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Turkménistan


-  Superficie : 488 100 km2.
-  Population : 4 835 000.
-  Langues : turkmène, russe.
-  Nature de l’Etat : république unitaire.
-  Chef de l’Etat : Separmourad Nyazov.

Turkménistan - Rapport annuel 2003

Au Turkménistan, la censure est totale. Le président Separmourad Nyazov, qui exerçait déjà une dictature sans partage sur l’information, s’est attaqué en 2002 aux derniers médias étrangers auxquels la population, en mal d’information libre, pouvait accéder.

Pour le président turkmène, Separmourad Nyazov, les médias n’ont qu’une utilité : promouvoir son image. Dans ce pays, parmi les plus répressifs au monde, la liberté de la presse n’a pas sa place, "situation jamais vue depuis la création de l’OSCE" (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe), selon le représentant pour la liberté des médias, Freimut Duve. Dans un rapport rendu public le 16 mai 2002, ce dernier définit comme un "monopole absolu" le rôle joué par l’Etat dans le paysage médiatique. Filtrage systématique de l’information, monopole de l’imprimerie, définition de la ligne éditoriale de tous les médias par celui qui se fait appeler le "Turkmenbachi" (père des Turkmènes) : la pression est telle que les journalistes doivent se résoudre à l’autocensure ou à l’exil. Des postes de contrôle, placés à l’intérieur du pays, sont chargés de confisquer les écrits jugés potentiellement dangereux pour le gouvernement.Les accès Internet passent obligatoirement par Turkmentelekom, l’opérateur public, depuis l’interdiction, en 2000, de tous les fournisseurs d’accès privés. Le droit d’être informé et d’informer n’est pas inscrit dans la loi turkmène et la diffamation ou l’insulte sur la personne du Président est passible d’une peine minimum de cinq ans de prison. Pendant l’été 2002, la censure s’est abattue sur les derniers médias étrangers auxquels la population pouvait accéder : télévisions accessibles par satellite, journaux russes reçus par abonnement et sites Internet d’information. Dans la vague d’arrestations qui a suivi l’attentat manqué contre le président Nyazov en novembre, figure l’ancien journaliste russo-américain Leonid Komarovsky, accusé de complicité d’attentat. A plusieurs reprises, la télévision d’Etat a diffusé des aveux de suspects demandant pardon, procédé qualifié de "réminiscence des procès spectacles de l’ère stalinienne" par Freimut Duve. Compte tenu des obstacles à la circulation de l’information, il reste très difficile d’obtenir des données précises attestant de la gravité des atteintes au droit d’informer.

Un journaliste incarcéré

Le 26 novembre 2002, l’ancien journaliste russo-américain Leonid Komarovsky, en voyage professionnel au Turkménistan, est arrêté à Achkabad et accusé de complicité dans l’attentat manqué contre le Président du 25 novembre, qualifié par le pouvoir de tentative de coup d’Etat et attribué aux responsables de l’opposition en exil. Le 18 décembre, la télévision d’Etat diffuse des images de Leonid Komarovsky s’excusant pour le rôle qu’il a joué dans la préparation de l’attentat. Il déclare avoir été mêlé au complot par hasard, en acquérant des téléphones satellitaires pour les conspirateurs. Il ajoute : "Je suis prêt à racheter ma faute et à faire tout mon possible pour retrouver les responsables de ce crime." Le 19 décembre, le représentant des Etats-Unis auprès de l’OSCE, Douglas Davidson, déclare son inquiétude quant à l’utilisation de la torture pour obtenir des aveux des suspects et demande qu’une mission d’enquête soit dépêchée sur place.

Pressions et entraves

Le 30 avril 2002, le représentant de l’OSCE, Freimut Duve, adresse une lettre au ministre des Affaires étrangères, Rashid Meredov, pour dénoncer la confiscation récente de tous les tirages d’un numéro du quotidien moscovite Komsomolskaya Pravda, qui publiait un article sur le Turkménistan, ainsi que le blocage du site Internet du journal par l’unique fournisseur d’accès, Turkmentelekom. Il dénonce également celui de plusieurs sites depuis le début de l’année, parmi lesquels ceux du journal russe Vremya Novostei et de la radio allemande Deutsche Welle, ceux de l’opposition turkmène Erkin et Gundogar et les sites d’information Yevraziya et Tsentraziya.
En juillet, le Président crée sous son autorité directe un service des informations étrangères, chargé de fournir des informations aux médias étrangers et de "recevoir" les informations sur le pays provenant de l’extérieur. Dirigé par Serdar Durdiev, le service tronque des reportages de la radio britannique BBC, de l’agence Reuters, ou des agences russes ITAR-TASS, RIA-Novosti et Interfax cités dans les journaux d’Etat Turkmenistan et Neitralniy Turkmenistan.
Le 19 juillet, le journal Neitralniy Turkmenistan prétend que, selon Radio Free Europe-Radio Liberty (RFE-RL), le Président aurait demandé à ses ministres et aux principaux dirigeants des médias de ne pas le citer trop souvent. En réalité, RFE-RL rapportait que les ministres, les dirigeants des médias et Separmourad Nyazov travaillaient sur la manière de faire passer dans les médias les idées favorites du Président, sans qu’il soit mentionné personnellement.
Le 22 juillet, le président Nyazov déclare que la télévision d’Etat ne doit pas chercher à se financer par la publicité, et appelle à la création d’une institution chargée de récolter des fonds.
Le 23 juillet, le président Nyazov ordonne que les programmes des chaînes de télévision câblées russes soient étroitement surveillés. Il déclare à ses ministres, sur la chaîne de télévision d’Etat Altyn Asyr, que "l’Etat ne tire aucun bénéfice de ces programmes et n’exerce aucun contrôle sur eux. Que ferions-nous si, demain, ces chaînes présentaient des programmes qui nous sont hostiles ?" Il ordonne également le retrait des antennes satellites sur les toits d’Achkhabad, arguant qu’elles enlaidissent la ville. Accessibles pour deux dollars par mois, les chaînes câblées russes sont les seuls médias que le Président ne contrôle pas directement.
Le 29 juillet, les autorités interdisent l’importation de publications russes. Dès lors, le service des douanes saisit tous les journaux arrivant de l’étranger. Depuis 1992, plus aucun journal russophone n’est publié au Turkménistan et, depuis 1997, le gouvernement tente de dissuader par tous les moyens les citoyens de s’abonner à des revues russes.



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voir aussi
Rapport annuel 2003 Maghreb / Moyen-Orient
Rapport Annuel 2003 Amériques
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