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Niger


-  Superficie : 1 267 000 km2.
-  Population : 11 227 000.
-  Langue : français (off.).
-  Nature de l’Etat : république unitaire.
-  Chef de l’Etat : Mamadou Tanja.

Niger - Rapport annuel 2003

Un journaliste a été condamné à huit mois de prison pour un délit de presse et plusieurs autres interpellés après une mutinerie de militaires dans le sud-est du pays. Des responsables du régime continuent de porter plainte contre des professionnels de la presse.

Une mutinerie des militaires dans le sud-est du pays, au début du mois d’août 2002, secoue le régime. Inquiet de la répercussion de cette crise dans la presse, le pouvoir décrète l’état d’urgence, restreint la liberté d’expression et interpelle plusieurs journalistes qui couvrent cette zone ainsi qu’un défenseur des droits de l’homme qui demande une enquête internationale.
Malgré des déclarations rappelant leur engagement en faveur de la liberté de la presse, les membres du gouvernement sont souvent à l’origine des plaintes déposées contre des professionnels de la presse. Chaque année, au moins un journaliste est condamné à une longue peine de prison pour un délit de presse. Sentant la situation se durcir, Aboubacar Kio Koudizé, directeur de l’Observatoire national de la communication (ONC), plaide, en janvier 2002, pour la dépénalisation des délits de presse.

Cinq Journalistes incarcérés
Au 1er janvier 2003, au moins un journaliste est emprisonné au Niger.
Le 18 juin 2002, Abdoulaye Tiémogo, directeur de publication du Canard déchaîné, est placé en garde à vue par la police judiciaire de Niamey. Le Premier ministre, Hama Amadou, a porté plainte contre le journaliste, après s’être senti "diffamé et injurié" par trois articles très critiques publiés dans la dernière édition du Canard déchaîné. Abdoulaye Tiémogo accusait notamment Hama Amadou de chercher à corrompre le président de l’Assemblée nationale pour conserver son fauteuil de Premier ministre. Le 28 juin 2002, Abdoulaye Tiémogo est transféré à la prison civile de Niamey. Il est condamné à une peine de huit mois de prison et à une faible amende. Il doit également verser un million de francsCFA (plus de 1 500 euros) de dommages et intérêts au Premier ministre, et publier à ses frais un démenti dans l’ensemble de la presse nigérienne. Le 11 novembre, la cour d’appel de Niamey confirme la peine prononcée contre Abdoulaye Tiémogo en première instance.
Le 21 mai 2002, deux journalistes et un patron de presse sont placés en détention préventive à la prison civile de Kollo (sud-ouest du pays). Abarad Mouddour Zakara, directeur de publication de l’hebdomadaire privé La Roue de l’histoire, avait été arrêté et placé en garde à vue le 18 mai, suite à une plainte du ministre du Commerce, Seïni Oumarou. Sanoussi Jackou, propriétaire du journal et président du parti d’opposition, le Parti nigérien pour l’autogestion (PNA), avait été interpellé le 17 mai, ainsi qu’Abdoulaye Tiémogo. Le directeur de publication du Canard déchaîné avait animé, la semaine précédente, un débat sur la station privée Tambara FM, au cours duquel Sanoussi Jackou avait accusé le Premier ministre d’exercer une discrimination ethnique et régionaliste dans la nomination des hauts fonctionnaires de l’Etat. Le 24mai, les vingt-huit députés de l’opposition décident de suspendre pendant vingt-quatre heures leur participation aux travaux de l’Assemblée nationale pour protester contre l’incarcération "arbitraire" de leur confrère. Le 29 mai, les trois hommes sont libérés. Abarad Mouddour Zakara et Sanoussi Jackou sont condamnés à quatre mois de prison avec sursis et 100 000 francsCFA (environ 153 euros) d’amende.
Le 20 novembre, Ibrahim Manzo et Cissé Omar Amadou, respectivement journaliste et directeur commercial du Canard déchaîné, sont arrêtés et conduits dans les locaux de la police judiciaire de Niamey. On leur reproche la publication d’un article intitulé "Le chef d’état-major aurait-il ordonné l’arrestation de Mahamadou Issoufou [l’un des principaux responsables de l’opposition nigérienne] ?" Les deux journalistes sont libérés dans la soirée du 24novembre, après quatre jours de détention. Aucune charge n’est retenue contre eux.

Deux journalistes interpellés
Le 23 août 2002, Moussa Kaka, correspondant local de Radio France Internationale (RFI) et de Reporters sans frontières et directeur de la station privée Radio Saraounia, est interpellé et conduit au Haut Commandement de la gendarmerie nationale de Niamey. Aucune explication n’est fournie par les autorités. Le journaliste est finalement libéré dans la nuit du 23 au 24 août. Il a été interrogé pendant près de 10 heures sur une mutinerie de soldats survenue au début du mois d’août à Diffa (sud-est du pays) et sur ses sources d’informations.
Le 27 août, Boulama Ligari, journaliste de la station privée Radio Anfani, est interpellé et arrêté par la gendarmerie de Diffa. Les forces de l’ordre lui reprochent la "diffusion de fausses nouvelles" dans ses reportages sur la mutinerie. Des gendarmes sont également postés devant les locaux de la station à Diffa, sans empêcher Radio Anfani d’émettre. Le journaliste est finalement libéré le 29 août après qu’on lui a signifié que son dossier était vide.

Sept journalistes agressés
Le 18 février 2002, des bandits armés de Kalachnikovs dépouillent et séquestrent pendant quinze heures une équipe de la chaîne de télévision publique italienne RAI, venue tourner un film pour un magazine scientifique, avant de les abandonner dans le désert.

Pressions et entraves
Le 17 juillet 2002, Alzouma Zakari, directeur de l’hebdomadaire L’Opinion, est condamné à six mois de prison avec sursis pour "diffamation". Il était poursuivi par le directeur de la Société nigérienne d’électricité.
Le 5 août, le président Mamadou Tanja décrète l’état de "mise en garde" suite à la mutinerie dans les garnisons de la région de Diffa, à l’extrême sud-est du pays. Désormais, "la propagation, par tous moyens de communication, d’informations ou d’allégations de nature à mettre en cause les opérations de défense nationale est interdite". Toute violation de ces mesures entraînera la suspension ou la fermeture provisoire de l’organe de presse et de l’imprimerie l’éditant, ainsi que la saisie du support employé. Les journalistes du Niger dénoncent ce décret ainsi que les menaces de la police et du ministre de la Communication dont certains ont fait l’objet. Le 6 septembre, la Cour constitutionnelle, saisie par les députés de l’opposition, juge "inconstitutionnels" les deux décrets pris par le Président. Désormais, ces textes sont "caducs de plein droit" et ne pourront plus être objets de recours devant une autre juridiction.



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