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Venezuela

Superficie : 910 250 km2.
Population : 24 632 000.
Langue : espagnol.
Nature de l’Etat : république fédérale.
Chef de l’Etat : Hugo Chávez Frias.


Venezuela - Rapport annuel 2003

Le bilan des agressions contre les journalistes est lourd. Les journalistes paient très cher l’extrême polarisation de la société vénézuélienne entre partisans et opposants au président Chávez. La presse privée étant devenue le fer de lance de l’opposition, les journalistes se retrouvent en première ligne. Les partisans du Président se sont montrés d’autant plus agressifs à leur encontre que certains patrons de presse sont allés jusqu’à cautionner le coup d’Etat.

Le bilan des tensions qu’a connues le Venezuela en 2002 est particulièrement lourd pour la presse : un journaliste tué, une cinquantaine agressés, une vingtaine d’autres menacés, six médias cibles d’engins explosifs... Une liste qui n’est pas exhaustive.
Les journalistes ont ainsi payé les conséquences de la polarisation croissante de la société entre partisans et opposants du président Chávez. Les premiers visés ont été les journalistes de la presse privée. Encouragés par les déclarations tonitruantes du Président contre les médias, les partisans de ce dernier, souvent regroupés dans des "cercles bolivariens", ont multiplié les agressions, menaces ou prises à partie des journalistes venus couvrir l’actualité sur le terrain. Aucun lien de hiérarchie n’a pu être démontré entre les agresseurs et les autorités. Beaucoup parlent d’éléments incontrôlés. Reste que ces derniers ont toujours bénéficié d’une totale impunité, et que certaines opérations d’intimidation avaient un caractère organisé. Le 9 décembre notamment, près d’une vingtaine de médias ont ainsi été simultanément assiégés dans l’ensemble du pays.
Les journalistes de nombreux médias ont également fait les frais du ton très dur contre le président Chávez adopté par leur rédaction. Certains se plaignent même de se le voir imposer. La presse privée est devenue le fer de lance de l’opposition. Elle a appelé la population à manifester contre le gouvernement. Les chaînes de télévision ont diffusé des spots des anciens partis au pouvoir et largement relayé leurs appels à la désobéissance civile. Plusieurs titres de la presse écrite ont même suspendu leur parution à l’occasion des grèves générales décrétées pour réclamer la démission du Président. Un parti pris qui s’est soldé par de nombreux manquements aux règles élémentaires de la déontologie. Le plus grave est survenu lors de l’éphémère coup d’Etat d’avril. Alors que les partisans d’Hugo Chávez, renversé deux jours plus tôt, défilent dans les rues de Caracas et que des rumeurs courent dans la ville sur le retour du Président, les chaînes de télévision diffusent des dessins animés et des feuilletons. Une politique délibérée à en croire le témoignage d’Andrés Izarra, journaliste de l’une de ces chaînes. Une réunion aurait même eu lieu le jour même entre les patrons de presse et Pedro Carmona, président du gouvernement de facto.
Les trois jours (11-14 avril) de cette tentative de coup d’Etat restent les journées les plus noires de l’année pour la liberté de la presse. Elles ont débuté par l’obligation faite aux chaînes de télévision de diffuser le discours du président Chávez au moment même où, dans la rue, les troubles commencent. Les stations tentent alors de retransmettre en même temps l’allocution présidentielle et la manifestation de l’opposition en partageant l’écran en deux, mais le signal hertzien est coupé à la demande des autorités, suspendant leurs émissions. Pendant ce temps, dans la rue, le photographe Jorge Tortoza est mortellement touché par balles et six autres photographes ou cameramen sont blessés. Selon l’association vénézuélienne de défense des droits de l’homme Provea, au total, une vingtaine de personnes ont été tuées et quarante-six autres blessées par balles ce même jour. Au 1er janvier 2003, on ignorait toujours l’origine des tirs. Bien qu’éphémère, le gouvernement de facto a immédiatement mené la répression contre les médias jugés proches d’Hugo Chávez : les émissions de la chaîne publique Venezolana de Televisión sont suspendues, plusieurs médias communautaires sont perquisitionnés, et l’un de leurs journalistes est arrêté et torturé.
Au lendemain de l’échec de la tentative du coup d’Etat, certains journalistes se sentent de plus en plus pris entre le marteau et l’enclume. Dans certaines rédactions, l’emploi de l’expression "coup d’Etat" est interdit et la consigne est de parler de "gouvernement de transition" et non de "gouvernement de facto". D’un autre côté, échaudés par la poursuite des critiques contre le gouvernement et par la couverture donnée à la tentative de coup d’Etat, les partisans du président Chávez reprennent les agressions et les menaces contre les journalistes. Les manifestations devant les sièges des médias, parfois violentes, se multiplient. Quatre nouveaux attentats à l’explosif de faible puissance sont perpétrés contre les sièges de médias, dont trois contre la seule chaîne d’information continue Globovisión, considérée comme la plus virulente envers le gouvernement. Nombre de professionnels en viennent à s’équiper de gilets pare-balles ou de masques à gaz pour couvrir les manifestations.
Si le gouvernement a alors régulièrement condamné ces agressions, aucune enquête sérieuse n’a été menée et la plupart de ces actes sont restés impunis. Les médias publics ou communautaires n’ont pas été épargnés. L’opposition leur reproche une couverture de l’actualité outrageusement partisane, en faveur du Président. Certains journalistes ont été agressés par des opposants ou pris pour cibles par la police métropolitaine, contrôlée par Alfredo Peña, maire de Caracas et farouche opposant à Hugo Chávez, lors de la répression de manifestations progouvernementales.

Un journaliste tué
Le 11 avril 2002, Jorge Tortoza, photographe du quotidien Diario 2001, est tué par balle alors qu’il couvre la troisième journée de manifestation organisée par l’opposition et qui s’est conclue par le renversement du président Chávez. Alors que le photographe se trouve en tête du cortège des manifestants, il est grièvement blessé à la tête par une balle de 9 mm. Il décède dans la soirée après avoir subi une opération chirurgicale. Jorge Tortoza travaillait depuis dix-sept ans pour Diario 2001. Une autopsie a été pratiquée le 12 avril. Une reconstitution n’a été effectuée que le 26 avril, soit deux semaines après les faits. Par ailleurs, des témoins importants n’avaient toujours pas été entendus par les enquêteurs deux mois après les faits. L’organisation vénézuélienne de défense des droits de l’homme Cofavic, qui apporte un soutien juridique aux familles des victimes, a dénoncé le peu d’avancées des enquêtes. L’organisation constate néanmoins que la mort de Jorge Tortoza est l’un des rares cas d’homicides survenus le 11 avril à avoir fait l’objet d’une reconstitution. Selon Cofavic, trois mandats d’arrêt auraient été délivrés dans le cadre de l’enquête mais, au 1er janvier 2003, aucun des suspects n’avait été arrêté.

Un journaliste incarcéré
Un journaliste a été incarcéré en 2002 mais il est impossible de dire, au 1er janvier 2003, si cela est lié à ses activités journalistiques.
Le 12 avril 2002, Nicolas Rivera, animateur d’une émission musicale sur Radio Perola, une station communautaire de Caricuao, un quartier de Caracas, est arrêté par des policiers aux ordres des auteurs du coup d’Etat survenu la veille. Egalement employé de nuit dans un institut pour enfants, Nicolas Rivera est arrêté sur son lieu de travail. Selon la famille, une trentaine de policiers ont ensuite perquisitionné son domicile vers une heure du matin. "Où sont les gens de Radio Perola ?", auraient-ils demandé. Lors de la perquisition, la plupart des adultes présents ont été menottés. L’épouse de Nicolas Rivera affirme avoir vu les policiers sortir un sac de balles de leur veste en déclarant l’avoir trouvé dans leur chambre. Détenu dans les locaux de la police judiciaire, Nicolas Rivera est torturé puis libéré le 14 avril, au terme du coup d’Etat. Pendant cette période, les autres journalistes de la station se sont cachés, les émissions ont été suspendues. Dès sa libération, Nicolas Rivera a porté plainte et une enquête pour torture et perquisition illégale a été ouverte. Le 28 juin, il se présente dans les locaux de la police pour s’informer des progrès de l’enquête.Il est de nouveau arrêté et placé en détention provisoire à la prison de Los Teques. Nicolas Rivera est accusé d’avoir tiré sur la foule le 11 avril. Des images prises par une chaîne de télévision le montreraient tirant depuis le pont Llaguno. Son avocat prétend qu’il n’est pas possible de le reconnaître. Nicolas Rivera affirme qu’il était présent sur le pont Llaguno en tant que journaliste et qu’il n’était pas armé. De nombreux médias communautaires, qui émettent à l’échelle d’un quartier, sont accusés par l’opposition d’être proches du président Chávez.

Cinquante-huit journalistes agressés
Le 20 janvier 2002, la journaliste Mayela León, le cameraman Jorge Paz et son assistant Jhan Bernal, de la chaîne Globovisión, sont pris à partie par des membres du cercle bolivarien "Simon Bolivar 23 de Enero" alors qu’ils sont venus couvrir l’allocution hebdomadaire d’Hugo Chávez, "Alo, Presidente". Les sympathisants encerclent le véhicule de Globovisión et frappent dessus en menaçant les journalistes de les "lyncher [s’ils] sortent". L’incident prend fin avec l’intervention de militaires. Luisana Ríos, de la chaîne RCTV, est menacée dans les mêmes circonstances. Durant son émission, le président Chávez a appelé ses sympathisants au calme.
Le 4 février, Rafael Garrido, de la chaîne Venevisión, et son équipe sont agressés par des inconnus alors qu’ils couvrent la célébration du dixième anniversaire de la tentative de coup d’Etat de 1992 par Hugo Chávez et ses partisans. Ils tentent de les faire tomber de l’estrade sur laquelle ils sont installés. Alors que les journalistes quittent précipitamment les lieux, leur véhicule est endommagé. Officier de l’armée, Hugo Chávez avait conduit une tentative de coup d’Etat en février 1992.
Le 7 février, Mauro Acosta, cameraman de la chaîne Venevisión, est sérieusement blessé lors d’une manifestation antigouvernementale à Valencia (Etat de Carabobo). Un bus conduit par des sympathisants du Movimiento Quinta Republica (MVR, au pouvoir) l’ayant pris pour cible, le renverse, lui occasionnant plusieurs fractures.
Le 21 février, Carlos Soto, cameraman de Televén, José Cohén et José Antonio Peña, du quotidien El Informador, et Héctor Andrés Segura, du quotidien El Impulso, sont agressés par des partisans d’Hugo Chávez qui font irruption dans l’Université centrale du Venezuela (UCV) pour empêcher une manifestation étudiante antigouvernementale. Le premier est grièvement blessé à la tête.
Le 11 avril, au moins six photographes ou cameramen sont blessés alors qu’ils couvrent la troisième journée de manifestation organisée par l’opposition et qui s’est conclue par le renversement du président Chávez. Jonathan Freitas, du quotidien Tal Cual, est légèrement blessé par balle au bras. José Antonio Davila, technicien de CMT, est blessé d’une balle dans le genou alors qu’il prend des images de la manifestation depuis le toit d’un immeuble. Selon ce dernier, les tirs suivaient précisément ses déplacements. Une photographe rapporte que, le même jour, un membre de la garde du palais présidentiel lui a déclaré : "Range cet appareil photo car l’ordre est de tirer sur tous ceux qui en ont." Enrique Hernández, de l’agence publique Venpres, Luis Enrique Hernández, du quotidien Avance, et Jorge Recio, assistant du photographe free-lance Nelson Carrillo, sont également blessés par balles. Selon un collectif de photographes créé au lendemain des événements, Jorge Recio, touché à la colonne vertébrale, restera paralysé. Miguel Escalona, du quotidien El Carabobeño, est frappé à la tête avec une batte de base-ball et son matériel lui est volé.
Le 23 mai, Celina Carquez, du quotidien El Nacional, est prise à partie par un groupe de manifestants prochavistes, alors qu’elle couvre une manifestation de l’opposition réclamant la démission du procureur général de la République, Isaías Rodriguez. Après avoir quitté le cortège de l’opposition pour interroger des partisans du Président, elle est encerclée et menacée par ces derniers qui lui demandent de quitter les lieux. Son carnet de notes lui est volé.
Le 12 juin au soir, des partisans du président Chávez empêchent les journalistes qui couvrent une séance parlementaire de quitter l’Assemblée nationale. Les sympathisants du chef de l’Etat insultent les journalistes et des députés. Ils menacent de faire "couler le sang" lors de la manifestation prévue le 15 juin par l’opposition pour réclamer la démission du Président. Les journalistes ont pu quitter les lieux grâce à l’intervention des forces de police. Un véhicule de la chaîne Globovisión a essuyé des jets de pierres. Suite à cet incident, les autorités décident de prendre des mesures de sécurité pour les journalistes qui couvrent les sessions parlementaires.
Le 20 juin, Alicia La Rotta, du quotidien El Universal, est agressée par un agent des services de renseignements militaires (DIM), Marcos Rosales, alors qu’elle couvre, à Caracas, une manifestation de militaires à la retraite réclamant la démission du président Chávez. En janvier, ce dernier avait accusé Alicia La Rotta d’être une journaliste sans éthique au service des propriétaires des médias suite à ses articles sur les liens présumés du gouvernement avec la guérilla colombienne.
Le 5 juillet, Sabrina Segovia, correspondante à Caracas du quotidien Notitarde, publié dans l’Etat de Carabobo (Nord), est agressée et menacée par deux sympathisantes supposées du Movimiento Quinta República (MVR), le parti du Président, alors qu’elle couvre un défilé militaire. Les deux femmes la frappent aux cris de "Dites la vérité", "Ne mentez pas", "Les médias sont minables". Elles lui dérobent également sa carte de presse.
Le 31 juillet, Gabriel Osorio, photographe de l’hebdomadaire Primicia, est agressé par des partisans présumés du gouvernement qui l’accusent d’être un agent de la CIA (Central Intelligence Agency, services des renseignements des Etats-Unis). Ces derniers lui volent son matériel et le frappent, le blessant à la main gauche.
Le 1er août, Paulo Pérez Zambrano, photographe du quotidien El Universal, est agressé par des partisans du président Chávez, alors que supporters du pouvoir et opposants manifestent devant la Cour suprême au moment où celle-ci doit se prononcer sur la tenue, ou non, d’un procès d’anciens officiers impliqués dans le coup d’Etat du mois d’avril. D’autres photographes et cameramen auraient également été pris à partie.
Le 8 août, Nicolas Burlaud, de la télévision associative française Primitivi, et Alessandro Bombassei, de ControRadio, une station de Florence (Italie), sont blessés par des tirs de chevrotine de la police métropolitaine (contrôlée par Alfredo Peña, maire de Caracas et opposant notoire du président Chávez). Ils couvraient une manifestation de partisans du gouvernement devant la Cour suprême qui doit alors se prononcer sur la tenue, ou non, d’un procès d’anciens officiers impliqués dans le coup d’Etat d’avril.
Le 14 août, Antonio José Monroy, cameraman de la chaîne Radio Caracas Television (RCTV), est blessé par balles à la jambe lors d’affrontements aux abords de la Cour suprême entre membres de la garde nationale et partisans du gouvernement. Ceux-ci contestaient la décision de cette juridiction de ne pas poursuivre quatre officiers accusés de "rébellion" pour leur participation à la tentative de coup d’Etat d’avril.
Le 6 septembre, Aymara Lorenzo, de Globovisión, et Luisana Ríos, de RCTV, sont prises à partie devant la base militaire de Fort Tiuna, à Caracas, alors qu’elles couvrent des affrontements entre opposants et partisans du président Chávez. Les deux journalistes sont insultées par des partisans du gouvernement.
Le 9 septembre, Carlos Eduardo Delgado, cameraman de la chaîne CMT, est frappé alors qu’il couvre une manifestation de partisans du président Chávez à Caracas. Les manifestants prennent à partie les représentants des médias présents sur place aux cris de "dehors les médias vendus" et qualifient CMT de chaîne "impérialiste et putschiste".
Le 12 septembre, Jairo Altuve, du quotidien El Carabobeño, Carlos Briceño et Eduardo Sánchez, du quotidien Notitarde, Mauro Acosta, de la chaîne Venevisión, et Leslie Peña, de la chaîne Televen, sont violemment agressés par des membres de la garde nationale, lors d’une manifestation à Valencia (Etat de Carabobo) organisée par l’opposition pour réclamer la démission du Président. Les journalistes sont frappés et leur matériel est endommagé.
Le 20 septembre, Juan Hernández Soria, du quotidien El Tiempo, basé à Puerto La Cruz (Etat d’Anzoátegui), est tabassé par une vingtaine de policiers de la ville de Bolivar et son matériel lui est subtilisé. Le journaliste couvrait une altercation entre forces de l’ordre et délinquants. Son frère, Augusto Hernandez Soria, journaliste à Radio Anzoátegui, avait dénoncé des détournements de fonds supposés au sein de la police locale.
Le 21 septembre, huit individus armés, sympathisants présumés du président Chávez, agressent Rossana Rodríguez, Felipe Lugo, et Wilmer Escalona, de Globovisión, qui prennaient des images sur le pont Llaguno, à Caracas. Après avoir menacé et frappé le chauffeur de l’équipe, les agresseurs subtilisent la caméra et endommagent le véhicule de la chaîne. L’intervention de Lina Ron, sympathisante notoire de Hugo Chávez, permet aux journalistes de récupérer une partie de leur matériel, excepté l’enregistrement vidéo.
Le 18 octobre, alors qu’elle couvre une manifestation de partisans du gouvernement, Carla Angola, présentatrice de la chaîne de télévision Globovisión, reçoit un coup de pied d’un manifestant. Les sympathisants du Président accusent la chaîne d’avoir une couverture "biaisée" de l’actualité.
Le 4 novembre, Mauricio Muñoz, de nationalité salvadorienne, correspondant de l’agence Associated Press à Caracas, reçoit une balle en pleine poitrine alors qu’il prend des images d’une confrontation entre partisans et opposants du gouvernement Chávez à Caracas. Il ne doit la vie sauve qu’à son gilet pare-balles. Lors de ces troubles, Héctor Castillo, du quotidien El Mundo, est quant à lui frappé et son matériel lui est volé.
Le 10 novembre, Andry Lara, du quotidien La Voz de Guarenas, et Fernando Sánchez, du quotidien El Universal, sont blessés alors qu’ils couvrent des affrontements entre des particuliers et la police lors d’une opération de délogement menée par cette dernière, à Caracas. La foule s’en prend aux deux journalistes, les accusant d’être des adversaires du processus "révolutionnaire" conduit par le président Chávez.
Le 12 novembre, Armando Amaya, assistant d’un cameraman de la chaîne RCTV, reçoit une balle dans la jambe droite alors qu’il couvre la répression d’un mouvement de grève d’une partie des effectifs de la police métropolitaine. Le journaliste est blessé au moment où les grévistes sont chassés par la force de l’entrée du siège de la police métropolitaine dont ils avaient pris le contrôle.
Le 19 novembre, Zaida Pereira et Eduardo Escalona, respectivement journaliste et cameraman de la chaîne de télévision publique Venezolana de Television (VTV), sont agressés par des partisans d’un groupe de militaires qui s’est déclaré "en désobéissance légitime", au moment où ils arrivent sur la place Francia de Altamira (Caracas) occupée par les militaires en signe de protestation et point de départ d’une manifestation de l’opposition prévue le jour même. Les images de l’incident qu’ils avaient prises leur sont confisquées.
Le 3 décembre, à Caracas, Fernando Malavé, du quotidien Diario 2001, et José Antonio Dávila, de CMT, essuient des tirs de balles en caoutchouc, dont une, tirée à bout portant, traverse le gilet pare-balles du premier, le blessant à la poitrine. José Antonio Dávila est blessé au cou et à la poitrine. Luis Alfonso Fernández, de Venevisión, et Aymar Lorenzo, de Globovisión, sont frappés par les forces de police. Ces incidents surviennent pendant la dispersion par la police d’une manifestation de l’opposition et alors que les journalistes tentent d’obtenir des réactions sur cette journée d’action auprès des policiers.
Le 4 décembre, Miguel López, de Telecentro, Gustavo Escalona et Clara Reverol, de la chaîne Televen, Cristián Rodríguez, de Promar TV, Yliana Brett, du quotidien Diario Hoy, et Julio Torres, de la chaîne Venevisión, sont pris à partie par des partisans présumés du président Chávez alors qu’ils couvrent une manifestation où s’affrontent supporters et opposants du gouvernement dans la ville de Barquisimeto (Etat du Lara). Blessé à la tête, José Rodríguez, du quotidien El Impulso, est hospitalisé. Martín Urteaga, du journal El Informador, est touché à la jambe droite par un projectile. Les manifestants accusent les journalistes d’être des "traîtres", "partiaux" dans leur couverture de l’actualité. La police, présente sur les lieux des affrontements, ne serait pas intervenue.
Le 16 décembre, Hector Rivero, de la radio communautaire La Voz de Guaicaipuro, qui émet à Los Teques (banlieue de Caracas), est agressé par une cinquantaine de sympathisants de l’opposition alors qu’il couvre le blocage par ces derniers de la route reliant Caracas à San Antonio de Los Altos. Selon la radio, le leader des manifestants serait un membre du parti Copei (opposition) et il aurait appelé ses partisans à tuer Hector Rivero "car il fait partie des radios communautaires".

Seize journalistes menacés
Le 7 mars 2002, on apprend que José Domingo Blanco, de Globovisión, porte plainte suite aux menaces de mort qu’il aurait reçues de cercles bolivariens, organisations proches du gouvernement. Ces derniers menaceraient de le juger devant un tribunal populaire qu’ils affirment avoir constitué pour sanctionner les opposants au gouvernement. José Domingo Blanco est connu pour ses critiques virulentes de la gestion du président Chávez.
Le 9 juillet, Mónica Bellot, de la chaîne CMT, et Pedro Guerrero, de RCTV, sont menacés pour leur couverture du procès des sympathisants du gouvernement poursuivis pour des violences commises à l’Université centrale du Venezuela (UCV), le 21 février. Les auteurs des menaces reprochent aux journalistes d’avoir annoncé que l’audience précédente avait été reportée en raison de l’absence de Lina Ron, sympathisante notoire du gouvernement et principale accusée. Monica Bellot affirme avoir reçu un appel directement de cette dernière qui lui aurait demandé de rectifier l’information et de faire attention car elle pourrait être victime d’une agression.
Le 2 août, Elianta Quintero, José Tarache et Juan Méndez, de la chaîne Venevisión, Noé Pernía, César Sánchez et Wilmer Villasmil, de la chaîne RCTV, Paulo Pérez Zambrano, du quotidien El Universal, Andry Lara, du quotidien La Voz de Guarenas, et Alejandro Delgado Cisneros, du quotidien El Nacional, sont menacés par des partisans du président Chávez alors qu’ils couvrent une manifestation de ces derniers devant la Cour suprême, à Caracas, au moment où celle-ci doit se prononcer sur le procès d’anciens officiers impliqués dans le coup d’Etat d’avril.
Le 5 septembre, Vanessa Camargo, de la chaîne publique Venezolana de Televisión, est menacée alors qu’elle couvre une manifestation hostile au gouvernement à La Guaira (Etat de Vargas). Les manifestants lui demandent de quitter les lieux. Ils s’en prennent également au reporter et au cameraman de la chaîne, accusés d’être favorables au gouvernement du président Chávez, et auraient endommagé le véhicule de l’équipe de télévision.
Le 8 décembre, à Cagual (Etat d’Aragua), Randolfo Blanco de Venevisión, Anahiz Cruz de RCTV, et Gabriela Aguilar de Unión Radio, sont menacés par des membres supposés du MVR (au pouvoir) qui tentent de prendre le contrôle d’une entreprise de camions-citernes en grève afin de réapprovisionner la région en carburant. Alors qu’ils tentent d’interviewer les propriétaires de l’entreprise, les journalistes sont frappés et obligés de se réfugier à l’intérieur des bâtiments. Depuis le 2décembre, l’industrie pétrolière est paralysée par une grève décrétée par l’opposition.

Pressions et entraves
Le 7 janvier 2002, une centaine de sympathisants du président Chávez assiègent pendant plusieurs heures les locaux du quotidien El Nacional. Les militants chantent des slogans hostiles au journal et criblent sa façade de divers projectiles. Les journalistes sont empêchés de sortir. Les activistes sont finalement dispersés par la police anti-émeutes. La veille, le président Chávez avait durement dénoncé la ligne éditoriale du quotidien, coupable selon lui de publier des mensonges.
Le 13 janvier, un convoi d’une trentaine de véhicules conduits par des partisans du MVR (au pouvoir), baptisé "Caravane pour la vérité", manifeste devant le siège de plusieurs médias de la capitale. Rassemblés devant les bureaux du journal El Nacional, puis devant les locaux de la chaîne RCTV et ceux du quotidien El Universal, les manifestants demandent aux médias de "dire la vérité" sur les activités du gouvernement.
Le 31 janvier, à Caracas, un engin de faible puissance explose devant les locaux d’Así es la noticia, provoquant des dégâts matériels. La direction du quotidien avait récemment été menacée par un appel anonyme qui dénonçait sa ligne éditoriale critique envers le gouvernement. La veille, le quotidien avait dénoncé les liens supposés entre des officiers vénézuéliens et des guérilleros colombiens. Un mystérieux groupe dénommé MRT a revendiqué l’attentat dans des tracts trouvés sur les lieux.
Le 7 mars, Gerson Pérez, militant du MVR (au pouvoir), porte plainte contre Ibéyise Pacheco, directrice du quotidien Así es la Noticia et animatrice de télévision, pour "trahison à la patrie". En vertu de l’article 132 du code pénal, la journaliste risque jusqu’à seize ans de prison. Gerson Pérez l’accuse d’inciter à la destruction du système démocratique dans son émission "En privado", diffusée sur la chaîne de télévision privée Venevisión.
Le 20 mars, le juge Carlisa Rojas ordonne au gouvernement de garantir la sécurité d’Ibéyise Pacheco, directrice du quotidien Así es la Noticia. Cette dernière, qui se dit menacée et harcelée par les partisans du pouvoir, a saisi la justice après que l’agence de presse publique Venpres avait publié, la semaine précédente, un article l’accusant, avec Patricia Poleo, directrice du journal El Nuevo País, et José Domingo Blanco, de Globovisión, d’être liée au trafic de drogue. Suite à la publication de cette dépêche, le directeur de Venpres a proposé sa démission.
Le 21 mars, Patricia Poleo, directrice du quotidien El Nuevo País, porte plainte suite aux menaces de mort proférées à l’encontre de sa fille. La journaliste affirme avoir reçu des appels anonymes.Des individus menaçaient de faire de sa fille "la première victime de la cinquième République". Son père, le journaliste Rafael Poleo, dit avoir reçu des appels identiques. Patricia Poleo est une des principales figures de la presse d’opposition.
Les 8 et 9 avril, alors que l’opposition a déclenché une grève générale largement couverte par les chaînes de télévision privées, le gouvernement réquisitionne, à une trentaine de reprises, l’antenne des stations de télévision et de radio. Cette décision a été prise en vertu de l’article 192 de la loi organique des télécommunications. Le vice-président Diosdado Cabello a justifié cette pratique par la nécessité de "préserver le droit des Vénézuéliens à une information véridique". Chaque allocution durait de quinze à vingt minutes. Pourcontourner cette obligation,les chaînes de télévision ont décidé, le 9 avril dans la journée, de diffuser simultanément leurs propres informations en partageant l’écran en deux.
Le 11 avril, vers 16 heures, l’ordre est donné de suspendre les chaînes de télévision privées. Le Président justifie cette décision par la "campagne de diffamation" propagée par ces stations qu’il accuse d’"inciter à la violence" et d’"irresponsabilité". L’ordre de couper le signal hertzien de ces canaux est donné peu après que ces chaînes, refusant de diffuser exclusivement un discours du Président, retransmettent simultanément, en partageant l’écran en deux, des images de la répression dont fait l’objet, au même moment, une importante manifestation de l’opposition. Le président Chávez avait exigé la diffusion de son discours au moment où débutait la répression. Seule la station publique Venezolana de Televisión est épargnée par la coupure du signal hertzien. Cependant, les chaînes privées ont recouru au signal satellite et au câble pour contourner la sanction. Dans la soirée, les locaux de CMT sont encerclés quelques heures par des membres des services de renseignements militaires (Direccion de Inteligencia Militar, DIM). Le signal hertzien est finalement rétabli vers 22 heures, après qu’une partie de l’armée, ralliée à l’opposition, a renversé le chef de l’Etat.
Le 12 avril, au lendemain du coup d’Etat, des agents de la police métropolitaine de Caracas, contrôlée par le maire Alfredo Peña (opposition), empêchent le personnel de la chaîne publique Venezolana de Televisión (VTV), proche du Président, de poursuivre ses émissions. Le même jour, l’agence publique Venpres est l’objet d’une tentative de perquisition de la part d’un officier de la garde nationale accompagné de membres de la police métropolitaine. VTV reprend ses émissions le 13avril au soir, après que des partisans du Président ont repris le contrôle de ses installations.
Le 12 avril, les locaux de Radio Perola, TV Caricuao et Radio Catia Libre sont perquisitionnés par des policiers aux ordres des auteurs du coup d’Etat. Ces trois médias communautaires sont considérés par l’opposition au président Chávez comme proches de ce dernier. Le même jour, des policiers encerclent les installations d’un quatrième média communautaire, la station Catia TV.
Le 13 avril, en fin d’après-midi, des dizaines de personnes manifestent devant le siège de la chaîne RCTV alors que des bruits courent dans la capitale sur le retour à la présidence de Hugo Chávez. Ils jettent des pierres sur la façade, brisant les vitres de la station. Les partisans du Président manifestent également devant les chaînes Globovisión et Venevisión. Ils obtiennent de ces dernières et de RCTV qu’elles diffusent les déclarations de leurs leaders. Dans la journée, aucune image des manifestations en faveur d’un retour du président Chávez et de la prise du palais présidentiel par ses partisans n’avaient été montrées sur ces chaînes. Seuls les abonnés au câble disposaient d’informations par les chaînes d’information internationales, telle que CNN. Concernant la presse écrite, la direction des quotidiens El Nacional et El Universal affirment avoir dû faire évacuer leurs locaux pour des raisons de sécurité.
Le 13 avril débutent les pressions sur Luis Alfonso Fernández, de la chaîne Venevisión. "Ce jour a changé ma vie. Le 13 avril marque le début d’une persécution terrible, marquée notamment par une visite de la Disip (service de renseignements militaires) au domicile de ma famille et par de nombreux appels me menaçant de mort", rapporte le journaliste. Le 11 avril, son équipe avait pris des images de partisans du président Chávez tirant depuis le pont Llaguno, à Caracas. Il leur est reproché d’avoir tiré sur la marche de l’opposition, provoquant la mort de plusieurs manifestants.
Le 14 avril, les chaînes de télévision privées n’émettent aucun bulletin d’information. Seule la chaîne d’information continue Globovisión reprend les informations diffusées par les agences de presse internationales. Presque aucun quotidien ne sort en kiosque, pour des raisons de sécurité selon les rédactions. Ces dernières maintiennent néanmoins leur édition en ligne, en reprenant également des dépêches d’agences. Dès son retour à l’aube, Hugo Chávez assure dans un discours qu’il n’y aura pas de chasse aux sorcières "ni d’atteintes à la liberté d’expression ou d’opinion".
Le 15 avril, la situation revient peu à peu à la normale avec le retour de la presse écrite dans les kiosques et celui de flashs d’information à la télévision, sauf sur les chaînes RCTV et Venevisión. Craignant pour leur sécurité, de nombreux journalistes et cameramen de ces deux chaînes ne se seraient pas présentés sur leur lieu de travail. Lors d’une conférence de presse, Hugo Chávez, répondant à la demande d’un cameraman, a appelé ses supporters à mettre fin aux agressions et menaces contre des journalistes. Il a également appelé les médias à reconsidérer leur hostilité à l’égard de son gouvernement.
Le 15 mai, Iris Valera, député du MVR (au pouvoir), demande au gouvernement vénézuélien de retirer leur licence d’émission aux médias impliqués dans ce qu’elle appelle "la conspiration" contre le président Chávez. Deux jours plus tôt, à l’occasion du premier anniversaire du retour au pouvoir de ce dernier, le MVR avait organisé une manifestation au cours de laquelle une pétition réclamant le retrait des licences d’exploitation des médias "conspirateurs" avait circulé.
Le 15 mai, à Caracas, une quarantaine de membres des cercles bolivariens protestent devant les locaux d’Así es la Noticia. Ils reprochent au quotidien la publication, le jour même, d’un photomontage mettant en scène le vice-président de la République, José Vicente Rangel, et le ministre de la Défense, le général Lucas Rincón. Des manifestants qui tentaient de pénétrer dans les locaux du quotidien en sont empêchés par l’intervention de la police.
Le 23 mai, interrogé par une commission de l’Assemblée nationale qui enquête sur les événements du 11 au 14 avril, Andrés Izarra, ancien producteur du journal télévisé de la chaîne RCTV, affirme avoir reçu des instructions de sa direction lors de la tentative de coup d’Etat pour passer sous silence les manifestations de partisans du président Chávez. "La consigne était zéro chavisme à l’écran", résume-t-il. "La ligne exigée par la direction [de RCTV] s’est traduite par l’omission délibérée de l’information relative au parti au pouvoir et au "chavisme" alors même que nous l’avions à notre disposition et que nous avions également des informations sur les troubles et les manifestations favorables au Président. (...) Il était interdit que des personnes proches du gouvernement apparaissent à l’écran." Il affirme avoir démissionné pour cette raison dès le 13 avril. Pour Andrés Izarra, la chaîne de télévision publique, Venezolana de Televisión, "a commis les mêmes pêchés que les chaînes privées" en ne reprenant quasi exclusivement que les déclarations officielles.
Le 11 juin, Iris Varela, du MVR (au pouvoir), annonce qu’elle porte plainte contre Patricia Poleo, directrice du quotidien El Nuevo País, pour violation de l’article 57 de la Constitution qui "interdit l’usage de l’anonymat et de la propagande de guerre pour provoquer la panique dans la population". La journaliste aurait fabriqué une vidéo, diffusée quelques jours plus tôt, dans laquelle des militaires supposés menaçaient le gouvernement d’un nouveau coup d’Etat et déclaraient la guerre aux cercles bolivariens. Une enquête a été ouverte sur l’authenticité de la vidéo et sur "la participation supposée des militaires et de civils à des actes répréhensibles contre la sécurité de la nation". Le 9 juin, Hugo Chávez avait menacé de sanctionner les médias qui diffuseraient de la "propagande terroriste".
Le 6 juillet, le véhicule de José Angel Ocanto, rédacteur en chef d’El Impulso, quotidien de Barquisimeto (Etat de Lara, Nord-Est), est incendié. Les faits pourraient être liés aux récentes critiques du journaliste envers la gestion du président Chávez et du gouverneur de l’Etat de Lara, Luis Reyes, qui a déclaré qu’il ne s’agissait pas d’un attentat et que "parfois, les voitures [brûlaient] toutes seules".
Le 11 juillet, un groupe de partisans du président Chávez fait irruption dans les locaux de Radio Tricolor, qui émet à Barquisimeto (Etat de Lara, Nord). Il exige la diffusion d’un communiqué de soutien au chef de l’Etat. Le même jour, une importante manifestation de l’opposition à Caracas faisait craindre aux partisans du gouvernement une nouvelle tentative de coup d’Etat.
Le 25 juillet, des membres présumés de cercles bolivariens manifestent devant le siège du quotidien El Siglo, publié à Maracay (Etat d’Aragua). Armés de bâtons, de pierres et de bouteilles, ils jettent des projectiles contre les bureaux du journal. Tulio Capriles Hernández, directeur d’El Siglo, accuse le gouverneur de l’Etat, Didalco Bolívar Graterol, partisan du Président, d’être l’instigateur de l’incident et déplore la lenteur avec laquelle les forces de police sont intervenues.
Le 1er août, selon le quotidien El Nacional, un officier de police a saisi l’appareil et trois pellicules de son photographe Alejandro Delgado Cisneros alors qu’il couvrait la concentration de partisans et d’opposants au gouvernement devant la Cour suprême. Aux cours des affrontements, des véhicules des chaînes Venevisión, RCTV et Globovisión sont endommagés. Ces incidents ont lieu alors que la Cour suprême doit se prononcer sur la tenue, ou non, d’un procès d’anciens officiers impliqués dans le coup d’Etat d’avril.
Le 2 août, Johann Merchan, Orlando Chong et Johnny Verdu, de la chaîne Televen, sont poursuivis par des partisans du gouvernement alors qu’ils couvrent une manifestation de ces derniers à Caracas. Les trois journalistes sont contraints de se cacher et de se déguiser pour échapper à leurs agresseurs. Plus tard, alors qu’ils couvrent les affrontements entre manifestants et policiers, un agent de la police métropolitaine, contrôlée par l’opposition, leur arrache leur caméra et confisque leurs images de la répression.
Le 19 août, lors d’une manifestation organisée pour célébrer le deuxième anniversaire de la réélection du président Chávez, des milliers de personnes, qui attendent le chef de l’Etat, crient des slogans hostiles à la presse au passage des équipes de Venevisión et de Televen qui rejoignent le lieu réservé à la presse.
Dans la nuit du 13 septembre, des inconnus jettent quatre cocktails Molotov sur le parking de la chaîne de télévision Promar TV, basée à Barquisimeto (Etat de Lara), provoquant de légers dégâts matériels. Promar TV est une station régionale qui reprend le signal d’émission de la chaîne d’information continue Globovisión (connue pour son ton critique à l’égard de la gestion gouvernementale) en même temps qu’elle fournit à cette dernière des informations sur l’Etat de Lara.
Le 6 octobre, deux cents militants d’une certaine "Alliance pour un peuple courageux" (APB) manifestent devant les locaux de la chaîne publique Venezolana de Televisión, qu’ils accusent d’avoir une couverture politisée de l’actualité. Les manifestants ont précisé que leur action était pacifique et ne visait pas à agresser les employés de la chaîne ni à leur interdire l’accès à ses locaux.
Le 16 octobre, le procès en diffamation du journaliste José Angel Ocanto est interrompu par l’irruption dans le tribunal de partisans du gouvernement, armés de pistolets et de bâtons, criant "A mort Ocanto" et "Médias putschistes". "Je crains pour ma vie et celle de ma famille", a déclaré le journaliste. Il a rapporté avoir reçu des menaces et son véhicule a été incendié le 6juillet. Il est directeur de l’information du quotidien El Impulso, publié à Barquisimeto (Etat de Lara), où se tenait le procès.
Le 19 octobre, un engin de faible puissance explose devant les locaux d’une station du réseau Unión Radio, à Caracas, ne faisant que quelques dégâts matériels légers. Pour Sergio Gómez, le directeur de la station, l’attentat pourrait être la conséquence des déclarations contre la presse du président Chávez.
Le 23 octobre, une cinquantaine de motards opposés au gouvernement du président Chávez se rassemblent devant le siège de la chaîne publique, Venezolana de Televisión (VTV), afin de protester pacifiquement contre la ligne éditoriale de la rédaction. La journaliste Vanessa Davies, de VTV, affirme que certains motards auraient tiré sur la façade du siège de la chaîne.
Le 18 novembre, dans la nuit, un engin explosif est lancé contre le siège de la chaîne Globovisión, dans la banlieue de Caracas. L’engin, un cocktail Molotov selon les pompiers, n’a fait aucune victime mais a provoqué un incendie qui a détruit trois véhicules. Il aurait été lancé d’une voiture sans que la garde nationale, présente sur les lieux pour protéger la station, ait pu intervenir. C’est la troisième fois en 2002 que la station est l’objet d’un attentat. La sécurité avait été renforcée autour de ses locaux après l’explosion, le 9 juillet, d’une grenade de fabrication militaire lancée par des inconnus. Le 31 juillet, une grenade lacrymogène avait été lancée contre ses bureaux.
Le 5 décembre, dans la nuit, une vingtaine de partisans du gouvernement attaquent le siège de El Siglo, de la ville de Maracay (Etat d’Aragua), blessant par balles les deux gardiens du quotidien. Son directeur, Tulio Capriles Hernández, rapporte que les manifestants ont lancé des pierres, des bâtons et une grenade lacrymogène contre les locaux du journal. La police, présente sur les lieux, ne serait pas intervenue. Peu après, le même groupe s’en prend au quotidien El Arangueno. Des graffitis sont peints sur la façade de ses bureaux et des fenêtres sont brisées. Le 6 décembre, El Siglo ne peut sortir en kiosque.
Le 9 décembre, à Caracas, des groupes de deux à trois cents manifestants partisans du gouvernement ainsi que des dirigeants et des élus du MVR (au pouvoir) se rassemblent devant les sièges des chaînes de télévisions privées Venevisión, RCTV, Globovisión, Televén et Meridiano TV aux cris de "terroristes", "dites la vérité" ou "qu’ils ferment". Ils empêchent quiconque de rentrer ou de sortir des locaux. Aucun journaliste n’est agressé ou blessé. Ni la garde nationale ni la police ne sont intervenues.
La nuit du 9 au 10 décembre, des rassemblements de partisans du gouvernement se tiennent devant les sièges de médias en province. Les médias concernés sont : la chaîne Falconía TV (Punto Fijo, Etat Falcón), les quotidiens El Diario et El Arangueno (Maracay, Etat d’Aragua), la chaîne Promar TV et le quotidien El Informador (Barquisimeto, Etat de Lara), la chaîne TAM et Circuito Líder FM (Mérida, Etat de Mérida), la chaîne TVO (Puerto La Cruz, Etat de Anzoátegui), la chaîne TVG (Puerto Ordaz, Etat de Bolivar), les quotidiens El Correo del Caroni (San Félix, Etat de Bolivar) et Ultima hora (Acarigua, Etat de Portuguesa). Les manifestants, parfois jusqu’à cinq cents personnes, se dispersent ensuite pacifiquement à l’exception de ceux qui sont rassemblés devant les chaînes TRT (San Cristóbal, Etat de Táchira), TVS (Maracay, Etat d’Aragua) et Globovisión Zulia (Maracaibo, Etat de Zulia), qui pénètrent dans leurs bureaux et brisent des vitres, des équipements, des caméras. Le ministre de l’Intérieur et de la Justice, Diosdado Cabello, qui a accusé l’opposition de préparer un nouveau coup d’Etat, a expliqué : "Cette nuit, le peuple est dans la rue pour défendre ses valeurs et sa Constitution".
Le 18 décembre, des équipements de retransmission de la chaîne Televen, installés sur une place de Caracas pour couvrir une manifestation de l’opposition, sont volés par des étudiants de l’Université, membres présumés d’un groupe progouvernemental. Les trois journalistes présents, Johann Merchán, Edwar Martinez et Carlos Castro, sont obligés de quitter les lieux. Aucun n’a été agressé



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