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Burkina Faso


-  Superficie : 274 200 km2.
-  Population : 11 856 000.
-  Langue : français (off.).
-  Nature de l’Etat : république unitaire.
-  Chef de l’Etat : Blaise Compaoré.

Burkina Faso - Rapport annuel 2003

L’impunité est toujours le maître mot concernant l’assassinat de Norbert Zongo. Pressions et menaces persistent à l’encontre des journalistes les plus critiques envers le régime de Blaise Compaoré.

Plus de quatre ans après l’assassinat du journaliste Norbert Zongo, l’impunité règne toujours au Burkina Faso. L’enquête n’avance pas et les autorités font tout leur possible pour qu’un procès n’ait jamais lieu dans cette affaire. Les commanditaires n’ont jamais été inquiétés par la justice de leur pays.
Par ailleurs, l’accès à l’information reste très difficile dans le pays. Les responsables dans les ministères et les administrations se montrent particulièrement réticents à informer certains journalistes qu’ils jugent trop proches de l’opposition.
À l’occasion de la Journée internationale de la liberté de la presse, le 3 mai 2002, plusieurs associations burkinabés ont affirmé, dans un communiqué commun, que "la toute-puissante presse d’Etat audiovisuelle foule l’équilibre de l’information en faveur du pouvoir en place. Le journaliste a le choix entre se soumettre au diktat des puissants du jour ou se démettre et aller grossir le rang de milliers de chômeurs." Deux semaines plus tard, le Mouvement burkinabé des droits de l’homme et des peuples (MBDHP) a dénoncé le harcèlement dont sont victimes les journalistes.
En réponse aux protestations répétées des organisations locales et internationales, le gouvernement crée, le 10 juin, un ministère de la Promotion des droits de l’homme. Le nouveau ministère rappelle son engagement en faveur de la liberté de la presse mais aucune mesure concrète n’est prise en ce sens.

Nouveaux éléments sur deux journalistes tués avant 2002
En juin 2002, dans une interview au mensuel L’Evénement, le président Blaise Compaoré affirme, à propos de la mort de Norbert Zongo : "Moi aussi, je souhaite comme vous que ça puisse avancer." Il rappelle également l’indépendance de la justice de son pays et déclare n’avoir aucun pouvoir sur l’instruction et aucune "relation de travail avec les juges".
Le 13 décembre, à l’occasion du quatrième anniversaire de la mort du journaliste, Reporters sans frontières demande au rapporteur spécial des Nations unies sur la promotion et la protection du droit à la liberté d’opinion et d’expression, Ambeyi Ligabo, de se rendre au plus vite au Burkina Faso, et au haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Sergio Vieira de Mello, de se saisir du dossier et d’exiger des autorités burkinabés qu’un procès se tienne au plus vite.
Norbert Zongo était le directeur de l’hebdomadaire L’Indépendant. Le 13décembre 1998, il a été retrouvé mort, carbonisé dans son véhicule, en compagnie de trois de ses compagnons. Cette date a été le point de départ d’une vague de contestations dans tout le pays. Le 7 mai 1999, une commission d’enquête indépendante, chargée de "déterminer les causes de la mort" du journaliste Norbert Zongo, a remis son rapport au Premier ministre burkinabé. Mise en place à l’initiative des autorités, elle a conclu, après avoir auditionné plus de deux cents personnes, que "concernant les mobiles de ce quadruple meurtre (...), il faut les chercher du côté des enquêtes menées depuis des années par le journaliste, et notamment sur ses récentes investigations concernant la mort de David Ouedraogo, le chauffeur de François Compaoré, conseiller à la présidence" et frère du chef de l’Etat. Le rapport donnait également le nom de six "sérieux suspects" dans cette affaire, tous membres du Régiment de la sécurité présidentielle (RSP).
François Compaoré, le frère du président de la République, largement impliqué dans cette affaire, n’a été entendu qu’une seule fois par le juge, en janvier 2001, soit plus de deux ans après les faits. Deux semaines plus tard, Marcel Kafando, l’un des responsables du RSP, a été inculpé "d’assassinat" et "d’incendie volontaire" par le procureur général Abdoulaye Barry dans le cadre de ce dossier. En décembre, Reporters sans frontières s’était inquiétée de l’état de santé de Marcel Kafando. Il est un élément clé dans l’instruction en cours et sa disparition pourrait entraîner la fermeture du dossier.
Le 22 mai 2002, le procureur général affirme que le dossier concernant la mort de Michel Congo est "très complexe". Selon lui, la justice ne dispose pas encore "d’éléments permettant d’inculper quelqu’un". Dans la soirée du 21octobre 2001, Michel Congo, âgé de 23ans, étudiant en journalisme et collaborateur du quotidien privé 24 Heures, était abattu chez lui. Il aurait été tué par balles et à l’aide d’une arme blanche. Au 1er janvier 2003, les motifs du meurtre de Michel Congo restent inconnus.

Deux journalistes interpellés
Le 14 mai 2002, Liermé Somé, directeur de publication de l’hebdomadaire L’Indépendant, est interpellé par la gendarmerie de Ouagadougou. Il est interrogé sur un article reprenant une déclaration du MBDHP qui faisait état de la "mort suspecte" d’un détenu dans les locaux de la gendarmerie.
Le 7 août, Christophe Koffi, correspondant de l’Agence France-Presse (AFP) et de Reporters sans frontières, est interpellé par quatre hommes en civil. Des documents et son ordinateur sont saisis. Sans lui signifier de chef d’inculpation, les gendarmes affirment vouloir l’interroger dans le cadre de l’enquête sur le meurtre, quelques jours auparavant, de Balla Kéïta, un ancien ministre ivoirien passé dans l’opposition et ayant obtenu un statut de réfugié politique au Burkina Faso. Le journaliste est libéré le 9 août et son matériel lui est restitué. Le 13 août, le ministre de la Sécurité, Djibril Bassolé, accuse Christophe Koffi d’animer un réseau de renseignements et d’être en "intelligence avec un certain nombre de puissances extérieures".

Pressions et entraves
En août 2002, Newton Ahmed Barry, rédacteur en chef de L’Evénement, est accusé par le ministre de la Sécurité et par le chef d’état-major de la gendarmerie d’être un espion à la solde de la Côte d’Ivoire. Selon L’Evénement, cette accusation vise, par-delà la disqualification personnelle du rédacteur en chef, la liquidation du journal qui connaît une influence grandissante. Le ministre accuse également le mensuel d’être "un nid de la subversion communiste". Newton Ahmed Barry avait récemment publié un article dans lequel il accusait les deux officiels d’être les "McCarthy d’un Burkina en péril" et de s’être inventé des "Rosenberg", dont le journaliste Christophe Koffi.



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