Ameriques Asie Europe Moyen-Orient Internet Nations unies
 
Gambie


-  Superficie : 11 300 km2.
-  Population : 1 337 000.
-  Langue : anglais (off.).
-  Nature de l’Etat : république unitaire.
-  Chef de l’Etat : Yahya Jammeh.

Gambie - Rapport annuel 2003

Six journalistes ont été arrêtés et le Parlement a voté une loi particulièrement répressive pour la presse. De son côté, le pouvoir fait la sourde oreille aux protestations des organisations de journalistes locales ou internationales.

Comme lors des années précédentes, l’Agence nationale de renseignements (NIA) s’en prend régulièrement aux journalistes, en toute impunité. Ses agents n’hésitent pas à perquisitionner des rédactions et à mettre aux arrêts des professionnels de la presse.
Une nouvelle loi, instaurant une Commission nationale des médias dotée de capacités de sanctions sans précédent dans le pays, est au cœur de l’actualité du second semestre 2002. Cette commission pourrait, dès sa mise en place, faire fermer un média ou lui retirer sa licence et délivrer des mandats d’arrêt contre des journalistes.
Le 3 mai, à l’occasion de la Journée internationale de la liberté de la presse, une centaine de journalistes gambiens descendent dans la rue pour protester contre l’adoption de cette loi par le Parlement. Les associations professionnelles utilisent tous les recours juridiques pour retarder la mise en place effective de cette commission, et vont jusqu’à intenter un procès contre l’Etat.

Un journaliste incarcéré
Le 19 juillet 2002, Guy-Patrick Massoloka, correspondant congolais de l’agence de presse panafricaine PANA à Banjul, est arrêté par des agents de la NIA. Selon les services de renseignements, il est maintenu en détention pour avoir publié un hebdomadaire non enregistré en Gambie. Le syndicat des journalistes gambiens (GPU) affirme n’avoir aucune preuve de l’implication supposée du journaliste dans la parution d’un journal dans le pays. Le journaliste est libéré le 1er août. A sa sortie, il déclare que les services de l’immigration lui accordent une semaine pour "régler ses affaires avant de quitter la Gambie". M.Massoloka doit quitter le pays et pourra revenir ultérieurement avec un nouveau visa.

Cinq journalistes interpellés
Le 18 mars 2002, Demba Sambou, journaliste du Daily Observer, est arrêté par des officiers de la NIA à Bansang (est du pays). Il est interrogé sur les sources de l’un de ses articles portant sur le décès d’un officier de la NIA dans un accident de moto. Demba Sambou affirme avoir été en contact avec une autre victime de l’accident. Il est finalement relâché dans la journée.
Le 19 juin, Pa Nderry M’Bai, journaliste au Point et correspondant de la Voix de l’Amérique, est arrêté par deux officiers de police pour avoir écrit un article révélant des dissensions au sein de la police suite à l’annulation d’un prêt bancaire de plus de 100000euros. Le journaliste est libéré dans la journée.
Le 3 juillet, Ebrima Sillah, correspondant de la BBC, est interpellé par un officier de la NIA. Il lui est reproché de s’être interrogé sur la lenteur de la réaction officielle du président Yaya Jammeh aux allégations de son homologue de Guinée-Bissau qui accuse la Gambie d’abriter et de former des comploteurs contre son régime. Le journaliste est relâché le soir même.
Le 2 août, Pa Ousman Darboe, journaliste du bihebdomadaire The Independent, est arrêté par des agents de la NIA, à Banjul. Le lendemain, Alhaji Yoro Jallow, directeur de publication de ce même journal, est également interpellé pendant quelques heures. Suite à la publication d’un article sur le remariage de la vice-présidente avec un retraité, ils sont accusés d’avoir porté atteinte à la mémoire de son premier mari en rappelant les démêlés qu’il avait eus avec la justice. Pa Ousman Darboe est libéré le 5 août. Aucune charge n’est retenue contre lui.

Pressions et entraves
Fin février 2002, Saloum Sheriff Janko, journaliste au Daily Observer, est déclaré persona non grata par les chefs de son village natal, Kafuta (ouest du pays), suite à la parution d’un article sur une affaire de corruption impliquant le Fonds des enfants catholiques. Saloum Sheriff Janko avait révélé qu’il manquait environ 220 000 dalasis (environ 10 000 euros) dans la caisse de l’organisation. A la suite de cet article, les responsables de la Fondation auraient menacé les habitants de Kafuta de suspendre l’aide accordée à certains d’entre eux s’ils n’engageaient pas une action contre Saloum Sheriff Janko. Le village a alors décidé d’interdire le journaliste de séjour. Ce dernier avoue avoir reçu des menaces le prévenant de conséquences désastreuses s’il revenait un jour au village.
Le 2 mai, l’Assemblé nationale adopte un projet de loi sur la Commission nationale des médias. Ce texte prévoit la création d’une instance de régulation dont le président sera nommé par le chef de l’Etat. La fonction principale de cette commission est d’examiner les plaintes déposées contre les journalistes et les organisations professionnelles, et de prononcer des sanctions. La commission peut délivrer un mandat d’arrêt contre un journaliste et l’obliger à révéler ses sources. Dès l’entrée en vigueur de cette loi, aucun média ne pourra diffuser d’informations sans une licence, renouvelable tous les ans. La commission aura le pouvoir d’ordonner la suspension ou le retrait d’une licence, voire la fermeture d’un média. Le lendemain, le Syndicat des journalistes gambiens (GPU) introduit une action en justice pour demander la vérification de la constitutionnalité de cette loi. Cette mesure suspend l’entrée en vigueur du texte. Le 25 juillet, l’Assemblée nationale adopte de nouveau ce projet de loi et apporte une seule petite modification : c’est désormais le président de la Cour suprême qui nomme le président de ladite Commission et non plus le chef de l’Etat. Le 12 octobre, le président du GPU, Demba Jawo, annonce que son organisation va intenter un procès contre le gouvernement à propos de cette commission destinée à "museler la presse indépendante". Au 1er janvier 2003, cette commission n’était toujours pas entrée en vigueur.



  liste pays afrique
Introduction Afrique - Rapport annuel 2003
01.Introduction Afrique-Rapport annuel 2003
Actualisation Afrique
Afrique du Sud
Angola
Botswana
Burkina Faso
Burundi
Cameroun
Cap-Vert
Comores
Congo
Côte d’Ivoire
Djibouti
Eryhtrée
Ethiopie
Gabon
Ghana
Guinée
Guinée équatoriale
Guinée-Bissau
Kenya
Liberia
Madagascar
Malawi
Mali
Mauritanie
Mozambique
Namibie
Niger
Nigeria
Ouganda
R.D. Congo
République centrafricaine
Rwanda
Sénégal
Seychelles
Sierra Leone
Somalie
Swaziland
Tanzanie
Tchad
Togo
Zambie
Zimbabwe

see also
Rapport annuel 2003 Maghreb / Moyen-Orient
Rapport Annuel 2003 Amériques
Rapport annuel 2003 Europe
Rapport annuel 2003 Asie