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Madagascar


-  Superficie : 587 040 km2.
-  Population : 16 437 000.
-  Langues : malgache, français.
-  Nature de l’Etat : république unitaire.
-  Chef de l’Etat : Marc Ravalomanana.

Madagascar - Rapport annuel 2003

Une crise politique grave et l’affrontement des militants des deux prétendants à la magistrature suprême n’ont pas été sans répercussions pour la presse locale. Plusieurs journalistes accusés de faire le jeu de l’ancien président ou du nouveau ont été agressés par des sympathisants du camp adverse.

Dès le début de l’année 2002, le pays entame l’une des plus graves crises de son histoire moderne. Après l’élection présidentielle du 16 décembre 2001, le candidat de l’opposition et maire d’Antananarivo, Marc Ravalomanana, affirme qu’il a remporté le scrutin et refuse de participer au second tour. Selon lui, son camp a obtenu plus de 52 % des suffrages. Le président en place, Didier Ratsiraka, refuse de se soumettre. S’ensuit alors une longue crise politique qui aboutit, au mois de mars, à une véritable partition du pays et à un blocus économique de la capitale. Pendant plusieurs semaines, Madagascar a deux gouvernements, deux capitales et deux chefs d’Etat.
Les deux prétendants à la présidence mesurent tout de suite l’importance d’avoir leurs propres moyens d’informations. D’un côté, le président en place et son gouvernement contrôlent la radio et la télévision nationales ; de l’autre, Marc Ravalomanana dispose de son propre réseau de médias audiovisuels, Madagascar Broadcasting Services (MBS). A la fin janvier, une manifestation organisée par le maire d’Antananarivo se rend devant le siège de la radio-télévision publique, le seul réseau à couvrir l’ensemble du territoire. Aussitôt, par crainte de dérapages, la direction promet un meilleur accès de l’opposition aux médias d’Etat. Dans la soirée, la radio nationale RNM et la télévision TVM diffusent les discours de membres du comité de soutien à Marc Ravalomanana.
Privés d’informations après la coupure de la TVM et de la RNM, le 25 février, les habitants de certaines provinces isolées n’ont d’autres moyens que de téléphoner à leurs familles ou à des amis dans la capitale pour savoir ce qui se passe dans le pays. Les rumeurs sont prises pour argent comptant et la désinformation guette la population. Mais le 7 mars, les médias d’Etat reprennent leur diffusion avec pour objectif de "respecter le pluralisme de l’information et de donner la parole à toutes les sensibilités politiques du pays".
La crise et le blocus économique de la capitale par les forces soutenant Didier Ratsiraka, en juin, affaiblissent gravement une presse déjà fragile. Les recettes publicitaires chutent vertigineusement, le prix du papier augmente et les journaux ne sont plus distribués dans tout le territoire. Les principaux quotidiens malgaches, contraints de réduire leur pagination, mettront de longs mois à se remettre de cette période noire.
Internet est le seul média à bénéficier de cette situation. Avides d’informations, les Malgaches présents au pays et ceux de la diaspora se précipitent tous les jours sur les sites des quotidiens locaux. Les fournisseurs d’accès enregistrent tous une augmentation des connexions et des abonnements. Par ailleurs, les deux candidats à la présidence utilisent Internet pour diffuser "leur" vérité. Chaque camp dispose de son propre site.
La situation s’apaise pendant l’été. Petit à petit, les choses rentrent dans l’ordre et les journalistes retrouvent des conditions de travail normales. Cependant, certains d’entre eux se montrent prudents quant à l’évolution de la liberté de la presse dans leur pays et craignent l’apparition de nouvelles formes de pression.

Trois journalistes incarcérés
Le 30 mai 2002, une fusillade éclate à l’aéroport d’Amborovy. Des militaires sont venus nettoyer la piste encombrée de déchets disposés volontairement par les partisans de Didier Ratsiraka qui souhaitent empêcher l’atterrissage d’avions militaires. Deux journalistes sont interpellés par les gendarmes dans la confusion qui suit cette fusillade. Jimmy Belafonte et Hary Rakotondramanana, de la radio-télévision privée RTA-Kalizy, sont frappés et conduits à la gendarmerie de Mahajanga (nord du pays). Le premier est libéré rapidement. Quelques jours plus tard, Claude Pagès, le directeur de la RTA-Kalizy et maire de la ville, est brièvement interpellé. Hary Rakotondramanana est finalement libéré le 12juin après deux semaines de détention dans les locaux de la gendarmerie.
Début juin, Mahiliala, journaliste de Radio Cactus, est interpellé par les forces de l’ordre à Ambovombe (sud du pays). Aucune explication n’est fournie par les autorités. Le journaliste est libéré quelques jours plus tard.
Mi-août, Nestor Rasolofonjatovo, ancien correspondant de la TVM à Toamasina, puis journaliste de la radio FMA dirigée par l’ancien vice-Premier ministre du gouvernement de Didier Ratsiraka, est arrêté. Aucune explication n’est fournie, mais selon des observateurs locaux, son arrestation serait liée à certaines déclarations du journaliste lors de la crise. Il est mis en liberté provisoire quelques jours plus tard.

Trois journalistes agressés
Le 17 février 2002, une équipe de la MBS est agressée à Brickaville (est de la capitale) par des sympathisants du président Didier Ratsiraka. Le cameraman Louis Rakotonomenjanahary, et les deux journalistes Andry Rakotosolofo et Tahiritiana Ranaivosoa sont retenus pendant quelques heures par leurs agresseurs avant d’être libérés. Il leur est reproché de travailler pour les médias de Marc Ravalomanana.

Journalistes menacés
En mars 2002, Narcisse Randriamirado, correspondant du quotidien Madagascar Tribune à Antsiranana (nord du pays) est menacé à plusieurs reprises par les autorités locales. Le journaliste se réfugie dans la clandestinité pendant quelques jours.
En mai, plusieurs correspondants de la presse locale se plaignent de recevoir des menaces à Toliara (sud du pays), Toamasina (est de la capitale) ou Antsiranana. Certains ne signent plus leurs articles par peur des représailles et d’autres ont été convoqués par les autorités provinciales pour s’expliquer sur des articles jugés "tendancieux".

Pressions et entraves
Le 2 février 2002, le lieutenant-colonel Coutiti, conseiller du ministre de l’Information pour les questions de sécurité, confisque le matériel de la radio privée FM91, à Nosy Be (île dans le nord du pays), et ferme la station sans aucune autorisation officielle. FM91 est la propriété d’un conseiller provincial partisan de Marc Ravalomanana.
Le 20 février, des lycéens en grève saccagent, à jets de pierres, les locaux de la station Amoron’i Mania Radio-Television (ART) à Ambositra les Roses (au sud d’Antsirabe, centre du pays). Les élèves protestent contre la couverture trop partisane de la station, propriété du Premier ministre du gouvernement nommé par Didier Ratsiraka.
Dans la nuit du 23 février, une dizaine d’hommes encagoulés attaquent les locaux de la radio de la MBS à Fianarantsoa (300 km au sud d’Antananarivo). Les bureaux sont incendiés et trois gardiens de nuit sont grièvement blessés. Aussitôt, les bureaux de la MBS dans la localité proche d’Antsirabe renforcent leur sécurité par crainte d’une attaque similaire. "Depuis trois jours, nous sommes cloîtrés dans les locaux de la station, car nous craignons pour notre sécurité", déclare le rédacteur en chef.
Le 27 février, les locaux de Radio Tsiokavao sont incendiés par des sympathisants de Marc Ravalomanana. Les bureaux de la station sont totalement détruits par les flammes. Radio Tsiokavao soutient Didier Ratsiraka. "Nous avons fait cela pour répondre à l’incendie de la radio MBS", déclare l’un des auteurs de l’incendie.
Le 16 mars, des militaires saccagent les locaux de Radio Soleil, propriété d’un député pro-Ravalomanana, à Sambava. Deux jours plus tard, les mêmes militaires reviennent dans la station pour détruire le matériel restant.
Le 8 avril, la station privée RTA annonce qu’elle supprime son flash d’information suite à des "menaces téléphoniques" et des "menaces contre les journalistes". Selon un communiqué, la radio avait pris la liberté "d’informer tout court et de ne pas informer pour ou contre une personne, ni une entité ou un parti". La direction ajoute que des reporters de la RTA ont notamment été menacés alors qu’ils couvraient l’incendie de la maison d’un ministre par des militants pro-Ravalomanana. La chaîne reprend la diffusion de ses bulletins d’informations fin avril.
Le 12 avril, le gouverneur de la province de Toliara, Jean de Dieu Maharante, interdit la vente des quotidiens nationaux dans sa juridiction, sans explication. Cette mesure est levée quelques semaines plus tard et les journaux sont à nouveau distribués dans cette province.
Le 29 avril, la radio-télévision RTA-Kalizy diffuse en direct le discours du président de la Haute Cour constitutionnelle qui proclame la victoire de Marc Ravalomanana à l’élection présidentielle. Le lendemain, le domicile du directeur de la station à Majunga est victime d’une tentative de cambriolage et la rédaction reçoit des menaces. Pendant deux jours, la RTA-Kalizy décide de ne plus diffuser ses journaux d’informations.
Le 6 mai, des individus non identifiés coupent les câbles d’alimentation des émetteurs des chaînes de télévision privées RTA-Kalizy et M3TV, à Majunga. Les deux médias ne peuvent pas émettre pendant une journée, le temps que leurs techniciens réparent les émetteurs.
Dans la nuit du 26 mai, des personnes non identifiées tentent d’attaquer l’antenne de la chaîne de télévision Super TV et de la radio Canal 6, deux médias proches de Didier Ratsiraka. Les assaillants sont dispersés par des militaires. Un mois plus tard, Canal 6 et Super TV cessent définitivement d’émettre.



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