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Guinée


-  Superficie : 245 860 km2.
-  Population : 8 274 000.
-  Langues : français (off.).
-  Nature de l’Etat : république unitaire.
-  Chef de l’Etat : Lansana Conté.

Guinée - Rapport annuel 2003

La Guinée est toujours à la traîne en matière de libéralisation du secteur audiovisuel. L’Etat conserve son monopole sur la radio et la télévision, et maintient sa pression sur la presse privée.

Malgré les appels répétés de plusieurs gouvernements étrangers et du Conseil national de la communication (CNC), il n’existe toujours pas de station de radio ni de chaîne de télévision privées dans le pays. De plus, les médias audiovisuels publics restent sous le contrôle étroit des autorités. Les différentes sensibilités politiques ont un accès inégalitaire à la télévision et à la radio d’Etat. Dès qu’une échéance électorale se rapproche, cette tendance se renforce et les médias publics se consacrent exclusivement aux manifestations de soutien au président de la République, Lansana Conté, ou à son gouvernement. De très nombreux reportages ou spots de publicité sont consacrés à la campagne du candidat du parti au pouvoir.
En revanche, les autorités ont mis un frein à l’arbitraire qui régnait jusque-là en matière de répression des délits de presse. En août 2002, le ministre de la Justice, Abou Camara, annonce qu’il est désormais interdit à la police judiciaire d’arrêter des journalistes pour des délits de presse. Les reporters coupables de ces délits devront désormais comparaître en citation directe devant les tribunaux. Le ministre exige d’être informé de toute condamnation à une peine de prison afin de vérifier l’opportunité et la légalité de la procédure engagée.

Un journaliste incarcéré
Le 19 décembre 2002, Boubacar Yacine Diallo, journaliste et fondateur du bimensuel indépendant L’Enquêteur, est interpellé et conduit dans les locaux de la gendarmerie de Conakry. Il lui est reproché d’avoir publié un article faisant état de la démission de l’inspecteur général des armées, le colonel Mamadou Baldé. L’officier a démenti cette information et accusé ses détracteurs de "vouloir l’enfoncer". Le 3 janvier 2003, Yacine Diallo est placé en liberté provisoire.

Deux journalistes interpellés
Le 29 janvier 2002, Alcoumba Diallo, fondateur et directeur de publication de l’hebdomadaire L’Aurore, est arrêté par les forces de l’ordre et conduit à la gendarmerie de Kaloum. Il est interrogé par le commandant Soumah, aide de camp du président Lansana Conté, à propos d’un article affirmant que certains navires de la Marine nationale appartiennent à la famille du chef de l’Etat. Le journaliste est libéré le 1er février, aucune charge n’est retenue contre lui.
Le 3 août, Funmi Olowofoyeku, collaboratrice de la Deutsche Welle, est arrêtée à Farannah (centre du pays) alors qu’elle revient du Liberia où elle couvre la guerre depuis début juin. Elle est relâchée le lendemain matin après avoir été interrogée sur les motifs de sa venue en Guinée et sur ses différentes activités. Selon elle, un dialecte local est utilisé la plupart du temps par les autorités afin de rendre plus compliqué le travail des journalistes africains venus d’autres pays.

Pressions et entraves
Le 17 mai 2002, plusieurs journalistes de la presse privée sont expulsés de l’aéroport de Gbessia, alors qu’ils souhaitent couvrir l’arrivée en Guinée de l’émir du Qatar, Cheikh Hamed Ben Khalifa al-Thani. Selon un journaliste présent sur les lieux, c’est un cameraman de la présidence qui a demandé à la police de faire évacuer les reporters de la presse privée. Les médias d’Etat sont autorisés à rester à l’aéroport et, dans les jours qui suivent, couvrent normalement le séjour de l’émir.
Le 1er août, des exemplaires de plusieurs journaux locaux - Le Lynx, La Lance, L’Œil du Peuple, L’Indépendant, L’Observateur, La Nouvelle Tribune - et d’hebdomadaires internationaux sont saisis par des membres de la Compagnie mobile d’intervention de la sécurité (CMIS) dans les rues de Conakry. Des vendeurs de journaux sont conduits au siège de la CMIS. Selon des journalistes guinéens, ces mesures seraient liées à la publication d’un communiqué du gouvernement américain très sévère envers les résultats des élections législatives du 30 juin 2002. La presse locale avait également qualifié ce scrutin de "mascarade électorale".
Début septembre, l’hebdomadaire panafricain basé en France Jeune Afrique-L’Intelligent est censuré par les autorités. Les exemplaires de l’édition 2173 du 2 au 8septembre 2002 sont saisis sur ordre du ministère de l’Administration du territoire. Le magazine publiait un long portrait du président de la République, Lansana Conté, critiquant notamment sa "conception militaire" du pouvoir.
Le 2 décembre, l’hebdomadaire L’œil du Peuple est suspendu pendant trois mois par le CNC, sans explication. Le 10 décembre, le CNC suspend trois autres journaux privés. La Croisade est interdite de parution pendant deux mois pour avoir publié un article sur la liquidation de la compagnie nationale Air Guinée et la mise au chômage de 200 employés de la société. Même peine pour Le Défi qui a notamment publié un article intitulé "Présidentielle 2003 : Pourquoi le général Conté doit partir..." Le Diplomate est quant à lui suspendu pour trois mois. Aucune explication n’est fournie.
Le 18 décembre, Abdoulaye Condé, directeur de publication de La Nouvelle Tribune, est convoqué et entendu dans le bureau de l’aide de camp du président Lansana Conté. Il est accusé d’avoir publié un article intitulé "Qui a tué Conté ?" relatant le récit du voyage du chef de l’Etat à Djeddah (Arabie saoudite), au cours duquel il serait tombé malade. Le journaliste est relâché le jour même et aucune charge n’est retenue contre lui.



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