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Ghana


-  Superficie : 238 537 km2.
-  Population : 19 734 000.
-  Langue : anglais (off.).
-  Nature de l’Etat : république unitaire.
-  Chef de l’Etat : John Agyekum Kufuor.

Ghana - Rapport annuel 2003

La presse écrite, comme la presse audiovisuelle, bénéficient d’une réelle liberté. Mais les luttes de clans dans le nord du pays menacent le travail des journalistes présents dans ces régions.

L’Association des journalistes du Ghana (GJA) a été très active tout au long de l’année 2002. Ses déclarations parfois virulentes envers la presse locale ont surpris bon nombre d’observateurs. Son vice-président, Yaw Owusu-Addo, également directeur de la radio nationale, s’est notamment fait remarquer en affirmant que la moitié des journalistes du pays devraient être en prison car ils publient trop d’informations diffamatoires.
Les graves luttes de clans qui ont secoué le nord du pays au cours de l’année (une quarantaine de morts) ont eu des répercussions sur la presse. Plusieurs titres ont fait preuve d’une passion exacerbée et publié parfois des propos injurieux et calomnieux. Dans ce contexte, la GJA a adopté un "guide de conduite" à destination des journalistes ghanéens qui couvrent les situations de crise. Ce texte a pour but de "responsabiliser les journalistes" et de contrer la propagande et l’appel à la haine. Il prévoit une peine d’emprisonnement de quatorze jours pour quiconque n’observe pas ses dispositions, et permet au gouvernement de nommer un administrateur pour les médias qui ne respectent pas ce guide. Selon l’association, les radios privées, de plus en plus nombreuses, doivent également s’abstenir de laisser la libre antenne en direct à des auditeurs "agressifs, insultants ou heurtant la sensibilité des gens".
En fin d’année, la GJA est entrée en conflit avec la Commission nationale des médias (NMC) après l’annonce de trois nouvelles propositions de lois sur la presse. Selon l’association de journalistes, ces textes, préparés et proposés par la NMC, fournissent au gouvernement un nouvel outil pour interdire certains médias, censurer des informations ou emprisonner des journalistes lorsque le régime est critiqué. Ils donnent également plus de pouvoir à la NMC qui pourrait désormais agir comme une cour de justice et déterminer les sanctions pénales à appliquer contre des journalistes. L’association a demandé le retrait immédiat de ces dispositions et proposé qu’elles soient examinées par un comité comprenant des responsables de l’Etat ainsi que des experts, afin de déterminer leur conformité à la Constitution.

Sept Journalistes agressés
Le 5 avril 2002, le fondateur d’une secte fait irruption dans les studios de la station régionale Otec FM et tente d’abattre le présentateur, Blessed Godbrain Smart. L’agresseur est neutralisé par le personnel de la radio. D’après le présentateur, un reportage diffusé une semaine auparavant avait gravement mis en cause l’intégrité du gourou. En mars, celui-ci avait déjà menacé de mort le directeur de l’hebdomadaire Searchlight, Kenneth Agyie Kuranchie.
Le 19 juillet, une équipe de la chaîne TV3, dirigée par le journaliste J.K.Arthur, est agressée par un soldat dans la région d’Accra. Les journalistes suivaient un convoi de cinq cents personnes en voie de relogement après avoir fui des affrontements ethniques. Un soldat appartenant à un clan rival à celui des réfugiés a bloqué le convoi et s’en est pris aux journalistes, menaçant tous ceux qui viendraient se mêler de leurs luttes de pouvoir.
Le 2 septembre, Yaw Adofo Takyi, reporter du National Concord, est agressé par plusieurs personnes sur l’ordre de Stephen Asare, directeur d’une compagnie privée de loterie. Le journaliste a rendez-vous avec le directeur pour lui poser des questions sur des accusations de fraude concernant le dernier tirage de la loterie. M. Asare refuse de répondre aux questions du journaliste et appelle du renfort pour obliger ce dernier à lui remettre son magnétophone. Ses hommes de main ont ensuite conduit Yaw Adofo Takyi au poste de police le plus proche. Les policiers ont libéré le journaliste après quelques heures, affirmant n’avoir aucune raison de le garder plus longtemps.
Le 23 septembre, Mohammed Harruna, journaliste à l’Accra Daily Mail, est agressé par deux agents de la sécurité d’Etat dans un parking de l’hôtel La Palm Royal Beach, lors de l’inauguration d’une fondation caritative par le président John Kufuor et l’ancien chef d’Etat américain Bill Clinton. Le journaliste est accusé d’avoir assisté à la cérémonie sans autorisation. Bien que muni d’une invitation officielle du ministère de la Justice, le journaliste se voit confisquer son appareil photographique.
Le 21 décembre, Paul Adom Otchere, reporter pour Joy FM, et Owusu Agyepong, directeur du magazine Heritage, sont brutalisés par des agents de sécurité du National Democratic Congress (NDC, opposition). Les deux journalistes sont accusés de soutenir le parti au pouvoir.

Deux journalistes menacés
Le 23 mars 2002, le rédacteur en chef du magazine Crusading Guide, Kweku Baako, révèle qu’il est l’objet d’un complot visant à l’éliminer physiquement, ainsi que Margaret Amoakohene, chargée de cours à l’Institut d’études en communication de l’Université du Ghana. Le journaliste affirme que des partisans de l’ancien chef de l’Etat, Jerry Rawlings, cherchent à s’en prendre à lui. Début août, Kweku Baako et Margaret Amoakohene sont menacés de mort, pour la deuxième fois, par lettre. Selon eux, ces menaces émanent de deux groupes partisans de l’ancien chef de l’Etat. M. Baako avait dénoncé la possession d’un compte bancaire suisse par l’ancienne première dame.
Le 24 mars, le directeur de l’hebdomadaire Searchlight, Kenneth Agyie Kuranchie, annonce qu’il est menacé de mort par un pasteur de Kumasi (centre du pays). Le journaliste avait publié, quelque temps auparavant, un article mettant en doute l’authenticité de "miracles" réalisés par de jeunes pasteurs de cette région.

Pressions et entraves
Le 31 mars 2002, le gouvernement décide que toutes les informations concernant les violences claniques au sein de l’ethnie Dagomba (nord du pays) doivent être préalablement soumises au ministère de l’Information. Le gouvernement explique qu’au nom de la loi sur les pouvoirs d’urgence de 1994, il peut "interdire toute information venant de, ou concernant une zone affectée par l’état d’urgence". Selon les autorités, certains médias se sont livrés à des reportages "hautement explosifs", parfois "calculés". Le 25 mars, des violences avaient éclaté entre les clans Andani et Abudu de l’ethnie Dagomba. Deux jours plus tard, le roi de l’ethnie, Yakubu AndaniII, ainsi qu’une quarantaine d’autres personnes, avaient été tués à Yendi (nord du pays), poussant le président John Kufuor à imposer l’état d’urgence.



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