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République centrafricaine


-  Superficie : 622 980 km2.
-  Population : 3 782 000.
-  Langues : français, sango.
-  Nature de l’Etat : république unitaire.
-  Chef de l’Etat : François Bozizé (succède à Ange-Félix Patassé en mars 2003 à la faveur d’un coup d’Etat).

République centrafricaine - Rapport annuel 2003

Après la tentative de coup d’Etat d’octobre 2002, la situation de la liberté de la presse se durcit et les menaces sur les journalistes se font plus pressantes et plus directes. Les médias d’Etat sont toujours très étroitement contrôlés par le régime d’Ange-Félix Patassé.

Encore une fois, les médias ont souffert des soubresauts politiques qui ont marqué l’année. Après la tentative de coup d’Etat des partisans du général François Bozizé, le 25octobre 2002, les autorités durcissent le ton envers les médias indépendants ou d’opposition. Plusieurs journalistes locaux sont menacés et un envoyé spécial français est refoulé de l’aéroport de Bangui. Le pouvoir d’Ange-Félix Patassé ne souhaite pas que la presse enquête sur les allégations d’exactions par les Forces armées centrafricaines (FACA) ou par les troupes du rebelle congolais Jean-Pierre Bemba venues soutenir le régime de Bangui. Les autorités récusent, à plusieurs reprises, les accusations des organisations de défense des droits de l’homme, mais empêchent les reporters d’accéder à l’information.
Deux bonnes nouvelles sont cependant à relever. En mai, l’Assemblé nationale rejette deux projets de loi sur la presse, jugés trop répressifs par les députés, en raison du maintien de peines d’un mois à trois ans de prison pour sanctionner des délits de presse. Les autorités s’étaient engagées à réviser la loi sur la presse après une réunion à Bangui avec des représentants de Reporters sans frontières. Un nouveau texte doit être présenté au Parlement.
Début décembre, l’opposition centrafricaine accède enfin aux médias d’Etat. A la demande des autorités, la radio et la télévision publiques réalisent des reportages de type "micros-trottoirs" pour donner la parole à des représentants de toutes les sensibilités politiques du pays.

Un journaliste enlevé
Fin octobre 2002, Prosper N’Douba, porte-parole de la présidence centrafricaine et directeur de publication du journal Centrafrique Presse, est enlevé par des partisans du général François Bozizé, alors qu’il circule en voiture dans les quartiers nord de Bangui. Mi-novembre, le Réseau centrafricain de journalistes pour l’Union africaine lance un appel aux rebelles pour qu’ils libèrent Prosper N’Douba. Le 2 décembre, il est remis sain et sauf à sa famille à Bangui par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) après plus de cinq semaines de détention.

Un journaliste agressé
Le 26 novembre 2002, un soldat libyen, appartenant au contingent chargé de la protection du chef de l’Etat centrafricain, tire sur la voiture d’Alain Georges N’Gatoua, directeur général de la presse présidentielle, à Bangui. Le journaliste, touché à l’abdomen et au bras droit, est hospitalisé.

Deux journalistes menacés
Le 14 novembre 2002, Joseph Benamse, correspondant de l’agence américaine Associated Press et de la radio britannique BBC, est menacé par un chauffeur de la présidence de la République, également responsable d’une milice armée. "Appuyé par sept soldats bien armés, celui-ci a suivi ma voiture et m’a contraint à m’arrêter devant la BICA [une banque] pour me reprocher ce qu’il a défini comme un manque d’objectivité dans ma couverture des derniers événements qui ont secoué le pays", explique le journaliste.
Début décembre, Maka Gbossokotto, directeur de publication du Citoyen, fait également part de menaces contre sa personne. Sa ligne téléphonique est coupée à plusieurs reprises et le journaliste s’estime surveillé. Le Citoyen avait notamment dénoncé les exactions des troupes congolaises du rebelle Jean-Pierre Bemba, venues soutenir le président centrafricain lors de la tentative de coup d’Etat du 25 octobre. Un officiel, qui souhaite préserver son anonymat, affirme au directeur de publication que son "arrestation est imminente".

Pressions et entraves
A partir du 25 octobre 2002, la station panafricaine Africa n°1 n’est plus captée à Bangui. Le 16 novembre, c’est au tour de Radio France Internationale (RFI) d’être censurée. Quelques jours auparavant, le chef de l’Etat s’était plaint de la couverture de RFI. "Si vous continuez, j’arrêterai RFI en FM à Bangui", avait-il déclaré. Le 19 novembre, le ministre d’Etat à la Communication, Gabriel-Jean Edouard Koyambounou, dément avoir coupé les émetteurs des deux radios. Selon lui, il pourrait s’agir d’une panne technique due à "de fortes pluies ou à des coups de tonnerre". Le lendemain, les deux stations reprennent normalement la diffusion de leurs programmes. A nouveau, entre le 28 et le 31décembre, RFI n’est plus captée dans le pays.
Le 17 novembre, Thierry Oberlé, envoyé spécial du quotidien français Le Figaro, est refoulé de l’aéroport Mpoko de Bangui par la police de l’air et des frontières. Cette décision n’est pas motivée. Selon le journaliste, un mercenaire de l’équipe de l’ancien gendarme français Paul Barril semblait superviser les opérations à l’aéroport.



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