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Bahreïn


-  Superficie : 678 km2.
-  Population : 652 000.
-  Langue : arabe.
-  Nature de l’Etat : monarchie.
-  Chef de l’Etat : Cheikh Hamad ben Issa al-Khalifa.

Bahreïn - Rapport annuel 2003

Depuis 1999, le roi Hamad ben Issa al-Khalifa a engagé la monarchie conservatrice de Bahreïn sur la voie de la démocratie politique. Des évolutions positives ont été enregistrées et un nouveau code de la presse, plus libéral, a été adopté en 2002. Cependant, les réformes sont extrêmement lentes et timides si bien que la censure, le contrôle étatique sur les médias et l’autocensure des journalistes sont toujours de mise.

En février 2002, une monarchie constitutionnelle est proclamée, approuvée par référendum. En mai, sont organisées les premières élections locales auxquelles les femmes sont autorisées à se présenter. En octobre, se tiennent des élections législatives visant à rétablir le Parlement dissous en 1975. Quatre formations, dont la principale émanation politique des chiites (composant environ 60 % de la population nationale), ont appelé au boycott de ces élections qui ont vu les candidats islamistes faire une entrée en force au Parlement en remportant dix-neuf des quarante sièges de la Chambre. Le 9 mai, un décret royal instaure la "National Security Agency", rattachée au bureau du Premier ministre, en remplacement du "General Directorate of Criminal Investigation" du ministère de l’Intérieur. Les médias locaux ainsi que les diplomates étrangers ont salué cette réforme qui, selon eux, va dans le sens d’une démocratisation du régime.
Un nouveau code de la presse, promulgué le 2 novembre 2002 par le roi Hamad ben Issa al-Khalifa, lève certaines restrictions imposées à la presse nationale. Ce texte précise notamment que les journalistes sont indépendants et que les attaques et les pressions à leur encontre sont passibles de poursuites judiciaires. Aucun journaliste ne peut être limogé sans que l’Association des journalistes bahreïnis ne soit préalablement informée des raisons de cette sanction. Cependant, la législation prévoit des peines de prison, allant de six mois à cinq ans, pour "insulte au roi", atteinte à la foi islamique, à l’unité du peuple, incitation à renverser le gouvernement ou autre crime mettant en péril la sécurité de l’Etat. Suite aux nombreuses critiques suscitées par ces dispositions répressives, le texte est actuellement en cours d’amendement. Pour les journalistes des quotidiens Al-Ayyam et Al-Wassat, le nouveau code de la presse représente en l’état "une épée de Damoclès" suspendue au-dessus de leur tête.

En janvier, le quotidien réformateur Al-Wassat obtient sa licence et commence à paraître en septembre, portant à cinq le nombre de quotidiens dans le royaume, dont deux en langue anglaise. Le rédacteur en chef d’Al-Wassat n’est autre que l’ancien porte-parole du Mouvement de libération du Bahreïn (MLB, opposition basée à Londres).

Le 3 février, une trentaine de journalistes ne se reconnaissant pas dans l’Association des journalistes bahreïnis (officielle) décident de créer une organisation indépendante. Leur initiative, en cours, vise à créer un syndicat militant qui défende les droits des journalistes et encourage les réformes démocratiques.

Nouveaux éléments d’un procès

Le 2 janvier 2002, Hafez El Sheikh Saleh, journaliste au quotidien Akhbar al Khaleej et collaborateur pour les journaux arabes Ach Charq et Al Quds el Arabi, gagne le procès qu’il avait intenté contre le ministre de l’Information, Nabil Al-Hamer, qui lui avait interdit d’exercer sa profession. Les écrits du journaliste étaient "incompatibles avec l’esprit de la Charte nationale et de la Constitution", avait déclaré le ministère de la Justice qui l’accusait d’"atteinte à l’unité nationale". Selon le journaliste, un article sur la visite du roi aux Etats-Unis en novembre 2001, paru dans le quotidien libanais The Daily Star, aurait été la cause de ces poursuites.

Pressions et entraves

Le 10 mai 2002, le ministre de l’Information, Nabil Al-Hamer, interdit à la chaîne qatarie Al-Jazira de couvrir les élections municipales dans le royaume car celle-ci "s’emploie à nuire au Bahreïn (...) et est infiltrée par des sionistes". Selon des sources bahreïnies, la raison de cette mesure serait la couverture par la chaîne, sans autorisation, de manifestations tenues dans la capitale, Manama, contre l’offensive israélienne en Cisjordanie.

Finmars, au moins cinq sites Internet, dont certains d’opposition, sont bloqués par les autorités qui les considèrent comme "des tribunes pour la diffusion d’informations tendancieuses, de rumeurs et de mensonges". Le ministre de l’Information, Nabil Al-Hamer, déclare qu’il lèvera ce blocage lorsque les sites auront changé de contenu. Parmi les sites censurés figurent les sites du Mouvement de libération du Bahreïn (MLB, opposition basée à Londres), de Bahrain online et de l’islamiste Abdel Wahab Hussein. Le journal en ligne Al Manama (www.al-manama.net) est également censuré. Le 15 avril, l’Association bahreïnie des droits de l’homme ABDH demande la suspension de cette mesure et décide de déférer l’affaire devant la justice. Le 4 mai, au lendemain de la Journée internationale de la liberté de la presse, entre vingt et trente personnes participent à un sit-in devant la firme Telecom Batelo (Manama) à l’appel du Comité de défense de la liberté de publication électronique. Abdel Wahab Hussein, activiste islamiste, Hussein Macheema, vice-président de ARNI (ex-opposant islamiste, association pour la réconciliation nationale) et Ali Abdel Iman, responsable de Bahrain online, participent à cette manifestation. Le site, aujourd’hui bloqué, comptait jusqu’à 40000visiteurs par jour sur ses forums politique, sportif et culturel.



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voir aussi
Rapport Annuel 2003 Amériques
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