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Côte d’Ivoire


-  Superficie : 322 462 km2.
-  Population : 16 349 000.
-  Langue : français (off.).
-  Nature de l’Etat : république.
-  Chef de l’Etat : Laurent Gbagbo.

Côte d’Ivoire - Rapport annuel 2003

Menaces, agressions, arrestations de journalistes, médias saccagés, émetteurs sabotés, dérives xénophobes... à chaque crise, le scénario est quasi identique. Les événements du 19 septembre 2002 ont plongé la Côte d’Ivoire dans la période la plus troublée de son histoire. Pour la presse, les coups viennent de toutes parts, des forces armées comme des rebelles.

Dans les jours qui suivent la tentative de coup d’Etat du 19 septembre 2002, la situation de la liberté de la presse se dégrade considérablement. A de rares exceptions près, les médias locaux désertent le terrain de l’information au profit de commentaires et d’éditoriaux partisans. Les radios internationales sont interdites de diffusion sur la bande FM dès le 21 septembre. De ce fait, l’opinion publique ivoirienne est mal informée, ballottée entre rumeurs et fausses informations.
Depuis plusieurs années, certains titres privés ne cessent de publier des articles injurieux et diffamatoires. Dans leur collimateur : la presse étrangère, la France et Alassane Dramane Ouattara, le responsable du Rassemblement des Républicains (RDR, opposition). Le National est le plus virulent, multipliant les attaques verbales et les appels à la violence. Tous les éléments sont réunis pour faire de ce titre un véritable "média de la haine". Mais d’autres titres ne sont pas en reste et jettent régulièrement de l’huile sur le feu. En fin d’année, Notre Voie, le quotidien du Front populaire ivoirien (FPI, au pouvoir) appelle à la "guerre totale" contre les rebelles. Du coup, certains journalistes reconnaissent leur responsabilité dans la crise. "Nous les journalistes ivoiriens, nous avons préparé la guerre. Avec nos verbes haineux, nos diatribes, on a préparé la guerre dans l’esprit des Ivoiriens", confie Diégou Bailly, ancien directeur de publication du Jour et aujourd’hui président du Conseil national de la communication audiovisuelle (CNCA).
La presse étrangère, qui n’est pas à l’abri de critiques - "on n’a pas toujours été brillants dans cette histoire", concédait un correspondant étranger quelques jours après la tentative de coup d’Etat -, est l’objet d’attaques virulentes et incessantes émanant des autorités comme d’une partie de la presse privée et des médias gouvernementaux. Ces attaques, parfois nominatives, créent un climat d’insécurité, aboutissant, dans certains cas, à des agressions physiques. Plusieurs journalistes étrangers, qui ont couvert d’autres conflits en Afrique, affirment n’avoir jamais connu une telle situation.
Saisies à plusieurs reprises par Reporters sans frontières, les autorités ne prennent aucune mesure concrète afin de garantir la sécurité des journalistes en Côte d’Ivoire. Le ministre de la Communication, Séry Bailly, se plaît à répéter que "la meilleure sécurité pour les journalistes réside dans leur traitement correct de l’information". L’autocensure, encouragée dans cette déclaration, est effectivement devenue une pratique courante dans les rédactions ivoiriennes. Mi-novembre, dans une interview à la télévision nationale, le ministre explique qu’une cellule a été mise en place pour "voir ce que les journalistes écrivent, afin de donner les orientations nécessaires et utiles". Il ajoute également que "quiconque va faire des interviews du MPCI [Mouvement patriotique de Côte d’Ivoire, branche politique des rebelles] s’expose à la rigueur de la loi. Il est donc important que les journalistes l’entendent bien. (...) Si nous sommes obligés de sanctionner, cela sera fait et les autorités compétentes prendront leurs responsabilités".
Dès le départ, les médias publics ivoiriens jouent un rôle néfaste dans cette crise. Outils de propagande du pouvoir en place, ces organes de presse ne participent pas à l’apaisement et contribuent pour une large part à la désinformation du public. En ne montrant qu’une seule face des événements, et en élaborant des commentaires "va-t-en-guerre", les journalistes de ces médias n’informent pas correctement les populations. Le 6 octobre, un journaliste de la Radio-télévision ivoirienne (RTI) déclare ainsi à l’antenne que la "clef de la victoire" est dans l’expulsion des Burkinabés. Par ailleurs, plusieurs journalistes des médias publics affirment avoir été mis à l’écart après les événements, en raison de leur origine géographique ou de leur sensibilité politique.
En fin d’année, la communauté internationale se saisit du dossier. En décembre, Sergio Vieira de Mello, le haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, affirme que les auteurs des exactions en Côte d’Ivoire sont passibles d’un jugement devant la Cour pénale internationale (CPI). "Les violations des droits des journalistes tombent sous la compétence de la CPI également", ajoute-t-il.

Deux journalistes incarcérés
Le 17 octobre 2002, Gaël Mocaer, réalisateur français mandaté par Radio France Outremer (RFO), est interpellé à son hôtel par des agents de la Direction de la surveillance du territoire (DST) et conduit au siège du service de renseignements, à Abidjan. Personne n’est autorisé à lui rendre visite et aucune explication n’est fournie par les autorités. Le cinéaste est présent dans le pays pour réaliser un documentaire sur la situation en Côte d’Ivoire. Gaël Mocaer est libéré le 23 octobre et prend aussitôt un avion pour Paris.
Le 29 octobre, Dembélé Bazoumana, reporter du quotidien Tassouman, est interpellé par une quinzaine d’hommes armés et conduit dans des locaux de la gendarmerie. Le journaliste est accusé d’avoir réalisé des interviews d’anciens militaires passés du côté des rebelles. Il est frappé à coups de barre de fer et reçoit deux balles dans la fesse et le mollet gauches. Le lendemain, Dembélé Bazoumana est déféré à la brigade de recherches de la gendarmerie où il passe six jours avant d’être libéré, le 5 novembre.

Une journaliste interpellée
Le 12 octobre 2002, Kate Davenport, correspondante de la British Broadcasting Corporation (BBC), est brièvement interpellée alors qu’elle couvre la destruction de certains quartiers précaires d’Abidjan. La police affirme la protéger ainsi de la "foule en colère". La journaliste est retenue au poste pendant quatre heures avant d’être libérée.

Journalistes agressés
Le 29 janvier 2002, Roger Bion et Magui Pascal, journalistes de la radio nationale, sont enlevés par des policiers et brièvement détenus dans un coffre de voiture alors qu’ils couvrent une grève de la police. Pierre Ignace Tressia, sous-directeur de l’information de Radio Côte d’Ivoire, est menacé de mort par des policiers. Il avait animé une émission sur le racket exercé par des agents des forces de l’ordre.
Deux jours plus tard, Angan Yao Simplice, journaliste stagiaire au quotidien La Tribune d’Abidjan, est frappé par des policiers alors qu’il se trouve au ministère de l’Intérieur pour couvrir une réunion de sous-officiers de police en grève. Son dictaphone lui est confisqué, et l’accès à la salle de réunion lui est interdit. Son sac est vidé et son argent dérobé. Un commissaire intervient et lui rend son outil de travail. Abou Traoré, journaliste au quotidien Le Jour, est également malmené par les policiers, et détenu pendant trois heures.
Le 25 septembre, Alain Amontchi, cameraman de l’agence de presse Reuters, est pris à partie lors d’une manifestation devant l’ambassade de France à Abidjan. Sa caméra est brisée par des manifestants qui ne souhaitent pas la présence de la presse étrangère. Près de 3 000 jeunes qui se qualifient eux-mêmes de "patriotes" s’étaient rendus à l’ambassade pour demander à la France de leur remettre l’opposant Alassane Dramane Ouattara. Ce dernier s’était réfugié à l’ambassade de France, craignant pour sa sécurité. Le même jour, un touriste espagnol est également malmené, dans le centre d’Abidjan, par des jeunes qui le prennent pour un journaliste étranger. Le touriste est secouru par des policiers en civil.
Le 21 septembre, lors d’un meeting organisé par la Jeunesse du parti au pouvoir (JFPI), le Congrès panafricain des jeunes patriotes (COJEP) et la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (FESCI), des menaces directes sont proférées à l’encontre des journaux proches du RDR. Les responsables de ces associations affirment que, si ces titres reparaissent, ils vont d’abord casser les kiosques qui les vendent, ensuite prendre à partie les journalistes et finalement incendier le siège du Patriote. Deux jours plus tard, Mamady Keita, reporter du Patriote, est agressé par des membres d’un mouvement de jeunesse proche du chef de l’Etat qui l’accusent d’être un espion. Le journaliste est blessé au crâne et à l’arcade sourcilière.
Le 14 octobre, en fin de journée, César Etou, rédacteur en chef du quotidien Notre Voie, est victime d’une agression à Abidjan. Il se trouve au volant de sa voiture quand trois hommes en brisent les vitres pour tenter de saisir le journaliste. César Etou parvient à sortir de son véhicule et à s’enfuir. Selon lui, les hommes n’en voulaient pas à son véhicule, mais avaient une motivation plus politique. "Ces derniers temps, je suis souvent intervenu à la radio pour analyser la crise en cours. Je reçois sans cesse des appels menaçants", a expliqué César Etou à Reporters sans frontières.
Le 10 décembre, des hommes en treillis non identifiés s’en prennent à Ouattara Gaoussou, journaliste stagiaire du quotidien Le Patriote. Selon le journal, le jeune reporter a été interpellé à son domicile après avoir été "dénoncé" et conduit dans un endroit isolé pour être bastonné.
Dans les jours qui suivent la tentative de coup d’Etat, d’autres journalistes, de la chaîne de télévision France 2 et de l’agence de presse audiovisuelle CAPA notamment, sont également menacés par les forces armées ou par des manifestants soutenant le pouvoir en place. Une partie de leur matériel est endommagée ou confisquée.

Pressions et entraves
Début juillet 2002, quatre journalistes de la télévision nationale RTI sont entendus par la gendarmerie suite à la diffusion, le 29 juin, de la conférence de presse des avocats de l’opposant Alassane Dramane Ouattara, qui vient d’obtenir son certificat de nationalité ivoirienne.
Le 9 septembre, des policiers en uniforme font irruption dans les locaux du groupe de presse Mayama à Abidjan, qui édite notamment les quotidiens Le Patriote et Tassouman, proches du RDR. Les bureaux sont mis à sac, des bombes lacrymogènes sont lancées et quatre personnes légèrement blessées. Les policiers reprochent à Tassouman d’avoir publié un article sur le braquage de la voiture du ministre de l’Intérieur, Emile Boga Doudou. Le journal qualifiait cet acte d’"humiliation" pour la police. L’information s’est révélée être erronée et la rédaction s’apprêtait à publier un rectificatif : c’était en fait le véhicule du ministre de la Solidarité et de la Santé qui avait été volé.
Dans les jours qui suivent la tentative de coup d’Etat du 19 septembre, des employés de la radio et de la télévision publiques ne sont pas autorisés à reprendre leur travail. A l’entrée des bâtiments des deux médias, des agents de sécurité disposent d’une liste des personnes autorisées à y pénétrer. Tous ceux dont les noms ne figurent pas sur cette liste ne travaillent plus. Plusieurs journalistes mis à l’écart estiment qu’on leur reproche de soutenir le RDR ou d’être originaires du nord du pays. La direction de la RTI dément catégoriquement ces informations. Selon le directeur général de la télévision, l’entreprise a dû réduire son effectif pour des "raisons de sécurité".
Entre le 20 septembre et le 9 octobre, aucun titre proche du RDR ne paraît dans les kiosques. Les journalistes de ces médias restent chez eux et ne se rendent plus à leurs bureaux. Le 10 octobre, Le Patriote reparaît après une concertation entre l’Observatoire de la liberté de la presse, de l’éthique et de la déontologie (OLPED), et les professionnels. Mais les journalistes continuent d’écrire à leur domicile ou dans des endroits tenus secrets. Ces journaux ne sont plus distribués autour de Gagnoa (région natale du président de la République) car des sympathisants du pouvoir en place menacent les agents locaux de la société de distribution, Edipresse. Face à ces pressions, la direction du Patriote demande, début octobre, au ministre de la Communication de prendre des mesures pour assurer la protection des journalistes et des rédactions. Le ministre répond que la situation difficile dans laquelle est plongé le pays rend impossible la présence d’un policier dans chaque journal.
A partir du 22 septembre, Radio France Internationale (RFI) et la BBC ne sont plus captées en modulation de fréquence (FM) en Côte d’Ivoire. Le lendemain, c’est au tour de la station Africa N°1. Les autorités déclarent n’avoir "donné aucune instruction en ce sens". Selon un responsable de la maintenance des émetteurs, ce sont des gendarmes qui sont venus en plein jour pour prendre les cartes audio et couper ainsi la retransmission du signal.
A trois reprises, fin septembre et début octobre, les émetteurs de la RTI à Abobo (Abdijan) sont attaqués et incendiés. Des agents de la sécurité sont blessés et trois véhicules sont dérobés. Le ministre de la Communication se rend sur place pour réconforter les employés et prend des mesures afin de renforcer la sécurité des lieux. Des projecteurs sont notamment installés à l’intérieur et à l’extérieur du site.
Dans la nuit du 4 au 5 octobre, à Abidjan, l’émetteur de la chaîne de télévision francophone TV5, qui diffusait ses programmes sur le réseau hertzien, touchant ainsi une grande partie de la population dans la région de la capitale, est saboté. Selon l’AFP, un incendie volontaire aurait détruit le système de refroidissement de l’émetteur.
Le 16 octobre, vers 9 h 30, un groupe d’une cinquantaine d’individus en civil, dont certains armés, forcent le portail du siège du groupe de presse Mayama. Ils saccagent l’ensemble du matériel de la rédaction et notamment le poste de contrôle de l’imprimerie du groupe.
Le lendemain, un peu après 20 heures, une vingtaine d’hommes en treillis, armés de fusils-mitrailleurs, se rendent à bord de véhicules tout-terrain devant les locaux de Radio Nostalgie, situés dans le quartier du Plateau, à Abidjan. Ils agressent le gardien à l’entrée et tirent sur les caméras de surveillance. Ils pénètrent ensuite dans les locaux et saccagent l’ensemble du studio et des bureaux. Au moins un coup de feu est tiré dans un écran du studio d’enregistrement. Tout le matériel, sans exception, est détruit. Le montant des dégâts est estimé à plus de 200 millions de francsCFA (environ 305 000 euros), selon l’un des responsables de la station. Depuis le début de la crise, la station avait cessé de diffuser ses bulletins d’informations afin d’éviter toute accusation de parti pris. Le président-directeur général de Radio Nostalgie, Hamed Bakayoko, est également l’un des actionnaires principaux du groupe de presse Mayama et un proche d’Alassane Dramane Ouattara.
Le 3 décembre, des militaires interdisent aux journalistes l’entrée dans la ville de Man, reprise la veille par les forces gouvernementales. Seuls les envoyés spéciaux des médias d’Etat sont autorisés à visiter la ville. "Vous salissez tellement tout qu’on doit nettoyer avant de vous laisser rentrer", lance un militaire aux reporters étrangers.

La situation dans les zones contrôlées par les rebelles
Dans la partie du territoire sous contrôle des forces rebelles, les journalistes ne sont guère mieux lotis. Si les journalistes étrangers sont moins exposés, il n’en est pas de même pour les rares reporters locaux. Par ailleurs, les rebelles ont compris l’enjeu de l’information et créé, depuis le 21octobre, leur propre chaîne de télévision, en utilisant le canal de la RTI. Télé-Mutins, rebaptisée quelques semaines plus tard Télé-Notre Patrie, ne fait que reprendre la propagande officielle et diffuse à longueur de journée les meetings et discours des leaders du Mouvement patriotique de Côte d’Ivoire (MPCI, branche politique de la rébellion armée). Les journaux de la RTI ne sont plus diffusés dans la région de Bouaké.
Mi-novembre, les rebelles lancent leur "journal de combat", Liberté. Selon Ladji Abou Sanogo, le directeur de la publication, ce bihebdomadaire est "clairement engagé à supporter les mutins". Dans le premier numéro, vendu 150 francsCFA (0,23 euros), tous les articles soutiennent les rebelles.
Le 20 septembre 2002, Christophe Koffi, correspondant de l’Agence-France Presse (AFP) au Burkina Faso, se rend dans le nord de la Côte d’Ivoire. A Korhogo, l’un des chefs des rebelles lui accorde une interview. Deux jours plus tard, ce même chef le contacte et lui demande de venir au camp pour lui donner des informations. Mais, quand Christophe Koffi arrive sur les lieux, le militaire ordonne son arrestation immédiate, sans aucune explication. Le journaliste de l’AFP est enfermé pendant cinq jours dans un dortoir vide, gardé par un soldat en armes. Puis, l’un des responsables du camp l’accuse de donner des informations au gouvernement. Le journaliste dément en rappelant qu’il travaille pour une agence internationale. Une semaine plus tard, il est repéré par une équipe de la chaîne de télévision française TF1 venue en reportage dans le camp. Les journalistes français parlementent avec les rebelles qui acceptent de laisser repartir Christophe Koffi. Le lendemain, le correspondant de l’AFP est rapatrié à Abidjan par l’armée française, venue chercher des compatriotes présents à Korhogo.
Fin septembre, le directeur régional de la RTI, Pierre Lidé, est détenu pendant plusieurs jours par les rebelles au début des affrontements.
A la même période, Lazare Kouamé, correspondant de l’Agence ivoirienne de presse (AIP), est détenu pendant 24 heures à Bouaké alors qu’il se rend à l’hôpital de la ville pour faire le bilan des blessés après des combats avec les forces armées ivoiriennes.



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