Afrique Ameriques Asie Moyen-Orient Internet Nations unies
 
Arménie


-  Superficie : 29 800 km2.
-  Population : 3 788 000.
-  Langue : arménien (off).
-  Nature de l’Etat : république unitaire.
-  Chef de l’Etat : Robert Kotcharian.

Arménie - Rapport annuel 2003

La situation de la liberté de la presse s’est détériorée en 2002, avec l’assassinat d’un haut responsable de la télévision publique, un attentat contre un journaliste d’investigation et le retrait de la licence de la principale chaîne de télévision indépendante du pays.

A l’approche de l’élection présidentielle du 19 février 2003, et dans un contexte politique instable, les atteintes à la liberté de la presse se sont multipliées. La fin de l’année a vu une recrudescence des violences contre les journalistes, avec l’assassinat de Tigran Naghdalian, proche soutien du président et personnage clé de la télévision publique, et un attentat contre le journaliste d’investigation Mark Grigorian. Par ailleurs, les médias audiovisuels indépendants sont paralysés par la politique d’attribution des fréquences de la commission nationale de radiotélévision. Le retrait de la licence des deux principales chaînes de télévision indépendantes du pays a suscité de vives réactions de la part de la population et de la communauté internationale : plusieurs manifestations ont été organisées, demandant la démission du Président, et les Etats-Unis ont officiellement exprimé leur inquiétude pour l’avenir des médias indépendants du pays. L’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) a demandé que l’attribution des fréquences ne soit retardée sous aucun prétexte et que toutes les compagnies de télévision soient opérationnelles avant l’élection de 2003. Le 3 mai 2002, Journée internationale de la liberté de la presse, le président Robert Kotcharian a été nommé "ennemi de la liberté de la presse" par le National Press Club de Erevan. En revanche, une certaine amélioration est intervenue au plan législatif. Le Parlement a adopté en première lecture, le 23 octobre, le premier projet de loi sur la liberté de l’information (un des des engagements du pays auprès du Conseil de l’Europe), qui suscite néanmoins des critiques de la part de l’OSCE et du Press Club de Erevan. Ce dernier regrette en particulier que l’obligation de l’Etat de fournir des informations aux journalistes ne soit pas stipulée.

Un journaliste tué

Le 28 décembre 2002, Tigran Naghdalian, président du Conseil de la télévision publique, auteur et présentateur de l’émission d’analyse politique "Orakarg", est abattu par un inconnu devant le domicile de ses parents à Erevan. Transporté d’urgence à l’hôpital, le journaliste décède une heure et demie plus tard. Le jour même, le président Robert Kotcharian convoque en urgence les responsables de la sécurité pour accélérer l’enquête sur le meurtre. Proche soutien du Président et personnage clé de la télévision publique depuis 1998, Tigran Naghdalian avait débuté sa carrière journalistique en 1990 dans l’émission "Haylur" de la télévision d’Etat, fermée par les autorités en 1991. Il dirigea ensuite l’agence d’information Haylur avant de créer, en 1994, l’agence de presse Fact. Il avait travaillé de 1995 à 1997 pour le bureau arménien de Radio Liberty. Au 1er janvier 2003, les raisons de cet assassinat sont inconnues.

Trois journalistes agressés

Le 24 août 2002, Artashes Mehrabian, fondateur de la télévision Abovian TV, et sa directrice, Azniv Chizmechian, sont violemment agressés par des inconnus. D’après les dirigeants de la chaîne, cette agression a été commanditée par le maire d’Abovian, Karo Israelian, dont la politique est régulièrement critiquée par la chaîne. Le 6 septembre, trois inconnus menacent Artashes Mehrabian. Ils exigent que la télévision apporte un soutien actif à Karo Israelian, à l’approche des élections locales du mois d’octobre, et somment le journaliste de quitter la ville s’il ne veut pas que "quelque chose de terrible" arrive à sa famille. A la demande des plaignants, l’enquête a été confiée au parquet de la capitale et non aux autorités locales, afin de garantir les conditions d’objectivité de l’investigation.
Le 22 octobre, Mark Grigorian, journaliste d’investigation, correspondant à Erevan de Reporters sans frontières et vice-directeur de l’Institut des médias du Caucase, est attaqué à la grenade dans une rue de la capitale et grièvement blessé. Le journaliste attribue cet attentat à des personnes hostiles à une enquête qu’il réalisait sur l’attaque du parlement arménien par un commando, le 27 octobre 1999, où huit des principaux leaders politiques du pays, dont le chef du gouvernement, Vazguen Sarkissian et le porte-parole du Parlement, Karen Demirtchian, avaient trouvé la mort. Au 1er janvier 2003, l’enquête est toujours en cours.

Pressions et entraves

Le 2 avril 2002, la commission nationale de radiotélévision attribue la licence d’émission de la chaîne A1+ à la compagnie Charm, spécialisée dans les spectacles de divertissement, au terme d’un appel d’offres. Trois projets concurrents étaient en lice pour la réattribution de la licence. La chaîne privée A1+ donnait régulièrement la parole à des personnalités de l’opposition dans ses émissions d’information. Les membres de la commission nationale de radiotélévision sont nommés par le Président. D’après le directeur d’A1+, Mesrop Movsesian, le retrait de sa licence est dû à ses critiques du gouvernement de Robert Kocharian. Au 1er janvier 2003, A1+ était toujours en attente d’une attribution de fréquence.
Le 31 octobre, tous les exemplaires du quotidien Aravot sont dérobés par des inconnus. D’après le rédacteur en chef, Aram Abrahamian, ce vol est lié à un article accusant Hrach Abgarian, un proche du Premier ministre Andranik Markarian, de pratiques illégales dans le cadre de l’achat d’un complexe immobilier. Aravot, proche de l’opposition, est connu pour ses fréquentes critiques à l’égard du gouvernement.
Le 18 novembre, la cour d’arbitrage économique suspend le concours d’attribution de neuf fréquences de télévision, ouvert le 8novembre. Cette décision fait suite à une plainte déposée par le directeur de la télévision indépendante Noyan Tapan, Tigran Harutunian, contre la commission nationale de radiotélévision, qui a rejeté sa candidature pour des raisons administratives. Le directeur de la chaîne de télévision A1+, Mesrop Movsesian, critique la suspension du concours, qui servirait de prétexte aux autorités pour retarder l’attribution d’une fréquence à sa chaîne, dont la licence a été retirée le 2 avril.



  liste pays europe
Introduction Europe et ex-URSS
Actualisation Europe et ex-URSS
Albanie
Allemagne
Autriche
Azerbaïdjan
Bélarus
Belgique
Bosnie-Herzégovine
Bulgarie
Chypre
Croatie
Danemark
Espagne
France
Géorgie
Grèce
Irlande
Italie
Kazakhstan
Kirghizistan
Macédoine
Moldavie
Ouzbékistan
Pologne
Portugal
République tchèque
Roumanie
Royaume-Uni
Russie
Serbie-Monténégro
Slovaquie
Suède
Tadjikistan
Turkménistan
Turquie
Ukraine

voir aussi
Rapport annuel 2003 Maghreb / Moyen-Orient
Rapport Annuel 2003 Amériques
Rapport annuel 2003 Afrique
Rapport annuel 2003 Asie