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Angola


-  Superficie : 1 246 700 km2.
-  Population : 13 527 000.
-  Langue : portugais (off.).
-  Nature de l’Etat : république unitaire.
-  Chef de l’Etat : José Eduardo dos Santos.

Angola - Rapport annuel 2003

La fin des affrontements entre les forces armées et les rebelles de l’Unita a entraîné une relative accalmie pour les journalistes angolais. Le principal opposant au régime d’Eduardo dos Santos ayant été éliminé, le chef de l’Etat se sent moins menacé et fait preuve d’une plus grande tolérance face aux critiques de la presse privée.

La mort de Jonas Savimbi, chef historique de l’Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola (Unita), tué par des militaires en février 2002, alimente les journaux de la radio et de la télévision nationales pendant plusieurs semaines. A tel point qu’un parti de l’opposition proteste contre les images macabres du corps de Jonas Savimbi diffusées à longueur de journée.
L’accord de paix signé entre les forces armées angolaises et l’Unita, le 4 avril, ne change pas fondamentalement la donne en matière de liberté d’expression. La situation en province reste particulièrement difficile, notamment dans le Cabinda (enclave au nord du pays). Si, petit à petit, les médias privés gagnent en liberté, il n’en est pas de même pour les médias publics qui restent le moyen de propagande privilégié par le gouvernement de Luanda. Le 3 mai, à l’occasion de la Journée internationale de la liberté de la presse, le ministre adjoint de la Communication, Manuel Augusto, rejette l’idée d’avoir plus d’une agence de presse dans le pays. Selon lui, dans la plupart des nations, il n’existe qu’une seule agence, propriété de l’Etat. En Angola, l’unique agence de presse est l’ANGOP, financée par des fonds publics. Egalement interrogé à propos de la libéralisation de l’audiovisuel - la seule chaîne de télévision du pays appartient à l’Etat - le ministre répond que seule une modification de la Constitution pourrait permettre une ouverture au secteur privé.
La révision de la loi sur la presse de juin 1991, demandée par les organisations professionnelles depuis plusieurs années, est enfin en cours. En juin, un décret présidentiel nomme une commission technique pour l’élaboration d’une nouvelle loi sur la presse. Un mois plus tard, le ministre de la Communication annonce la mise en place de cette commission dont l’objectif est de "garantir une pratique démocratique, transparente et juste de la liberté de la presse dans le pays".
En septembre, le chef de l’Etat inaugure un centre de formation pour les journalistes. Eduardo dos Santos revient sur les entraves à la liberté d’expression de ces dernières années et souligne qu’aucun journaliste n’est emprisonné dans le pays. Il souhaite, pour les prochains mois, une professionnalisation des journaux, notamment ceux à petit tirage.

Nouveaux éléments sur un journaliste tué avant 2002
Fin novembre 2002, un tribunal de Luanda condamne trois individus à vingt-quatre ans de prison pour le meurtre d’un journaliste et d’un employé de la radio nationale. Deux autres personnes, en fuite, sont condamnées par contumace à la même peine. Le 31 août 1999, Mauricio Cristovao, journaliste de Radio 5 (canal sportif de la station publique Radio Nacional de Angola, RNA), avait été abattu de deux balles de revolver, à quelques mètres de chez lui, à Luanda. Le même jour, Joao Adriano Da Costa, chef du département juridique de la RNA, avait également été assassiné dans les rues de la capitale.

Quatre journalistes tués
Le 2 juin 2002, un hélicoptère militaire s’écrase dans la province du Kwanza-Norte (est de Luanda), tuant dix-neuf personnes, dont deux journalistes de la télévision nationale et deux de la radio nationale. Les causes de l’accident ne sont pas précisées par l’armée.

Pressions et entraves
Le 23 janvier 2002, le journaliste et défenseur des droits de l’homme Rafael Marques est condamné à verser l’équivalent de 1000 dollars américains (environ 1140 euros) au président Eduardo dos Santos pour "diffamation". En 1999, le journaliste avait écrit un article intitulé "Le bâton de la dictature" dans lequel il accusait le chef de l’Etat d’être responsable de la crise que traversait le pays. En mars2000, Rafael Marques avait été condamné à six mois de prison et à une forte amende. Le journaliste avait immédiatement fait appel. Après quarante jours de détention, il avait été libéré et sa sentence suspendue dans l’attente d’un jugement en appel.
Le 29 mai, le procureur général de la République, Domingos Culolo, menace de porter plainte contre Batista Marta, reporter du quotidien gouvernemental Jornal de Angola. Le journaliste avait rapporté que des prisonniers étaient toujours détenus, plusieurs années après la fin de leur peine, à la prison de Bentiaba (sud-ouest du pays). Le procureur général accuse Batista Marta de rendre un mauvais service à la nation.
Le 31 mai à Lubango (sud du pays), Manuel Vieria, correspondant de la station catholique Radio Ecclesia, est convoqué par le Département des investigations criminelles (DNIC) et interrogé à propos d’un reportage sur les camps de démobilisation de l’Unita. Le journaliste avait notamment cité le porte-parole de la Commission militaire mixte (établie pour mettre en œuvre l’accord de paix du 4 avril 2002) selon lequel 45 personnes étaient mortes en deux jours dans ces camps.
Le 20 novembre, le correspondant de Voice of America (VOA) au Cabinda reçoit la visite de deux agents de la Direction provinciale des investigations criminelles. Le journaliste est conduit dans ses locaux et interrogé sur un reportage faisant état des craintes d’une société d’exploitation du pétrole pour ses ouvriers, en raison de l’insécurité qui sévit dans la région.
Fin novembre, la Fondation Eduardo dos Santos (FESA) annonce qu’elle va entamer une action légale contre l’hebdomadaire privé Agora pour "diffamation" et "falsification de documents", suite à la publication d’un article rapportant que deux femmes angolaises, arrêtées en possession d’un million de dollars à l’aéroport de Rio de Janeiro, au Brésil, étaient en mission pour la FESA.



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