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Actualisation Maghreb/Moyen-Orient

Actualisation Maghreb/Moyen-Orient

Les quatre premiers mois de l’année ont été marqués par l’intervention militaire anglo-américaine en Irak et par la chute du régime de Saddam Hussein. Cette guerre a fait l’objet d’un déploiement médiatique sans précédent avec, au début du conflit, pas moins de 2 500 journalistes répartis entre l’Irak et les autres pays limitrophes. Ce conflit a été proportionnellement plus meurtrier pour les journalistes que pour les soldats de la coalition. En moins de quatre semaines, dix journalistes ont été tués, au moins dix ont été blessés et deux ont disparu. Quatre journalistes sont également décédés de mort accidentelle ou naturelle alors qu’ils étaient en Irak. Au Kurdistan irakien, Paul Moran, cameraman australien de la chaîne ABC est tué le 22 mars dans un attentat à la voiture piégée et un cameraman de la BBC, Kaveh Golestan, est victime d’une mine antipersonnel. Le 22 mars, une équipe non incorporée de la chaîne britannique ITN est prise sous des tirs alors qu’elle s’approche, dans deux véhicules marqués "TV", de la ville de Bassorah, au sud du pays. Terry Lloyd, 50 ans, est tué, vraisemblablement par des tirs de la coalition. Le cameraman français, Fred Nerac et l’interprète libanais Hussein Othman disparaissent. On est sans nouvelles d’eux à ce jour. Les journalistes non incorporés (sept tués) ont subi plus de pertes que les reporters incorporés, parmi lesquels on compte trois tués et aucun blessé. "Incorporé" avec la 3e division d’infanterie US, l’éditorialiste Michael Kelly du Washington Post décède dans l’accident de son Humvee qui essayait d’éviter des tirs irakiens lors de l’approche de l’aéroport de Bagdad. Le 7 avril, le reporter espagnol d’El Mundo, Julio Anguita Parrado, et le journaliste allemand de Focus, Christian Liebig, sont victimes d’un tir de missile irakien alors qu’ils sont restés à l’arrière du front, au sud de Bagdad.

Les forces anglo-américaines ont été sommées par plusieurs gouvernements, organisations et médias de répondre de deux incidents tragiques ayant causé la mort de trois journalistes. Le 8 avril, jour de la bataille de Bagdad, l’aviation américaine bombarde les bureaux de la chaîne qatarie Al-Jazira dans la capitale irakienne, faisant un mort et un blessé. Le reporter Tarek Ayoub, habituellement basé en Jordanie, est tué alors qu’il se trouve sur le toit de l’immeuble signalé par une immense banderole marquée "TV". Le même jour, sans avertissement et sans raison apparente, un char américain Abrams tire un obus sur l’hôtel Méridien Palestine, où logent la plupart des journalistes présents à Bagdad. Un cameraman ukrainien, Taras Protsyuk, qui travaillait pour l’agence Reuters, est tué dans sa chambre. José Couso, cameraman espagnol de la chaîne privée Telecinco, décède des suites de ses blessures. A ce jour et malgré les demandes d’enquête répétées de Reporters sans frontières, ni le Pentagone ni le ministère britannique de la Défense n’ont fourni d’explication satisfaisante sur ces faits, qui pourraient constituer des crimes de guerre. En effet, la localisation des équipes d’Al-Jazira en Irak était connue puisque, tout au long du conflit, la chaîne qatarie a pris soin d’en informer l’état-major américain. Par ailleurs, aucun des dizaines de journalistes présents à l’hôtel Méridien Palestine n’a confirmé les dires américains concernant la présence de tireurs embusqués irakiens dans ou à proximité de l’hôtel. A plusieurs reprises, des journalistes non incorporés ont essuyé des tirs anglo-américains ou ont eu à subir des mauvais traitements de la part des militaires.

De leur côté, les autorités irakiennes ont exercé de fortes pressions sur la presse internationale. Elles ont racketté, expulsé, harcelé et arrêté des journalistes. Dès avant le commencement de la guerre, la délivrance des visas a été arbitraire et difficile. Une dizaine de journalistes accusés d’infraction à la réglementation sur les visas ou accusés d’espionnage ont été arrêtés et expulsés avant et pendant la guerre. L’équipe de CNN, expulsée le 23 mars, a été la dernière télévision américaine présente à Bagdad. Le ministère de l’Information irakien, que les journalistes ont ironiquement rebaptisé "ministère de la Vérité", leur a imposé tout au long de la guerre de sévères restrictions : interdiction de se déplacer sans autorisation, y compris dans Bagdad, surveillance par un guide officiel chargé d’intimider les Irakiens interviewés et d dénoncer les reporters n’obéissant pas aux consignes, confiscation de téléphones satellite. Soupçonnés d’espionnage au profit des Etats-Unis, quatre reporters - Matthew McAllester et Moises Saman du quotidien new-yorkais Newsday ainsi que les photographes indépendants Molly Bingham et Johan Spanner - ont été détenus pendant une semaine dans la sinistre prison d’Abou Ghreib, à la périphérie de Bagdad.

En début d’année, les services de sécurité de l’Autorité palestinienne ont détenu et interrogé pendant une journée le correspondant d’Al-Jazira à Gaza. En mars, l’hebdomadaire proche du mouvement Hamas, Al-Rissala, a de nouveau été fermé par la police palestinienne à Gaza.

Dans les Territoires occupés, les opérations de l’armée israélienne sont demeurées très difficiles à couvrir pour la presse. Le 19 avril, Nazeh Darouazi, cameraman palestinien de 42 ans travaillant pour l’agence de presse APTN (Associated Press Television Network) et pour la télévision publique palestinienne, est tué dans la vieille ville de Naplouse. Nazeh Darouazi est mort aux environs de 9 heures 20 (heure locale), après avoir reçu une balle, tirée, d’après des témoins, par un soldat israélien, à approximativement vingt mètres de distance. Le journaliste portait une veste marquée "Presse". La scène a été filmée par un cameraman de Reuters. L’armée israélienne a déclaré avoir ouvert une enquête. Le 21 janvier, à Naplouse, deux photographes palestiniens travaillant pour des agences de presse ont été frappés par des gardes-frontières israéliens. Fin janvier, l’armée israélienne a également fermé deux télévisions et une radio locales à Hébron.

En Jordanie, la presse a été placée sous surveillance pendant la guerre en Irak, les autorités étant désireuses de dissimuler la présence de forces américaines dans le pays. La frontière avec l’Irak a été déclarée hors limite pour les journalistes et une équipe de CNN reconduite de force à Amman après un reportage jugé dérangeant. En février, trois journalistes de l’hebdomadaire Al-Hilal ont été condamnés à des peines de prison pour "atteinte à l’islam et au prestige de l’Etat". Deux journalistes ont vu leurs peines commuées, mais l’auteur de l’article incriminé, Muhannad Mbeidin, condamné à six mois de prison, reste incarcéré.

Au Liban, les autorités ont commencé l’année avec une nouvelle entorse à la liberté de la presse. La chaîne privée New Television (NTV), a été interdite, le 1er janvier 2003, de diffuser une émission sur l’Arabie saoudite. Une enquête judiciaire a été ouverte en mars contre le quotidien An-Nahar en raison d’un article intitulé "Lettre à Dieu", qui avait provoqué une violente polémique dans le pays.

Au Yémen, les poursuites judiciaires contre des journalistes n’ont pas cessé. Un procès a débuté en janvier contre trois journalistes de l’hebdomadaire Al-Shura, journal du Parti des Forces Populaires Unies (opposition). En mars, suite à une plainte déposée par l’ambassade d’Arabie saoudite à Sanaa, trois journalistes de l’hebdomadaire Al Wahdawi ont été condamnés à des peines de prison de quatre mois avec sursis pour atteinte aux relations saoudo-yéménites.

Au Qatar, le journaliste Firas Majali, condamné à mort, a été gracié par l’émir Cheikh Hamad ben Khalifa al-Thani le 24 février 2003. Il était accusé d’espionnage au profit de son pays, la Jordanie. Sa grâce et sa libération immédiate sont intervenues pendant une visite officielle du roi Abdallah de Jordanie au Qatar. Au même moment, le ministre jordanien de l’Information a annoncé la réouverture des bureaux de la chaîne qatarie Al-Jazira à Amman, mettant ainsi fin à une querelle diplomatico-médiatique, qui durait entre les deux pays depuis l’été 2002.

Au Koweït, les autorités ont menacé en mars les journalistes et médias étrangers de poursuites judiciaires s’ils collaboraient avec des médias israéliens.

En Arabie saoudite, le ministre de l’Information a appelé ses concitoyens au début de la guerre en Irak à "ignorer" les médias étrangers et à se tenir informés par les médias locaux qui "reflètent la vérité et l’objectivité".

Aucune évolution en Syrie concernant la liberté de la presse, où un journaliste est incarcéré, sans procès. Ibrahim Hamidi, correspondant du quotidien Al-Hayat a été arrêté, fin décembre 2002, pour avoir révélé les préparatifs des autorités syriennes en vue d’accueillir des réfugiés irakiens si la guerre avait lieu.

En Egypte et au Soudan, des journalistes - dont des étrangers - ont été pris à partie, parfois violemment, alors qu’ils couvraient les manifestations contre la guerre en Irak. Certains d’entre eux se sont vu confisquer leur matériel ou interrogés.

Au Maroc, les quatre premiers mois de l’année ont été marqués par un durcissement vis-à-vis de la presse indépendante. Menaces, intimidations, convocations, poursuites judiciaires : le pouvoir a profité de la focalisation de la communauté internationale sur la guerre en Irak pour retourner à de vieux réflexes sécuritaires. Ali Lmrabet, directeur de publication des hebdomadaires Demain et Douman, a été victime d’un véritable harcèlement judiciaire depuis le début de l’année.

En Tunisie, deux journalistes ont observé des grèves de la faim pour protester contre leurs conditions de détention et demander leur libération. Zouhair Yahyaoui, fondateur du site TUNeZINE, avait été condamné, par la cour d’appel de Tunis en juillet 2002, à deux ans de prison pour "propagation de fausses nouvelles". Hamadi Jebali, directeur de l’hebdomadaire Al Fajr, organe du mouvement islamiste An Nahda, et emprisonné depuis 1991, avait été condamné, en 1992, par la Cour militaire de Tunis à seize ans de prison pour "agression dans l’intention de changer la nature de l’Etat".

L’Iran demeure la plus grande prison pour les journalistes du Moyen-Orient avec douze d’entre eux derrière les barreaux. Pas moins de onze ont été arrêtés - pour des périodes plus ou moins longues - durant les quatre premiers mois de l’année. La moitié d’entre eux étaient des critiques de cinéma. La justice de Téhéran leur reprochait, entre autres, de "critiquer la politique culturelle du régime" et d’être proches de Siamak Pourzand. Ce dernier, collaborateur de radios de l’opposition iranienne basées aux Etats-Unis, a été arrêté fin mars après une "permission" de plusieurs mois. Il avait été condamné en appel, en juin 2002, à onze ans de prison pour "action contre la sécurité de l’Etat par ses liens avec des monarchistes et des contre-révolutionnaires". Actualisation Moyen-Orient/Maghreb du rapport annuel 2003

Les quatre premiers mois de l’année ont été marqués par l’intervention militaire anglo-américaine en Irak et par la chute du régime de Saddam Hussein. Cette guerre a fait l’objet d’un déploiement médiatique sans précédent avec, au début du conflit, pas moins de 2 500 journalistes répartis entre l’Irak et les autres pays limitrophes. Ce conflit a été proportionnellement plus meurtrier pour les journalistes que pour les soldats de la coalition. En moins de quatre semaines, dix journalistes ont été tués, au moins dix ont été blessés et deux ont disparu. Quatre journalistes sont également décédés de mort accidentelle ou naturelle alors qu’ils étaient en Irak. Au Kurdistan irakien, Paul Moran, cameraman australien de la chaîne ABC est tué le 22 mars dans un attentat à la voiture piégée et un cameraman de la BBC, Kaveh Golestan, est victime d’une mine antipersonnel. Le 22 mars, une équipe non incorporée de la chaîne britannique ITN est prise sous des tirs alors qu’elle s’approche, dans deux véhicules marqués "TV", de la ville de Bassorah, au sud du pays. Terry Lloyd, 50 ans, est tué, vraisemblablement par des tirs de la coalition. Le cameraman français, Fred Nerac et l’interprète libanais Hussein Othman disparaissent. On est sans nouvelles d’eux à ce jour. Les journalistes non incorporés (sept tués) ont subi plus de pertes que les reporters incorporés, parmi lesquels on compte trois tués et aucun blessé. "Incorporé" avec la 3e division d’infanterie US, l’éditorialiste Michael Kelly du Washington Post décède dans l’accident de son Humvee qui essayait d’éviter des tirs irakiens lors de l’approche de l’aéroport de Bagdad. Le 7 avril, le reporter espagnol d’El Mundo, Julio Anguita Parrado, et le journaliste allemand de Focus, Christian Liebig, sont victimes d’un tir de missile irakien alors qu’ils sont restés à l’arrière du front, au sud de Bagdad.

Les forces anglo-américaines ont été sommées par plusieurs gouvernements, organisations et médias de répondre de deux incidents tragiques ayant causé la mort de trois journalistes. Le 8 avril, jour de la bataille de Bagdad, l’aviation américaine bombarde les bureaux de la chaîne qatarie Al-Jazira dans la capitale irakienne, faisant un mort et un blessé. Le reporter Tarek Ayoub, habituellement basé en Jordanie, est tué alors qu’il se trouve sur le toit de l’immeuble signalé par une immense banderole marquée "TV". Le même jour, sans avertissement et sans raison apparente, un char américain Abrams tire un obus sur l’hôtel Méridien Palestine, où logent la plupart des journalistes présents à Bagdad. Un cameraman ukrainien, Taras Protsyuk, qui travaillait pour l’agence Reuters, est tué dans sa chambre. José Couso, cameraman espagnol de la chaîne privée Telecinco, décède des suites de ses blessures. A ce jour et malgré les demandes d’enquête répétées de Reporters sans frontières, ni le Pentagone ni le ministère britannique de la Défense n’ont fourni d’explication satisfaisante sur ces faits, qui pourraient constituer des crimes de guerre. En effet, la localisation des équipes d’Al-Jazira en Irak était connue puisque, tout au long du conflit, la chaîne qatarie a pris soin d’en informer l’état-major américain. Par ailleurs, aucun des dizaines de journalistes présents à l’hôtel Méridien Palestine n’a confirmé les dires américains concernant la présence de tireurs embusqués irakiens dans ou à proximité de l’hôtel. A plusieurs reprises, des journalistes non incorporés ont essuyé des tirs anglo-américains ou ont eu à subir des mauvais traitements de la part des militaires.

De leur côté, les autorités irakiennes ont exercé de fortes pressions sur la presse internationale. Elles ont racketté, expulsé, harcelé et arrêté des journalistes. Dès avant le commencement de la guerre, la délivrance des visas a été arbitraire et difficile. Une dizaine de journalistes accusés d’infraction à la réglementation sur les visas ou accusés d’espionnage ont été arrêtés et expulsés avant et pendant la guerre. L’équipe de CNN, expulsée le 23 mars, a été la dernière télévision américaine présente à Bagdad. Le ministère de l’Information irakien, que les journalistes ont ironiquement rebaptisé "ministère de la Vérité", leur a imposé tout au long de la guerre de sévères restrictions : interdiction de se déplacer sans autorisation, y compris dans Bagdad, surveillance par un guide officiel chargé d’intimider les Irakiens interviewés et de dénoncer les reporters n’obéissant pas aux consignes, confiscation de téléphones satellite. Soupçonnés d’espionnage au profit des Etats-Unis, quatre reporters - Matthew McAllester et Moises Saman du quotidien new-yorkais Newsday ainsi que les photographes indépendants Molly Bingham et Johan Spanner - ont été détenus pendant une semaine dans la sinistre prison d’Abou Ghreib, à la périphérie de Bagdad.

En début d’année, les services de sécurité de l’Autorité palestinienne ont détenu et interrogé pendant une journée le correspondant d’Al-Jazira à Gaza. En mars, l’hebdomadaire proche du mouvement Hamas, Al-Rissala, a de nouveau été fermé par la police palestinienne à Gaza.

Dans les Territoires occupés, les opérations de l’armée israélienne sont demeurées très difficiles à couvrir pour la presse. Le 19 avril, Nazeh Darouazi, cameraman palestinien de 42 ans travaillant pour l’agence de presse APTN (Associated Press Television Network) et pour la télévision publique palestinienne, est tué dans la vieille ville de Naplouse. Nazeh Darouazi est mort aux environs de 9 heures 20 (heure locale), après avoir reçu une balle, tirée, d’après des témoins, par un soldat israélien, à approximativement vingt mètres de distance. Le journaliste portait une veste marquée "Presse". La scène a été filmée par un cameraman de Reuters. L’armée israélienne a déclaré avoir ouvert une enquête. Le 21 janvier, à Naplouse, deux photographes palestiniens travaillant pour des agences de presse ont été frappés par des gardes-frontières israéliens. Fin janvier, l’armée israélienne a également fermé deux télévisions et une radio locales à Hébron.

En Jordanie, la presse a été placée sous surveillance pendant la guerre en Irak, les autorités étant désireuses de dissimuler la présence de forces américaines dans le pays. La frontière avec l’Irak a été déclarée hors limite pour les journalistes et une équipe de CNN reconduite de force à Amman après un reportage jugé dérangeant. En février, trois journalistes de l’hebdomadaire Al-Hilal ont été condamnés à des peines de prison pour "atteinte à l’islam et au prestige de l’Etat". Deux journalistes ont vu leurs peines commuées, mais l’auteur de l’article incriminé, Muhannad Mbeidin, condamné à six mois de prison, reste incarcéré.

Au Liban, les autorités ont commencé l’année avec une nouvelle entorse à la liberté de la presse. La chaîne privée New Television (NTV), a été interdite, le 1er janvier 2003, de diffuser une émission sur l’Arabie saoudite. Une enquête judiciaire a été ouverte en mars contre le quotidien An-Nahar en raison d’un article intitulé "Lettre à Dieu", qui avait provoqué une violente polémique dans le pays.

Au Yémen, les poursuites judiciaires contre des journalistes n’ont pas cessé. Un procès a débuté en janvier contre trois journalistes de l’hebdomadaire Al-Shura, journal du Parti des Forces Populaires Unies (opposition). En mars, suite à une plainte déposée par l’ambassade d’Arabie saoudite à Sanaa, trois journalistes de l’hebdomadaire Al Wahdawi ont été condamnés à des peines de prison de quatre mois avec sursis pour atteinte aux relations saoudo-yéménites.

Au Qatar, le journaliste Firas Majali, condamné à mort, a été gracié par l’émir Cheikh Hamad ben Khalifa al-Thani le 24 février 2003. Il était accusé d’espionnage au profit de son pays, la Jordanie. Sa grâce et sa libération immédiate sont intervenues pendant une visite officielle du roi Abdallah de Jordanie au Qatar. Au même moment, le ministre jordanien de l’Information a annoncé la réouverture des bureaux de la chaîne qatarie Al-Jazira à Amman, mettant ainsi fin à une querelle diplomatico-médiatique, qui durait entre les deux pays depuis l’été 2002.

Au Koweït, les autorités ont menacé en mars les journalistes et médias étrangers de poursuites judiciaires s’ils collaboraient avec des médias israéliens.

En Arabie saoudite, le ministre de l’Information a appelé ses concitoyens au début de la guerre en Irak à "ignorer" les médias étrangers et à se tenir informés par les médias locaux qui "reflètent la vérité et l’objectivité".

Aucune évolution en Syrie concernant la liberté de la presse, où un journaliste est incarcéré, sans procès. Ibrahim Hamidi, correspondant du quotidien Al-Hayat a été arrêté, fin décembre 2002, pour avoir révélé les préparatifs des autorités syriennes en vue d’accueillir des réfugiés irakiens si la guerre avait lieu.

En Egypte et au Soudan, des journalistes - dont des étrangers - ont été pris à partie, parfois violemment, alors qu’ils couvraient les manifestations contre la guerre en Irak. Certains d’entre eux se sont vu confisquer leur matériel ou interrogés.

Au Maroc, les quatre premiers mois de l’année ont été marqués par un durcissement vis-à-vis de la presse indépendante. Menaces, intimidations, convocations, poursuites judiciaires : le pouvoir a profité de la focalisation de la communauté internationale sur la guerre en Irak pour retourner à de vieux réflexes sécuritaires. Ali Lmrabet, directeur de publication des hebdomadaires Demain et Douman, a été victime d’un véritable harcèlement judiciaire depuis le début de l’année.

En Tunisie, deux journalistes ont observé des grèves de la faim pour protester contre leurs conditions de détention et demander leur libération. Zouhair Yahyaoui, fondateur du site TUNeZINE, avait été condamné, par la cour d’appel de Tunis en juillet 2002, à deux ans de prison pour "propagation de fausses nouvelles". Hamadi Jebali, directeur de l’hebdomadaire Al Fajr, organe du mouvement islamiste An Nahda, et emprisonné depuis 1991, avait été condamné, en 1992, par la Cour militaire de Tunis à seize ans de prison pour "agression dans l’intention de changer la nature de l’Etat".

L’Iran demeure la plus grande prison pour les journalistes du Moyen-Orient avec douze d’entre eux derrière les barreaux. Pas moins de onze ont été arrêtés - pour des périodes plus ou moins longues - durant les quatre premiers mois de l’année. La moitié d’entre eux étaient des critiques de cinéma. La justice de Téhéran leur reprochait, entre autres, de "critiquer la politique culturelle du régime" et d’être proches de Siamak Pourzand. Ce dernier, collaborateur de radios de l’opposition iranienne basées aux Etats-Unis, a été arrêté fin mars après une "permission" de plusieurs mois. Il avait été condamné en appel, en juin 2002, à onze ans de prison pour "action contre la sécurité de l’Etat par ses liens avec des monarchistes et des contre-révolutionnaires".



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