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Guinée équatoriale


-  Superficie : 28 050 km2.
-  Population : 469 000.
-  Langues : français (off.), espagnol.
-  Nature de l’Etat : république unitaire.
-  Chef de l’Etat : Teodoro Obiang Nguema.

Guinée équatoriale - Rapport annuel 2003

La presse n’est toujours pas libre en Guinée équatoriale. Les journalistes indépendants sont constamment harcelés et plusieurs ont fui le pays par peur des représailles. Le gouvernement conserve une mainmise totale sur les médias publics.

Les deux premières mesures prises par le gouvernement en début d’année sont encourageantes : le 22 janvier 2002, il autorise la parution de La Nacion, un nouveau quotidien indépendant, et le 29, la Commission interministérielle chargée des droits de l’homme annonce la suppression des visas de sortie pour tout citoyen équato-guinéen désirant se rendre à l’étranger.
Quelques jours plus tard, fait rare, les médias d’Etat critiquent l’action du gouvernement. Le quotidien Ebano reproche le manque de logements sociaux dans le pays et la radio-télévision se demande pourquoi l’Etat n’a pas doublé les salaires des fonctionnaires, comme il l’avait promis quelques mois auparavant. Aussitôt, le ministre de l’Information, Lucas Nguema Esono, convoque tous les responsables de la presse publique pour leur rappeler qu’ils doivent respecter une stricte ligne éditoriale. Un journaliste de la radio est sanctionné. Il ne perçoit pas son salaire de février.
La situation se durcit au printemps. En avril, la Commission des droits de l’homme des Nations unies met fin au mandat du rapporteur spécial pour la Guinée équatoriale. La Commission se "félicite de la volonté manifestée par le gouvernement équato-guinéen de mettre en œuvre un plan d’action national dans le domaine des droits de l’homme". Désormais, le gouvernement d’Obiang Nguema a les mains libres. Il en profite aussitôt et prend des mesures extrêmement répressives. Le 23mai, s’ouvre à Malabo le procès de 144 prévenus accusés "d’attentat contre le chef de l’Etat, conspiration et incitation à la rébellion". Les dirigeants des principaux partis d’opposition figurent sur le banc des accusés. La presse n’est pas la bienvenue aux audiences. Des agents de la garde présidentielle et des forces de l’ordre menacent verbalement les journalistes de la presse indépendante et ces derniers ne trouvent que très difficilement des places dans la salle car elles sont réservées aux journalistes des médias officiels. Le 2 juin, le correspondant de l’Agence France-Presse (AFP) est interdit d’accès au tribunal. Le 9juin, soixante-huit personnes, dont les principaux opposants du pays, sont condamnées à des peines de six à vingt ans de prison.
Le 18 décembre, le président de la République Teodoro Obiang Nguema est réélu avec 97,1 % des voix. Pendant la campagne électorale, le candidat sortant était omniprésent à la télévision nationale qui n’a pas couvert les meetings de l’opposition.

Un journaliste agressé
Mi-septembre 2002, Eusebio Ndong Nsue, journaliste à El Correo, est agressé par des policiers municipaux, alors qu’il tente de les photographier en train de procéder à la fermeture d’un restaurant à Malabo. Les policiers essaient de lui arracher son matériel, mais des passants interviennent en faveur du journaliste. Ce dernier s’en sort avec la chemise déchirée.

Pressions et entraves
Le 30 avril 2002, les autorités interdisent à l’hebdomadaire indépendant La Opinion et à l’Association de la presse de Guinée équatoriale (ASOPGE) d’organiser les activités (expositions, conférences, etc.) programmées à l’occasion de la Journée internationale de la liberté de la presse, le 3 mai.
Le 6 mai, le vice-ministre de l’Information, Alfonso Nsue Mokuy, demande la fermeture de l’ASOPGE. Il affirme que l’association ne doit pas être un "gouvernement parallèle" et doit organiser toutes ses activités en collaboration avec le ministère. Quelques jours auparavant, l’ASOPGE avait accusé le ministère de l’Information de porter atteinte à la liberté de la presse.
Le 22 mai, le vice-ministre de l’Information annonce son intention d’obliger les correspondants de la presse étrangère à se munir d’une accréditation officielle délivrée par le ministère. Cette accréditation temporaire sera obligatoire et renouvelable "selon les cas".
Le 29 mai, un photographe du journal La Opinion se fait confisquer son matériel par les forces de l’ordre.
Le 1er juin, Rodrigo Angue Nguema, correspondant de l’AFP, de la British Broadcasting Corporation (BBC) et de l’agence Panapress, et Pedro Nolasco Ndong, directeur de l’hebdomadaire La Nacion et président de l’ASOPGE, sont menacés par des agents de la garde présidentielle de se voir interdire l’accès à la salle du procès des 144opposants, s’ils continuent à "avoir des contacts" avec les accusés. Selon Rodrigo Angue Nguema, on lui reproche de s’intéresser de trop près aux violences subies par les prévenus. Le lendemain, des policiers lui interdisent l’accès à la salle parce que le journaliste a emprunté un "trottoir interdit" par les forces de l’ordre.
Dans la nuit du 9 au 10 juillet, Pedro Nolasco Ndong fuit le pays car il se sent menacé par les autorités. Le mois précédent, il avait diffusé sur Internet des articles dénonçant "l’état de santé et les conditions inhumaines de détention" des personnes condamnées pour complot contre le régime.
Mi-septembre, Pedro Nolasco Ndong, exilé en Europe, accuse Nze Nfumu, le secrétaire général du parti au pouvoir (PDGE) d’avoir rencontré le vice-ministre de l’Information en vue de démanteler le directoire de l’ASOPGE et le remplacer par un autre sous leur contrôle. Le 20 septembre, M.Nze Nfumu dément cette accusation. Le 26, un directoire provisoire est désigné pour diriger l’ASOPGE. Trinidad Morgades Besari, directrice de El Correo, hebdomadaire privé proche du pouvoir, est nommée présidente. Le directeur de la radio nationale, le directeur général de la presse et un conseiller à la présidence en charge de l’information font également partie de ce nouveau directoire. Aucun des fondateurs et anciens responsables de l’association n’avait été prévenu de cette décision.



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