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Haïti

Superficie : 27 750 km2.
Population : 8 270 000.
Langues : créole, français.
Nature de l’Etat : république unitaire.
Chef de l’Etat : Jean-Bertrand Aristide
Chef du gouvernement : Yvon Neptune.


Haïti - Rapport annuel 2003

En Haïti, l’impunité reste la règle. Elle permet aux sympathisants du gouvernement de sévir contre la presse et l’opposition. De plus en plus contesté, le gouvernement du président Aristide tente ainsi de se maintenir par la peur. De nouveaux journalistes ont été contraints à l’exil. Les enquêtes sur la mort de Jean Dominique et Brignol Lindor ne progressent pas. En revanche, leurs assassins continuent d’exercer des pressions sur les familles des deux journalistes.

En 2002, l’impunité est restée la règle en Haïti. Aucune nouvelle arrestation n’a eu lieu dans le cadre des enquêtes sur la mort de Jean Dominique et celle de Brignol Lindor. La première affaire a surtout été marquée par les changements successifs de juge d’instruction. En janvier, à peine le juge Gassant était-il dessaisi du dossier que le Sénat rejetait la demande de ce dernier de lever l’immunité parlementaire du sénateur Dany Toussaint pour son rôle supposé dans le crime. Le sénateur est une des principales personnalités de Fanmi Lavalas, le parti du président Aristide. Quant au dossier Lindor, le juge a pris soin, dans ses conclusions, d’épargner Dumay Bony. L’ancien adjoint au maire de Petit-Goâve avait pourtant tenu des propos contre le journaliste assimilés par tous à un appel au meurtre.
Dans ces deux affaires, non seulement les assassins ne sont pas inquiétés par la justice mais ce sont eux qui imposent leur loi aux familles des victimes. Menacés, le père et les six frères et sœurs de Brignol Lindor ont été contraints de quitter leur pays. Le jour de Noël, Michèle Montas, la veuve de Jean Dominique, a été victime d’une tentative d’assassinat alors que, depuis plus de deux ans, elle ne cesse de demander justice pour son mari. L’un des vigiles affecté à la surveillance de son domicile a été tué par les assaillants.
D’une façon générale, l’ensemble de la presse continue d’être l’objet de menaces de la part des sympathisants du pouvoir, et notamment des "organisations populaires", véritables milices armées paralégales chargées de faire régner la terreur dans les rangs des détracteurs du gouvernement. Pour beaucoup, les déclarations du président Aristide, fin septembre, faisant l’amalgame entre les critiques de la presse et le coup d’Etat de 1991, revenaient purement et simplement à indiquer à ces organisations quelle était leur cible. Comme l’a résumé Louis Joinet, rapporteur spécial pour Haïti auprès de la Commission des droits de l’homme des Nations unies, on peut craindre que "demain, le journaliste critique n’ait d’autre choix en Haïti que l’autocensure, l’exil ou la mort".
Près d’une quarantaine de journalistes ont été agressés ou menacés en 2002. Ils seraient même plus de soixante, selon l’Association des journalistes haïtiens (AJH). Certains d’entre eux avaient notamment dénoncé l’affaire des coopératives, un scandale financier qui a ruiné de nombreux petits épargnants haïtiens et dans lequel les autorités sont mises en cause au plus haut niveau. C’est dans cette atmosphère de scandale qu’a été enlevé Israël Jacky Cantave, de Caraïbes FM, en juillet. Un acte considéré par le journaliste comme un avertissement envoyé à la presse par le gouvernement. Menacé et contraint à l’exil, il est, depuis, l’objet d’un mandat d’amener dans son pays pour ne pas avoir collaboré avec les enquêteurs.
L’année s’est conclue par des manifestations réclamant la démission du président Aristide. Les journalistes ont fait les frais de ce climat de fin de règne. Aux Gonaïves, après avoir couvert la première grande manifestation antigouvernementale, sept professionnels de la presse ont été contraints de se cacher, menacés par l’Armée Cannibale, une "organisation populaire" dirigée par Amiot Métayer. Ce dernier s’était évadé de prison en août 2002. Depuis, son organisation sème la terreur dans cette ville du Nord. Après avoir promis de l’arrêter, le gouvernement a, semble-t-il, préféré l’utiliser contre ses opposants.
Amiot Métayer avait été arrêté pour ses exactions commises contre l’opposition lors de la soi-disant tentative de coup d’Etat du 17 décembre 2001. Un rapport d’enquête de l’Organisation des Etats américains (OEA), publié en juillet, conclut non seulement qu’il ne s’agissait pas d’un coup d’Etat, mais que l’assaut donné ce jour-là au palais présidentiel avait bénéficié de la complicité d’officiers de police. Il souligne aussi que la répression contre l’opposition qui avait suivi avait été menée avec des moyens mis à la disposition des agresseurs par les autorités. Pris pour cibles le 17 décembre, une dizaine de journalistes avaient alors décidé de prendre le chemin de l’exil. De plus en plus discrédité, le gouvernement pourrait être tenté de renouveler ce type d’opération qui cherche à le faire passer pour une victime et lui permet de sévir contre l’opposition et la presse.
En raison de la grave situation en Haïti, le président Jean-Bertrand Aristide est considéré par Reporters sans frontières comme l’un des prédateurs de la liberté de la presse dans le monde.

Nouveaux éléments sur deux journalistes tués avant 2002
Le 16 septembre 2002, le juge Duclair, en charge de l’enquête sur le meurtre du journaliste Brignol Lindor, publie les conclusions de son enquête. Dix membres de Domi Nan Bwa, une organisation proche de Fanmi Lavalas (au pouvoir) qui avait revendiqué le meurtre, sont inculpés. En revanche, aucune charge n’est retenue contre l’ancien maire de Petit-Goâve, Dumay Bony, qui, trois jours avant les faits, avait appelé à appliquer la formule "zéro tolérance" au "terroriste" Brignol Lindor. Selon un témoin du crime, cette déclaration avait pourtant été invoquée par les meurtriers au moment de tuer le journaliste pour justifier leur acte. De plus, selon une enquête menée sur place par Reporters sans frontières, près d’une vingtaine de personnes auraient participé à la mise à mort de Brignol Lindor. Les conclusions du juge ne lèvent pas non plus le doute sur des accusations de subornation de témoins par des membres de Fanmi Lavalas pour étouffer l’affaire. Deux des inculpés, Maxi Zéphyr et Fritzler Doudoute, ont été arrêtés mais pour d’autres affaires. Et les autorités pénitentiaires de Port-au-Prince ont toujours refusé que le premier soit transféré à Petit-Goâve pour être entendu par le juge Duclair. Depuis la France, la famille de la victime a fait appel des conclusions de l’enquête pour que celle-ci se poursuive. En avril, le père et les six frères et sœurs de Brignol Lindor avaient dû quitter le pays après avoir reçu des menaces. Restés sur place, Denis Laguerre, représentant légal de la famille, et Louis Géraud, un cousin, ont été contraints de se cacher lors du premier anniversaire de la mort du journaliste. Brignol Lindor, de la station de Petit-Goâve Echo 2000, avait été tué à coups de pierres et de machettes le 3 décembre 2001 par des membres de Domi Nan Bwa qui avaient ensuite revendiqué leur crime auprès d’un représentant de l’Association des journalistes haïtiens (AJH). Trois jours plus tôt, au cours d’une conférence de presse donnée par des notables de Petit-Goâve affiliés à Fanmi Lavalas, Dumay Bony avait repris l’expression "zéro tolérance" utilisée par le président Aristide comme consigne à la police pour le traitement des délinquants. Une formule considérée par beaucoup comme une légitimation implicite du lynchage. La conférence de presse s’était tenue deux jours après que Brignol Lindor avait invité des personnalités de l’opposition à intervenir dans son émission "Dialogue".
Le 25 décembre, deux inconnus ouvrent le feu devant le domicile de Michèle Montas, veuve de Jean Dominique et directrice de Radio Haïti Inter, alors qu’elle vient juste d’arriver chez elle. L’un des vigiles, Maxime Séide, est mortellement blessé. Selon Michèle Montas, les deux hommes armés étaient probablement en faction à proximité de son domicile et attendaient son retour pour l’assassiner. Ils auraient été surpris par un changement d’itinéraire qu’elle avait décidé à la dernière minute. D’après elle, l’attentat a été commandité par les personnes qui se sentent visées par les conclusions de l’enquête sur la mort de son mari que le juge a promis de rendre publiques avant fin 2002. L’année n’a pourtant été marquée par aucun progrès sensible de l’enquête. Le 4 janvier, le mandat du juge Claudy Gassant n’a pas été renouvelé par le président Aristide. Privé de toute protection, le magistrat s’est immédiatement réfugié aux Etats-Unis. Le 23janvier, l’enquête est confiée par le Président à un collège de trois juges. Une semaine plus tard, le Sénat rejette une demande de levée d’immunité parlementaire du sénateur Dany Toussaint (Fanmi Lavalas) que lui avait adressée le juge Gassant en août 2001. Sept mois plus tard, l’assemblée conclut que la requête est incomplète et demande un complément d’information aux nouveaux juges. Début avril, sous la pression nationale et internationale, Jean-Bertrand Aristide revient sur sa décision et confie de nouveau le dossier au juge Gassant. Exilé aux Etats-Unis, ce dernier refuse. L’enquête est alors confiée au juge Bernard Saint-Vil qui reprend les auditions. Le 4novembre, la publication d’un document remis par le gouvernement à l’Organisation des Etats américains critique violemment les conditions dans lesquelles a été menée l’instruction, en mettant en cause le travail du juge Gassant, pourtant considéré par tous comme sérieux. La convocation par le juge Saint-Vil de témoins jusqu’alors jamais entendus laisse également penser que l’enquête se détourne des pistes qui avaient conduit à la mise en cause de Dany Toussaint. Directeur de Radio Haïti Inter, Jean Dominique avait été tué dans la cour de la station le 3 avril 2000, avec Jean-Claude Louissaint, vigile de la radio. Dans ses émissions, il avait critiqué ceux qui, au sein de Fanmi Lavalas, détournaient le mouvement Lavalas de ses principes de "justice, transparence, participation". Dans un éditorial du 19 octobre 1999, il avait notamment mis en cause Dany Toussaint, proche de Jean-Bertrand Aristide.

Trois journalistes incarcérés
Le 9 février 2002, Genet Morin, de la radio Magik Stereo, une station de Port-au-Prince, est interpellé lors d’une rafle au cours de laquelle huit membres de l’opposition sont arrêtés. "[La police] m’a dit que j’avais été arrêté parce que je participais à des meetings politiques en vue de déstabiliser le pays pendant le Carnaval (9-13 février)", raconte le journaliste. Selon l’organisation de défense des droits de l’homme haïtienne National Coalition for Haitian Rights (NCHR), "il s’agit d’un coup monté par la police contre les personnes qui sont en désaccord avec le gouvernement". Genet Morin est libéré le 15 février.
Le 27 mai, Darwin Saint Julien, de l’hebdomadaire Haïti Progrès, et Allan Deshommes, de Radio Atlantik, sont grièvement blessés puis arrêtés par la police avec cinq autres personnes, alors qu’ils couvrent une manifestation paysanne à Saint Raphaël (Nord). En dépit de la gravité de leur état de santé, les deux journalistes ne sont pas hospitalisés mais incarcérés. Le maire de Saint Raphaël, Adonija Sévère, a expliqué que les manifestants et les journalistes étaient des "terroristes", mais aucun chef d’inculpation ne leur a été notifié. Darwin Saint Julien et Allan Deshommes sont libérés le 8 juin.

Un journaliste interpellé
Le 20 mars 2002, Jeanty André Omilert, correspondant à Mirebalais (nord-est de Port-au-Prince) de Radio Solidarité et journaliste à Radio Excelsior, est arrêté sur ordre du commissaire du gouvernement (procureur). Ce dernier estime avoir été diffamé par un reportage du journaliste. Jeanty André Omilert est libéré le lendemain, après l’intervention d’une délégation de l’AJH.

Un journaliste enlevé
Le 15 juillet 2002, Israël Jacky Cantave, de la radio Caraïbes FM, est enlevé par des inconnus à Port-au-Prince en compagnie de son ami Frantz Ambroise. Les deux hommes sont retrouvés le lendemain, ligotés et à demi-nus. Ils affirment avoir subi des mauvais traitements lors de leur détention. Depuis une semaine, Israël Jacky Cantave recevait des menaces d’inconnus. Pour le journaliste, son enlèvement est un avertissement à Caraïbes FM, l’une des principales stations privées de Port-au-Prince, et, au-delà, à l’ensemble de la presse qui ose critiquer l’action du gouvernement. Dans les jours qui suivent, Israël Jacky Cantave, qui reçoit des menaces, se cache. Un mois plus tard, le directeur de la police, Jeannot François, annonce que les premières conclusions de l’enquête n’écartent pas l’hypothèse d’un enlèvement monté de toutes pièces par le journaliste. Craignant pour sa sécurité, ce dernier quitte le pays le 29 août, bientôt rejoint par son ami Frantz Ambroise. Le 19 décembre, un mandat d’amener est délivré contre les deux hommes pour ne pas s’être présentés aux convocations des enquêteurs.

Quinze journalistes agressés
Le 21 janvier 2002, un étudiant canadien en journalisme, Mathieu Prud’homme, en stage à l’agence en ligne Haïti Press Network (HPN), est blessé par balles alors qu’il enquête sur les bandes de délinquants de Cité Soleil, le principal bidonville de Port-au-Prince. La police l’avait informé de l’impossibilité pour elle d’assurer sa sécurité dans ce quartier.
Le 20 août, le maire de Grand-Goâve (sud de Port-au-Prince), Rigaud Xavier, gifle Joseph Claudy Milord, de la station locale Radio Saca, au cours d’une audience au tribunal de la ville. L’élu reprocherait à la radio d’avoir fait état de son implication présumée dans des transactions foncières frauduleuses.
Le 19 septembre, Rodson Josselin, reporter de l’agence en ligne Haïti Press Network, est bousculé et jeté à terre par des policiers du commissariat de Martissant (quartier de Port-au-Prince) alors qu’il prend des clichés d’une violente opération de police. Conduit au sous-commissariat pour être interrogé, il est frappé et son matériel lui est confisqué.
Le 17 novembre, Péguy Jean et Joël Joseph, de Radio Maxima, une station du Cap-Haïtien (Nord), couvrent une manifestation de l’opposition réclamant le départ du président Aristide. Dans les jours qui suivent, les deux journalistes sont agressés par des membres d’organisations populaires se réclamant du gouvernement Lavalas.
Le 5 décembre, Jean-Robert Robenson Exinord et Pedro Edouard, respectivement journaliste et cameraman de la chaîne de télévision publique Télévision nationale d’Haïti (TNH), sont agressés à Port-au-Prince par des étudiants qui protestent contre la politique du président Aristide. Ces derniers les frappent et endommagent leur matériel. Ils reprochent aux médias d’Etat de ne jamais diffuser leurs déclarations.
Le 17 décembre, Ronald Mongé Farreau, de la chaîne de télévision Télé Timoun, propriété du président Aristide, est pris à partie par des partisans de la Convergence démocratique (coalition de l’opposition) alors qu’il couvre une manifestation de l’opposition réclamant la démission du Président.

Vingt-trois journalistes menacés
Le 18 janvier 2002, on apprend que Rémi Jean et Charité André, de Radio Eben-Ezer, une station de Mirebalais (Centre), Duc Jonathan Joseph, correspondant de Radio Métropole aux Gonaïves (Nord-Ouest), et Ernst Océan, de Vision 2000, ont trouvé refuge à Port-au-Prince. Les menaces contre ces journalistes, attribuées à des partisans des Fanmi Lavalas, s’étaient accentuées après la tentative supposée de coup d’Etat du 17 décembre 2001. Peu après, Ernst Océan, correspondant à Saint Marc (Ouest), où sévit l’organisation populaire Bale Wouze ("Eliminer"), quitte Haïti pour les Etats-Unis. En décembre 2001, un autre correspondant à Saint-Marc, Jean-Marie Maillard, de Radio Métropole, avait déjà dû quitter le pays. Courant janvier, deux autres journalistes prennent le chemin de l’exil dans des circonstances similaires : Zacharie Nazaire, correspondant de Vision 2000 aux Cayes (Sud), et Samuel Trézil, directeur de la rédaction de Caraïbes FM, à Port-au-Prince.
Le 24 janvier, la rédaction de la radio Signal FM, basée à Port-au-Prince, révèle qu’une voiture de la station a été percutée par un véhicule du palais présidentiel. Les occupants de ce dernier ont ensuite menacé de leurs armes Roosevelt Benjamin, Evelyne Dacilus, Jean-Claude Saint-Cyr et Carl Dieudonné qui se trouvaient dans la voiture de la radio. "Nous pensons qu’il s’agit d’un acte prémédité", a déclaré Signal FM. Les services de la présidence ont qualifié l’agression de "pure invention".
Le 19 mars, Bidry Dorsainvil, de Radio Voix de l’Ave Maria, une station du Cap-Haïtien (Nord), est contraint de se cacher alors que des hommes de mains supposés de Lou Alabré, responsable de la sécurité du directeur de l’Autorité portuaire nationale (APN), se présentent à son domicile. Le journaliste avait fait état d’un conflit opposant le directeur au syndicat de l’APN.
Le 8 septembre, Jean Robert François, correspondant de Radio Métropole aux Gonaïves (Nord-Ouest), est menacé par des sympathisants de Fanmi Lavalas. Ces derniers l’accusent de nuire au gouvernement par sa couverture de l’actualité. Jean Robert François décide de se cacher après avoir appris que son nom figurerait sur une liste noire de journalistes.
Fin septembre, un tract circule à Port-au-Prince qui menace Jean Elie Moléus et Prisca Jean Vilfort, de Caraïbes FM, Roosevelt Benjamin, Patrick Luc, Jean-Louis Négot et Carl Dieudonné de Signal FM, Valéry Numa et Marie-Lucie Bonhomme de Vision 2000, ainsi que Goudou Jean Numa de Radio Métropole, de subir le même sort que Jean Dominique et Brignol Lindor s’ils continuent de "dénigrer le pays".
Le 30 novembre, Esdras Mondelus, directeur de Radio Etincelle, Henry Fleurimond, de Radio Kiskeya, Renais Noël Jeune, Jean Niton Guérino, Gédéon Présandieu, reporters et techniciens de Radio Etincelle, René Josué, de Signal FM, et Jean-Robert François, de Radio Métropole, trouvent refuge à Port-au-Prince. Les sept professionnels de la presse des Gonaïves (Nord-Ouest) se cachaient depuis le 21 novembre. Ils affirment avoir reçu des menaces d’organisations proches de Fanmi Lavalas en raison de leur couverture des manifestations de l’opposition réclamant le départ du président Aristide. Le 24 novembre, un dépôt de Radio Etincelle abritant une génératrice de la station avait été détruit. "Le gouvernement utilise des bandes armées pour persécuter les journalistes", a expliqué Esdras Mondelus, faisant référence à l’Armée Cannibale, une organisation armée dirigée par Amiot Métayer, qui se réclame de Fanmi Lavalas (au pouvoir).

Pressions et entraves
Le 11 janvier 2002, quelques dizaines de membres d’organisations populaires, proches de Fanmi Lavalas (au pouvoir), protestent devant l’hôtel de Port-au-Prince où Robert Ménard, secrétaire général de Reporters sans frontières, et Guyler Delva, secrétaire général de l’AJH, donnent une conférence de presse pour dénoncer la responsabilité des autorités dans l’impunité dont bénéficient les assassins de deux journalistes. Aux cris de "À bas Ménard", une partie des manifestants, dont Paul Raymond, un proche de Jean-Bertrand Aristide, fait irruption dans le jardin de l’hôtel. La conférence de presse est interrompue. Paul Raymond accuse Robert Ménard d’avoir distribué des armes dans plusieurs quartiers de la capitale afin de déstabiliser le pays. Dans les jours qui suivent, Guyler Delva est menacé par le chef de "Bale Wouze", une organisation proche de Fanmi Lavalas basée à Saint-Marc (nord de Port-au-Prince), de se voir appliquer le supplice du collier (la victime est brûlée, morte ou vive, par un pneu enflammé placé autour de son cou) s’il se rend dans cette ville. René Civil, un autre proche du président Aristide, l’accuse de "trahir ses compatriotes haïtiens" et d’être "à la solde des Blancs". Ives-Marie Chanel, correspondant de Reporters sans frontières en Haïti, est également l’objet d’une campagne de diffamation sur la radio publique.
Mi-janvier, Radio Eben-Ezer, diffusée à Mirebalais (Centre), suspend provisoirement ses émissions en raison du climat d’insécurité. La rédaction recevrait de nombreuses menaces d’individus qui reprochent aux journalistes une couverture de l’actualité défavorable au gouvernement.
Le 2 septembre, des agents des forces de l’ordre saccagent le local de Limonade FM, une radio de la localité de Limonade, située à dix kilomètres du Cap-Haïtien (Nord). Les policiers étaient à la recherche du directeur et propriétaire de la station, John Pierre. Ce dernier avait critiqué le gouvernement et mis en cause des policiers de la région dans un scandale financier.
Le 26 septembre, la station privée de Port-au-Prince Radio Kiskeya décide de suspendre ses émissions après avoir reçu des informations sur une possible tentative d’incendie de ses locaux. La radio avait notamment rapporté l’arrestation d’un membre de la société civile qui avait mis en cause les autorités dans un important scandale financier. Le même jour, Caraïbes FM, une autre station de Port-au-Prince, décide de suspendre également ses émissions d’information pendant quelques heures pour protester contre des menaces reçues, attribuées à des organisations proches du pouvoir. Le lendemain matin, à son arrivée à la station, Roger Damas, de Radio Ibo, est à son tour agressé par trois inconnus qui menacent de mettre le feu à la radio. Radio Kiskeya reprend ses programmes le 27 septembre au soir.
Le 1er décembre, Radio Maxima, basée au Cap-Haïtien (Nord), suspend provisoirement ses programmes d’information après que ses journalistes ont reçu des menaces de partisans du président Aristide lors d’une manifestation progouvernementale.



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