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Yémen


-  Superficie : 454 000 km2.
-  Population : 19 114 000.
-  Langue : arabe.
-  Nature de l’Etat : république issue de l’union du Yémen du Sud et du Yémen du Nord.
-  Chef de l’Etat : maréchal Ali Abdallah Saleh.

Yémen - Rapport annuel 2003

Considéré par les Etats-Unis comme un refuge pour les membres du réseau Al-Qaida après la chute du régime taliban en Afghanistan, le Yémen s’est engagé à participer activement à la lutte contre le terrorisme. Cette collaboration avec les Américains, qui assurent la formation de l’armée yéménite, suscite de nombreuses critiques dans le pays. Dans ce contexte politique et international tendu, la pression s’est accrue sur les journalistes.

Cette année a vu le retour de plusieurs journalistes partis vivre en exil après la guerre civile de 1994. En août, Mohammed Abdul Hadi, ancien correspondant de la chaîne arabe Middle East Broadcasting Corporation (MBC) à Aden, et Sameer Moqbil, du journal Al-Wahdawi en exil au Caire (Egypte) rentrent au Yémen. Le 2septembre, en présence du président du Syndicat des journalistes yéménites, Mahboob Ali, a lieu une rencontre entre le ministre de l’Information, Hussein Al-Awadi, et un groupe d’anciens journalistes en exil. Le ministre de l’Information ordonne que les journalistes retrouvent leur poste dans les médias publics dans lesquels ils travaillaient. Mahboob Ali déclare qu’il apprécie ce geste et que seuls trois journalistes - Omar Bawazeer, Ali Gassar et Sa’aeed Ali Noor - sont toujours en exil à Damas et au Caire.

Le 17 juillet, pour le 24e anniversaire de son accession à la magistrature suprême, le président Ali Abdallah Saleh ordonne au ministre de la Justice et au procureur général l’arrêt des procédures judiciaires engagées contre des journalistes. Il confirme son attachement "à la démocratie, un choix inéluctable", mais rappelle que les journalistes doivent "s’abstenir de publier tout ce qui peut contrevenir à la loi ou nuire à l’unité nationale". Pour autant, le harcèlement judiciaire envers les journalistes n’a pas cessé. Plusieurs d’entre eux sont sous le coup de peines de prison avec sursis, le plus sûr moyen pour imposer l’autocensure.

Trois journalistes incarcérés

Le 23 mai 2002, le journaliste Abdul Rahim Mohsen, collaborateur du quotidien Al-Thawri, publication du Parti socialiste (PSY, opposition), est kidnappé par des hommes armés à Sanaa. Après un mois de séquestration dans une cave, il est interrogé, le 28 juin, à la prison du département général de la sécurité politique, au sujet de ses articles sur la corruption gouvernementale, les restrictions des libertés publiques et la vague d’arrestations au Yémen après les attentats du 11 septembre. Durant l’interrogatoire, des menaces de mort sont proférées contre lui.

Le 4 juin, Abdul Rahim Mohsen, Ibrahim Hussein et Khaled Salman, contre lesquels le ministère de l’Information a porté plainte pour "incitation à la sédition confessionnelle" et "atteinte à l’entente nationale", sont condamnés par un tribunal de Sanaa à cinq mois de prison avec sursis.

Le 21 juin, Ibrahim Hussein, collaborateur de plusieurs publications locales, dont Al-Thawri, est arrêté à Sanaa par des policiers en civil. Il est accusé, ainsi que Abdul Rahim Mohsen et Khaled Salman, le rédacteur en chef de Al-Thawri, laissé en liberté, d’avoir par ses écrits "porté atteinte à l’entente nationale".

Le 26 juin, des dizaines de personnes, parmi lesquelles des opposants, un groupe d’avocats et des journalistes, manifestent devant le palais présidentiel, à Sanaa, pour réclamer la libération de Abdul Rahim Mohsen et Ibrahim Hussein. Le 2 juillet, ces derniers comparaissent devant un tribunal de première instance de Sanaa. Leurs avocats, qui n’ont pas été prévenus à temps, sont absents. L’audience se résume à la lecture de l’acte d’accusation (violation de l’article 103 de la loi sur la presse) que les journalistes écoutent, menottes au poignet. Ils encourent une peine d’un an de prison. La séance est ajournée au 7 juillet afin de "poursuivre l’examen du dossier. Huit partis de l’opposition, dont Al-Islah et le Parti socialiste (PSY), condamnent l’incarcération des deux journalistes qu’ils qualifient de "rafle". Le 9 juillet, le tribunal de première instance à Sanaa libère les deux journalistes, dont la détention est jugée illégale, mais sans suspendre leur procès.

D’octobre à décembre 2002, Aref Mohsen Al Khewani, militaire et journaliste, est incarcéré pour "maladie mentale", sans procès ni jugement, à la prison centrale de Sanaa. Ancien collaborateur du journal 26 septembre, l’hebdomadaire du ministère de la Défense, Aref Mohsen Al Khewani a été licencié en 1999. Ses salaires ont été gelés, la médiation entreprise par le syndicat des journalistes a échoué. Il a ensuite collaboré avec plusieurs journaux de l’opposition. Le journaliste Aref Mohsen Al Khewani a été libéré le 3 décembre, grâce aux pressions d’associations nationales et internationales.

Deux journalistes agressés

Le 23 août 2002, Abdulkarim Al-Khaiwani, rédacteur en chef du journal Al-Umma, est victime d’une agression brutale devant les locaux du journal. Des hommes armés conduisant une voiture sans plaque minéralogique le frappent sévèrement et menacent de le punir s’il continue d’écrire. Selon le Yemen Times, le journaliste est connu pour ses dénonciations des violations des droits de l’homme, ainsi que ses prises de position en faveur de la démocratie. Il est également une figure importante du parti politique Al-Haq.

Le 23 octobre à Sanaa, Hasan Saïd Azaidi, du Yemen Times, est frappé par des membres des forces de l’ordre, qui confisquent son appareil photographique, alors qu’il couvre une grève étudiante. Le Yemen Times a demandé officiellement aux autorités l’ouverture d’une enquête sur cet incident.

Pressions et entraves

Le 3 février, le ministre de l’Information, Hussein Al-Awadi, annonce la suspension pour une durée indéterminée de l’hebdomadaire Al-Shumou. Aucune explication n’est fournie au rédacteur en chef du journal, Saif al-Hadheri. Selon lui, la fermeture du journal est une réponse à certains articles critiques à l’égard du gouvernement. Le ministère aurait cependant indiqué au Syndicat des journalistes yéménites que la suspension de l’hebdomadaire était due à sa non-soumission aux procédures d’obtention de licence.

Le 30 avril, le ministère de l’Intérieur dément qu’une explosion et des tirs d’artillerie, rapportés par des témoins, ont eu lieu dans un quartier de Sanaa, le 29 avril. Le ministère déclare être "seul habilité à faire des déclarations ayant trait à la sécurité du pays" et menace les médias réfractaires de poursuites judiciaires. Simultanément, le ministère de l’Information convoque des journalistes et correspondants arabes et étrangers pour les mettre en garde contre la propagation d’"informations mensongères".

Les 9 et 11 juillet, Fayçal Moukarram, du quotidien saoudien Al-Hayat, Ahmed Al-Haj, de l’agence de presse américaine Associated Press, et Khaled Al-Mahdi, de l’agence de presse allemande DPA, sont interrogés par un parquet de Sanaa spécialisé dans les délits de presse. Ils sont accusés d’avoir "publié des informations militaires sans preuves et sans se référer à des sources officielles, conformément au code de la presse". Fayçal Moukarram refuse de répondre aux questions de Fadhl Moubarak Al-Salmi, président du parquet, sans la présence d’un avocat et du doyen des journalistes yéménites. Ces convocations judiciaires interviennent après la publication par ces journalistes d’articles sur le bombardement par l’armée yéménite, les 5 et 6juillet, de zones tribales situées dans le nord du pays en riposte à des tirs qui avaient blessé le chef d’état-major adjoint, Ali Mohammed Saleh.
Le 7 juillet, Mohammed Al-Qadhi, du quotidien saoudien Al-Riyadh, Mohammed Al-Ghobari, du quotidien émirati Al-Bayan, Saeed Thabet, d’Al-Qods Press, Ibrahim Al-Ashmawi, du quotidien égyptien Al-Ahram, Arafat Madabish, d’Al-Akhbar Al-Arab, et enfin Al-Jabali Ahmed, d’Al-Ittihad, sont convoqués par le ministère de l’Information. Les journalistes sont avertis qu’ils ne doivent plus traiter des questions militaires, sous peine de se voir confisquer leurs accréditations. Les six correspondants convoqués ont déclaré à l’hebdomadaire Yemen Times avoir été effrayés par cette mise en garde qui vise selon eux à "étrangler la presse et rendre très difficile tout travail objectif et libre".

Fin juillet, le Syndicat des journalistes yéménites condamne l’agression dont a été victime Mahboob Abdulaziz, du journal 14 Octobre, par un agent de sécurité à Aden.

Le 21 octobre, le procureur de la province de Ibb lance un mandat d’arrêt contre Mohammed Sadek Al Odaïni, responsable de la page sur les droits de l’homme du quotidien Al-Thawri. Il s’agit de la quatrième attaque judiciaire depuis juin contre ce journal, organe du Parti socialiste (PSY). Selon le Yemen Times, le mandat d’arrêt ne précise pas le motif de l’arrestation. Mohammed Sadek Al Odaïni a préféré se cacher plutôt que d’être arrêté sans motif. Il serait poursuivi pour son projet d’écrire un livre sur les violations des droits de l’homme au Yémen. Peu avant son entrée dans la clandestinité, Mohammed Sadek Al Odaïni s’était dit déçu par la dérive progouvernementale du Syndicat des journalistes, dont il avait été le directeur. Il a été limogé de ce poste en raison de ses prises de position sans ambiguïté en faveur de la liberté de la presse. En 1997, Al Odaïni avait été victime d’une tentative d’enlèvement, fait courant au Yémen où les notables exercent de fortes pressions sur les journalistes. De 1997 à 1999, il avait été emprisonné sans jugement, accusé du meurtre d’un passant.

Le 3 novembre, Khaled Salman, rédacteur en chef du quotidien Al-Thawri, publication du parti socialiste (PSY), est condamné à une peine de trois mois de prison avec sursis. Cette condamnation fait suite à une plainte déposée par le chef l’armée de l’air, Saleh Al-Ahmar, pour la publication, en août, de la photo d’un pilote de l’armée mort lors d’un accident.

Le 4 novembre, quatre journalistes du journal Al-Wehdawi, publication du Parti nassérien (opposition), sont cités à comparaître devant le tribunal des affaires de presse pour des articles considérés préjudiciables aux relations entre le Yémen et son voisin saoudien.

Le 21 décembre, Abderrakib Al Hadyane, photographe et correspondant du journal Al Sahwa, est arrêté et détenu plusieurs heures par la police alors qu’il couvre une manifestation dans la ville de Dhaleh (sud du Yémen). Al Sahwa est le journal du mouvement islamique Al-Islah. Le matériel photographique du journaliste a été confisqué.



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