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Grèce


-  Superficie : 131 944 km2.
-  Population : 10 623 000.
-  Langue : grec moderne (off.).
-  Nature de l’Etat : république unitaire.
-  Chef de l’Etat : Costis Stéphanopoulos.

Grèce - Rapport annuel 2003

Bien que la presse grecque jouisse d’une grande liberté, la possibilité de poursuites pénales à l’encontre des journalistes constitue un moyen de pression considérable, les incitant à une forte autocensure. Ils sont notamment soumis à une législation draconienne en matière de diffamation, délit passible de peines de prison.

En automne, la couverture médiatique du démantèlement du groupe terroriste "17novembre", responsable de vingt-trois assassinats de personnalités grecques et étrangères depuis 1975, fait l’objet d’une importante controverse. La presse est accusée de se conformer aux positions gouvernementales sur cette affaire et de servir de relais au pouvoir afin d’inciter à la délation des terroristes. Suite à la publication dans la presse de l’intégralité des dépositions des personnes arrêtées par la police, l’Autorité grecque pour la protection des données personnelles appelle les médias au respect de la vie privée des inculpés. En novembre, le ministre de la Justice interdit la présence de caméras de télévision lors des procès, au nom de l’harmonisation des législations au sein de l’Union européenne. Selon les journalistes, cette mesure est adoptée afin d’empêcher la couverture médiatique du procès du groupe "17 novembre", prévu en janvier 2003. Le ministre de l’Information, Christos Protopapas, présente un projet de décret présidentiel intégrant un "code de déontologie des émissions journalistiques". Les journalistes estiment que ce texte vise à contrôler leur travail et non à instaurer des règles déontologiques.

Journalistes agressés

Le 13 septembre 2002, une trentaine de militants anarchistes supposés agressent des journalistes de télévision qui tournent des images devant le domicile athénien de MeIoanas Kourtovic, avocate de deux terroristes présumés du groupe "17novembre". Les agresseurs accusent les journalistes de couvrir le démantèlement du groupe terroriste de manière partiale. Ils jettent leurs caméras à terre et les frappent, s’enfuyant avant l’arrivée des forces de l’ordre.
Le 26 septembre, à Athènes, lors d’une marche vers l’ambassade des Etats-Unis, des manifestants vandalisent une camionnette de la chaîne de télévision privée Mega et blessent légèrement un journaliste et deux techniciens. Le matériel de plusieurs photographes et cameramen est détruit. Des messages de soutien au groupe "17 novembre" sont retrouvés sur les murs.
Le 2 octobre, une vingtaine d’individus casqués, vraisemblablement un groupe anarchiste, attaquent les locaux athéniens du quotidien Apogevmatini, lançant des cocktails Molotov et incendiant quelques véhicules. Les journalistes, alors en plein travail, ne sont pas blessés. Le groupe prend la fuite avant que la police n’intervienne. Le quotidien, dont le propriétaire Nikos Momfertos avait été assassiné par le groupe terroriste "17novembre" en 1985, prend nettement position en faveur du démantèlement du groupe.

Pressions et entraves

Le 4 avril 2002, le Conseil national de l’audiovisuel (ESR) condamne la chaîne de télévision privée Extra Channel à 146 735 euros d’amende pour offense au président de la République, Costis Stéphanopoulos. Diffusé le 31 janvier2002, le reportage incriminé accuse la famille présidentielle d’avoir loué des propriétés à un homme d’affaires pour qu’il y ouvre des casinos. La diffusion du reportage intervient alors qu’un scandale politique éclate sur la présence dans tout le pays de casinos illégaux. Le reportage, qui évoque la possibilité d’une démission du Président, est considéré comme une mise en cause de l’autorité du chef de l’Etat. L’ESR sanctionne Extra Channel pour "diffusion de fausse information, langage erroné, tournage en caméra cachée" et pour avoir "semé la confusion chez les téléspectateurs".
Le 6 juillet, le journal télévisé de la chaîne privée Alter est censuré par le Premier ministre, Costas Simitis, après avoir diffusé la photo de Savas Xiros, un membre présumé du groupe terroriste du "17novembre", blessé par l’explosion d’une bombe qu’il transportait. A la demande du Premier ministre, outré par la diffusion de la photo jugée "indécente pour la sensibilité des Grecs", le Conseil national de l’audiovisuel (ESR) interdit la diffusion du journal.
Le 9 juillet, trois journalistes de la station de radio privée Flash sont condamnés par le tribunal d’Athènes à verser chacun 58 694 euros au député de la Nouvelle Démocratie, Aris Spiliotopoulos. Cet homme politique les accuse de l’avoir insulté lors d’une émission satirique. Le tribunal a considéré que les journalistes avaient profité des attaques portées contre Aris Spiliotopoulos au sein de son parti et l’avaient effectivement insulté.



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voir aussi
Rapport annuel 2003 Maghreb / Moyen-Orient
Rapport Annuel 2003 Amériques
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