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Sénégal


-  Superficie : 196 200 km2.
-  Population : 9 662 000.
-  Langue : français (off.).
-  Nature de l’Etat : république unitaire.
-  Chef de l’Etat : Abdoulaye Wade.

Sénégal - Rapport annuel 2003

Traditionnellement, le Sénégal est l’un des pays africains les plus respectueux de la liberté de la presse. Hormis en Casamance où leur situation est toujours difficile, les journalistes sénégalais peuvent aborder n’importe quel sujet. Certains titres, prêts à tout pour vendre de la copie, n’hésitent pas à abuser de cette latitude.

La presse "people" a pris un essor considérable au Sénégal. Plusieurs titres apparus au cours de l’année 2002 se consacrent exclusivement aux faits divers et aux affaires de mœurs les plus sordides, n’hésitant pas à les inventer purement et simplement. Les organisations professionnelles et les autorités ont dénoncé de concert ces manquements graves à l’éthique et à la déontologie professionnelles. Ces journaux se vendent très bien et concurrencent dangereusement la presse d’informations générales. Des observateurs locaux estiment qu’une partie du lectorat est fatiguée des informations politiques.
Le limogeage sans explication, en août, du directeur de la télévision nationale et du conseiller en communication du Président, a été considéré par une partie de la presse locale comme le signe d’une volonté du chef de l’Etat de garder un certain contrôle sur le secteur de l’information.
Par ailleurs, les journalistes basés en Casamance - région du Sud en proie à une rébellion indépendantiste depuis le début des années 1980 - travaillent dans des conditions difficiles. Ils sont pris entre les menaces des mouvements rebelles et la surveillance des autorités particulièrement attentives à tout ce qui concerne cette région. Ils doivent sans cesse faire attention à ne froisser personne, par peur des représailles, et l’autocensure devient une pratique courante.

Deux journalistes agressés
Le 5 janvier 2002, Boubacar Tamba, reporter de la station Sud FM, est agressé par des individus se réclamant du Mouvement des forces démocratiques de Casamance [MFDC, un groupe indépendantiste armé], près de Silinkine (à 70 km de la ville principale de Casamance, Ziguinchor). Il avait reçu la veille un message anonyme lui promettant des informations sur le maquis et la crise casamançaise s’il se rendait à Silinkine. Aucun lien n’a pu être établi entre le message et l’agression. Cependant, le reporter avait, peu auparavant, fait état du lynchage de membres du MFDC par des villageois, information qui avait soulevé une vive protestation au sein de la population locale.
Le 14 décembre, Libasse Ndiaye, cameraman d’African Television News (ATN) et correspondant de AITV, est victime de violences policières alors qu’il filme la marche des familles des victimes du naufrage du bateau Le Joola à Dakar. Le journaliste est d’abord insulté, puis frappé à coups de crosse au visage par un membre des forces de l’ordre. Selon les témoins, l’agression s’est produite loin des échauffourées entre manifestants et policiers, alors que le reporter, muni de sa caméra, était clairement identifiable en tant que tel. Après cette agression, il est conduit dans un hôpital de la capitale pour être soigné d’une blessure à l’œil.

Journalistes menacés
Le 18 septembre 2002, les correspondants des quotidiens privés Wal Fadjri et Sud Quotidien et des journalistes de la radio Sud FM Ziguinchor et d’autres organes de presse sont menacés de mort en Casamance. Dans son édition du 18 septembre, Sud Quotidien rapporte que l’un de ses journalistes, Cheikh Oumar Seydi, a reçu des mains d’un enfant un message lui reprochant de "critiquer et fustiger" le MFDC et le menaçant de mort.

Pressions et entraves
Fin janvier 2002, Ousseynou Nar Gueye, directeur de publication du journal Tract, et son infographiste, Cheikh Touré, sont poursuivis par le Premier ministre, Mame Madior Boye, pour "injures à un membre du gouvernement" et "diffusion de fausses nouvelles avec utilisation de pièces fausses ou fabriquées". Le 1er août 2001, les deux journalistes avaient été interpellés et tous les exemplaires du quotidien confisqués par la police, suite à la parution en une d’un photomontage de Madame Madior Boye en maillot de bain. Les deux journalistes avaient été libérés le lendemain matin, mais l’ordinateur utilisé pour le montage avait été saisi. Le 31 janvier 2002, les deux journalistes comparaissent devant un juge d’instruction. Le 15 février, l’ordinateur est restitué à la rédaction.
Fin février 2002, lors d’un débat sur les ondes de la radio privée Wal Fadjri FM, à propos de l’assassinat du vice-président du Conseil constitutionnel en 1993, des pierres sont jetées sur le bâtiment de la station. Ce débat faisait suite à la décision du président Abdoulaye Wade, inculpé puis blanchi dans cette affaire, de gracier les auteurs de ce meurtre, condamnés à des peines d’emprisonnement de dix à vingt ans.
Le 23 avril, Mamadou Oumar Ndiaye, directeur de publication de l’hebdomadaire Le Témoin, est condamné à quatre mois de prison et à une amende de deux millions de francsCFA (environ 3050euros) pour "diffamation" par le tribunal régional de Dakar. Victor Cabrita, directeur de l’école catholique Sainte-Marie de Hann, avait porté plainte suite à la publication, en septembre 2001, d’un article mettant gravement en cause la gestion de cette école. Victor Cabrita était notamment déclaré responsable de très lourdes malversations. Les avocats du journaliste interjettent appel et celui-ci n’est pas incarcéré.
Le 27 juin, le Syndicat des professionnels de l’information et de la communication du Sénégal (SYNPICS) proteste contre l’attitude de l’encadrement de l’équipe nationale de football, qui menace de porter plainte contre les journalistes ayant lié l’élimination du Sénégal en quart de finale du mondial 2002 aux virées nocturnes des joueurs. Le syndicat qualifie ces menaces d’"incitation à la haine contre les journalistes".
Le 28 août, Mactar Silla, directeur général de la RTS, la télévision nationale, ainsi que Chérif Elvalide Sèye, le conseiller en communication du Président, sont limogés par le chef d’Etat. Aucune explication ne leur est fournie. Selon le journal indépendant Wal Fadjri, ces décisions seraient liées aux allégations de certains médias sur une crise alimentaire en province due à une mauvaise politique de libéralisation du gouvernement sur le secteur agricole. Le 9 décembre, le Haut Conseil de l’audiovisuel ordonne à la RTS de rediffuser un discours du président Abdoulaye Wade, lors de l’inauguration de la Foire internationale de Dakar. La présidence s’était plainte auprès de l’instance de régulation que la télévision publique n’avait pas fait son travail et que les images du chef de l’Etat n’avaient pas été "suffisamment" montrées.



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