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Panama

Superficie : 77 080 km2.
Population : 2 899 000.
Langue : espagnol (off.).
Nature de l’Etat : république unitaire.
Chef de l’Etat : Mireya Moscoso.


Panama - Rapport annuel 2003

Au Panama, le harcèlement judiciaire contre les journalistes se poursuit par le biais d’une législation qui prévoit encore des peines de prison pour "diffamation". En 2002, son application a pris un caractère absurde en sanctionnant l’expression humoristique.

Un rapport publié le 15 décembre 2002 par le délégué spécial pour la liberté d’expression du Défenseur du peuple (ombudsman), dresse à nouveau le même constat : le harcèlement judiciaire contre la presse se poursuit. Selon ce rapport, quatre-vingt-dix plaintes pour "diffamation" ont été déposées au cours des six dernières années, dont dix-sept pour la seule année 2002. Au total 78 journalistes sont concernés. Un chiffre qualifié de "scandaleux" par l’auteur du rapport, Ricardo Lombana, en comparaison avec d’autres pays latino-américains. Plus de la moitié des quatre-vingt-dix plaintes ont été déposées par des fonctionnaires ou des élus, dont six par le seul ancien Président, Ernesto Pérez Balladares (1994-1999). Cinquante sont toujours en cours d’instruction.
Au Panama, les lois sur la diffamation prévoient jusqu’à deux ans de prison pour leurs auteurs. Une législation qualifiée d’"anachronique" par le rapport du Défenseur du peuple qui souligne que celle-ci est instrumentalisée contre la presse en raison de son caractère intimidant. Ricardo Lombana conclut à l’urgence d’une réforme de la législation et prône la dépénalisation des délits de presse. D’autant que les nouvelles condamnations ou poursuites survenues en 2002 montrent le caractère absurde de ces lois qui criminalisent jusqu’à l’expression humoristique. Ainsi, un journaliste a été condamné à quatorze mois de prison, commuables en une amende, pour la publication d’un photomontage.

Pressions et entraves
Le 14 mai 2002, Miguel Antonio Bernal, animateur de Radio Exitosa, est jugé pour "diffamation". Dans une interview accordée en février 1998 à une chaîne de télévision, il avait rendu la police responsable de la décapitation de quatre prisonniers de l’île de Coiba par leurs codétenus. Poursuivi par José Luis Sossa, alors directeur de la police nationale, il risque jusqu’à deux ans de prison. Le 23 mai, Miguel Antonio Bernal est acquitté, une décision confirmée en appel le 25 octobre.
Le 31 mai, Víctor Ramos, du quotidien La Prensa, est poursuivi pour "atteinte à l’honneur" par l’ancien président de la République, Ernesto Pérez Balladares. Le caricaturiste risque jusqu’à deux ans de prison. La plainte d’Ernesto Pérez Balladares fait suite à la publication, le 9 avril, d’une caricature le mettant en scène dans le contexte des affaires et scandales ayant marqué sa présidence (1994-1999).
Le 4 juin, Michelle Lescure, ancienne rédactrice en chef du quotidien El Siglo, et Jaime Padilla Béliz, ancien propriétaire du journal, sont condamnés à dix-huit mois de prison pour "atteinte à l’honneur", peine commuable en une amende de 500 balboas (environ 500 euros). Carmen Boyd Marciaq, chroniqueuse du quotidien, est condamnée à un an de prison, commuable en une amende de 200 balboas (environ 200 euros). Les trois professionnels sont poursuivis pour la publication, en février et mars 1999, d’articles dénonçant le train de vie d’un commentateur sportif. Michelle Lescure a expliqué qu’elle n’était plus rédactrice en chef du journal à l’époque de la publication des articles, un fait reconnu par le journal. La journaliste, qui a fait appel, a annoncé qu’elle refuserait de payer l’amende et prendrait ainsi le risque de se voir appliquer la peine de prison.
Le 1er juillet, Ubaldo Davis, directeur de l’hebdomadaire humoristique La Cáscara News, est condamné à quatorze mois de prison et un an de privation de ses droits civiques, peine commuable en une amende de 1 500 balboas (environ 1 500 euros). Ubaldo Davis est poursuivi pour "diffamation" par la présidente Mireya Moscoso et l’ancien ministre de l’Intérieur, Winston Spadafora. Dans son premier numéro, publié en septembre 2001, La Cáscara News avait publié un photomontage mettant en scène M. Spadafora enlacé avec la présidente Mireya Moscoso. Le journaliste a fait appel.
Le 9 septembre, Rolando Rodríguez et Gustavo Gorriti, du quotidien La Prensa, sont convoqués par la justice. Ils sont accusés de "diffamation" pour avoir publié en 1996 un article intitulé "Narco-chèque remis à la campagne de Sossa", signalant que, lors de la campagne des élections législatives de 1994, José Antonio Sossa, nommé depuis procureur général de la Nation, aurait reçu un chèque de soutien d’un homme d’affaires poursuivi pour trafic de drogue. Selon les deux journalistes, le fonctionnaire lui-même a insisté pour que l’article soit publié. Le chèque s’est ultérieurement révélé être un faux. L’absence de Gustavo Gorriti à l’audience a conduit le juge à reporter l’affaire sine die.



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voir aussi
Rapport annuel 2003 Maghreb / Moyen-Orient
Rapport annuel 2003 Europe
Rapport annuel 2003 Afrique
Rapport annuel 2003 Asie