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Mozambique


-  Superficie : 783 080 km2.
-  Population : 18 644 000.
-  Langue : portugais (off.).
-  Nature de l’Etat : république.
-  Chef de l’Etat : Joaquim Chissano.

Mozambique - Rapport annuel 2003

Au Mozambique, l’année 2002 marque un tournant pour la liberté de la presse : deux ans après l’assassinat du journaliste Carlos Cardoso s’ouvre le procès des suspects.

En novembre 2002, débute le procès des assassins présumés de Carlos Cardoso. Tout le pays attendait impatiemment ce qui est considéré comme un véritable événement national. Carlos Cardoso était le journaliste le plus connu du Mozambique et, parmi les suspects, figurent trois hommes d’affaires très importants et très influents. Dès l’ouverture des débats, le procès connaît un véritable rebondissement quand l’un des prévenus accuse le fils du chef de l’Etat d’avoir une responsabilité dans l’assassinat du journaliste.
Depuis la mort de Carlos Cardoso, en novembre 2000, beaucoup de professionnels de la presse affirment ne plus travailler de la même manière. Certains sujets sont devenus plus difficiles et plus risqués à traiter et l’autocensure a pris une proportion inquiétante.

Nouvelles informations sur un journaliste tué avant 2002
Dans la nuit du 1er septembre 2002, l’un des six suspects inculpés de l’assassinat du journaliste Carlos Cardoso, Anibal Antonio dos Santos Junior, plus connu sous le surnom d’Anibalzinho, s’évade de la prison de haute sécurité de Maputo. La police ne donne aucune explication. Récemment, des organisations s’étaient inquiétées des dysfonctionnements du système pénitentiaire mozambicain. Déjà, en août, l’un des commanditaires présumés dans cette affaire, Momade Abdul Satar, avait été placé en "cellule d’isolement" après qu’on avait trouvé un téléphone portable en sa possession. Le 3 septembre, les autorités judiciaires annoncent l’arrestation des trois responsables des services de police qui opèrent à l’intérieur de la prison. Selon la version officielle, Anibalzinho se serait évadé par la porte de sa cellule. Or, celle-ci est fermée par trois serrures qui ne peuvent être ouvertes que par les responsables de ces trois services de police. Quelques jours plus tard, huit autres policiers sont arrêtés.
Le 8 septembre, l’hebdomadaire progouvernemental Domingo appelle à la démission du ministre de l’Intérieur, Almerino Manhenje. A la fin du mois, l’hebdomadaire indépendant Mediafax accuse le ministre de l’Intérieur de complicité dans l’évasion d’Anibalzinho. Un éditorial affirme que le ministre contrôlait directement la sécurité de la prison.
Le 18 novembre, deux ans après les faits, le procès des assassins présumés de Carlos Cardoso débute à Maputo. Après l’évasion d’Anibalzinho, cinq prévenus figurent sur le banc des accusés. Une salle d’audience spéciale est mise en place à l’intérieur même de la prison de haute sécurité par crainte de "troubles à l’ordre public". Des mesures spéciales sont également prises pour assurer la sécurité du juge Augusto Paulino. Les journalistes sont autorisés à assister aux débats.
Dès le lendemain, Manuel Fernandes, l’un des suspects, accuse Nyimpine Chissano, le fils du président de la République, d’avoir ordonné l’assassinat de Carlos Cardoso. Le chef de l’Etat, Joaquim Chissano, annonce publiquement que la justice doit être rendue dans son pays et que le "procès doit continuer", même si le nom de son fils a été mentionné. Le 20 novembre, l’un des hommes d’affaires impliqués dans cette affaire, Momade Abdul Satar, affirme avoir payé Anibalzinho, sur l’ordre de Nyimpine Chissano, pour assassiner le journaliste. Le 25, Carlos Rachid Cassamo, soupçonné d’être celui qui a tiré sur Carlos Cardoso, accuse à son tour le fils du chef de l’Etat d’être le commanditaire principal dans cette affaire.
Le 5 décembre, Nyimpine Chissano, appelé à témoigner devant la cour, nie toute implication dans l’assassinat de Carlos Cardoso. Le 20 décembre, le juge ajourne le procès au 6 janvier 2003 et interdit au fils du chef de l’Etat de quitter le pays. Une semaine plus tard, le procureur de la République annonce qu’une enquête est en cours pour déterminer l’éventuelle implication de Nyimpine Chissano dans cet assassinat.
Carlos Cardoso, directeur de Metical, a été assassiné le 22 novembre 2000 sur l’avenue Martires de Machava à Maputo. Il était dans son véhicule avec son chauffeur quand deux hommes leur ont bloqué la route et ont ouvert le feu. Carlos Cardoso, touché de plusieurs balles à la tête, est mort instantanément. Son chauffeur a été grièvement blessé. Le journaliste enquêtait sur la disparition de 144 milliards de meticais (plus de 7 millions d’euros) à la Banque commerciale du Mozambique. Il avait notamment cité les noms des frères Satar et de Vicente Ramaya, trois hommes d’affaires.

Un journaliste interpellé
Le 21 août 2002, Cassimo Ginabay, ancien directeur de l’hebdomadaire privé Demos, est arrêté par la police pour avoir désobéi à la cour de Maputo, qui lui avait demandé de "s’abstenir de perturber" les activités du journal. Le 4 avril, il avait été démis de ses fonctions sur l’ordre d’un juge, après avoir été accusé de falsification de signatures. Le juge affirmait également que Cassimo Ginabay ne faisait pas partie des membres de CoopArtes - la coopérative propriétaire du journal Demos - alors que les documents fondateurs de la coopérative stipulent qu’il en est le onzième membre. Il est libéré après 24 heures de détention. Le 12 décembre, un tribunal de Maputo lève les charges qui pèsent contre lui.

Pressions et entraves
Le 13 juillet 2002, des individus pénètrent par effraction dans les locaux de Radio Mozambique (publique) à Matola, au sud du pays, et volent trois bobines de cuivre essentielles à la transmission. La radio ne peut plus émettre en ondes moyennes, réduisant ainsi considérablement sa portée dans la région. Selon un ingénieur de la radio nationale, les responsables sont des individus connaissant bien le système d’émission de la radio car le matériel dérobé étant proche d’une ligne à haute tension, l’opération était très risquée.
Le 8 septembre, Radio Mozambique cesse à nouveau d’émettre en ondes moyennes pour cause de sabotage. Des individus se sont introduits dans les locaux pour subtiliser ou détruire une partie des émetteurs.



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