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Ouganda


-  Superficie : 236 040 km2.
-  Population : 24 022 000.
-  Langue : anglais (off.).
-  Nature de l’Etat : unitaire décentralisé.
-  Chef de l’Etat : Yoweri Museveni.

Ouganda - Rapport annuel 2003

La situation s’est détériorée en 2002, le gouvernement n’accordant que peu de place à une expression libre et plurielle. L’immobilisme politique est de mise et les médias accusés de soutenir l’opposition sont dans le collimateur du pouvoir en place.

L’année démarre de la plus mauvaise manière avec la mort d’un étudiant en journalisme, dès la mi-janvier. Jimmy Higenyi est le premier reporter tué en 2002 dans le monde. En mars, le Parlement adopte une nouvelle loi sur le terrorisme inquiétante pour la liberté d’expression. Selon certains journalistes locaux, ce texte encourage l’autocensure et incite l’ensemble de la société à ne plus donner d’informations à la presse.
The Monitor, unique quotidien indépendant du pays, est la cible privilégiée du régime de Kampala. Ses articles, parfois très critiques envers les autorités, irritent au plus haut point les dirigeants civils et militaires du pays. La police n’hésite pas, en octobre, à faire le blocus du siège du journal, empêchant sa parution pendant une semaine.
En novembre, le président Yoweri Museveni, habituellement peu enclin à faire des déclarations sur l’état de la presse dans son pays, menace de fermer toutes les stations de radio qui donneraient la parole à l’opposition en exil.
Les rebelles de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA), qui affrontent les forces gouvernementales dans le nord du pays, menacent également la presse. Le mouvement armé ne tolère pas que quiconque dénonce les exactions et les violations des droits de l’homme dont les rebelles se rendent coupables.

Un journaliste assassiné
Le 12 janvier 2002, Jimmy Higenyi, étudiant en journalisme à l’institut United Media Consultants and Trainers (UMCAT), est tué d’une balle dans le dos tirée par la police, à Kampala. Le journaliste couvrait, au titre d’un travail d’études, une manifestation organisée par le Congrès du peuple de l’Ouganda (UPC, opposition) dans les rues de la capitale, quand la police, débordée par la foule, a commencé à tirer à balles réelles pour disperser les gens. Le gouvernement avait interdit cette marche au nom de l’article 269 de la Constitution qui interdit toute activité politique dans le pays. C’était la première fois que Jimmy Higenyi se rendait sur le terrain en tant que journaliste. Le même jour, au moins trois reporters - James Akena du quotidien New Vision, Archie Luyimbazi et Andrew Mujema de la chaîne de télévision WBS - et plusieurs responsables de l’UPC sont détenus pendant quelques heures par les forces de l’ordre. Quelques jours plus tard, l’inspecteur général de la police, le major-général Katumba Wamala, annonce qu’un officier et deux agents de police ont été arrêtés en relation avec le meurtre de Jimmy Higenyi. "La police assume l’entière responsabilité" de cette affaire, déclare le responsable de la police ougandaise lors d’une conférence de presse.

Deux journalistes interpellés
Le 28 août 2002, le père Giulio Albanese, directeur de l’agence de presse italienne MISNA, se rend dans la région de Kitgum (nord du pays) pour interviewer des rebelles de la LRA sur un possible cessez-le-feu avec les autorités. L’armée autorise cette rencontre, mais des militaires prennent en filature le journaliste et deux autres religieux qui l’accompagnent. Les militaires profitent du travail du reporter pour lancer une attaque surprise contre les rebelles. Les trois hommes sont ensuite arrêtés par les forces armées et conduits dans une caserne de Kitgum. Le lendemain, ils sont accusés d’avoir "apporté des médicaments aux rebelles". Finalement, ils sont libérés un peu plus tard dans la journée. "Ils nous ont traités comme des bêtes", déclare l’un des compagnons du journaliste à sa libération.
Le 10 octobre, des policiers pénètrent sans mandat dans les bureaux du Monitor, l’unique quotidien indépendant du pays. Ils fouillent les locaux et confisquent du matériel, empêchant la parution du quotidien pendant une semaine. Plusieurs policiers sont postés autour du siège du journal et interdisent à quiconque de pénétrer dans les bâtiments. Les forces de l’ordre sont intervenues après la publication dans The Monitor d’un article affirmant qu’un hélicoptère de l’armée avait été abattu par des rebelles dans le nord du pays. Le lendemain, Frank Nyakairu, l’auteur de cet article, est arrêté par des militaires dans la ville de Gulu (nord du pays). Le 16 octobre, le directeur de la rédaction, Charles Onyango Obbo, et l’un des rédacteurs en chef, Wanyama Wangah, comparaissent au tribunal pour publication de "fausses informations menaçant la sécurité nationale". Ils plaident non coupables et sont relâchés contre une caution d’un million et demi de shillings chacun (environ 820 euros). Frank Nyakairu est conduit à Kampala dans la journée et comparaît, à son tour, le lendemain. Il est libéré quelques heures plus tard contre une caution de deux millions et demi de shillings (environ 1 360 euros) et le dispositif policier autour du siège du Monitor est levé. Une grande partie du matériel confisqué est restituée à la rédaction et le journal reparaît le 18 octobre. Le ministre de l’Information, Basoga Nsadhu, demande aux journalistes du quotidien de respecter l’éthique et les lois du pays. Un mois plus tard, le conseiller à la présidence en charge des médias appelle à plus de sévérité envers les journalistes qui encouragent le terrorisme. Il ajoute qu’il n’a aucune excuse à présenter à propos de l’affaire du Monitor.

Deux journalistes agressés
Le 30 janvier 2002, Matthias Mugisha, photographe pour le journal progouvernemental New Vision, est passé à tabac par le commandant de la police militaire, le major Dick Bugingo, alors qu’il couvre des manœuvres d’entraînement à Kampala. Son appareil photo est détruit. Le major ordonne également à ses gardes du corps de frapper un autre journaliste du New Vision, Grace Matsiko, qui proteste contre l’agression de son confrère.

Une journaliste menacée
Fin juillet 2002, Els de Temmerman, ancienne journaliste belge de la radio VRT, est menacée de mort par les rebelles de la LRA. Une lettre de leur chef, Joseph Kony, appelant à son assassinat, est trouvée sur un rebelle capturé par l’armée ougandaise. Cette menace de mort fait suite à la parution du livre de Mme de Temmerman, intitulé Filles d’Aboke, où elle décrit les mauvais traitements subis par les "kadogo", ces adolescents intégrés de force dans le mouvement rebelle de Joseph Kony.

Pressions et entraves
Le 20 mars 2002, le parlement ougandais adopte une nouvelle loi antiterroriste. Ce texte prévoit des peines pouvant atteindre dix ans d’emprisonnement en cas de publication "d’informations susceptibles de promouvoir le terrorisme". La peine capitale est également prévue pour toute personne reconnue coupable d’actes de terrorisme ou de soutien financier à des organisations terroristes. "L’Ouganda ne fait que mettre en œuvre la position de la résolution 1373 du Conseil de sécurité de l’ONU contre le terrorisme", affirment les autorités. Quelques semaines plus tard, le président Yoweri Museveni promulgue cette loi. Selon The Monitor, ce texte va "enterrer la vérité" car les journalistes ne pourront plus faire état de combats entre le gouvernement et des groupes rebelles sans risquer d’être condamnés à une peine de prison. Le journal ajoute que cette loi, en incitant les victimes ou les témoins d’affrontements à se taire, nuit considérablement à la qualité et au sérieux de l’information en Ouganda.
Le 26 juillet, deux journalistes du Monitor, Joseph Were et David Kibirige, sont convoqués par le Département des investigations criminelles et interrogés sur un article intitulé "L’Ouganda entraîne les rebelles rwandais, a avoué Kigali au Royaume-Uni". Dans cet article, l’auteur précise que selon le gouvernement rwandais, l’Ouganda disposerait de bases militaires dans l’est de la République démocratique du Congo pour former des opposants rwandais à combattre le régime de Kigali. Les deux journalistes repartent librement.
Mi-août, le gouvernement annonce qu’il souhaite interdire la diffusion des micros-trottoirs sur les radios locales. Lors de certains enregistrements, des déclarations incendiaires envers le gouvernement ont été tenues par des passants et diffusées à l’antenne.
Le 27 septembre, les locaux de la station catholique Radio Wa sont détruits par des rebelles de la LRA. Selon des témoins, une vingtaine d’individus ont utilisé des haches pour pénétrer dans la station et y faire exploser des grenades. Les bâtiments ont été totalement détruits par les flammes. Peu de temps auparavant, les dirigeants de la radio avaient demandé aux autorités d’assurer la sécurité des locaux. Douze militaires avaient ainsi été déployés autour de la radio mais, selon les mêmes témoins, ils auraient pris la fuite à l’arrivée des rebelles.



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