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Zambie


-  Superficie : 752 610 km2.
-  Population : 10 649 000.
-  Langue : anglais (off.).
-  Nature de l’Etat : république unitaire.
-  Chef de l’Etat : Levy Mwanawasa.

Zambie - Rapport annuel 2003

Le quotidien indépendant The Post reste la cible privilégiée des attaques des autorités et des militants du parti au pouvoir. Avec l’arrivée du nouveau chef de l’Etat, la situation s’est encore durcie.

Aussitôt après l’élection présidentielle de décembre 2001 et le départ de Frederik Chiluba, le ton est donné : quelques jours seulement après sa prestation de serment, le 2 janvier 2002, le nouveau chef de l’Etat, Levy Mwanawasa, met en garde les médias qui publieraient des informations fausses ou de nature à troubler l’ordre public. Dans le même temps, l’Association des médias indépendants de Zambie (ZIMA) s’insurge contre le boycott des activités de l’opposition par les médias d’Etat. Deux mois plus tard, le Président limoge le ministre de l’Information, Vernon Mwaanga, considéré comme un proche de Frederik Chiluba.
Toute velléité d’indépendance au sein des médias publics est réprimée. Pour preuve, le 14 mars, l’ensemble de la rédaction du quotidien gouvernemental The Times of Zambia décrète une grève illimitée, réclamant au gouvernement "de suspendre tous les membres de la direction" et d’améliorer leurs conditions de travail. Le lendemain, des militaires vont chercher les grévistes chez eux, les conduisent à leurs bureaux et les obligent à reprendre le travail. La direction annonce qu’elle prendra des sanctions contre les employés à l’origine de cette grève.
Le 12 juillet, un tribunal de Lusaka acquitte Fred M’membe et Bivan Saluseki, du quotidien indépendant The Post, et deux députés d’opposition, tous accusés de diffamation à l’encontre de l’ancien président Frederik Chiluba. Au nom de l’intérêt national, l’Etat retire la plainte déposée contre eux. Les deux journalistes avaient été interpellés, en août 2001, après avoir publié un éditorial intitulé "Un voleur comme Président". The Post y affirmait que Frederik Chiluba avait "détourné de l’argent d’un usage légitime vers un usage personnel". Les accusés risquaient une peine de trois ans de prison.
A l’automne, un bras de fer oppose le gouvernement et l’opposition à propos du cadre juridique régissant le domaine de la presse. Début octobre, des députés de l’opposition tirent les premiers et proposent trois projets de loi sur la liberté de l’information et la régulation du secteur de l’audiovisuel. Quelques semaines plus tard, le gouvernement annonce qu’il ne laissera personne "agir à sa place" et remet ses propres textes à l’Assemblée. Après avoir consulté des professionnels et des organisations non gouvernementales, le Parlement adopte à l’unanimité la loi sur la liberté d’information, le 6 décembre. Cette loi facilite l’accès à l’information officielle.

Quatre journalistes incarcérés
Le 5 juin 2002, quatre journalistes de l’hebdomadaire privé The People - Emmanuel Chilekwa, directeur de publication, Shaderick Banda, rédacteur en chef adjoint, Kinsley Lwendo, reporter, et Jean Chirwa, étudiant en journalisme - sont arrêtés pour avoir écrit que le chef de l’Etat était atteint de la maladie de Parkinson. Le 6 juin, la Cour de Lusaka refuse de les libérer sous caution jusqu’au jugement, prévu le 25. Cette mesure intervient après que le Président a ordonné l’arrestation de tous ceux qui affirment qu’il est souffrant. Le 27juin, les quatre journalistes sont relâchés sous caution pour un montant total de 6millions de kwachas (près de 1400euros). Le 30juillet, les journalistes présentent leurs excuses au chef de l’Etat et les charges qui pèsent contre eux sont levées.

Deux journalistes interpellés
Le 11 février 2002, Fred M’membe, directeur de publication du quotidien privé The Post, est détenu pendant quelques heures, avant d’être libéré sous caution. On lui reproche la publication d’un article citant les propos d’un parlementaire de l’opposition qualifiant le chef de l’Etat de "légume". Le député, Dipak Patel, est également interpellé et retenu par la police pendant plusieurs heures. La rédaction du Post déclare que cet "acte évident d’intimidation" ne peut avoir été "initié et exécuté que par des personnes effrayées et des régimes corrompus qui se dérobent à la vérité". Le 26 février, la police annonce l’annulation des poursuites, après des excuses publiques de Dipak Patel.
Le 10 juin, Masautso Phiri, directeur de publication de l’hebdomadaire Today, est arrêté puis libéré sous caution, après avoir publié un article accusant des policiers d’avoir été achetés dans une affaire criminelle.

Deux journalistes agressés
Le 24 février 2002, Thomas Nsama, photographe du Post, est frappé à Lusaka par des militants du Movement for Multiparty Democracy (MMD, parti au pouvoir). Le photographe prenait des clichés des militants en train de déplacer des véhicules de la chaussée pour faire de la place avant l’arrivée du cortège du président du MMD, l’ancien chef de l’Etat Frederik Chiluba. Selon le journaliste, des policiers étaient présents mais n’ont pas réagi lors de son agression.
Le 16 septembre, Henry Salim, photographe free-lance, est blessé par des jets de pierres lors d’un affrontement entre des militants du parti au pouvoir et ceux d’un parti d’opposition à l’extérieur de la Cour suprême de Lusaka.

Pressions et entraves
Le 24 janvier 2002, le Parlement annonce que l’élection de son président, prévue pour le lendemain, se déroulera à huis clos. La presse n’a pas le droit d’y assister. Aucune explication n’est fournie.
Le 7 février, Multimedia Zambia, un complexe industriel qui abrite les bureaux de l’hebdomadaire National Mirror et ceux de Multichoice Zambia, un fournisseur d’accès à la télévision par satellite, reçoivent simultanément un appel anonyme affirmant qu’une bombe est sur le point d’exploser dans leurs locaux. L’information se révèle inexacte, mais les employés sont contraints de cesser leur activité pendant plusieurs heures.
Le 14 février, Jerry Nkwendeenda, journaliste d’une radio communautaire de Mazabuka (au sud de la capitale), est retenu pendant une heure par trois policiers. Le journaliste enquêtait sur la vente suspecte de nourriture par un épicier à des officiers de police.
Le 19 février, une nouvelle alerte à la bombe est signalée dans les locaux des médias d’Etat. Un appel anonyme aurait prévenu un technicien de la radio Zambia National Broadcasting Corporation (ZNBC) qu’une bombe avait été installée dans l’immeuble. Des policiers inspectent le bâtiment avant de le déclarer sûr.
Le 7 juin, à Lusaka, des jeunes militants du MMD confisquent des exemplaires de plusieurs journaux privés et agressent des vendeurs. Certains d’entre eux doivent être hospitalisés. La veille, des sympathisants du parti avaient déjà rappelé aux patrons de presse qu’ils ne devaient pas diffuser d’informations diffamatoires envers le chef de l’Etat.
Le 1er août, une explosion détruit une partie du mur d’enceinte de la résidence de Fred M’membe, le directeur de publication du Post. Une semaine plus tard, la police rend publics ses premiers résultats : il n’y a pas eu d’explosion et le mur est endommagé en raison de la mauvaise qualité des matériaux employés et de l’humidité. L’avocat du journaliste s’étonne aussitôt de ces conclusions alors que la police n’a interrogé personne, pas même les voisins du journaliste qui avaient déclaré avoir entendu une explosion. Le lendemain, le secrétaire permanent du ministère de l’Information affirme que le gouvernement souhaite débusquer les responsables de cet acte. Il rappelle également que les autorités sont aux côtés des médias et soutiennent leur "lutte pour nettoyer la société et combattre la corruption".
Le 23 août, Happy Kabwe, journaliste du Post, est interdit d’assister à un Conseil des ministres. Aucune explication ne lui est fournie. Les médias publics sont, quant à eux, autorisés à couvrir cet séance.
Le 11 septembre, M. Chulu, journaliste du Monitor, est expulsé de la caserne d’Arrackan (Lusaka), dans laquelle il s’était rendu pour couvrir des manœuvres militaires. Tous les autres médias peuvent continuer à couvrir l’événement.



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