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Guinée-Bissau


-  Superficie : 36 120 km2.
-  Population : 1 227 000.
-  Langue : portugais (off.).
-  Nature de l’Etat : république unitaire.
-  Chef de l’Etat : Kumba Yala.

Guinée-Bissau - Rapport annuel 2003

Les journalistes bissau-guinéens ou étrangers qui se montrent trop critiques envers le président Kumba Yala s’exposent aussitôt à la répression des autorités. La censure est l’arme préférée du gouvernement soucieux d’améliorer son image, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays.

Chaque année, on prend les mêmes et on recommence : le directeur de Correio de Bissau (ex-Diario de Bissau) et la radio privée Bombolom FM sont toujours les cibles privilégiées du régime du président Kumba Yala. Toute critique du chef de l’Etat ou de son entourage expose son auteur à une sévère répression des autorités, et notamment du procureur de la République, Caetano N’Tchama. Ce dernier se pose en véritable censeur. Déjà, en 2001, il avait ordonné la fermeture de plusieurs journaux privés et menacé personnellement certains journalistes. En 2002, il tente à nouveau de mettre au pas la presse indépendante ou d’opposition.
La presse privée, affaiblie par les attaques du pouvoir, souffre également d’un marché inexistant. Les annonceurs sont extrêmement peu nombreux et les journaux se vendent mal. Un taux d’analphabétisme important et un pouvoir d’achat très faible expliquent que la population se tourne vers les radios privées, plus accessibles.
De leur côté, les médias publics font leur travail de propagande au service du gouvernement. Cependant, comme chaque année depuis la reprise de leurs activités en 1999, des journalistes de la radio ou de la télévision publiques se mettent en grève pour protester contre leurs conditions de travail et demander le paiement de plusieurs mois d’arriérés de salaires. En 2002, les employés de la seule imprimerie du pays ont également fait grève pendant trois mois, empêchant les quatre quotidiens du pays de paraître. Le 2 décembre, la coopération française a accordé 300 000 euros à la télévision bissau-guinéenne pour sa restructuration, la formation de son personnel et l’acquisition de matériel. L’accord prévoit également la privatisation partielle de la TVGB.
Les relations entre la Guinée-Bissau et le Portugal, ancien colonisateur, restent tendues. En décembre, soucieux de préserver son image à l’étranger, le gouvernement de Bissau a suspendu la diffusion des programmes de la télévision publique portugaise et expulsé le chef du bureau local de la chaîne.

Deux journalistes interpellés
Le 17 juin 2002, Joao de Barros, directeur de publication du quotidien privé Correio de Bissau, est interpellé par des agents de la sécurité. Il est aussitôt conduit à la prison centrale de Bissau. Le lendemain, il annonce qu’il entame une grève de la faim "jusqu’à ce qu’on fasse la lumière" sur cette affaire. On lui reproche d’avoir critiqué le chef de l’Etat sur les ondes de la station privée Bombolom FM. Le journaliste avait notamment qualifié de "catastrophique" un discours du président Kumba Yala dans lequel ce dernier accusait la Gambie de préparer un coup d’Etat contre lui. Selon Joao de Barros, le "gaspillage des fonds publics", qui servent plus à acheter des "voitures de luxe" aux dirigeants qu’à lutter contre la pauvreté extrême de la population, pourrait être à l’origine de ces supposées tentatives de renversement du régime. Le journaliste est libéré le 19 juin dans la soirée, après avoir été entendu par un juge d’instruction.
Le 20 juin, Nilson Mendonca, journaliste de la radio nationale (RDN), est interpellé après avoir annoncé à l’antenne que le président guinéen allait présenter ses excuses à la Gambie. Kumba Yala avait accusé publiquement les autorités gambiennes de soutenir des opposants bissau-guinéens qui prépareraient un coup d’Etat pour le renverser. Le journaliste est libéré le lendemain.

Pressions et entraves
Le 4 février 2002, le directeur de la radio privée Bombolom FM et le directeur de l’organisation locale Aide et développement comparaissent devant le procureur général pour être interrogé sur les statuts de la radio et ceux d’une station communautaire, Voz de Quelele, sponsorisée par l’association.
Fin mars, ordre est donné à tous les médias du pays, par le procureur Caetano N’Tchama, de ne pas publier d’informations provenant de la Ligue guinéenne des droits de l’homme (LGDH). Il leur interdit de publier les communiqués de l’association et de couvrir ses conférences. Le procureur lève cette mesure le 30 mai.
Dans le même temps, le président Kumba Yala menace à demi-mot la station de radio privée Bombolom FM, qui a donné la parole à Alexandre Djiba, ancien porte-parole du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC), peu avant son arrestation. "Nous savons qu’une radio locale lui a donné l’occasion de raconter sa vie, mais tout sera tiré au clair", déclare le chef de l’Etat.
Le 5 août, Carlos Vamain, animateur sur la radio privée Pidjiquiti, est entendu par le procureur de la République après avoir dénoncé à l’antenne, le 28 juillet, la concentration du pouvoir entre des hommes de l’ethnie du chef de l’Etat. Le journaliste est accusé d’avoir tenu des propos "diffamatoires et incitant à la haine raciale". Quelques semaines auparavant, la police avait déjà interrogé Carlos Vamain et l’avait condamné à payer une amende de 3 millions de francsCFA (4 573 euros). Il lui était également interdit de quitter le territoire. Du 13 au 15 août, l’animateur se réfugie dans les locaux des Nations unies à Bissau.
Le 1er décembre, la chaîne publique portugaise Radiotelevisao Portuguesa (RTP) est interdite d’activité en Guinée-Bissau pour une période indéterminée, selon le secrétariat d’Etat à l’Information. Les autorités reprochent à la RTP d’avoir diffusé des "éléments qui ne sont pas de nature à soigner la bonne image de la Guinée-Bissau à l’extérieur et susceptibles d’attiser la colère dans le pays". La chaîne publique portugaise avait diffusé, la veille au soir, une rétrospective consacrée au deuxième anniversaire de la mort du général Ansumane Mané, l’ex-chef de la rébellion de 1998, tué en novembre 2000, suite à une tentative de coup d’Etat contre le président Kumba Yala. Le 6 décembre, Joao Perreira Da Silva, chef du bureau de la RTP à Bissau, reçoit l’ordre de quitter le pays dans les 48 heures. Il est accusé de ne pas avoir respecté un membre du gouvernement. L’expulsion du journaliste est une condition imposée par le gouvernement de Bissau avant toute négociation pour la reprise de la diffusion des programmes de la chaîne portugaise. Cette décision "vise à permettre aux deux parties de faire en sorte que les programmes de la chaîne reflètent avec dignité, impartialité et objectivité absolue la réalité politique, économique et socioculturelle de la Guinée-Bissau", affirme le gouvernement. Le ministère portugais des Affaires étrangères annonce, le 11 décembre, son intention de protester contre l’expulsion du journaliste.



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