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Japon


-  Superficie : 377 750 km2.
-  Population : 127 335 000.
-  Langue : japonais.
-  Nature de l’Etat : monarchie constitutionnelle.
-  Chef de l’Etat : Akihito, empereur.

Japon - Rapport annuel 2003

Malgré les critiques de l’Union européenne et des journalistes étrangers, le gouvernement japonais n’a pas engagé la réforme des kisha clubs (clubs de la presse) qui représentent une entrave importante à la liberté de la presse dans l’île. Par ailleurs, une nouvelle loi sur la protection de la vie privée est susceptible de limiter le travail des journalistes.

Le 18 janvier 2002, un militant d’un groupuscule d’extrême droite, armé d’un couteau, fait irruption dans les locaux de la télévision publique NHK à Kyoto (ouest du pays). L’individu prend en otage une standardiste et répand du kérosène sur le sol, puis demande qu’un document contenant son point de vue sur les frappes américaines en Afghanistan soit diffusé à l’antenne. Il est finalement maîtrisé et arrêté par des policiers.
Le 2 mai, la police ferme officiellement l’enquête sur le meurtre du journaliste Tomohiro Kojiro du quotidien Asahi Shimbun, le délai de prescription de quinze ans ayant été atteint. Tomohiro Kojiro avait été tué par balles dans son bureau le 3 mai 1987. La police n’a jamais réussi à identifier les auteurs du meurtre malgré sa revendication par le groupe ultranationaliste Sekihotai.
En juin, la Diète (parlement japonais) examine le projet de loi sur la protection de la vie privée. Ce texte prévoit que les personnes, notamment les journalistes, qui réunissent des informations personnelles sur d’autres individus doivent pouvoir à tout moment : révéler pourquoi elles rassemblent ces informations ; regrouper ces informations de manière "appropriée" ; s’assurer de la véracité de ces informations ; empêcher la diffusion de ces informations à une tierce personne ; et maintenir un accès transparent aux informations pour la personne qui fait l’objet de l’enquête. Depuis son adoption par le gouvernement, en 2001, ce projet de loi suscite de nombreuses critiques. En effet, la loi propose d’interdire tout article affectant la vie privée ou la réputation de victimes et de suspects ainsi que celles de leurs familles. Le projet de loi n’excluant pas les personnages publics, il pourrait permettre d’engager des poursuites contre des journalistes ou de faire censurer des articles sur des hommes politiques ou des fonctionnaires. En novembre, c’est au tour de la commission de la Chambre haute d’examiner le texte, sans qu’aucun changement majeur soit apporté.
Lors des sessions parlementaires, certains médias japonais et associations de journalistes étendent leurs critiques à trois autres textes : la loi sur la protection des droits de l’homme, la loi sur la sécurité d’urgence et la loi sur la protection des mineurs des informations à contenu violent ou sexuel explicite, en préparation par le gouvernement. Tous ces textes contiennent des articles qui, d’une manière ou d’une autre, portent atteinte à la liberté d’expression. Ainsi, la loi sur la protection des droits de l’homme, adoptée par le gouvernement, en mars 2002, prévoit la création d’une commission des droits de l’homme dépendant du ministère de la Justice, qui aura vocation à se prononcer publiquement sur des violations de la vie privée ou des discriminations par la presse.
Le 17 octobre, l’Union européenne (UE) met en cause le système des kisha clubs dans un rapport sur les relations commerciales avec le Japon. L’UE considère que ce système permet aux autorités nationales et locales d’empêcher la diffusion d’informations qu’elles jugent contraires à leurs intérêts ; abaisse la qualité de l’information donnée au public car elle ne peut pas être vérifiée avec une seconde source ; et crée une différence dangereuse entre les informations données à la presse nationale et celles données à la presse étrangère sur la situation au Japon. En conclusion, l’UE demande au gouvernement de permettre à tous les détenteurs d’une accréditation presse du ministère japonais des Affaires étrangères de pouvoir accéder sans restriction aux conférences de presse tenues dans l’île, et, en particulier, d’abolir le système des kisha clubs. L’UE menace de porter ce conflit devant les instances de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) si aucune réforme n’est engagée depuis Tokyo. En mai, Reporters sans frontières avait demandé au Premier ministre Koizumi Junichiro une réforme du système des kisha clubs. En 2002, les privilèges accordés aux principaux médias japonais ont empêché de nombreux autres médias - européens, anglo-saxons mais aussi japonais - de couvrir la visite officielle du Premier ministre Koizumi en Corée du Nord le 17 septembre 2002. Les critiques de l’UE viennent relayer celle du Club des correspondants étrangers au Japon (FCCJ) qui demande depuis près de cinquante ans que les kisha clubs soient ouverts aux correspondants étrangers. Au Japon, ce sont les journalistes free-lance et des médias non dominants qui réclament depuis plusieurs années la fin de ce système qui incite à l’autocensure.
Il existe officiellement au Japon 800 kisha clubs dans le pays (jusqu’à 1500 selon certaines sources). La majorité d’entre eux est attachée à des institutions publiques (ministères, gouvernements de province), des grandes entreprises, des partis politiques ou au Palais impérial. Ils sont composés de plus de douze mille journalistes représentant près de cent soixante médias, affiliés à la Nihon Shimbun Kyokaï (l’Association japonaise des éditeurs de journaux). Les spécialistes du sujet remontent à 1882 pour dater la création du premier kisha club dans les couloirs du parlement japonais. Depuis lors, les différents régimes ont favorisé ces clubs réservés à certains journalistes. On compte en moyenne vingt journalistes par kisha club affiliés aux principaux quotidiens, aux chaînes de télévision nationales et aux agences de presse (Kyodo et Jiji). Les membres du club fonctionnent comme un pool de journalistes installé dans des bureaux mis à leur disposition par l’institution. Les correspondants étrangers ne sont autorisés qu’au club du ministère des Affaires étrangères nippon.



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voir aussi
Rapport annuel 2003 Maghreb / Moyen-Orient
Rapport Annuel 2003 Amériques
Rapport annuel 2003 Europe
Rapport annuel 2003 Afrique