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Moldavie


-  Superficie : 33 700 km2.
-  Population : 4 285 000.
-  Langue : roumain (off).
-  Nature de l’Etat : république unitaire.
-  Chef de l’Etat : Vladimir Voronine.

Moldavie - Rapport annuel 2003

Les réformes entreprises en 2002 ne répondent pas encore aux critères du Conseil de l’Europe. Les néocommunistes contrôlent toujours la télévision publique et la diffamation est passible de la prison.

En début d’année, les autorités se montrent très sensibles à tout ce qui touche l’identité du pays et censurent les allusions à la Roumanie ou à la langue roumaine. Le président néocommuniste, Vladimir Voronine, cherche en effet à éloigner son pays de la zone d’influence roumaine, en vue d’un rapprochement avec la Russie, et met en œuvre un processus de russification des médias publics. La politique hostile à la Roumanie s’illustre par la suspension, entre août et novembre, de la retransmission des émissions de la chaîne roumaine TVR1. Au printemps, des milliers de personnes descendent dans la rue pour protester contre cette politique et réclamer plus de démocratie. TeleRadio Moldova, entièrement contrôlée par l’Etat, censure la retransmission des manifestations alors que ses journalistes ont initié un vaste mouvement de grève demandant la démocratisation de leur média. Pendant l’été, une nouvelle loi censée assurer le pluralisme politique de la télévision publique est promulguée, comme le demande le Conseil de l’Europe. Mais en réalité, cette loi ne fait qu’asseoir la domination des communistes, qui contrôlent déjà toutes les institutions. Par ailleurs, le nouveau code pénal, entré en vigueur le 1er janvier 2003, prévoit jusqu’à cinq ans de prison ferme pour "calomnie", au grand dam du Conseil de l’Europe qui réclame la dépénalisation de la diffamation avant mai 2003, date du début de la présidence moldave au Comité des ministres du Conseil de l’Europe.

Pressions et entraves

Le 27 février 2002, des centaines d’employés de la compagnie d’Etat TeleRadio Moldova se mettent en grève pour demander aux autorités l’abolition de la censure politique exercée sur leur média. Les journalistes réclament notamment la fin du processus de russification des médias publics, la fin des tabous imposés sur les expressions "roumain", "langue roumaine" ou "régime totalitaire", ainsi que la fin du monopole de l’Etat sur TeleRadio Moldova et sa démocratisation. Le 30 mars, veille d’une des plus grandes manifestations antigouvernementales prévues, Teleradio Moldova annonce l’annulation du mouvement en raison d’une prétendue mauvaise météo.Le temps s’avère radieux. Teleradio Moldova ne diffuse aucune information sur la manifestation.
Le 20 mars, la direction de TeleRadio Moldova interdit la diffusion d’un reportage sur le rassemblement de manifestants et de représentants de la société civile suite à la disparition en mars de Vlad Cubreacov, chef de file de l’opposition. Les 29 et 30 mars, des journalistes du journal télévisé du soir "Messager" projettent sur un mur dans la rue un "Messager alternatif" qui présente les images censurées par la direction, collées bout à bout, et notamment un extrait des manifestations.
Le 12 avril à Chisinau, une bombe explose devant l’entrée du siège de la rédaction du quotidien Kommunist, organe du Parti communiste. L’attentat ne blesse aucun journaliste, mais cause des dégâts matériels. La police a ouvert une enquête.
Le 10 août, la retransmission des émissions de la chaîne roumaine Télévision Roumanie (TVR1) est suspendue, au prétexte que la chaîne doit de l’argent à la Moldavie et que le contrat entre la Roumanie et la Moldavie, qui prend fin le 12 août, n’a pas été prolongé à temps. Les autorités moldaves annoncent que les émissions ne reprendront pas tant qu’un accord entre les deux pays ne sera pas signé. Or un accord a été signé le 24 juillet, qui prévoit de considérer le paiement de la TVR1 comme le remboursement d’une partie de la dette de l’Etat moldave envers la Roumanie. Le Parlement n’entérine cet accord que le 8 novembre. Pendant tout le mois de novembre, des journalistes organisent des manifestations pour exiger la reprise des émissions et envoient, le 22 novembre, un mémorandum au Parlement. Le paiement effectif n’intervient que le 26 novembre. Début décembre, la TVR1 diffuse à nouveau.
Le 15 août, la loi sur la radiotélévision publique, TeleRadio Moldova, est promulguée. Elle prévoit la formation d’un Conseil administratif composé de cinq représentants du Président, cinq du gouvernement, et cinq du Parlement. Conçu en partenariat avec le Conseil de l’Europe, ce système a pour vocation d’assurer le maximum de pluralisme politique, mais toutes les institutions étant dominées par les communistes, il confirme en réalité la domination d’une seule couleur politique. Le passage de la radiotélévision d’Etat à la radiotélévision publique est également conditionné par la création d’un Conseil de surveillance auquel doivent participer toutes les forces politiques ainsi que les organisations non gouvernementales influentes.
Le 9 octobre, les forces de l’ordre perquisitionnent les locaux de l’hebdomadaire Accente à Chisinau et saisissent du matériel photo et informatique, ce qui empêche la parution du numéro du 10 octobre. Le même jour, son rédacteur en chef, Sergiu Afanasiu, est interpellé pour avoir reçu un pot-de-vin contre la promesse de ne pas publier une information compromettante sur un homme d’affaires. La perquisition et l’interpellation ne sont légalisées que vingt-quatre heures après les faits. Selon la loi moldave, seule une décision de justice permet d’interrompre la parution d’un média.
Le 15 novembre, le président Voronine propose une loi qui permet aux autorités de qualifier d’"extrémiste" n’importe quel discours ou démarche radicale émanant de l’opposition ou des minorités, et qui réduit sensiblement la possibilité pour les médias de couvrir des sujets sensibles.
Le 22 novembre, la rédaction de Glas Naroda de Tiraspol (République autonome de Transdniestrie) déclare, dans un communiqué, que les imprimeries publiques et privées refusent de publier le journal d’opposition suite à un ordre émanant des autorités locales. En octobre 2001, le ministre de la Justice avait déjà recommandé à toutes les imprimeries de ne pas offrir leurs services à Glas Naroda, alors que le directeur du journal se présentait à l’élection présidentielle contre Igor Smirnov, l’actuel Président.



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voir aussi
Rapport annuel 2003 Maghreb / Moyen-Orient
Rapport Annuel 2003 Amériques
Rapport annuel 2003 Afrique
Rapport annuel 2003 Asie