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Malawi


-  Superficie : 118 480 km2.
-  Population : 11 572 000.
-  Langues : anglais, chichewa.
-  Nature de l’Etat : république unitaire.
-  Chef de l’Etat : Bakili Muluzi.

Malawi - Rapport annuel 2003

Les violences politiques qui secouent le pays touchent également les journalistes. Trois d’entre eux ont été agressés et trois autres menacés. Ni le chef de l’Etat ni les responsables du parti au pouvoir ne cherchent à apaiser la situation.

Alors que la Constitution n’autorise que deux mandats présidentiels consécutifs, le chef de l’Etat, Bakili Muluzi, souhaite se présenter pour un troisième mandat à l’élection présidentielle de 2004. Le débat autour de la réforme de la Constitution et du troisième mandat du Président a eu de graves répercussions sur la presse. Plusieurs journalistes ont été agressés ou menacés après avoir abordé ce sujet. Excédé, le chef de l’Etat décrète, fin mai 2002, que toute manifestation sur cette question est interdite. Quelque temps plus tard, le Président durcit encore le ton et s’insurge contre le "journalisme irresponsable" des journaux d’opposition The Chronicle et Daily Times. Finalement, le Parlement tranche la question en juillet et s’oppose à une modification de la Constitution.
Le parti au pouvoir (United Democratic Front, UDF) continue de régler par la violence ses contentieux avec la presse d’opposition. En septembre, une organisation locale de défense de la liberté d’expression annonce que le parti au pouvoir aurait décidé de réduire au silence un certain nombre de journalistes locaux qui constitueraient une menace pour le gouvernement. L’UDF dément catégoriquement ces accusations. Dans ce climat de violence, un journaliste est tué, en août, sans qu’il soit possible d’établir un lien avec ses activités professionnelles.
Craignant un durcissement de la situation, la section locale de l’Institut des Médias d’Afrique Australe (MISA) met en place, le 15 octobre, un fonds d’assistance juridique afin d’aider les médias et les journalistes à louer les services d’un avocat s’ils sont poursuivis.

Un journaliste tué
Le 8 août 2002, Don Kulapani, journaliste free-lance et ancien collaborateur du Chronicle, est assassiné. Il se trouve dans un bar de la capitale, Lilongwé, quand des bandits armés font irruption. Ils font feu, blessant le journaliste, puis lui assènent de nombreux coups de couteau. Ils dérobent ensuite des caisses de bière, du matériel de musique ainsi que la recette avant de prendre la fuite. Don Kulapani décède des suites de ses blessures. Au 1er janvier 2003, rien ne permet d’affirmer que ce meurtre a un lien avec les activités professionnelles du journaliste.

Trois journalistes agressés
Le 22 février 2002, des inconnus pénètrent dans les locaux du journal The Chronicle, à Lilongwé, et enlèvent le journaliste Mallick Mnela. Le directeur de la publication, Robert Jamieson, poursuit les agresseurs et prévient la police qui leur ordonne de se rendre au commissariat le plus proche. Les agresseurs - des membres de l’UDF, selon Robert Jamieson - accusent les journalistes du Chronicle de publier des articles critiques envers le président Muluzi et le parti au pouvoir. Mallick Mnela repart librement du poste de police.
Le 21 août, Bright Sonani, journaliste au Malawi News, est agressé par trois hommes non identifiés. Ces derniers l’accusent d’écrire des articles critiques envers le gouvernement.
Le 24 octobre, Gideon Munthali, journaliste au Daily Nation, est frappé par Fidson Chisesere, un membre du Parlement, dans les couloirs de l’Assemblée nationale. Ce dernier accuse le reporter de vouloir détruire son image et le menace de mort. Gideon Munthali venait de lui demander de commenter une pétition d’électeurs le priant de voter contre le projet de loi sur le troisième mandat du président de la République. Après l’incident, le journaliste dépose plainte contre le parlementaire.

Trois journalistes menacés
Début janvier 2002, Brian Ligomeka, correspondant de l’agence de presse sud-africaine African Eye News Service, apprend que la police est à sa recherche. Les forces de sécurité auraient contacté l’un des amis du journaliste pour savoir où se trouve ce dernier. Brian Ligomeka avoue "vivre dans la peur permanente". Déjà agressé et menacé en 2001, il a été accusé de faire partie d’un groupe de l’opposition très critique envers le président Bakili Muluzi. La police lui avait alors reproché d’écrire des "histoires stupides" sur le chef de l’Etat et son gouvernement.
Le 20 mai, quelques milliers de militants de l’UDF, le parti au pouvoir, se réunissent devant les locaux de la maison d’édition Blantyre Newspaper Limited, qui édite deux journaux proches de l’opposition, le quotidien Daily Times et l’hebdomadaire Malawi News. La foule menace notamment deux journalistes - Mabvuto Banda et Akimu Kaingana - qui ont publié des articles contre la candidature du président Bakili Muluzi à un troisième mandat présidentiel en 2004. Tous les journalistes du groupe se calfeutrent dans leurs bureaux jusqu’à ce que la foule se disperse, sans incident majeur. Un des employés est toutefois agressé alors qu’il tente de relever les numéros d’immatriculation des véhicules des manifestants.

Pressions et entraves
Le 13 mars 2002, des agents du Malawi Revenue Authority (MRA, administration de collecte des impôts) prennent d’assaut les bureaux de la Blantyre Printing and Publishing (BP&P), une société d’impression appartenant au même groupe que les journaux d’opposition Daily Times et Malawi News. Les agents confisquent des véhicules. Quelques jours auparavant, le Daily Times s’était interrogé sur les motivations qui avaient poussé le Président à accorder une aide financière extraordinaire à la télévision nationale, partiellement détruite par un incendie, alors qu’une famine sévit dans le pays. Un responsable du MRA a nié toute motivation politique dans la confiscation des véhicules et a expliqué que la BP&P avait des arriérés de taxes.
Le 13 juin, l’Autorité de régulation des communications du Malawi (Malawi Communications Regulatory Authority - MACRA) adresse un avertissement à la station de radio de l’Institut de journalisme du Malawi, MIJ FM. La MACRA exhorte la radio étudiante à mettre un terme aux "anomalies" de leurs reportages et menace de lui retirer sa licence dans le cas contraire. Selon certains observateurs, les "anomalies" seraient des éditoriaux sur le projet de réforme de la Constitution concernant la limitation des mandats présidentiels.
Une semaine plus tard, la police interdit un débat public organisé par le Press Club de Lilongwé, sur ce projet de réforme constitutionnelle, où devaient intervenir des journalistes, des hommes politiques et des représentants de la société civile. La police a interdit au Press Club d’organiser un autre débat sur cette question.



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