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Cameroun


-  Superficie : 475 440 km2.
-  Population : 15 203 000.
-  Langues : français et anglais (off.).
-  Nature de l’Etat : république unitaire décentralisée.
-  Chef de l’Etat : Paul Biya.

Cameroun - Rapport annuel 2003

La situation semble s’améliorer. Les années au cours desquelles des journalistes étaient incarcérés au moindre prétexte semblent révolues. Cependant, les autorités utilisent d’autres moyens pour conserver un certain contrôle sur l’information.

Les volontés sécessionnistes des deux provinces anglophones et les multiples bavures des unités spéciales formées par les autorités pour lutter contre la criminalité urbaine restent des sujets très sensibles aux yeux des autorités. Plusieurs journalistes qui avaient abordé ces questions d’une manière très critique ont été contraints de fuir le pays après avoir été menacés et par crainte de représailles plus graves.
La bonne nouvelle vient de la justice camerounaise qui, de plus en plus, prononce des amendes à la place de peines de prison en cas de délit de presse. Cependant, dans plusieurs cas, l’importance des sommes demandées entraîne une véritable asphyxie financière des journaux condamnés et menace sérieusement la survie de certains d’entre eux. Cette dépénalisation a, de fait, des effets secondaires que la presse camerounaise a dénoncés à plusieurs reprises.
La presse écrite est toujours très active et de plus en plus présente en province, même dans certaines régions isolées. En février 2002, le trihebdomadaire privé Mutations devient le second quotidien du pays après le journal gouvernemental Cameroon Tribune. Parallèlement, une dizaine de radios et quelques chaînes de télévision privées concurrencent les médias publics dans le domaine de l’information audiovisuelle. Deux ans après l’ouverture des ondes au secteur privé, ces médias travaillent toujours dans l’illégalité, les autorités n’ayant pas encore répondu à leurs demandes d’agrément. Si les radios font parfois preuve d’une certaine indépendance et d’un sens critique, les chaînes de télévision se contentent de relayer l’information officielle et n’abordent que des sujets consensuels. Plusieurs radios ont été mises en demeure et menacées de suspension ou de fermeture par le gouvernement. Du coup, l’autocensure est devenue une pratique courante au sein de la presse audiovisuelle privée.
En septembre, Jacques Fame Ndongo, le ministre de la Communication, condamne les "dérives déontologiques" de la presse nationale. Selon lui, ces "graves entorses" à l’éthique professionnelle pourraient "perturber l’ordre public en faisant naître un climat délétère au sein de la Nation". Il rappelle que le code pénal camerounais réprime la publication de fausses informations et que les médias coupables de ces dérives s’exposent à des saisies ou à des retraits de leurs licences. De leur côté, les syndicats accusent le pouvoir d’être responsable de ces dérives et rappellent notamment que la carte de presse n’est plus délivrée depuis dix ans.

Un journaliste incarcéré
Le 9 janvier 2002, Georges Baongla, directeur de publication de l’hebdomadaire Le Démenti, est arrêté à son domicile par des gendarmes. Deux jours plus tard, il est déféré devant un juge et écroué à la prison centrale de Nkondengui, à Yaoundé. Les gendarmes confisquent également le matériel informatique de la rédaction. Le 18 octobre 2001, le journaliste avait été condamné par défaut à cinq ans de prison et à une amende de 17 millions de francsCFA (environ 26 000 euros) pour "escroquerie". On lui reproche d’avoir extorqué une somme de dix millions de francsCFA (environ 15200 euros) à une fonctionnaire du ministère de l’Economie et des Finances. Selon la rédaction du Démenti, il s’agit d’une "fausse affaire tissée par le pouvoir en place" après la publication de plusieurs articles dénonçant des malversations financières de la part du ministre de l’Economie et des Finances. A plusieurs reprises, Le Démenti a accusé le ministre d’avoir détourné des fonds publics lors de l’installation d’un réseau d’assainissement dans le pays. Le journaliste est mis en liberté provisoire le 1er juillet.

Quatre journalistes interpellés
Le 1er mars 2002, Peter William Mandio, directeur de publication de l’hebdomadaire Le Front Indépendant, est interpellé à Yaoundé. Il est interrogé à plusieurs reprises sur un article faisant état d’une relation extra-maritale entre un secrétaire général et une directrice générale de la présidence. L’article ne mentionnait pas le nom des personnes incriminées. Peter William Mandio est libéré dans la soirée, mais doit "rester à la disposition de la justice". Selon lui, son arrestation pourrait être liée à sa participation au Comité national contre l’impunité (CNI), une organisation locale à l’origine d’une plainte déposée en Belgique contre le président Paul Biya pour "crimes contre l’humanité". Jacques Blaise Mvié, directeur de publication de La Nouvelle presse, est également recherché par les forces de l’ordre. Le journaliste avait publié les noms des deux hauts fonctionnaires de la présidence supposés entretenir une liaison. Il se réfugie dans la clandestinité.
Le 10 mars, Samuel Mben Mben, directeur de publication du magazine Habeas Corpus, est interpellé par trois militaires à Edea (60 km de Douala). Le journaliste est frappé à coups de ceinturon. On ne lui donne aucune explication, mais selon lui, son journal "dérange certaines personnalités dans cette ville". Habeas Corpus dénonce régulièrement des violations des droits de l’homme par les forces de l’ordre.
Le 22 octobre, Haman Mana et Leger Ntiga, respectivement directeur de publication et chef de la rubrique société du quotidien privé Mutations, sont interpellés au siège du journal, à Yaoundé, par une quinzaine de policiers. Cette arrestation fait suite à la publication d’une enquête parue le jour même dans le quotidien sous le titre : "Malaise : enquête sur la police camerounaise". Cet article cite des policiers qui, sous le couvert de l’anonymat, critiquent le manque de formation, la corruption et l’indiscipline qui règnent au sein de la police camerounaise. Les deux journalistes sont interrogés pendant deux à trois heures.

Un journaliste agressé
Dans la nuit du 30 novembre 2002, Nyemb Popoli, caricaturiste et rédacteur en chef du bihebdomadaire satirique Le Messager Popoli, est molesté par une douzaine de policiers du Groupement mobile d’intervention de Douala. Les agents des forces de l’ordre interpellent le dessinateur alors qu’il termine un reportage et lui reprochent de caricaturer le chef de l’Etat et son épouse. Nyemb Popoli est roué de coups et traîné au sol avant d’être relâché.

Pressions et entraves
Le 16 juin 2002, après avoir passé six mois en Grande-Bretagne, Pius Njawé, directeur général du groupe de presse Le Messager, rentre au Cameroun. Lorsqu’il présente ses papiers au comptoir d’immigration, l’agent de la police des frontières lui prend son passeport, sa carte d’identité et son permis de conduire et les remet au commissaire de l’aéroport de Douala qui refuse de les lui rendre. Trois jours plus tard, le commissaire spécial des renseignements généraux rend ses papiers au journaliste sans lui fournir d’explication. Pius Njawé met cette affaire sur le compte de la volonté des autorités de "restreindre [ses] mouvements pour mieux l’avoir à [l’]œil" en cette période préélectorale.
Le 24 septembre, J. Rémy Ngono, présentateur de l’émission à succès "Kondré chaud" de la radio privée RTS, est suspendu d’antenne par sa direction à la demande des autorités. Aucune explication n’est fournie. Son émission donnait la parole à des auditeurs sur des sujets de société.



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