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Swaziland


-  Superficie : 17 360 km2.
-  Population : 938 000.
-  Langues : swazi, anglais.
-  Nature de l’Etat : monarchie.
-  Chef de l’Etat : roi Mswati III.

Swaziland - Rapport annuel 2003

Le dernier roi d’Afrique subsaharienne garde une mainmise totale sur les médias publics. S’il n’apprécie pas les critiques de la presse locale, il s’est montré cette année moins intransigeant qu’en 2001.

Le Swaziland est la dernière monarchie absolue du continent africain. Depuis1986, Mswati III règne sans partage sur l’un des plus petits pays du continent. Toute décision importante est prise par le roi. Le secteur des médias n’échappe pas à la règle et les journalistes connaissent très bien les limites à ne pas franchir. L’autocensure est forte et les sujets tabous sont encore nombreux.
Pourtant, le roi est au cœur de l’actualité. Sa vie privée et notamment ses relations avec ses neuf femmes intéressent au plus haut point les journaux locaux et sud-africains voisins. Soucieux de son image, le monarque n’hésite pas à utiliser la presse à ses fins. En 2001, il avait même créé sa propre chaîne de télévision, Channel S, afin de montrer que son régime est démocratique et respectueux des droits de l’homme. En octobre, les bureaux de la chaîne sont fouillés par la police après la diffusion d’un reportage jugé trop critique envers le chef de l’Etat. Toute velléité d’indépendance de la chaîne est immédiatement bridée par le pouvoir.

Un journaliste assassiné
Le 23 octobre 2002, Zweli Mabila, journaliste sportif du quotidien gouvernemental The Swazi Observer, est poignardé par des inconnus à Mbabane, alors qu’il rentre de son travail. Il décède le lendemain matin des suites de ses blessures. Le motif de ce meurtre reste indéterminé. Zweli Mabila est le troisième journaliste du même quotidien à être tué en un an. Au 1er janvier 2003, rien ne permet d’affirmer que leurs morts ont un lien avec leurs activités professionnelles.

Pressions et entraves
Le 4 février 2002, le procès pour "sédition" de Mario Masuku, principal opposant du pays, reprend après dix jours d’interruption. La présence des médias est acceptée, un juge ayant estimé qu’un procès à huis clos nuirait à la Haute Cour de Mbabane. Quelques jours auparavant, le gouvernement avait interdit aux journalistes d’assister au procès. Le procureur appelle cependant la presse "à ne pas répéter dans le texte l’énoncé des charges" pesant sur Mario Masuku, au risque de reproduire le délit. L’opposant est accusé d’avoir appelé à la révolution et à la fin du règne de Mswati III. Mi-août, il est acquitté de ses charges.
Fin mai, des parlementaires reprochent publiquement à Veli Simelane, animateur d’un talk-show populaire sur la Swaziland Broadcasting and Information Services (SBIS, publique), d’avoir laissé des auditeurs affirmer à l’antenne que trois policiers s’étaient récemment suicidés. Selon la police, les trois hommes ont été tués par des criminels.
Le 23 juillet, Thulani Mthethwa, ancien journaliste du Guardian et correspondant de plusieurs médias internationaux, de retour d’Afrique du Sud, est fouillé au poste frontière. Selon lui, la police cherchait des armes et des documents subversifs. Le journaliste avait publié des articles sur la corruption au sein du gouvernement. Depuis lors, les autorités le maintiennent sous surveillance.
Le 30 août, tôt dans la matinée, la résidence de Bheki Mazibuko, journaliste à la télévision publique, est perquisitionnée par la police. Celle-ci cherche des armes à feu, en vain. Le journaliste estime que cette perquisition est liée à sa couverture de certaines réunions organisées par des groupes d’opposition. Des correspondants de médias étrangers, suspectés par les autorités de travailler pour des groupes prodémocratiques, affirment également que la police a mis leurs téléphones sur écoutes. Certains d’entre eux se sont même vus empêchés d’assister à des cérémonies nationales pour "raisons de sécurité".
Le 3 octobre, sur ordre de la cour, la police royale fait une descente dans les bureaux de Channel S, la seule chaîne de télévision privée du pays, et confisque une bande vidéo contenant un sermon d’un pasteur local, perçu par le gouvernement comme "menaçant les fondements du royaume". Se référant à l’Incwala, une fête traditionnelle, le pasteur Justice Dlamini avait suggéré que certaines pratiques culturelles du pays étaient "impies". Au Swaziland, le roi est la figure centrale des cérémonies de l’Incwala.
Le 12 octobre, les forces de l’ordre empêchent Phinda Sihlongonyane, Ackel Zwane et Thabile Mdluli, journalistes à The Swazi Observer, ainsi que leur chauffeur, Jethro Jele, et Simon Jele, un reporter étranger indépendant, de couvrir les débats d’une réunion organisée par différents groupes politiques et sociaux du pays. Cette conférence intitulée "Justice pour la Paix" est organisée en mémoire des familles expulsées des régions de Macetjeni, au sud-est du pays, en octobre 2000. Les cinq hommes sont brièvement interpellés.



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