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Burundi


-  Superficie : 27 830 km2.
-  Population : 6 502 000.
-  Langues : kirundi, français, swahili.
-  Nature de l’Etat : république unitaire.
-  Chef de l’Etat : major Pierre Buyoya.

Burundi - Rapport annuel 2003

La situation ne s’améliore pas. Un journaliste a été tué par des rebelles, deux autres ont été agressés et plusieurs ont été menacés. Le climat politique particulièrement tendu incite les autorités à prendre des mesures très restrictives, notamment la suspension de certains médias.

Les efforts du Conseil de sécurité des Nations unies pour mettre un terme aux affrontements entre les forces armées et les différents groupes rebelles qui opèrent dans le pays n’ont pas porté leurs fruits. Les violences perdurent au Burundi et les journalistes en font encore les frais. Le cas du journaliste tué, en août 2002, lors d’une incursion rebelle dans le nord de la capitale, montre que les professionnels des médias, comme de nombreux autres Burundais, travaillent dans une insécurité totale.
A l’occasion de la Journée internationale de la liberté de la presse, le 3 mai, le ministre de la Communication, Albert Mbonerane, annonce l’intention du gouvernement d’assouplir la législation sur la presse. "Nous ferons en sorte que, dans le cadre de la loi sur la presse révisée, les entraves institutionnelles inutiles ou nuisibles soient expulsées du dispositif légal", déclare-t-il. Le 29 septembre, son ministère présente un projet de loi prévoyant la création d’un fonds de promotion des médias nationaux doté d’un capital social de 50 millions de francs burundais (environ 49 000 euros). Ce texte doit être adopté en Conseil des ministres, puis au Parlement, avant que le fonds ne soit mis en place.
De son côté, le Conseil national de la Communication (CNC) joue un rôle ambivalent vis-à-vis des médias burundais. Cette instance de régulation s’en prend régulièrement à la presse, avec des sanctions particulièrement répressives, mais condamne dans le même temps certaines pressions exercées par le gouvernement sur les journalistes.
Les radios privées constituent toujours la colonne vertébrale de l’information au Burundi. Une nouvelle station, Radio Isanganiro, a vu le jour en 2002. En revanche, la presse écrite ne parvient pas à trouver un lectorat en dehors de la capitale, en raison d’un taux d’alphabétisation très bas en province et d’un réseau de distribution soumis aux aléas des affrontements entre les forces armées et les rebelles, encore très présents dans le pays.

Un journaliste tué
Le 5 août 2002, Ali Hamisi Bizimana, âgé de trente-deux ans, directeur des programmes de Bonesha FM, est tué dans une embuscade des rebelles, dans le quartier de Mutanga, au nord de Bujumbura. Le journaliste raccompagne des amis chez eux quand des inconnus ouvrent le feu sur plusieurs véhicules dont le sien. Le journaliste et son fils de quatre ans sont tués par balles. Rien ne permet d’affirmer que la mort de Ali Bizimana a un lien avec ses activités professionnelles.

Deux journalistes agressés
Le 6 mars 2002, Aloys Niyoyita, journaliste de l’agence de presse sonore Studio Ijambo et collaborateur ponctuel de l’agence Associated Press, est interpellé par des gendarmes à Bujumbura. Il couvrait une manifestation de militants du groupe "P.A Amasekanya", opposés aux accords de paix d’Arusha. Après avoir refusé de donner son matériel de reportage, le journaliste est frappé et interpellé. Il est détenu pendant quatre heures dans les locaux du premier bataillon d’intervention de Bujumbura, avec huit manifestants. Corneille Nibaruta, journaliste de Bonesha FM, est rudoyé et humilié par un gendarme alors qu’il couvre la même manifestation. Il n’est pas interpellé.

Journalistes menacés
Début janvier 2002, plusieurs journalistes de l’agence de presse en ligne In-Burundi.net sont brutalisés par des gendarmes à Bujumbura. Ils enquêtaient sur la torture d’un vigile par des agents de la Documentation nationale (services de renseignements). Celui-ci avait été arrêté dans le cadre de l’assassinat de Kassi Malan, le représentant de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) au Burundi en décembre 2001. Les gendarmes menacent les journalistes de "subir le même sort".
A la même période, Abbas Mbazumutima et Gabriel Ninkundana, respectivement rédacteur en chef et journaliste de Bonesha FM, sont l’objet de menaces répétées. On leur reproche d’avoir diffusé le compte rendu d’un entretien avec un vigile arrêté et torturé dans le cadre du meurtre du représentant de l’OMS au Burundi. Début avril, Abbas Mbazumutima reçoit un appel anonyme l’accusant de collusion avec la rébellion et le menaçant de mort, suite à la diffusion d’un entretien téléphonique avec le chef des Forces nationales de libération (FNL).

Pressions et entraves
Le 14 janvier 2002, le ministre de la Communication, Albert Mbonerane, ordonne la suspension sine die de Net Press en raison du caractère "subversif, diffamatoire, injurieux et mensonger" de ses publications qui portent "atteinte à l’unité nationale, l’ordre, la sécurité et la moralité publics". Le 20 janvier, le ministre rejette la candidature au sein du CNC de Jean-Claude Kavumbagu, le directeur de Net Press. "Nous sommes dans un contexte de guerre civile au Burundi, et il n’y a personne, y compris les journalistes, qui soit autorisé à saborder l’action gouvernementale dont le premier objectif est de ramener la paix et la sécurité dans le pays", déclare par ailleurs le ministre. Le 21 février, il lève la mesure d’interdiction et autorise l’agence Net Press à reprendre ses activités. Selon le ministère, Jean-Claude Kavumbagu a "promis de s’amender", mais le journaliste dément et affirme qu’il s’agit d’"une injustice qui a été réparée".
Le 16 mai, le ministre de la Défense, le colonel Cyrille Ndayirukiye, interdit aux médias de publier ou de diffuser des interviews de rebelles. Selon lui, la "diffusion d’interviews des insurgés" revient "à les aider dans leur effort de guerre". Il ne précise pas les sanctions qui seront prises si les médias ne respectent pas sa décision. "De toute manière, on applique cette mesure car on sait très bien qu’on n’a pas le choix", confie un journaliste d’une radio burundaise à Reporters sans frontières. Cette annonce intervient quelques jours après la diffusion, par une radio privée, d’une interview d’un chef rebelle que l’on croyait mort. Selon l’Observatoire de l’action gouvernementale, une organisation locale indépendante, "la mesure des autorités est une entrave à la liberté de diffuser des informations, d’autant plus que le gouvernement a déjà pris la décision de négocier avec les groupes armés".
Le 29 mai, Alexis Sinduhije, directeur de la statio privée Radio publique africaine (RPA), et trois journalistes de la station, dont André Palice Ndimurukundo et Domithille Kiramvu, comparaissent devant le parquet de Bujumbura pour être entendus en tant que témoins dans l’affaire de l’assassinat de Kassi Malan, le représentant de l’OMS au Burundi. La station réalisait et diffusait depuis quelques jours une série d’enquêtes sur cette affaire, avant d’en être interdite par le procureur général de la République, le 16 mai. Alexis Sinduhije se déclare prêt à collaborer avec la justice, mais dans le respect de la loi.
Le 22 juillet, le gouvernement interdit la publication ou la diffusion d’informations sur des militaires de l’armée régulière tués par des rebelles. Les sanctions pour les journalistes violant cette interdiction ne sont pas précisées. Le ministre de l’Intérieur ajoute que les journalistes doivent choisir entre les rebelles ou le gouvernement et l’armée.
Le 30 juillet, le CNC suspend temporairement la publication du bimensuel Panafrika pour "manquements graves à l’éthique". Le magazine avait publié, dans sa dernière édition, une interview de l’ancien ministre de l’Energie et des Mines, Mathias Hitimana, récemment limogé par le chef de l’Etat. Intitulée "Buyoya veut nous enterrer vivants", l’ancien ministre critiquait sévèrement "l’arbitraire et les méthodes dictatoriales" du président de la République. L’Association burundaise des journalistes (ABJ) dénonce cette décision, expliquant que la suspension d’une publication est une prérogative du ministère de la Communication et non du CNC.
Le 26 août, le CNC interdit aux sites Internet des médias burundais d’héberger "des documents ou autres communiqués d’organisations politiques faisant la propagande de la haine et de la violence". Cette mesure vise notamment le site de l’agence Net Press, Rugamba, dont une rubrique publie des communiqués de mouvements d’opposition. Le CNC menace de fermer l’agence Net Press si le site ne cesse pas "toute reproduction de document ou déclaration (...) portant atteinte à la paix et à la sécurité publique".
Le 28 août, la radio RPA annonce la suspension de toutes ses émissions pour protester contre le brouillage opéré par les autorités. Selon la station, l’Agence de régulation et de contrôle des télécommunications (ARCT), qui dépend du ministère de la Défense, brouille les programmes de la RPA, notamment ses journaux d’informations. Le directeur de l’ARCT reconnaît avoir pris cette mesure "pour demander aux propriétaires de s’acquitter de leurs redevances". Plusieurs stations, dont la radio nationale, n’ont pas payé leurs licences d’exploitation annuelles. Selon le directeur de la RPA, il s’agit d’un prétexte car toutes les radios doivent de l’argent à l’Etat et seule la sienne est brouillée.



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