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Pologne


-  Superficie : 312 677 km2.
-  Population : 38 577 000.
-  Langue : polonais.
-  Nature de l’Etat : république unitaire.
-  Chef de l’Etat : Aleksander Kwasniewski.

Pologne - Rapport annuel 2003

Les journalistes polonais sont soumis à une forte autocensure et subissent des pressions de la hiérarchie catholique autour de sujets tabous tels que la critique ou la satire du pape. L’année 2002 est marquée par des réformes controversées de la législation sur l’audiovisuel et du rôle attribué au Conseil national polonais de la radiodiffusion et de la télévision (KRRIT).

La critique de la religion catholique et du pape reste un vrai sujet tabou dans un pays où la loi exige des médias audiovisuels "le respect des valeurs chrétiennes" (article 18.2), sans que ces valeurs soient précisément définies, et qu’ils "servent le renforcement de la famille " (article 21.2/6-7). Si la loi polonaise prévoit toujours des peines de prison ferme pour diffamation, les tribunaux ne condamnent plus les journalistes à ce type de peine depuis longtemps.
Le 25 juillet 2002, le gouvernement abandonne un projet de loi très controversé visant à limiter la concentration du capital dans la presse et l’audiovisuel. Préparé par le KRRIT et adopté le 19 mars par le gouvernement postcommuniste de Leszek Miller, ce projet venait amender la loi sur l’audiovisuel qui plafonnait déjà les participations étrangères à 33%. Il prévoyait d’interdire à un opérateur de détenir plus d’une télévision ou plus d’une radio d’audience nationale, d’interdire l’acquisition de télévisions par les groupes de presse et d’empêcher les radios nationales d’obtenir des licences d’émission pour des stations locales dans les villes de plus de 100 000 habitants. Attisant les craintes des médias privés, ce projet de loi était perçu comme un moyen de freiner l’expansion du groupe privé Agora (éditeur du plus important quotidien du pays Gazeta Wyborcza, et issu de l’ancienne opposition démocratique aux gouvernements communistes), qui s’apprêtait à acquérir la chaîne de télévision privée Polsat. Un nouveau projet de loi sur l’audiovisuel, moins sévère sur les limitations de la concentration des médias, est toujours en discussion au sein de la Commission parlementaire pour la culture et les médias. La réforme en discussion essuie de sérieuses critiques de la part de l’Association des journalistes polonais et de l’ombudsman (personne chargée de défendre les droits du citoyen face aux pouvoirs publics) qui a menacé de porter plainte, jugeant que le KRRIT risque de devenir un organe de pression alors qu’il est supposé "défendre la liberté d’expression, le droit à l’information et l’intérêt public". Le KRRIT aurait en effet le pouvoir de fermer une station de radio ou une chaîne de télévision s’il considère qu’elles peuvent "menacer l’intérêt de la culture nationale, les bonnes mœurs ou l’éducation".
La fin de l’année est marquée par un scandale politico-médiatique lorsque Adam Michnik, rédacteur en chef du plus grand quotidien polonais Gazeta Wyborcza, accuse dans son journal Lew Rywin, président du conseil de surveillance de Canal Plus Polska, de lui avoir demandé au nom du Premier ministre, Leszek Miller, un pot-de-vin de 17,5 millions de dollars. En échange, le gouvernement aurait amendé la loi sur l’audiovisuel de façon à permettre à l’éditeur du journal, le groupe Agora, d’acheter la chaîne de télévision Polsat.

Pressions et entraves

Le 13 mai 2002, le quotidien Trybuna et la société Ad Novum, éditrice du journal, sont condamnés à une amende cumulée de 26400 zlotys (6 600 euros) pour insulte envers le pape Jean-Paul II. Trybuna avait publié, dans son édition du 26 novembre 1997, un article de Zbigniew Wisniewski intitulé "Joannes Paulus dixit", dans lequel le journaliste qualifiait le discours du pape de proche de celui d’un "vulgaire vicaire de campagne". Le prêtre Zdzislaw Peszkowski avait porté l’affaire devant les tribunaux. La rédaction de Trybuna avait présenté des excuses à trois reprises dans le journal.
Le 17 juillet, le KRRIT confirme sa décision de ne pas renouveler l’autorisation d’émettre de deux radios locales de grande audience, Radio Blue à Cracovie et Twoje Radio à Walbrzych (sud-ouest du pays). Institué en 1992, le KRRIT attribue les licences d’émission aux stations de radio pour des périodes maximales de sept ans. A l’issue de ce délai, les stations doivent présenter une nouvelle demande de concession. Radio Blue a confirmé l’avoir fait dans les délais requis. Le 11 octobre, elle cesse d’émettre. Sa licence et sa fréquence ont été attribuées à la Radio Eska, du groupe ZPR, politiquement proche du gouvernement en place.
Le 30 août, Marian Maciejewski, journaliste à Gazeta Wyborcza, le plus important quotidien du pays, est poursuivi en justice par Lidia Sieradzka, procureur de la ville de Opole (sud du pays), pour diffamation envers les juges du tribunal de Krzyki de la ville de Wroclaw (sud-ouest du pays). Le journaliste avait publié, en novembre 2000, un article portant sur les dysfonctionnements du tribunal de Krzyki. Marian Maciejewski, qui risque deux ans de prison en vertu de l’article 212-2 du code pénal, attend toujours l’ouverture du procès. L’article 213 du code pénal précise cependant qu’il n’y a pas diffamation lorsque les propos formulés par voie de presse sont justifiés. Or le ministère de la Justice a confirmé, dans le courant de l’été, le mauvais fonctionnement du tribunal de Krzyki et limogé un de ses principaux responsables.
En septembre, le procureur de Varsovie ouvre une enquête judiciaire contre Jerzy Urban, rédacteur en chef de l’hebdomadaire Nie, suite à la publication, le 15 août 2002, la veille de la visite de Jean-Paul II en Pologne, d’un article dans lequel le journaliste surnommait le pape le "Brejnev du Vatican". Le journaliste risque jusqu’à trois ans de prison pour "insulte publique à un chef d’Etat étranger", sur la base de l’article 136.3 du code pénal.
Au 1er janvier 2003, la date du procès de Dorota Pardecka, journaliste de l’hebdomadaire Nie, n’a toujours pas été fixée. Elle risque jusqu’à deux ans de prison pour deux articles, parus les 15 et 29 novembre 2001, dans lesquels elle citait une expertise psychiatrique de M. Zbigniew Nowak, un député populiste de Tarnobrzeg (sud du pays). L’expertise médicale avait été réalisée dans le cadre d’un procès mais avait été largement diffusée.



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voir aussi
Rapport annuel 2003 Maghreb / Moyen-Orient
Rapport Annuel 2003 Amériques
Rapport annuel 2003 Afrique
Rapport annuel 2003 Asie