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Paraguay

Superficie : 406 752 km2.
Population : 5 636 000.
Langues : espagnol, guarani.
Nature de l’Etat : république unitaire.
Chef de l’Etat : Luis González Macchi.


Paraguay - Rapport annuel 2003

Malgré un climat politique délétère, la situation de la liberté de la presse est globalement satisfaisante. En province, les journalistes doivent encore faire face à des élus à la culture démocratique peu affirmée.

En 2002, la liberté de la presse n’a pas connu de réelles entraves. En province cependant, les journalistes doivent encore composer avec des élus qui acceptent mal la critique. Trois journalistes ont ainsi été expulsés d’une séance du conseil municipal de San Alberto (Alto Parana). A un élu qui protestait, le maire a répondu : "Taisez-vous. Je suis celui qui commande. Je suis le maire."
Si le président González Macchi, mis en cause dans des affaires de corruption, de trafic d’influence et d’enrichissement illicite, est sous le coup d’une procédure de destitution, le gouvernement est resté respectueux de la liberté d’expression. Seule fausse note, deux stations qui avaient mis en cause le Président dans une affaire de trafic d’influence se sont vues menacées de retrait de leur licence. Mais l’auteur de la menace, le porte-parole de la présidence, s’est rapidement rétracté.
La forte amende qui frappe Aldo Zuccolillo, directeur du quotidien ABC Color, dans une affaire de diffamation, ainsi que la convocation du journaliste Miguel H. Lopez pour être entendu sur ses sources, sont des actes préoccupants mais qui restent isolés.

Nouveaux éléments sur un journaliste tué avant 2002
Le 28 mars 2002, la condamnation en première instance de Milciades Maylin à vingt-cinq ans de réclusion pour l’assassinat de Salvador Medina est confirmée en appel. Journaliste de la radio Ñemity, une station de la ville de Capiibary (département de San Pedro), Salvador Medina avait été tué le 5 janvier 2001 après avoir dénoncé un trafic de bois dans lequel seraient impliqués des responsables politiques et un groupe de délinquants qui sévit dans la région. La famille de la victime a annoncé qu’elle maintiendrait la pression pour que les commanditaires de l’assassinat soient également punis.

Une journaliste agressée
Le 6 décembre 2002, Vicenta Risso, correspondante du quotidien ABC Color à Villa Hayes (Nord), est agressée par Carlos Agüero, mari de Katia Marlene Fernandez de Agüero, fonctionnaire de la municipalité de Benjamin Aceval. Carlos Agüero a tenté de percuter la voiture de la journaliste avec son véhicule, obligeant cette dernière à se ranger sur le bas-côté. La femme de l’agresseur, destituée pour s’être rendue coupable de corruption, avait régulièrement été dénoncée par Vicenta Risso.

Deux journalistes menacés
Le 9 janvier 2002, Rafael Marcial Montiel, correspondant du quotidien ABC Color à San Juan Bautista de las Misiones (Centre), se voit offrir une protection policière après la réception, le jour même, d’un appel téléphonique le menaçant de mort. Le journaliste venait de publier des enquêtes sur des malversations financières présumées commises par des fonctionnaires et des élus locaux, et sur des liens supposés entre des policiers et des délinquants.
Le 14 février, on apprend qu’Anibal Emeri, de Radio Ñanduti, reçoit des menaces depuis qu’il a assisté à la libération, le 29 janvier, de deux militants d’un parti de gauche séquestrés par des membres présumés de la sécurité d’Etat. Le journaliste avait lui-même reconnu un policier parmi les ravisseurs alors que ce dernier prenait la fuite. Selon le Syndicat des journalistes du Paraguay, les menaces viennent d’officiers de police et affecteraient également une journaliste de télévision.

Pressions et entraves
Le 13 février 2002, Aldo Zuccolillo, directeur du quotidien ABC Color, est condamné en appel à une amende de 541 millions de guaranis (125 700 euros) pour "diffamation". Aldo Zuccolillo est poursuivi depuis décembre 1998 par le sénateur Juan Carlos Galaverna pour un article dans lequel il qualifiait ce dernier de "voleur de biscuits" et de "trafiquant d’influence". Le tribunal a considéré qu’il s’agissait de "termes offensants" qui "n’affectent pas seulement la dignité de la victime mais blesse et affecte également la conscience collective".
Le 25 juin, Miguel H. López, du quotidien Ultima Hora, est cité à comparaître suite à la publication, le jour même, d’une interview du principal suspect, en fuite, dans une affaire d’enlèvement. La juge, Cinthia Lovera, demande en vain au journaliste de révéler le lieu où il avait réalisé l’interview. Le juge en charge de l’enquête sur l’enlèvement, Pedro Ovelar, menace de le poursuivre pour "obstruction à la justice". Le lendemain, Miguel H. López reçoit des menaces par téléphone.
Le 3 juillet, les équipements de la radio communautaire Ñemity, qui émet à Capiibary (Nord), sont saisis sur ordre de la Commission nationale des télécommunications (Conatel). Pour les organisations de radios communautaires, il pourrait s’agir d’une mesure de représailles contre une station qui donne la parole à la population. Le 9 juillet, après une importante manifestation devant ses bureaux, la Conatel revient sur sa décision et annonce qu’elle rendra ses équipements à Ñemity.
Les 30 octobre et 6 novembre, les émissions "El Túnel", de la chaîne Telefuturo, et "El Informante", de la chaîne de télévision Red Guaraní, diffusent des enregistrements de conversations téléphoniques mettant en cause le président González Macchi et des hauts fonctionnaires dans des affaires de trafic d’influence. Le contenu des conversations est ensuite repris dans la presse. Suite à ces retransmissions, les deux médias sont menacés de se voir retirer leur fréquence.
Le 6 décembre, Fermín Jara, correspondant du quotidien ABC Color, et Asunción Caballero, photographe du quotidien La Vanguardia, ainsi qu’une journaliste d’une radio locale, sont expulsés par la police d’une session du conseil municipal de San Alberto, région du Alto Paraná. Les conseillers de la majorité obtiennent leur expulsion malgré les protestations d’élus de l’opposition. L’un des conseillers a expliqué que les journalistes étaient mal élevés car ils prenaient des photos de lui.



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voir aussi
Rapport annuel 2003 Maghreb / Moyen-Orient
Rapport annuel 2003 Europe
Rapport annuel 2003 Afrique
Rapport annuel 2003 Asie