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Sierra Leone


-  Superficie : 71 740 km2.
-  Population : 4 587 000.
-  Langue : anglais (off.).
-  Nature de l’Etat : république unitaire.
-  Chef de l’Etat : Ahmed Tejan Kabbah.

Sierra Leone -Rapport annuel 2003

Un journaliste incarcéré, deux médias censurés : la liberté de la presse n’est toujours pas un acquis en Sierra Leone. Par ailleurs, les procédures engagées suites à des assassinats de journalistes n’avancent pas.

Entre 1996 et 2000, quinze journalistes ont été tués en Sierra Leone, victimes pour la plupart du Front révolutionnaire uni [RUF, un mouvement rebelle en lutte armée avec le pouvoir depuis 1991]. Un autre a été exécuté par des militaires de l’Ecomog, la force de maintien de la paix ouest-africaine. Ces crimes restent impunis.
En mai 2002, une délégation de Reporters sans frontières et du réseau Damoclès s’est rendue sur place afin d’engager des procédures judiciaires et tenter de mettre un terme à cette impunité généralisée. Les autorités rappellent, à l’occasion, leur engagement en faveur de la liberté de la presse et déplorent ces assassinats, mais ne prennent aucune mesure concrète pour les sanctionner. Le RUF est désormais un parti politique légal, ayant pignon sur rue, et qui a présenté un candidat à l’élection présidentielle de juin, remportée par le président sortant, Ahmed Tejan Kabbah.
La Commission indépendante des médias (IMC), mise en place pour assurer le relais entre la presse, le public et les autorités, outrepasse ses fonctions et n’hésite pas à jouer le rôle d’un véritable censeur. Plusieurs journalistes et organisations professionnelles se plaignent des mesures particulièrement répressives prises par la commission à l’encontre de journaux très critiques envers le gouvernement.

Nouveaux éléments sur des journalistes tués avant 2002
En mai 2002, lors d’une mission d’enquête en Sierra Leone, des représentants de Reporters sans frontières et du réseau Damoclès rencontrent les anciens collègues et la veuve d’Abdul Juma Jalloh, ancien directeur de l’information du trihebdomadaire privé African Champion Newspaper, assassiné en février 1999. Les deux organisations recueillent leurs témoignages et obtiennent leur accord pour entamer une procédure judiciaire en leur nom.
Le 3 février 1999, alors qu’il se rendait à l’imprimerie du journal en compagnie de son directeur de publication, Mohamed D. Koroma, Juma Jalloh a été interpellé par une quarantaine de membres des Civil Defence Unit (CDU - services de renseignements civils créés par le gouvernement en 1997). Juma Jalloh a ensuite été remis à des soldats de l’Ecomog en poste au bureau du Président (State House). Douze militaires ont alors conduit Juma Jalloh au bord de la mer, derrière l’hôpital Connaught de Freetown. Le journaliste y a été exécuté et son corps jeté à la mer.
Les responsables de l’exécution sont douze militaires de l’Ecomog qui n’ont pas été identifiés. En revanche, les noms des personnes qui étaient en charge de la force de maintien de la paix au moment des faits sont connus. Le major général Abu Amadu était le commandant de la force de l’Ecomog en Sierra Leone. Le chef de la garnison basée à Freetown était le colonel Buhari Musa et le major Tanko, sous son autorité directe, avait en charge les opérations sur le terrain à Freetown. Enfin, le porte-parole et responsable des relations avec la presse était le lieutenant-colonel Chris Olukolade. Tous sont de nationalité nigériane et ont quitté la Sierra Leone.
En mai, Reporters sans frontières et le réseau Damoclès rencontrent également des membres de la famille de Saoman Conteh, tué en mai 2000 par des partisans de Foday Sankoh, l’ancien chef du RUF. Le ministre de la Justice, Solomon Berewa, et le directeur des poursuites judiciaires au ministère de la Justice, Bryma Kebbie, affirment aux deux organisations que Foday Sankoh est inculpé de "meurtre" et de "conspiration de meurtre" pour les événements de mai 2000 et notamment pour la mort de Saoman Conteh.
Le 8 mai 2000, à Freetown, plusieurs centaines de personnes s’étaient rendues devant le domicile de Foday Sankoh, le leader du RUF, pour demander la paix dans le pays. Des membres du RUF en faction devant la maison de leur chef avaient pris peur et tiré en l’air pour éloigner les manifestants. Puis, l’un d’eux avait ouvert le feu sur la foule. Saoman Conteh, reporter pour l’hebdomadaire privé New Tablet, couvrait l’événement. Touché par une balle, il mourait quelques heures plus tard. En tout, près d’une vingtaine de personnes ont été tuées. Foday Sankoh disparaissait dans la nature avant d’être retrouvé, puis arrêté par la police quelques semaines plus tard. Depuis cette date, il est détenu à Freetown, dans un lieu gardé secret pour sa propre sécurité.

Un journaliste incarcéré
Au 1er janvier 2003, un journaliste est toujours emprisonné dans le pays.
Le 12 novembre 2002, Paul Kamara, directeur du quotidien privé For Di People, est reconnu coupable de "diffamation" et "calomnie" par la Haute Cour de Freetown. Il est condamné à neuf mois de prison et à une amende de 4,5 millions de leones (environ 2100euros). Le quotidien est suspendu pour six mois. Le 5 avril, suite à la parution de plusieurs articles dans le quotidien For Di People traitant le juge de la cour d’appel, Methland Tholla Thomson, de "voleur", "criminel" et "fraudeur constitutionnel", et à la publication de sa photographie légendée "cet homme est dangereux", celui-ci avait porté plainte contre Paul Kamara et son quotidien. Le 15 novembre, sa peine est ramenée à six mois de prison et à une amende de 4 500 leones (environ 2,15 euros). Le journaliste est détenu à la prison de Pademba Road, à Freetown.

Pressions et entraves
Dans la semaine du 11 mars 2002, l’IMC ordonne la suspension pour deux mois du quotidien privé African Champion Newspaper. Le directeur de la publication, Mohamed D. Koroma, est également interdit d’exercer son métier de journaliste pendant cette période. Selon la commission, le journal a publié un article intitulé "Kabbah s’enfonce encore dans un deal douteux", qui dénonçait la corruption du fils du chef de l’Etat. Le quotidien ajoutait que ce dernier bénéficiait de la protection de son père. Le 31août, la Haute Cour de Freetown interdit au journal privé African Champion Newspaper de paraître jusqu’à nouvel ordre. Son directeur n’a plus le droit d’exercer "une fonction éditoriale" dans aucun autre organe de presse du pays. Début septembre, les deux mesures sont levées.
Fin août, pour des raisons de "sécurité nationale" et de "protection du public", l’IMC refuse une licence à la station West Africa Democracy Radio (WADR), qui souhaitait émettre en ondes courtes sur l’ensemble de la Sierra Leone et dans les autres pays de l’Union de la rivière Mano (Liberia et Guinée). La commission précise que le pays a déjà été déstabilisé, dans le passé, par des éléments basés dans ces deux pays.



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