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Nicaragua

Superficie : 130 000 km2.
Population : 5 208 000.
Langue : espagnol (off.).
Nature de l’Etat : république unitaire.
Chef de l’Etat : Enrique Bolaños.


Nicaragua - Rapport annuel 2003

La liberté de la presse a quelque peu fait les frais de la campagne de lutte contre la corruption menée par le nouveau président, Enrique Bolaños, et dirigée avant tout contre son prédécesseur, Arnoldo Alemán.

L’année 2002 a été marquée par les poursuites pour corruption contre l’ancien président Arnoldo Alemán, par l’administration de son successeur et ancien vice-président, Enrique Bolaños. L’ancien chef de l’Etat, devenu président de l’Assemblée nationale, est acccusé d’avoir détourné près de cent millions de dollars. La presse, qu’Arnoldo Alemán n’avait pas ménagée pendant sa présidence (1997-2002), a largement couvert ce scandale. Ponctuellement, des partisans de l’ancien chef d’Etat s’en sont pris à des journalistes ou à une rédaction à qui ils reprochaient leur couverture du sujet. Pour sa part, le gouvernement n’a pas hésité à ordonner la fermeture de la radio La Poderosa, considérée comme la voix d’Arnoldo Alemán. Même si les irrégularités au nom desquelles elle a été fermée devaient s’avérer exactes, il s’agissait avant tout pour les autorités de priver celui-ci d’une tribune.
Autre conséquence pour la presse de cette saga politique : la fermeture provisoire, en avril, de la chaîne publique, après qu’Arnoldo Alemán a été accusé d’avoir détourné de l’argent du ministère du Logement au profit de la chaîne, très endettée. La décision du nouveau gouvernement d’attribuer la publicité publique selon des critères d’audience ou de diffusion a par ailleurs provoqué la disparition, en septembre, du quotidien La Noticia. Ce titre, favorable à Arnoldo Alemán, avait régulièrement été accusé de capter un pourcentage de la publicité publique sans rapport avec son tirage.
Sur le plan législatif, un projet de loi prévoyant cinq ans de prison pour "outrage" a heureusement été abandonné en octobre, ainsi qu’un texte visant à protéger "l’honneur, la réputation et la famille".

Six journalistes agressés
Le 2 septembre 2002, Sheila Cano, Raul Mayorga et Guilbor Bravo, de la chaîne de télévision Canal 2, William Roiz de Canal 4, Marianela Flores et Juan Mairena de Canal 10, sont agressés et insultés alors qu’ils couvrent une manifestation à Malpaisillo (Nord-Ouest) de sympathisants de l’ancien président Arnoldo Alemán (Parti libéral constitutionnaliste, PLC). Ce dernier est mis en cause dans des affaires de corruption régulièrement dénoncées par la presse.

Pressions et entraves
Le 18 juillet 2002, à Managua, Luis Felipe Palacios, du quotidien La Prensa, est interrogé par la police suite à la publication d’un article sur l’implication supposée d’un responsable militaire dans des affaires de blanchiment d’argent et de trafic d’armes. Lors de l’interrogatoire, le journaliste est interrogé sur ses sources et le photographe qui l’accompagne, Manuel Esquivel, contraint de détruire son film au motif qu’il n’a pas demandé d’autorisation pour prendre des photos. Le 31 juillet, le directeur de la police nationale présente des excuses aux deux journalistes.
Le 11 octobre, les programmes de la radio La Poderosa, basée à Managua, sont suspendus après que sa licence d’émission lui a été retirée par la Telcor, l’organisation publique chargée de gérer l’attribution des fréquences. La Telcor a expliqué que la fréquence de la station, initialement attribuée à une organisation catholique, avait été illégalement cédée à Coinsa, une association contrôlée par l’ancien président Arnoldo Alemán. La Poderosa appelait les auditeurs à soutenir ce dernier, poursuivi pour corruption. Le cardinal Miguel Obando a qualifié cette décision de "coup porté à la liberté de la presse". Benjamín Pérez, défenseur des droits de l’homme (ombudsman), a pour sa part jugé la suspension de la radio "maladroite". Le 14 octobre, la police saisit les équipements de La Poderosa au motif qu’ils auraient été acquis illégalement.
Le 22 octobre, Tirso Moreno, ancien membre de la lutte armée contre le régime sandiniste (1979-1990), pénètre dans les bureaux du quotidien La Prensa, à Managua, et tire plusieurs coups de feu, sans faire de victimes. Visiblement en état d’ébriété, il accuse le journal de mener une campagne contre l’ancien président Alemán puis retient en otage treize journalistes pendant plusieurs heures. Des charges pour "enlèvement" et "mise en danger de la vie d’autrui" ont été retenues contre lui.



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voir aussi
Rapport annuel 2003 Maghreb / Moyen-Orient
Rapport annuel 2003 Europe
Rapport annuel 2003 Afrique
Rapport annuel 2003 Asie