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R.D. Congo


-  Superficie : 2 345 409 km2.
-  Population : 55 522 000.
-  Langue : français (off.).
-  Nature de l’Etat : république unitaire.
-  Chef de l’Etat : Joseph Kabila.

R.D. Congo - Rapport annuel 2003

La liberté de la presse n’est toujours pas respectée dans le pays. Ni dans la zone gouvernementale, ni dans les régions sous contrôle des mouvements rebelles. Près d’une quarantaine de professionnels de la presse ont été privés de leur liberté dans l’année.

Après deux années à la tête du pays, le président Joseph Kabila n’a toujours pas mis un frein aux nombreuses violations de la liberté de la presse en République démocratique du Congo (RDC). Chaque semaine, de nouveaux journalistes sont interpellés, agressés ou menacés pour avoir fait leur travail. Les radios et les télévisions privées, qui ont connu un réel essor et touchent une audience de plus en plus importante, sont dans le collimateur des autorités de Kinshasa. Le gouvernement y voit une sérieuse concurrence à la Radio-télévision nationale congolaise (RTNC, publique), son instrument de prédilection pour distiller la propagande officielle.
Les longues et tumultueuses négociations intercongolaises de Sun City, en Afrique du Sud, ont fait l’objet de l’attention de toute la presse locale pendant plusieurs mois. A tel point que plusieurs professionnels de la presse ont eu des ennuis après en avoir rapporté les aspects les plus dérangeants pour le gouvernement de Kinshasa.
A l’aéroport international de la capitale congolaise, la police surveille en permanence les déplacements à l’étranger des journalistes indépendants ou proches de l’opposition. Il est toujours extrêmement difficile de faire sortir du pays des exemplaires des médias qui critiquent le pouvoir en place.
Le 22 juillet 2002, à l’occasion de la Journée nationale de la presse, le ministre de la Communication, Kikaya Bin Karubi, plaide pour une presse "déontologiquement irréprochable". Il annonce vouloir instaurer une autorité morale pour réguler et défendre la profession. Au cours de l’année, plusieurs organisations professionnelles dénoncent également les articles diffamatoires ou injurieux, les rumeurs et les fausses informations, trop souvent publiés dans la presse congolaise.
L’un des rares signes encourageants vient des déclarations du ministre de la Justice, Ngele Masudi. En août, il adresse un courrier à tous les procureurs généraux pour rappeler que "la détention préventive est une mesure exceptionnelle (...) et la seule qualité de journaliste ne peut, en aucun cas, justifier la systématisation de la mise en détention préventive ou l’arrestation" des professionnels de l’information. Il demande également aux cours d’appel et à la Cour d’ordre militaire de veiller à "sanctionner tous les abus constatés".
La situation de la liberté de la presse dans les zones contrôlées par les rebelles s’est considérablement dégradée. Les trois principaux mouvements en lutte avec le gouvernement (Rassemblement congolais pour la démocratie-Goma [RCD-Goma], Rassemblement congolais pour la démocratie-Mouvement de libération [RCD-ML] et le Mouvement de libération du Congo [MLC]) ont accentué leur répression envers les rares médias indépendants présents dans les territoires qu’ils contrôlent.

Neuf journalistes incarcérés
Au 1er janvier 2003, au moins deux journalistes sont toujours emprisonnés en République démocratique du Congo.
Le 19 juillet 2002, Raymond Kabala, directeur de publication du quotidien Alerte Plus est arrêté, pour "publication de fausse nouvelle", par des hommes armés en civil, et conduit au Centre pénitentiaire et de rééducation de Kinshasa (CPRK). On lui reproche la publication, le 11 juillet, d’un article mentionnant que "Mwenze Kongolo [le ministre de la Sécurité et de l’Ordre public] serait empoisonné". Cette information s’était révélée fausse et avait été démentie dès le lendemain par le journal. Le 22juillet, Delly Bonsange, éditeur du quotdien, est à son tour arrêté par des inspecteurs judiciaires. Le 6 septembre, les deux journalistes sont condamnés respectivement à douze et six mois de prison, et à verser des dommages et intérêts. Le tribunal de paix de Kinshasa N’Djili les a reconnus coupables "d’imputations dommageables" et de "faux en écriture". Le 26septembre, Delly Bonsange est hospitalisé d’urgence suite à la dégradation de son état de santé. Le journaliste, diabétique, ne peut suivre le régime alimentaire qui lui est habituellement prescrit. Il est transporté à l’hôpital Mama Yemo à Kinshasa où il est mis sous surveillance policière. Le 21 novembre, le tribunal de grande instance de Kinshasa N’Djili, siégeant en appel, confirme l’infraction "d’imputations dommageables" à l’endroit du ministre, mais allège les peines prononcées contre les journalistes. Raymond Kabala est désormais condamné à sept mois de prison au lieu de douze, et la peine de Delly Bonsange est annulée. Ce dernier est libéré le 3 décembre. Son directeur doit rester en détention jusqu’en février 2003.
Le 31 décembre 2002, Kadima Mukombe, journaliste et animateur sur Radio Kilimandjaro, est arrêté par des hommes des Forces armées congolaises et détenu dans les locaux de la Détection militaire des activités antipatrie (Demiap), à Tshikapa (sud-ouest du pays). Le journaliste est accusé "d’outrage à l’armée". Dans son émission du 30 décembre, il avait accusé des responsables militaires locaux de devenir négociants de diamants, au détriment de l’encadrement de leurs troupes qui en profitent pour spolier les biens de la population. Pour illustrer ses propos, le journaliste avait interviewé des ouvriers dans les mines d’extraction de diamants. Ces derniers dénonçaient le harcèlement dont ils sont l’objet de la part de certains militaires. Kadima Mukombe aurait reçu cinquante coups de fouet au moment de son interpellation. Il avait déjà été brièvement interpellé, le 23 décembre, par des membres de l’Agence nationale des renseignements (ANR) pour avoir dénoncé, à l’antenne, la pauvreté dans laquelle vivent les populations de Tshikapa, alors que des milliers de carats de diamants sont exploités quotidiennement dans cette ville. Il avait été libéré le jour même et contraint de signer un engagement à ne plus "monter la population contre l’autorité établie".

Le 22 janvier 2002, Edouard Nawej, Carlos Ngombe et Nalva Nawej, journalistes de la radio-télévision privée locale Mutoshi, sont arrêtés par des agents de l’ANR à Kolwezi (province du Katanga). La chaîne avait rediffusé, une semaine auparavant, une émission au cours de laquelle un militant des droits de l’homme avait déclaré que les agents de l’ANR, excepté le chef de poste, n’avaient pas qualité d’officiers de police judiciaire. Les journalistes sont relâchés le 28 janvier.
Le 3 avril, José Feruzi Samwegele, journaliste de la RTNC 2, est arrêté par deux militaires et conduit dans les locaux de la Demiap. On lui reproche d’avoir eu l’intention de diffuser un communiqué du principal parti d’opposition, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), rendu public lors des négociations intercongolaises de Sun City (Afrique du Sud). José Feruzi Samwegele est libéré le 10 avril, sans explication officielle.
Le 7 mai, Dieudonné Karl Nawezi, journaliste au service sportif de la RTNC au Katanga, est arrêté par des agents de l’ANR. Il est accusé d’avoir fait la propagande de Katebe Katoto, candidat d’opposition à la présidence de la République. Le journaliste avait réalisé un reportage en Afrique du Sud sur un match de football entre une équipe locale et un club congolais, le Tout-Puissant Mazembe, dont certains supporters arboraient des T-shirts à l’effigie de Katebe Katoto, ancien directeur du club. Le 11 mai, les agents de l’ANR lui annoncent que sa culpabilité n’étant pas établie, il est libre de ses mouvements.
Le 31 juillet, Achille Ekele N’Golyma et Damien Baita, directeur de publication et directeur de la rédaction du journal satirique Pot-Pourri, sont arrêtés à la suite d’une plainte pour "imputations dommageables" déposée par Joseph Olenghankoy, président des Forces novatrices pour l’union et la solidarité (FONUS, parti se réclamant de l’opposition). Deux articles parus dans Pot-Pourri et le journal Vision l’accusaient de "corruption et concussion". Damien Baita est relâché immédiatement après vérification de son identité. Il aurait été confondu avec un journaliste de Vision, auteur de l’article incriminé. Ce dernier est entré dans la clandestinité pour échapper à son arrestation. Le 7 août, Joseph Olenghankoy menace l’organisation locale de défense de la liberté de la presse Journaliste en danger (JED) qui a appelé à la libération d’Achille Ekele N’Golyma. Le journaliste est finalement libéré le 15août, suite à une décision du parquet qui classe son dossier sans suite.

Onze journalistes interpellés
Le 11 juillet 2002, cinq journalistes et employés du quotidien La Tempête des Tropiques (Raymond Luaula, directeur de publication, Bamporiki Chamira, chef des enquêtes, Hilaire Mutulwa, chef du personnel, Kabongo Mabika, délégué commercial, et Edo Kalemani, responsable de l’imprimerie) sont interpellés par des agents des Services spéciaux de la police (SSP). Le quotidien avait publié un article intitulé "Kinshasa a frôlé la catastrophe", faisant état de la mort de quatre personnes au cours d’échauffourées entre des civils et des militaires dans un quartier de la capitale. L’édition du jour est également saisie. Les cinq hommes sont libérés dans la soirée après avoir promis la publication d’un démenti dans l’édition du lendemain.
Le 7 août, Eugène Ngimbi Madebo, éditeur de l’hebdomadaire L’Intermédiaire, est arrêté par la police et conduit au parquet près la Cour d’ordre militaire (COM). Le journaliste est accusé de diffamation par le procureur général suite à son article demandant à la COM de libérer deux activistes des droits de l’homme détenus depuis des mois. Le journaliste accusait le tribunal d’être "un instrument pour la consolidation d’une dictature". Il est libéré le 9 août.
Le 16 août, John Kinkendu et Monolphe Boso, cameraman et journaliste travaillant pour l’agence audiovisuelle AITV-RFO, sont interpellés sous prétexte qu’ils n’ont pas d’accréditation, alors qu’ils réalisent un reportage sur la situation des personnes handicapées à Kinshasa. Après avoir visionné leurs images, les autorités les remettent en liberté.
Le 11 novembre, Potoki Eteta Nenga, journaliste de la Radio-Télévision Matadi (RTM), est interpellé et enfermé à la prison centrale de Matadi (province du Bas-Congo). Il avait fait état, au cours du journal télévisé de la veille, de détournements de fonds à la direction provinciale des impôts. Il est relâché le 13 novembre.
Le 16 novembre, Alain Kiuka et Djoussine Belebele, journalistes de la chaîne de télévision privée Antenne A, et Hermione Yamvu Muzinga, stagiaire à Tropicana TV, sont interpellés et conduits dans les locaux des SSP alors qu’ils filment l’expropriation des occupants d’un logement appartenant à la fille de l’ancien Premier ministre du maréchal Mobutu. Les trois reporters sont libérés dans la journée.
Le 2 décembre, Paulette Kimuntu et Kadima Baruani, journalistes de la chaîne de télévision privée Radio-télévision Kin-Malebo (RTKM), sont interpellés devant l’ambassade d’Afrique du Sud à Kinshasa par des agents des SSP. Les journalistes souhaitaient filmer une manifestation organisée par des associations de citoyens pour protester contre le peu d’avancée dans les négociations intercongolaises à Sun City. Les deux journalistes sont relâchés quelques heures plus tard.

Deux journalistes agressés
Le 8 mai 2002, Valery Mankenda et Matou Matumona, respectivement journaliste et cameraman de la chaîne de télévision privée Canal Kin TV, sont agressés par des agents de la société de gardiennage employée pour assurer la sécurité de l’Union des banques congolaises (UBC). Les journalistes souhaitaient faire un reportage sur une vive altercation entre des employés de l’UBC et des clients qui refusaient de quitter la banque tant qu’ils ne seraient pas payés. La caméra de Canal Kin TV est endommagée.

Deux journalistes menacés
Le 20 novembre 2002, Lucien Kahozi, correspondant de Voice of America (VOA) à Lubumbashi (sud-est du pays), est menacé par les autorités militaires locales. Il entre aussitôt en clandestinité par peur des représailles. Lucien Kahozi avait mis en contact la rédaction centrale de VOA aux Etats-Unis avec l’abbé François Muyila Mbweno qui avait fait état d’exactions sur la population locale par des éléments des Forces armées congolaises (FAC). Des organisations de défense des droits de l’homme avaient annoncé que des troupes gouvernementales auraient attaqué et incendié un millier d’habitations et fait plusieurs morts à Ankoro (au nord de Lubumbashi), le 10 novembre. Le gouvernement a reconnu les faits mais a affirmé que les dégâts n’étaient pas aussi importants.
Le 23 novembre, Francine Mokoko, rédactrice du journal Le Révélateur, est menacée par le responsable de la Direction générale des migrations. La journaliste avait publié un article affirmant que le fils aîné du général Denis Kalume Numbi, ancien ministre du Plan, avait été interpellé à l’aéroport international de Kinshasa avec deux valises pleines de dollars américains.

Pressions et entraves
En février 2002, le gouvernement interdit aux journaux qualifiés d’antigouvernementaux de couvrir les travaux des négociations intercongolaises à Sun City. Une liste des journalistes accrédités est établie par la direction de la presse de la présidence. Les autorités décident également de placer les journaux satiriques sous surveillance. Début mars, Le Grognon et Pot-Pourri se plaignent de la discrimination dont ils sont victimes. Les journalistes de ces rédactions rencontrent notamment de très grandes difficultés pour obtenir des visas et autorisations de sortie du territoire.
Le 13 mars, des agents de la Police d’intervention rapide (PIR) raflent un certain nombre d’exemplaires de journaux à Kinshasa. Quelques vendeurs et lecteurs sont brièvement interpellés.
Le 7 juin, Zacharie Nyemabo Kalenga, rédacteur du journal La Tribune, est invité à se présenter dans les locaux de l’ANR à Kinshasa pour "une séance de travail". Arrivé sur place aux environs de 11 heures, le journaliste est reçu vers 20 heures par un officier de police judiciaire. Ce dernier l’interroge au sujet d’un article intitulé "L’ambassade du Liban sommée de réparer l’escroquerie de son ressortissant Bacher Adel Musa", paru dans l’édition du 9 mai. Il est prié de se présenter de nouveau le lendemain pour signer le procès-verbal de son audition. Arrivé sur place à 10 heures, le journaliste est encore retenu jusqu’à 15heures. Il est convoqué une troisième fois pour apporter un exemplaire du journal contenant l’article incriminé.
Le 24 juillet, Ghislain Banza, directeur de Radio Fraternité Buena Muntu (RFBM), Didier Kabuya, directeur commercial de Radio-télévision Debout Kasaï (RDTK) et M. Katende, directeur des programmes de la Radio Télé Inter Viens et Vois (RTIV), sont convoqués par le directeur provincial adjoint de l’ANR à Mbuji-Mayi. Ce dernier leur ordonne de ne plus "citer le nom, se référer ou diffuser des images concernant Etienne Tshisekedi", le président du parti d’opposition UDPS, sous peine de sanctions.
Le 18 novembre, deux agents de la direction générale des impôts se présentent au siège de la rédaction du quotidien Le Potentiel à Kinshasa pour procéder à la fermeture du journal. Les deux agents sont munis de cadenas et d’un "avis au public" annonçant que "la société Le Potentiel est scellée pour non-paiement des impôts". Le journal conteste et affirme qu’il a déjà payé une partie de la somme réclamée. Finalement, les agents repartent sans poser de scellés.
Le 20 novembre à 22 heures, des agents des SSP interrompent les émissions de la chaîne de télévision privée Canal Kin TV et ferment les studios suite à la diffusion d’une émission marquant le 4e anniversaire de la création du Mouvement de libération du Congo (MLC, groupe rebelle opposé au gouvernement). Dans ce programme, le chef du MLC, Jean-Pierre Bemba, dont la famille est propriétaire de la chaîne, évoquait le récent rapport des Nations unies sur le pillage des richesses de la RDC. Canal Kin TV reprend ses émissions le lendemain vers 18h30, mais des policiers encerclent les locaux de la chaîne pendant plusieurs heures.

Zones contrôlées par les mouvements rebelles

Sept journalistes incarcérés
Le 7 mars 2002, Wema Kennedy, directeur de Radio Muungano, est arrêté à Beni (Nord-Kivu, près de la frontière ougandaise) par des agents des services de renseignements du Rassemblement congolais pour la démocratie-Mouvement de libération (RCD-ML). On lui reproche d’avoir annoncé à l’antenne que le président du mouvement était encore en Ouganda au moment de l’ouverture des travaux intercongolais en Afrique du Sud. Il est libéré le 14mars.
Le 9 mars, Raphaël Paluku Kyana, directeur de la Radio rurale de Kanyabayonga (RRKA), est arrêté à Goma (près de la frontière rwandaise) par des agents de la Direction générale des migrations, alors qu’il doit se rendre à Mbuji-Mayi (zone gouvernementale) pour assister à une réunion de l’Association des radios communautaires du Congo. Il est détenu au cachot dit Bureau 2 à Goma. On lui reproche le fait que la RRKA émet depuis une ville contrôlée par le RCD-ML. Il est libéré le 14mars, mais ses biens et son argent ne lui sont pas restitués. Un militant des droits de l’homme, Richard Muhindo Bayunda, est brièvement interpellé le 15mars, après avoir protesté contre la saisie du matériel du journaliste.
Le 29 août, Nicaise Kibel Bel Oka, directeur de publication de l’hebdomadaire Les Coulisses, et Ntumba Luaba Lubu, ministre des Droits humains, sont pris en otages par des miliciens d’un chef traditionnel. Le ministre effectuait une mission de pacification en Ituri (extrême nord-est de la RDC), région contrôlée en théorie par le RCD-ML. Les deux hommes sont libérés et échangés, le 1er septembre, contre neuf membres dissidents du mouvement rebelle.
Le 13 septembre, Franklin Moliba-Sese, correspondant à Gbadolite (nord du pays) de Radio Okapi, la station de la Mission de l’Organisation des Nations unies en République démocratique du Congo (MONUC), est arrêté par des membres du Mouvement de libération du Congo (MLC). Selon Radio Okapi, les responsables du mouvement rebelle reprochent au journaliste d’avoir réalisé et diffusé un reportage sur les enfants enrôlés dans l’armée du MLC. "Ces enfants qui se trouvent dans des camps militaires avec des adultes vivent déjà, pour ainsi dire, leur enfer", avait notamment indiqué le journaliste. Le 21 septembre, il est libéré sur décision du procureur de Gbadolite.
Les 26 et 27 septembre, trois journalistes de la RTNC à Uvira sont arrêtés par des agents du service de renseignements du RCD-Goma. Safari Ntanama, Bugumba Tanganika et Zamukulu Mulungula sont conduits à la prison d’Uvira. Ils auraient été arrêtés sur l’ordre du vice-gouverneur de la province du Sud-Kivu, Tommy Tambwe Rudima. Ce dernier leur reproche d’avoir diffusé des informations jugées tendancieuses envers son mouvement et d’avoir qualifié de "moribond" l’état du diocèse d’Uvira. Les trois journalistes sont libérés une semaine plus tard, lorsque des milices Mai-Mai attaquent la ville.

Six journalistes interpellés
Le 4 octobre 2002, Mutere Kifara, directeur de la rédaction du journal Le Messager du peuple, est arrêté par les autorités d’Uvira. Il est accusé d’avoir publié un article sur les détournements de fonds supposés de l’administrateur du territoire et de certains dignitaires du RCD. Cette information avait été diffusée auparavant par la station locale de la RTNC. Mutere Kifara est libéré le 5 octobre.
Le 16 octobre, Kizito Mushizi, directeur de la station privée Radio Maendeleo, est interpellé par des agents des services de renseignements du RCD à Bukavu. Ceux-ci étaient à la recherche des journalistes Omba Kamengele et Chouchou Namegabe Nabintu qui avaient diffusé une information faisant état d’affrontements dans la plaine de la Ruzizi entre les troupes du RCD-Goma et des combattants Mai Mai, ainsi que des supposés renforts envoyés par le Rwanda et le Burundi. En l’absence des deux journalistes, les agents interpellent Kizito Mushizi. Il est libéré quelques heures plus tard, mais doit se présenter le lendemain matin et ne plus diffuser d’informations de ce type.
Le 9 décembre, Mussa Kitoko, le responsable de la Direction provinciale de sécurité (DSR, services de renseignements du RCD-Goma), ainsi qu’une trentaine de soldats et de policiers se rendent dans les locaux de Radio Maendeleo, à Bukavu, et donnent l’ordre de cesser la diffusion des programmes. Les policiers interpellent ensuite Kizito Mushizi, le directeur de la station, ainsi que quatre de ses collaborateurs (un technicien, le responsable financier, un journaliste et le chef des programmes, Omba Kamengele). Selon le porte-parole du RCD, Jean-Pierre Lola Kisanga, la station a été fermée car elle ne respectait pas les termes de sa licence d’exploitation. De leur côté, des employés de la radio affirment que cette mesure est liée à la diffusion, quelques jours auparavant, d’une enquête selon laquelle les habitants de la région critiquaient sévèrement la mise en place de nouvelles plaques d’immatriculation des véhicules. Le technicien, le chargé des finances et l’un des journalistes sont relâchés le soir même. Kizito Mushizi et Omba Kamengele sont libérés le lendemain.

Deux journalistes menacés
Dans la nuit du 28 au 29 mai 2002, des individus tentent de pénétrer au domicile de Ben Kabamba, directeur de Radio Maria, à Bukavu. Cette tentative d’effraction est la troisième du genre. Il prévient la police qui interpelle trois personnes. Selon le journaliste, l’un d’eux aurait avoué à la police que des individus non identifiés étaient "mécontents" de Radio Maria.
Le 23 octobre, Charles Nasibu Bilali, rédacteur en chef du journal Le Messager du peuple, est contraint de fuir Uvira et de se réfugier à Bujumbura, au Burundi. Il avait accordé une interview, deux jours plus tôt, à une radio internationale, dans laquelle il confirmait la participation des militaires rwandais aux côtés des forces du RCD-Goma dans l’attaque ayant permis de reprendre le contrôle de la ville d’Uvira.

Pressions et entraves
Le 16 juillet 2002, Arnaud Zajtman, journaliste de la BBC, se voit refuser l’autorisation de réaliser un reportage dans l’est du pays par les autorités du RCD-Goma. Selon la BBC, cette interdiction serait liée à la diffusion d’un reportage, le 26 mai, impliquant la responsabilité du RCD dans la mort de deux cents personnes lors d’affrontements à Kisangani.



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