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Eryhtrée


-  Superficie : 121 144 km2.
-  Population : 3 816 000.
-  Langues : tigrinya (off.), arabe (off.).
-  Nature de l’Etat : unitaire.
-  Chef de l’Etat : Issaias Afeworki.

Erythrée - Rapport annuel 2003

L’Erythrée est le pays d’Afrique subsaharienne où la situation de la liberté de la presse est la plus grave. La presse privée n’existe plus et les journalistes qui n’ont pas réussi à fuir sont en prison ou réfugiés dans la clandestinité.

Au 1er janvier 2003, l’Erythrée est la plus grande prison du monde pour les journalistes. C’est la première fois depuis de longues années qu’un pays africain monte sur la plus haute marche de ce bien triste podium. La plupart de ces journalistes sont détenus depuis septembre 2001, dans des lieux tenus secrets sans raison officielle. Au cours de l’année 2002, les autorités abordent cette question à plusieurs reprises, tout en restant évasives sur les charges retenues contre eux. Aucune date n’a encore été fixée pour un éventuel procès.
L’Erythrée est toujours le seul pays du continent, et l’un des très rares dans le monde, à ne pas avoir de presse privée. En dehors des radios internationales captées dans certaines régions, l’Etat est le seul fournisseur d’informations. Il contrôle la télévision, la radio et les quelques journaux du pays. La marge de manœuvre des journalistes des médias d’Etat est inexistante. Ils ne font que relayer la propagande du pouvoir en place. Aucune critique du gouvernement n’est tolérée.
En janvier 2002, lors de la première session parlementaire depuis septembre 2000, l’Assemblée rappelle que la "presse financée par l’étranger a fui ses responsabilités et sombré dans la diffamation et la rumeur". Elle annonce également la mise en place d’un comité chargé d’établir "les préparations nécessaires permettant à la presse d’entrer dans une phase nouvelle et positive".
En février, face à la gravité de la situation et inquiet de l’immobilisme des autorités, le Parlement européen adopte une résolution condamnant les violations des droits de l’homme en Erythrée. Le Parlement demande notamment la "levée de l’interdiction de la presse indépendante" et invite les Etats membres à "subordonner la poursuite de la coopération au développement à des progrès substantiels en matière de droits de l’homme et de démocratisation, en particulier dans le domaine de la liberté d’expression, de presse (...) ainsi qu’à la tenue d’élections démocratiques".
Tous les journalistes ayant échappé aux arrestations de septembre 2001 ont fui le pays pour trouver refuge à l’étranger. En 2002, des journalistes de la presse publique décident également de quitter le territoire pour échapper aux représailles. En février, l’Association des journalistes érythréens en exil (EJE) est créée aux Etats-Unis. Elle regroupe une cinquantaine de professionnels de la presse érythréens réfugiés en Amérique du Nord et en Europe, et lutte pour le retour d’une presse libre dans le pays.

Journalistes incarcérés
Au 1er janvier 2003, au moins dix-huit journalistes sont emprisonnés en Erythrée.
Zemenfes Haile, ancien directeur et fondateur de Tsigenay, serait détenu dans un camp dans le désert depuis 1999. Ghebrehiwet Keleta, également de Tsigenay, aurait été arrêté en juillet 2000. Aucune information n’est disponible sur les lieux et les raisons de la détention de ces deux journalistes.
Le 18 septembre 2001, les journaux privés annoncent qu’en raison d’une décision gouvernementale, ils publient leur dernière édition, jusqu’à nouvel ordre. Le lendemain, aucun journal privé ne paraît. Le directeur de la télévision publique explique à l’antenne que "les médias privés ont eu le temps de corriger leurs erreurs. Ils mettaient en péril l’unité du pays". Cette suspension intervient le jour même de l’arrestation de sept anciens ministres et généraux, devenus très critiques à l’égard du président Issaias Afeworki. Ils faisaient partie d’un groupe de quinze personnalités qui, en mai 2001, avaient demandé publiquement au chef de l’Etat une "plus grande démocratie" dans le pays. Entre le 18 et le 21 septembre, au moins dix journalistes de la presse privée sont interpellés par les forces de l’ordre, et conduits au poste de police n°1 d’Asmara. Le motif exact de leurs arrestations n’est pas rendu public, mais la plupart d’entre eux avaient donné la parole aux opposants arrêtés.
Ces dix journalistes interpellés sont : Yusuf Mohamed Ali, rédacteur en chef de Tsigenay, déjà incarcéré plusieurs semaines en octobre 2000 ; Mattewos Habteab, rédacteur en chef de Meqaleh, déjà arrêté à plusieurs reprises en 2000 et en 2001 ; Dawit Habtemichael, rédacteur en chef adjoint de Meqaleh ; Medhanie Haile et Temesgen Gebreyesus, respectivement rédacteur en chef adjoint et membre du conseil d’administration de Keste Debena ; Emanuel Asrat, rédacteur en chef de Zemen ; Dawit Isaac et Fessehaye Yohannes, du journal Setit ; Said Abdulkader, journaliste du magazine Admas, et un photographe indépendant, Seyoum Tsehaye.
Le 31 mars 2002, les dix journalistes entament une grève de la faim. Dans une lettre diffusée depuis leur prison, ils déclarent vouloir ainsi protester contre leur détention illégale et réclament "leur droit à la justice". Ils demandent notamment un procès devant un "tribunal juste et indépendant". Le 3 avril, neuf d’entre eux sont transférés dans un lieu de détention inconnu. Les responsables du poste de police n°1 d’Asmara annoncent aux familles que les prisonniers ne sont plus dans leurs cellules. Ils auraient été conduits par des militaires et des officiels de la présidence dans un nouvel endroit tenu secret. Un dixième journaliste en grève de la faim, Dawit Isaac, est soigné à l’hôpital Halibet suite aux mauvais traitements qu’il aurait subis pendant sa détention, avant d’être également transféré dans un lieu inconnu. Deux autres journalistes - Selamyinghes Beyene, de Meqaleh, et Binyam Haile, de Haddas Eritrea - auraient également été interpellés à l’automne 2001.
Le 6 janvier 2002, Simret Seyoum, directeur de Setit, est arrêté près de la frontière soudanaise alors qu’il cherche à s’enfuir. Il serait détenu dans une prison de la région.
Par ailleurs, en janvier et février, trois journalistes de la presse gouvernementale sont arrêtés : Hamid Mohamed Said et Saidia, de la télévision publique Eri-TV, et Saleh Al Jezaeeri, de la radio publique Voice of the Broad Masses. Aucune explication n’est fournie par les autorités.
En août, Yemane Gebremeskel, porte-parole de la présidence, reconnaît l’emprisonnement de seulement huit journalistes pour des "préoccupations de sécurité nationale". Selon lui, ils n’ont pas été maltraités.
En septembre, le secrétaire national du People’s Front Democracy and Justice (PFDJ, au pouvoir), Alamin Mohammed Said, affirme, lors d’une visite en Arabie saoudite, que le gouvernement érythréen se prépare à juger les journalistes emprisonnés pour "trahison".



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