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Ethiopie


-  Superficie : 1 097 900 km2.
-  Population : 64 459 000.
-  Langues : amharique, oromo, tigrinya, etc.
-  Nature de l’Etat : république fédérale.
-  Chef du gouvernement : Meles Zenawi.

Ethiopie - Rapport annuel 2003

Les journalistes éthiopiens continuent de travailler dans des conditions très difficiles. Une grande partie d’entre eux sont en liberté provisoire et peuvent être emprisonnés à tout moment. Par ailleurs, l’Etat n’a toujours pas pris les mesures nécessaires à l’ouverture au privé du secteur audiovisuel.

Plus de quatre-vingts journalistes sont sous le coup de poursuites judiciaires et attendent leur procès. Tous peuvent, à un moment ou à un autre, être condamnés à une peine de prison et enfermés pour plusieurs mois. Cette pression persistante sur la plupart des directeurs de journaux éthiopiens renforce l’autocensure au sein de la presse privée. Plusieurs journalistes préfèrent se taire et ne pas faire état d’une information plutôt que d’être condamnés à une amende ou à une peine de prison et mettre ainsi gravement en danger leurs familles, dont ils constituent souvent la seule source de revenus.
Le gouvernement de Meles Zenawi et la coalition au pouvoir (le Front démocratique révolutionnaire des peuples d’Ethiopie, EPRDF) s’attachent à contrôler l’information diffusée par les médias publics, toujours en situation de monopole dans le secteur audiovisuel. Les radios et les télévisions privées, dont la création a été annoncée en janvier 2002 par le ministre de l’Information, n’existent toujours pas. Radio Fana, la station du parti au pouvoir, est la seule radio privée autorisée à émettre. Ce privilège permet à l’EPRDF de tirer d’énormes bénéfices des achats d’espaces publicitaires sur les antennes de Radio Fana. Plusieurs demandes d’attribution d’une fréquence faites par des opérateurs privés n’ont jamais abouti.
Les relations entre le gouvernement et la presse privée sont toujours très tendues. Les autorités reprochent aux médias leur manque de vérification de l’information et le peu de respect de l’éthique et de la déontologie professionnelles. Fin janvier 2002, le ministre de l’information, Simon Bereket, déclare que "tant que les médias ne présenteront pas les points forts et les points faibles du gouvernement avec équilibre, ils ne pourront pas être jugés comme des institutions responsables".

Cinq Journalistes incarcérés
Au 1er janvier 2003, au moins deux journalistes sont emprisonnés en Ethiopie.
Le 3 avril 2002, la Haute Cour fédérale condamne Lubaba Said, ancienne rédactrice en chef du journal Tarik, à un an de prison pour "fabrication de fausses nouvelles de nature à démotiver l’armée nationale et à causer des troubles dans l’esprit des gens". La journaliste est conduite, le jour même, à la prison centrale d’Addis-Abéba. Elle avait publié, plusieurs années auparavant, deux articles faisant état de la défection de membres de la garde présidentielle.
Le 10 juillet, Tewodros Kassa, ancien rédacteur en chef de l’hebdomadaire Ethiop, est condamné à deux ans de prison par la Haute Cour fédérale en vertu de la loi sur la presse. Il est reconnu coupable de "publication d’informations fabriquées pouvant inciter à la violence politique et dégradant la réputation de M. Duki". Dans un article, Tewodros Kassa rapportait que l’homme d’affaires Duki Feyssa, suspecté d’être un membre du Front de libération oromo (FLO, en lutte armée avec le gouvernement), aurait été tué par les forces de l’ordre. Le fils de Duki Feyssa a reproché au journal Ethiop d’avoir porté atteinte à la réputation de son père. Le rédacteur en chef commence à purger sa peine le jour même.

Un journaliste arrêté avant 2002 a été libéré dans l’année.
Le 4 mars 2002, Tamrat Zuma, directeur de publication de l’hebdomadaire Atkurot, est libéré après avoir payé une caution de 16000birrs (1 800euros environ). Ses conditions de détention à la prison de Kerchiele étaient particulièrement éprouvantes et le journaliste a perdu plus de dix kilos. Il souffre également de diabète. Il avait été arrêté le 15 janvier 2001 et accusé de "diffamation" et d’"incitation à la violence" pour avoir cité, dans un article, les propos de militants de l’opposition diffusés par une radio basée à l’étranger. On lui reprochait également la publication d’un article sur la mauvaise gestion d’une tannerie publique et d’une interview d’un ancien général annonçant le "renversement imminent du gouvernement". Quatre autres journalistes ont été incarcérés et libérés en 2002.
Le 6 mars 2002, Gizaw Taye Wordofa, le rédacteur en chef de l’hebdomadaire Lamrot, est interpellé par la police après avoir "publié de la littérature immorale et indécente". Lamrot diffuse des récits de mœurs et des histoires érotiques. Il est libéré le 24 juin.
Le 20 mars, Melese Shine, rédacteur en chef du journal Ethiop, est emprisonné sur ordre de la Haute Cour fédérale. On lui reproche d’avoir publié une interview d’un ancien colonel de l’armée impériale en exil au Soudan. Dans un autre article, le journaliste établissait un profil de la personnalité du Premier ministre à l’aide de déclarations d’anciens collaborateurs. Melese Shine est officiellement accusé d’avoir "diffamé le chef du gouvernement" et "interviewé un bandit qui se dit être le leader d’une organisation illégale". Le journaliste est détenu au commissariat n°4 de Woreda (Addis-Abéba). Il est libéré le 25 juin après avoir payé une caution de 12000birrs (environ 1345euros).
Fin juillet, Zegeye Haile, journaliste indépendant, est arrêté et incarcéré pour "information mensongère et diffusion de fausses nouvelles". Il avait publié un article, en 2001, sur les conditions de détention au centre pénitentiaire de Nazret (100km au sud d’Addis-Abéba). Il est libéré mi-octobre.
Mi-octobre, Wossenseged Gebre-Kidan, rédacteur en chef adjoint d’Ethiop, est arrêté sans explication. Il est libéré sous caution quelques semaines plus tard.

Un journaliste interpellé
Le 25 janvier 2002, Zekarias Tesfaye, éditeur de l’hebdomadaire privé Netsanet, est arrêté et brièvement détenu au Central Investigation Office (CIO, services de renseignements). Il est accusé de "diffamation et publication de fausses nouvelles à l’encontre de l’homme d’affaires et investisseur Sheikh Mohammed Al-Amoudi". Il est relâché après avoir payé une caution de 5000birrs (près de 600euros).

Un journaliste agressé
Le 27 décembre 2002, Yonas Wolde Senbet, reporter de Tobia, est agressé par des policiers. Son matériel est confisqué. Le journaliste couvrait une manifestation devant une église orthodoxe d’Addis-Abéba. Il est soigné pour des contusions.

Pressions et entraves
Le 1er mars 2002, Kifle Mulat, président de l’Association des journalistes de la presse libre éthiopienne (EFJA) et ancien rédacteur en chef du journal Ethio-Times, est condamné à une amende de 12 000 birrs. On lui reproche d’avoir publié un article, en 1998, affirmant que "l’enfer qui existait sous le Derg continue d’exister sous le régime actuel". Il est accusé d’avoir publié de "fausses informations" et d’avoir propagé des "informations susceptibles de troubler l’ordre public".
Le 29 avril, les autorités annoncent la fermeture de la frontière du pays avec l’Erythrée, accusant la Mission des Nations unies en Ethiopie et en Erythrée (MINUEE) d’avoir violé l’accord signé avec le gouvernement d’Addis-Abéba. Selon le vice-ministre de l’Information, Netsanet Asfaw, la MINUEE a conduit des journalistes à Badmé "non pas via l’Ethiopie mais via l’Erythrée". Les deux pays revendiquent la ville de Badmé. La mesure est levée quelques jours plus tard.
Fin juillet, le gouvernement annonce son intention de modifier la loi sur la presse de 1992 et d’instaurer un code d’éthique à destination des journalistes. L’EFJA proteste et rappelle que les chartes déontologiques doivent être rédigées et adoptées par la profession elle-même et non par l’Etat.



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