Ameriques Asie Europe Moyen-Orient Internet Nations unies
 
Nigeria


-  Superficie : 923 768 km2.
-  Population : 116 929 000.
-  Langue : anglais (off.).
-  Nature de l’Etat : république fédérale.
-  Chef de l’Etat : Olusegun Obasanjo.

Nigeria - Rapport annuel 2003

Les correspondants de la presse étrangère, accusés de partialité, et les journalistes qui travaillent en province, notamment dans le nord du pays, sont les plus exposés. Malgré le travail de la commission nationale des droits de l’homme, l’impunité est toujours de mise dans les nombreux cas d’assassinats de journalistes sous les dictatures militaires d’avant 1999.

Les menaces sur la presse viennent moins du pouvoir central que des gouverneurs de province qui agissent en toute impunité. Plusieurs responsables politiques ont multiplié les déclarations menaçantes envers des journalistes. Parmi eux, le gouverneur de l’Etat du Plateau (centre du pays) menace, début novembre 2002, de déclarer persona non grata les journalistes qui rédigent des "nouvelles négatives" sur les violences ethniques et tribales qui perdurent dans cet Etat. Selon lui, "tout ce qui est dépourvu de vérité est satanique". La situation devient particulièrement préoccupante dans le nord du pays, en novembre, quand plusieurs organisations islamistes prononcent une fatwa contre une journaliste. Celle-ci est contrainte de fuir le pays aussitôt.
Après les affrontements ethniques de Mushin et de Idi-Araba (quartiers de Lagos), qui font au moins une centaine de victimes au début du mois de février, les autorités se déchaînent contre la presse étrangère, accusée de partialité. Le 8 février, le ministre de l’Information, Jerry Gana, conspue les médias étrangers qu’il accuse de "miner le processus de démocratisation". Il fait explicitement référence aux chaînes de télévision Cable News Network (CNN) et South African Broadcasting Corporation (SABC). Le même jour, des parlementaires menacent d’interdire de séjour le chef du bureau de CNN au Nigeria, Jeff Koinange. Quelques jours plus tard, le ministre de l’Information demande à la chaîne américaine de retirer ses correspondants du pays. Une partie de la presse locale soutient les autorités et critique la couverture de CNN. La chaîne est accusée de prendre parti sur les affrontements ethniques de Lagos. On reproche notamment au chef du bureau d’avoir déclaré dans l’un de ses reportages : "Les gens sont démoralisés et affirment qu’ils préféraient le régime militaire d’avant 1999. Ils disent que la démocratie a fait plus de mal que de bien au pays."
Quelques semaines plus tard, conscient de l’inquiétude suscitée par cette affaire, le gouvernement tente de se montrer rassurant. Le 15 mars, le ministre de l’Information s’engage à ne pas arrêter de journalistes et à ne pas fermer de médias, contrairement aux actions menées par les gouvernements précédents.
En mai, trois ans après sa création, la Commission d’investigation des violations des droits de l’homme (HRVIC), chargée d’enquêter sur les exactions perpétrées pendant les trois décennies de dictature militaire, publie ses conclusions. La commission met en cause l’ancien chef de l’Etat, Ibrahim Babangida (au pouvoir entre 1985-1993), ainsi que deux anciens chefs des renseignements, Halilu Akilu et A.K. Togun, dans l’assassinat au colis piégé du rédacteur en chef de Newswatch Magazine, Dele Giwa, en 1986.
La commission plaide pour la réouverture de l’enquête. À plusieurs reprises le général Ibrahim Babangida avait refusé de témoigner devant la commission. Début juin, ses avocats déposent un recours pour empêcher l’application des recommandations de la commission, en décrétant celle-ci inconstitutionnelle. En novembre, la Cour suprême reporte sa décision au 31 janvier 2003. Quelques jours après cette annonce, le général Babangida présente sa candidature à l’élection présidentielle de 2003 au nom du Parti national démocratique (NDP).

Un journaliste agressé
Le 14 février 2002, Adeyami Adebanjo, reporter du journal P.M. News, est passé à tabac par dix policiers armés, à Lagos. Ces derniers l’agressent à coups de crosses après avoir pris connaissance de ses activités professionnelles. Selon des témoins, l’un d’entre eux aurait dit : "Stupide reporter qui causes des problèmes avec ton journal, aujourd’hui, nous allons en finir avec toi."

Dix-sept journalistes menacés
Le 20 novembre 2002, quelques centaines de musulmans, arrivés en bus, brûlent le bureau du quotidien This Day à Kaduna. Personne n’est blessé dans l’incendie. Deux jours plus tard, le rédacteur en chef du journal, Simon Kolawole, est brièvement interpellé par des agents des services de sécurité fédéraux (State Security Services - SSS), à Abuja. Le 26 novembre, l’Etat de Zamfara (majoritairement musulman, nord du pays) annonce qu’une fatwa a été prononcée contre Isioma Daniel, une journaliste de This Day. Ces mesures font suite à la publication, le 16 novembre, d’un article jugé blasphématoire par de nombreuses organisations confessionnelles du nord du pays. L’article incriminé affirmait que le prophète Mahomet aurait "probablement choisi une épouse" parmi les candidates au concours Miss Monde qui doit se dérouler le 7 décembre au Nigeria. Depuis, This Day a publié plusieurs rectificatifs demandant des excuses aux musulmans nigérians et annonçant la démission de la journaliste. Le responsable de l’information de l’Etat de Zamfara, Umar Dangaladima, affirme que son gouvernement n’est pas à l’origine de cette fatwa mais qu’il soutient le verdict prononcé contre la journaliste. "Il est obligatoire pour tous les musulmans, où qu’ils se trouvent, de considérer le meurtre de l’auteur comme un devoir religieux", précise-t-il lors d’une allocution diffusée par une radio locale. Isioma Daniel fuit le pays et se réfugie à l’étranger. Le 3 décembre, le Mouvement contre l’attaque du prophète Mahomet menace de tuer seize journalistes de This Day. Le groupe cite nommément ces journalistes en affirmant qu’ils auront la tête coupée ou des membres amputés.

Pressions et entraves
Fin mars 2002, un haut fonctionnaire de l’Etat d’Abia (sud-est du pays) met en demeure les journaux The Daily Comet et Sunday Tribune de démentir les articles dans lesquels ils affirmaient que tous les portraits du chef de l’Etat auraient été retirés des bureaux officiels de la région, suite à une confrontation entre le président Olusegun Obasanjo et le gouverneur de l’Etat, Orji Uzor Kalu.
Le 24 avril, le ministre de la Justice, Kanu Agabi, annonce qu’il poursuivra les journalistes étrangers présents au Nigeria qui publieraient des "mensonges malveillants" sur le pays. Cette déclaration fait suite à la publication, dans l’hebdomadaire américain Time Magazine, d’un article rapportant que des journalistes étrangers avaient reçu du gouvernement une enveloppe contenant 50000nairas (environ 450euros) lors d’une conférence sur "le journalisme honnête et juste". Plusieurs correspondants internationaux ont confirmé avoir reçu cette enveloppe et en avoir retourné le contenu.
Début juillet, Uche Maduemesi, journaliste de l’hebdomadaire The Republican, se plaint de recevoir "des menaces pour sa vie et celles de ses collègues". A plusieurs reprises, des inconnus se sont rendus à la rédaction pour poser des questions sur le personnel et des journalistes ont reçu des coups de fil anonymes menaçants.
Le 5 juillet, le responsable de la rubrique judiciaire du journal The National Interest, Abu Sumainah, présente une pétition au commissaire de police de l’Etat de Lagos pour dénoncer les menaces continuelles de certains individus qui s’estiment blessés par un article dépeignant de manière négative l’avocat des droits de l’homme et candidat au poste de gouverneur de l’Etat d’Ekiti, Femi Falana.
Le 11 septembre, Femi Shodunke, correspondant dans l’Etat d’Ogun (sud-ouest du pays) du journal The Comet, est enfermé pendant plus de quatre heures par des fonctionnaires du bureau local des impôts alors qu’il enquête sur la disparition de plus de 58 millions de nairas (environ 457 000 euros), affaire dans laquelle seraient impliqués des responsables de cette administration.
Le 15 novembre, une bombe explose dans les locaux du National Pilot, à Ilorin (Etat de Kwara, centre du pays). Cinq personnes sont grièvement blessées. Bukola Saraki, le directeur du journal, fils d’un leader de l’opposition, proteste contre ce "terrorisme d’Etat contre la presse". Une semaine plus tard, onze personnes sont arrêtées par la police dans le cadre de l’enquête.



  liste pays afrique
Introduction Afrique - Rapport annuel 2003
01.Introduction Afrique-Rapport annuel 2003
Actualisation Afrique
Afrique du Sud
Angola
Botswana
Burkina Faso
Burundi
Cameroun
Cap-Vert
Comores
Congo
Côte d’Ivoire
Djibouti
Eryhtrée
Ethiopie
Gabon
Gambie
Ghana
Guinée
Guinée équatoriale
Guinée-Bissau
Kenya
Liberia
Madagascar
Malawi
Mali
Mauritanie
Mozambique
Namibie
Niger
Ouganda
R.D. Congo
République centrafricaine
Rwanda
Sénégal
Seychelles
Sierra Leone
Somalie
Swaziland
Tanzanie
Tchad
Togo
Zambie
Zimbabwe

see also
Rapport annuel 2003 Maghreb / Moyen-Orient
Rapport Annuel 2003 Amériques
Rapport annuel 2003 Europe
Rapport annuel 2003 Asie