22 heures 30, un individu tire à quatre reprises en direction de la maison du journaliste. Une balle manque de peu son épouse, Ruth Mathewson. Peu de temps avant l’agression, le journaliste, âgé de trente-cinq ans, a publié des d’articles que lui-même juge "sensibles" : la corruption dans le milieu des avocats, la vente illégale de propriétés et les méthodes controversées de guérison par la drogue. En 2001, il avait été victime d’une menace de mort par téléphone. Sa rédaction a promis 50000 dollars australiens (28000euros) de récompense pour des informations sur l’identité des agresseurs. Hedley Thomas a expliqué à Reporters sans frontières que "l’agresseur en veut au journaliste et non pas à l’individu".
Pressions et entraves
Fin octobre 2002, Selliah Nagarajah, journaliste d’origine sri lankaise travaillant pour la radio publique SBS, affirme être victime d’une campagne d’intimidation. Le journaliste, installé en Australie depuis 1998, reçoit des menaces de la part de groupes proches des Tigres tamouls (séparatistes). Le 20 octobre, le journaliste a diffusé un éditorial sur l’attentat de Bali, faisant référence aux Australiens d’origine tamoule dont, selon lui, certains honorent les "terroristes" comme des héros. Des associations de Tamouls ont demandé à leurs membres d’envoyer des lettres de protestation à la direction de SBS réclamant le renvoi du journaliste. Par ailleurs, la radio tamoule Imbathamil Oli, diffusée en Australie, a réalisé quatre programmes spéciaux contre Selliah Nagarajah.
Fin décembre, les autorités pénitentiaires de l’Etat de Nouvelle Galles du Sud interdisent la distribution dans les prisons de Framed, un magazine destiné aux détenus, suite à la publication d’articles critiques envers des responsables de l’administration pénitentiaire dans l’édition de février. Selon les autorités, le magazine augmente les risques de conflit entre les détenus et le personnel pénitentiaire. Ce trimestriel est distribué dans les prisons de l’Etat depuis le début des années 1990.



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voir aussi
Rapport annuel 2003 Maghreb / Moyen-Orient
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