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Cambodge


-  Superficie : 181 035 km2.
-  Population : 13 441 000.
-  Langues : khmer, français, anglais, vietnamien.
-  Nature de l’Etat : monarchie unitaire.
-  Chef de l’Etat : Norodom Sihanouk.
-  Chef du gouvernement : Hun Sen.

Cambodge - Rapport annuel 2003

Le Cambodge fait figure de bon élève de l’Asie du Sud-Est en termes de respect de la liberté de la presse. Les violences à l’encontre des journalistes et les actes de censure sont de plus en plus rares. Pour autant, la quasi-totalité des médias audiovisuels est contrôlée par des proches du Premier ministre Hun Sen. Lors des élections municipales de février 2002, l’opposition s’est vu accorder une place marginale dans ces médias.

Dans les semaines précédant les élections, les observateurs internationaux et cambodgiens dénoncent une couverture de la campagne "biaisée dans un contexte de violence politique très fort". Les nouvelles diffusées traitent majoritairement des activités du gouvernement et des candidats du PPC (parti au pouvoir), qui raflent 82 % du temps d’antenne. La part accordée aux mouvements d’opposition Fucinpec (royaliste) et au Parti de Sam Rainsy est très limitée, et les petits partis largement ignorés.
Il existe dans le royaume au moins six chaînes de télévision, quinze radios et plus de deux cents publications privées. La grande majorité des médias dépendent de groupes politiques ou de proches du gouvernement. L’indépendance éditoriale est donc rare. La presse doit également bien faire attention à ne pas briser certains tabous, et notamment à ne pas critiquer le roi. Enfin, la Constitution prévoit toujours que les médias ne doivent pas mettre en danger la "sécurité publique et nationale".
Par ailleurs, les autorités, et notamment la justice, ne font aucun effort pour mener à bien les enquêtes sur les assassinats de journalistes perpétrés dans les années 1990. Ainsi, les meurtres de Nuon Chan, rédacteur en chef de l’hebdomadaire Samleng Yuvachun Khmer (La voix de la jeunesse khmère), et Thun Bun Ly, rédacteur en chef du journal Oddomkete Khmae (Idéal khmer), restent impunis alors que leurs auteurs ont été clairement identifiés.
Trois journalistes incarcérés
Depuis le 24novembre 2000, Bun Chanto, reporter du journal d’opposition Samleng Yuvachun Khmer, Thou Tara, journaliste de l’hebdomadaire privé Pesakacchun, et Ly Chun Huong, reporter de l’agence de presse gouvernementale AKP, sont détenus par la police. Ils ont été arrêtés quelques heures après l’attaque de bâtiments officiels à Phnom Penh par des miliciens se réclamant du groupe Cambodian Freedom Fighter. Selon la police, qui n’a fourni que très peu d’informations sur les raisons de ces arrestations, les noms des journalistes figuraient sur une liste établie par le chef de cette milice, Richard Kiri Kim. En 2001, une cour de Phnom Penh a inculpé les journalistes, ainsi qu’une quarantaine d’autres suspects, "d’activités terroristes et appartenance à un groupe armé". Mais depuis les autorités n’ont pas apporté de preuves matérielles de leur implication dans ce mouvement.
Cinq journalistes interpellés
Le 8 juillet 2002, Sok Sothear, journaliste du Moneakseka Khmer (Conscience Khmère), est arrêté à son domicile par des policiers du district de Toul Kork (banlieue de Phnom Penh). Il est interrogé par des fonctionnaires du bureau de l’Information du ministère de l’Intérieur. Les autorités lui reprochent d’avoir obtenu et publié une lettre mettant en cause des hauts responsables dans une manipulation des chiffres des étrangers disposant d’une carte de vote cambodgienne. Le journaliste est relâché quelques heures plus tard.
Le 2 septembre, Sar Socheat et Sok Kimsreang, respectivement rédacteur en chef des journaux d’opposition Midi et L’Après-Midi, sont brièvement arrêtés dans le district de Kompong Trolach (province de Kompong Chhnang, au nord de la capitale). Selon le récit des deux journalistes rapporté par le Cambodge Soir, les autorités ont cherché à les intimider alors qu’ils enquêtaient sur la corruption dans l’attribution des marchés de pêche. Suite à l’intervention du vice-gouverneur de la province, ils sont libérés mais doivent se présenter devant lui. Après les avoir incités à ne pas poursuivre leur enquête, il leur a glissé une enveloppe remplie de billets pour "dédommagements". Après la publication de leurs articles, les deux journalistes affirment craindre pour leur sécurité.
Le 21 septembre, Keo Sorphoan et de Chey Makara, respectivement directeur et reporter du journal progouvernemental Chakraval (Universel), sont arrêtés dans un restaurant de la capitale, après la publication de deux articles critiquant des hauts responsables de la police nationale. Dans la foulée, ils sont inculpés pour avoir diffamé le chef de la police. Le 23 septembre, le Premier ministre Hun Sen ordonne leur libération. Mais les deux journalistes restent inculpés de "diffamation" et de "publication de fausses nouvelles".
Un journaliste agressé
Le 3 décembre, Lon Nouk, collaborateur de Panhavoan khmer (Intellectuel Khmer), tombe dans une embuscade et est frappé à coups de barre de fer par plusieurs individus à Poïpet (nord-ouest du pays). Le jour même, l’hebdomadaire a publié un article sur une affaire de litige foncier impliquant les autorités locales. Le journaliste, blessé au coude, dépose une plainte auprès de la police provinciale.
Pressions et entraves
Lors de la campagne des élections municipales du 3 février 2002, le Comité national pour les élections (CNE) décide la suppression des débats télévisés entre les candidats des différents partis afin d’"éviter les provocations". Aucun candidat ne peut alors être interviewé. Par ailleurs, une série de quinze émissions d’information sur le scrutin, réalisées par des organisations non gouvernementales, sont également interdites car jugées "trop libérales". Le CNE interdit également au Parti de Sam Rainsy (PSR) d’utiliser les cassettes relatant les débats sur la corruption à la Chambre des députés.
Le 15mars, le ministère de l’Information suspend pour un mois le journal Sangkrous Cheat après la publication d’un article affirmant que le roi a versé de l’argent au parti d’opposition Funcinpec. Chet San, rédacteur en chef de la publication, a demandé pardon au roi, mais celui-ci n’a pas intercédé en sa faveur.
Le 4 avril, un tribunal de Phnom Penh condamne le directeur du journal d’opposition Samleng Yuvachun Khmer (La Voix de la jeunesse khmère) à une amende équivalant à plus de 18000euros pour avoir publié, en 2001, un rapport de l’organisation non gouvernementale Global Witness sur l’implication d’un entrepreneur et la complicité de deux généraux dans des coupes de bois illégales. Le rédacteur en chef du journal s’est étonné que la justice instruise une plainte contre lui en vertu du code pénal et non de la loi sur la presse. Il a fait appel.
Le 13 mai, le quotidien d’opposition Conscience Khmère est condamné par un tribunal de Phnom Penh à payer une amende de 270 euros au gouvernement. Dam Sith, directeur de la publication et auteur de l’article, est quant à lui condamné à une amende de la valeur de 60 centimes d’euros. Pen Samithy, président du Club des journalistes cambodgiens, affirme que, dans cette affaire, le juge n’a "pas rendu la justice mais fait de la politique".
Le 24 octobre, le ministère de l’Information contraint la radio privée Sambok Kmom (Abeille FM) à cesser la rediffusion sur ses ondes des bulletins d’information en khmer de Radio Free Asia et Voice of America. Ces rediffusions, lancées un mois plus tôt, ne sont pas, selon le ministère, en accord avec la loi qui prévoit une autorisation préalable pour la diffusion sur le territoire cambodgien d’émissions réalisées à l’étranger. Des organisations de journalistes cambodgiens dénoncent une décision qui "sanctionne une liberté de ton nouvelle" sur les ondes, tandis que la princesse Vacheara, députée de l’opposition, demande au ministre de venir répondre de cette décision devant le Parlement. Depuis plusieurs années, le gouvernement refuse d’accorder à Radio Free Asia et Voice of America le droit de diffuser en FM leurs émissions en khmer.



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voir aussi
Rapport annuel 2003 Maghreb / Moyen-Orient
Rapport Annuel 2003 Amériques
Rapport annuel 2003 Europe
Rapport annuel 2003 Afrique